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- 12 février 2006 à 23h12
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Résultat des deux millésimes, dans l’ordre selon les calculs habituels du GJE (poinst et rangs) :
1 Ausone 2002
2 Ausone 2001
3 Pavie 2001
4 Pavie 2002
5 Angelus 2001
6 Valandraud 2001
7 La Mondotte 2001
8 Tertre Roteboeuf 2002
9 Cheval-Blanc 2001
10 Tertre Roteboeuf 2001
11 Beau-Séjour Bécot 2001
12 Beau-Séjour Bécot 2002
12 Haut-Condissas 2001
14 Valandraud 2002
15 Cheval-Blanc 2002
16 Angelus 2002
16 Haut-Condissas 2002
18 La Mondotte 2002Il y a eu problème sur les deux Quinault : le 02 était bouchonné et le 01 était douteux.
Un point intéressant :
On voit une sorte de consécration pour deux vins phares de l’appellation :
L’immense Ausone, un pur classique, un très grand terroir et un vin d’une finesse serrée comme pas deux (mais ceci n’est que mon opinion personnelle); un vin de grand consensus et qui, dans le contexte actuel, porte au premier rang le millésime 02 817 points) avant le 01 815 points) qui, n’en doutons pas, sera premier d’ici quelques années.
C’est un pur bonheur de voir ce vin se placer à ce niveau dans un tel contexte concurrentiel et surtout cela démontre la qualité des dégustateurs américains qui ne savaient strictement rien sur les vins servis, la seule indication qu’ils avaient, était : ce sont des vins entre $ 30 et $ 300.A la suite d’Ausone, les deux millésimes de Pavie, mais là, le 01 (814 points) devant le 02 (808 points).
Certes, vous allez dire : OK, normal, le style de Pavie correspond aux attentes américaines, etc…
Il n’empêche : dans cette dégustation, il y avait aussi quelques moguls comme Angelus, Le Tertre Roteboeuf, La Mondotte, Valandraud, Cheval Blanc, Beau-Séjour Bécot : pas trop de rossignols là-dedans, non ?
On attaque Pavie parce que l’homme, Gérard Perse, a un style perso peu consensuel : mais ce ne devrait être que du vin dont on devrait parler. Il y a là un des plus beaux terroirs du bordelais, qu’on le veuille ou non, et ce terroir est là depuis des siècles. Je sais, on va hurler, mais, tout en sachant parfaitement que cela ne se fera pas, Pavie mérite de passer en A.Haut-Condissas, le pirate « rive gauche », finalement, ne s’en sort pas trop mal dans ces vins de quasi-luxure.
Les supporters de Mitjavile ne manqueront pas de noter que son 02 dépasse d’illustres 01, et les fondus de Cheval – dont je suis – restent convaincus qu’il y en a encore sous le pied, mais que cela sortira plus tard.
Bref, une dégustation intéressante et un post demain ou après-demain sur les valeurs financières : à combien ont été évalués les vins par rapport aux prix du marché; ou, quel est la proportion du prix qui correspond à l’image du vin, à sa rareté, à son marketing, au snobisme ou à ce que vous voulez.
Bonne soirée,
- 11 février 2006 à 1h04
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Alain :
Je fais les saisies et calculs dans le vol qui me ramène ce soir en Europe. Certainement fascinant. Rapport à suivre.
- 10 février 2006 à 18h24
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Bien sûr que tu as raison Hervé : mais je ne mets pas en balance les travaux du GJE qui sont ce qu’ils sont et qui n’ont de valeur que pour qui s’intéresse aux dégustations à l’aveugle.
Hier soir, ici à NYC, j’ai fait goûté à un panel de 12 amateurs, deux millésimes (01 et 02) des châteaux : Ausone, Cheval-Blanc, Pavie, Quinault, La Mondotte, Beauséjour-Bécot, Angelus, Le Tertre-Roteboeuf, Valandraud.
Avec une question en sus : à quel prix vous accepteriez de payer le vin (histoire de savoir combien on paie de $ pour l’étiquette, l’histoire, le show-off, la rareté).Très net succès du 01 par rapport au 02. Mais, comme d’hab, jai fait ma bouteille syndicale (on mélange tous les restes des bouteilles dans une carafe) et je l’ai faite servir pour le dîner à l’aveugle : grandiose : que du bon compliment !
Comme quoi … mais un pur moment de fun.
Un américain nous a offert ensuite (on était à la Bottega del Vino de Barzan), un Amarone Bertani 90 : voilà une bouteille que je souhaite te faire découvrir : seule l’Italie peut faire ce miracle dans un style de vin doux et sec à la fois. Un chef d’oeuvre.Severino l’a fait suivre par un 1960. On a aussi croquer le fruit d’un superbe Echezeaux. Il y a incontestablement aux USA une heureuse conjonction de grands connaisseurs et de gens généreux; bref, une très belle soirée. Va falloir que tu viennes à la prochaine, histoire d’améliorer ton anglais.
N’oublions jamais que nous ne parlons ici que de vin, même si c’est un produit de grande noblesse, on va pas s’entretuer ou se maudire pour autant, non ?
Amitiés à tous,
- 9 février 2006 à 21h54
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Désolé des fautes de frappe aggravées par une absence de relecture.
A+
- 9 février 2006 à 21h21
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Hervé :
deux points :
a : on a des notes très serrées et donc, tous les vins se vaudraeint plus ou moins en haut du peloton.
Oui et non, car, quand même il y en a un qui sort et si la note du second est proche, ce n’est pas à toit que je vais apprendre le rôle des moyennes calculées comme le fait Bernard.
Quand un vin Parker a 90 et un autre 91, au moins aux USA : il n’y a pas photo : le 91 DOIT être meilleur : juste un point.
b : tu me reproches gentillement de prendre bