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- 21 juillet 2009 à 19h31
- in reply to: Maison Trimbach
CR: Bu hier soir Clos St Hune riesling 1997. Carafage de 1h.
Premier nez de miel d’acacias, de cire, de pétrole (ce n’est pas original). A l’aération, le nez s’étoffe de notes florales et minérales plus complexes et plus fines. Nez intense et élégant.
La bouche présente un équilibre parfait, d’une incroyable minéralité, avec une vraie texture. La finale est complexe avec des notes minérales, de fleurs blanches, de fruits confits. On a l’impression de ne jamais en finir et on garde longtemps en bouche cette agréable perception minérale . On doit pouvoir attendre encore de nombreuses années pour ouvrir les autres.Stéphane
- 21 juillet 2009 à 19h02
- in reply to: Château de Beaucastel, Châteauneuf du Pape
Bu hier parmi d’autres bouteilles
Beaucastel blanc Vieilles vignes 2002 :
Carafage de 1 h , le bouchon est de bonne qualité, à peine imbibé sur le miroir. La robe est orangée, le nez dominé par des notes d’amande amère de résine époxy. La bouche est éventée. Le vin est complètement usé. Notre hôte, apporteur de la bouteille, n’a pas paru étonné. C’était la dernière d’une série de 3 et les deux premières l’avaient franchement déçu.
Est-ce un problème de bouteille ? Est-ce le millésime ?Stéphane
- 21 juillet 2009 à 18h46
- in reply to: Coume del Mas – Banyuls et Collioure
Bu hier parmi d’autres vins
Coume del Mas Folio blanc 2008 :
Le nez est marqué par l’élevage en bois. Des notes d’abricots secs, de fleurs blanches arrivent à émerger de l’ensemble.
La Bouche est elle aussi dominée par l’élevage. Le vin reste frais, élégant avec une belle acidité. Evidemment, la finale est marquée par les notes d’élevage.
Malgré l’élevage bien présent on reste sur une impression de fraîcheur , en se disant que l’ensemble révèle une vraie matière. En prenant la bouteille, je savais que je commettais un infanticide, mais là … Je sais que je peux l’attendre quelques années sans soucis.Coume del Mas , Banyuls Galatéo 2007 :
Le nez est sur les fruits noirs, la paille, des notes de zan de muscade.. Une vraie explosion intense et élégante. Pour la bouche, pareil. Une fraîcheur incroyable malgré le sucre résiduel, la finale est d’une longueur impressionnante avec une explosion de notes aromatiques de tous genres. On a l’impression de croquer dans des grappes de raisins cueillies à la fraîche.
Un vin gourmand. Un vrai bonheur- 21 juillet 2009 à 16h04
- in reply to: Château Langoa-Barton (Saint Julien)
En nettoyant une pièce, j’avais découvert toute une série de vieilles bouteilles dont entre autres quelques bouteilles de Langoa Barton 1979. A priori ces bouteilles étaient très mal conservées (température ambiante variant de 12-26°C). Ne connaissant pas du tout ce vin, hier la venue d’amis amateurs de vins plutôt évolués m’a donné l’occasion d’ouvrir la première de la série.
Pas de carafage, juste une ouverture 1h avant. Niveau parfait, Bouchon imbibé au 2/3.
La robe est soutenue, sans vraiment de marque d’évolution. Le nez est marqué par des notes de cerises noires, de laurier et de sous-bois. Nez d’une étonnante jeunesse frais et élégant.
L’attaque est assez simple plutôt fraîche, un milieu de bouche un poil creux mais la finale est parfaitement équilibrée avec des tanins élégants et bien fondus. Une fin de bouche très longue plutôt sur des notes de cuir, de tabac et des notes forales.
L’ensemble est franchement très plaisant à boire, avec un petit bémol sur le milieu de bouche. Ce fut une très agréable surprise avec un étonnant décalage entre un nez presque juvénile et une bouche évoluée.Stéphane
- 30 juin 2009 à 14h10
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Je pense aussi que les deux dégustations n’ont pas le même objectif.
Quand je veux prendre du plaisir, je déguste étiquette découverte. La lecture d’une étiquette fait partie intégrante du plaisir de boire. Quand on sort une bouteille au nom « prestigieux » ou au millésime très ancien et que l’on voit les convives s’émouvoir à l’idée qu’ils vont goûter ce vin, il serait hypocrite de dire que cela ne fait rien. Il me semble que déguster une bouteille avec des amis doit être un moment de bonheur et de partage et si la vue de l’étiquette participe à ce bonheur pourquoi se priver.
Je pratique la dégustation à l’aveugle sur un thème choisi pour savoir lequel des vins présents je préfère et lequel je vais acheter. Je ne vais pas juger un vin mais comparer par rapport à d’autres. Quand même, me semble important de choisir celui que l’on préfère. On s’amuse aussi à l’aveugle entre amis mais cette dégustation ne sert que de test de « capacité »‘et en aucun cas ne sert de critique (on dégonfle les égo et on peut se moquer ).
Pour participer fréquemment à des dégustations avec des professionnels venant juger la production de l’appellation, j’ai remarqué que dès qu’un nom prestigieux a déçu ils souhaitent immédiatement le re-déguster et lui trouve la plupart du temps des circonstances atténuantes. Mais en aucun cas ils ne reprendront un nom inconnu pour eux. Alors me dire que l’on peut déguster de manière complètement objective en connaissant les vins me laisse un peu perplexe et je tire un grand coup de chapeau aux personnes qui ont cette capacité.- 29 juin 2009 à 18h06
- in reply to: Les capacités au vieillissement d’un vin rosé
En réponse à Super pingouin, deux éléments viennent perturber les clients : le goût « nouveau » et le prix.
L’évolution d’un rosé n’ a rien à voir avec l’évolution aromatique d’un blanc et comme toute nouvelle chose il faut « éduquer » les consommateurs. Ensuite le prix et là on revient au départ. Pour la plupart des consommateurs, cela reste un rosé et « un rosé c’est pas cher » (Enfin tout est relatif). Bref, produit compliqué à commercialiser sur des gros volumes- 19 juin 2009 à 12h20
- in reply to: Les capacités au vieillissement d’un vin rosé
Malheureusement, le rosé reste dans l’esprit de la grande majorité un vin mineur. Cela est dû au fait que pendant des décennies, on a produit des vins peu intéressants (pour rester poli) dans cette couleur. Les producteurs sans faire d’effort arrivaient à écouler leur production aux touristes en visite dans la région. De sorte qu’aujourd’hui essayer d’établir le rosé comme un produit de luxe reste une gageure
Pour parler de l’appellation que je connais le mieux (Bandol), il y a des domaines qui vendent des rosés de 4-5 ans. Cela a toujours été leur politique commerciale. Mais ils ont quand même des difficultés à écouler leurs stocks.
Quelques vignerons se sont essayés à faire des cuvées de rosé plus complexe destinées à être consommées après quelques années de vieillissement (j’en fais partie). Nous avons essayé d’éduquer les clients venant à la cave en leur faisant déguster (parfois même en les faisant déguster dans un verre noir). On ne peut pas dire que cela ait été un franc succès. Evidemment, on trouve quelques consommateurs qui apprécient, mais la grande majorité reste sceptique. Nous avons essayé (et essayons encore) de proposer des rosés plus anciens à certains cavistes désireux de proposer des vins différents de la masse. Et là aussi, franchement ce n’est pas un grand succès.
C’est dommage, car je pense qu’effectivement le mourvèdre est un cépage qui peut donner des rosés qui après vieillissement donnent des vins surprenants (souvenir ému d’une dégustation il y a trois ans de rosé de 1988 à 1998)
Pour répondre à agitateur, le mourvèdre donne toujours à pleine maturité des notes d’agrumes. Cela n’est pas l’apanage des vins technologiques. Nos rendements sur les parcelles à rosé ne dépassent pas 35hl/ha, nous ramassons les raisins pour le rosé à la même maturité que pour les rouges, nous ne levurons pas et sulfitons peu les moûts (bref je ne crois pas que nous produisions des vins techno) et pourtant nous avons tous les ans des notes d’agrume très marquées.- 18 juin 2009 à 22h20
- in reply to: Capsule CRD
Ce n’est pas forcément pour écouler des stocks illicites, mais aussi pour faire du « black » (je n’ai pas le terme français). Je connais quelques vignerons illustres qui nous ont fait des remises car nous avions des espèces et ils nous ont vendu des bouteilles sans capsules CRD.
Me demandez pas comment ils font, avec tous les contrôles que l’on a, je ne sais pas faire. Seule solution, passer cela en perte ou en consommation personnelle (le fisc doit les prendre pour des poivrots!!)- 17 juin 2009 à 21h27
- in reply to: Les capacités au vieillissement d’un vin rosé
Pour répondre à Super-pinguoin, ce n’est pas que les producteurs veuillent absolument produire un vin passe-partout en lieu et place d’un beau vin. Mais il y a plusieurs raisons financières qui font qu’aujourd’hui les vignerons produisent du rosé et le commercialise rapidement
Il faudrait peut-être rappeler qu’un domaine c’est aussi une entreprise qu’il faut faire tourner avec des salariés et des échéances financières à respecter. Aujourd’hui le vin rosé est à la mode. Produire des vins rosés, c’est s’assurer une entrée financière rapide non négligeable. Prenons l’exemple de Bandol, aujourd’hui les producteurs doivent élever leur vins rouges 18 mois avant de les mettre sur marché. On ne va pas encore stocker des vins rosés pour les mettre à la vente d’ici deux ou trois ans si ce n’est plus. Tous les vignerons de cette appellation ont en stock quelques vieux millésimes de rosés (on trouve à la vente dans quelques domaines des rosés 2003). Et franchement si nous devions vivre (voire aussi financer nos stocks de rouge en élevage) avec les ventes de ces vieux millésimes de rosé et bien il ne devraient plus rester beaucoup de producteur sur Bandol. Le consommateur moyen veut un rosé qu’il peut « comprendre facilement » et qu’il pourra consommer simplement.
Je ne défends pas ce fait, mais commercialement, je suis bien obligé de m’adapter et franchement, je préfère m’adapter sur notre production en rosé et rester intransigeant et ne pas faire de concession aux phénomènes de mode sur notre production de blanc et de rouge.
Il faut savoir rester pragmatique et parfois faire quelques concessions pour être plus libre sur ce qu’il nous tient vraiment à coeur. Nos ventes de rosés nous assurent une trésorerie sur les mois du printemps et d’été où les ventes de rouges ne sont pas forcément énormes.- 17 juin 2009 à 18h05
- in reply to: Capsule CRD
Logiquement, toute bouteille achetée en France et dont la taille permet l’utilisation de capsules CRD (difficile pour les mathusalem ou plus gros encore, d’avoir des capsules ou des timbres à coller) doit porter cette dite capsule. Seule la comsommation personnelle du vigneron est exemptée de cette obligation.Mais que je sache un village n’est pas une personne physique, donc je ne pense pas que cela soit autorisé.
Pour l’exportation les bouteilles partent sans capsules congés mais avec un document administratif d’accompagnement (DAA). Mais en demandant l’autorisation auprès des services compétents, on a le droit d’envoyer à l’export des capsules CRD (mais cela de manière exceptionnelle).
Dans certaines régions comme le bordelais des autorisations ont été accordées à certaines maisons illustres qui trouvaient que la présence de la marianne gachait leur visuel (on ne pouvait pas voir leur estampille sur le goulot). Du coup ces bouteille sans marianne, circulent en France accompagnées par un document simplifié d’accompagnement (DSA). (C’est simple on vous dit.)
A l’époque j’avais demandé pour le domaine… J’ai reçu une jolie lettre dans laquelle on m’envoyait promener en me disant qu’il fallait que je respecte la législation en vigueur. Comme quoi que l’on soit puissant ou misérable..- 22 avril 2009 à 10h19
- in reply to: Conservation des vins dits « Naturels »
Cela existe des vignerons qui travaille à 0 soufre et qui filtre stérile un vin rouge? Me semble que c’est un non sens.
- 19 avril 2009 à 14h24
- in reply to: Jusqu’à quel degré d’alcool un vin est-il toujours un vin ?
D’accord avec Didier.
La plupart du temps, les dégustateurs ne réalisent le degré alcoolique des vins que lorsqu’ils voient l’étiquette. Et pro au simple amateur, le résultat est le même. Ils annoncent en général 1 à 1.5% en dessous de la réalité.- 18 avril 2009 à 20h33
- in reply to: Jusqu’à quel degré d’alcool un vin est-il toujours un vin ?
Perso, je ne déguste pas 3 ou 4000 bouteilles par an. Je n’en ai ni le temps, ni l’envie, ni les capacités physiques (8-10 vins par jour, j’avoue que je saturerai). Mais, ma petite expérience de la dégustation m’a appris à être humble et à ne pas avoir des idées définitives. Mais je persiste à dire que j’ai goûté bien des cuvées titrant plus de15% (officieusement pour reprendre un terme utilisé) et qu’elles m’ont semblées superbes. En roussillon (sans parler de Maury ou Banyuls) ou vers Chateauneuf, on doit arriver à trouver quelques vins pas trop mauvais…
- 17 avril 2009 à 13h42
- in reply to: Jusqu’à quel degré d’alcool un vin est-il toujours un vin ?
Pour moi, il n’y a rien d’incompatible entre fraîcheur et haut degré alcoolique tout comme je ne pense pas que l’on puisse généraliser l’équation degré élevé = surmaturité.
Pour parler d’une région que je connais, Il y a 10-15 ans, il était rare de trouver, en Provence, des rouges titrant plus de 14 %. Ainsi le mourvèdre était vendangé avec des degrés au environ de 13%, 13.5%. Aujourd’hui, on arrive à des degrés alcooliques de 15% -15.5% voire plus. Ce n’est pas une recherche en soi ni un désir de coller à la demande de quelques célèbres journalistes. Mais force est de constater, (et tous les vignerons de la région font le même constat) qu’actuellement pour avoir une belle maturité phénolique nous avons des degrés élevés. Je ne considère pas cela gênant si on arrive à conserver une acidité suffisante. J’ai essayé de vendanger, comme dit notre oeno-conseil, à maturité industrielle (que ce mot est laid). Il est vrai que j’avais des vins à 13-13.5%, mais alors que les tanins étaient durs, les vins astringents, déséquilibrés.
Autre chose, sur quelques parcelles que nous emmenons en surmaturité, le degré alcoolique est souvent au final, moins élevé que sur les parcelles que nous avons vendangées plus tôt avec une maturité phénolique parfaite. Mais l’acidité étant plus basse, on se retrouve avec des vins plus lourds qui semblent plus alcooleux.
Tout est toujours question d’équilibre.- 16 avril 2009 à 22h30
- in reply to: aléas de la dégustation
Bonjour,
Participant souvent à des salons ou dégustations, j’ai remarqué aussi ce phénomène, mais sans avoir jamais calculé l’impact sur la dégustation. Au début, je n’osais pas trop dire grand-chose. Maintenant je n’hésite plus à demander à la personne de bien vider son verre voire de l’aviner selon le vin précedent. Et d’expliquer qu’elle pourra se faire une idée plus précise du vin que je lui propose. Je n’ai jamais eu la moindre réflexion et même en général les gens s’excusent du peu de cas qu’ils font des conditions dans laquelle ils dégustent.
Le plus étonnant reste quand même le fait que même les professionnels les plus aguerris commettent aussi ce genre d’impairs.
Stéphane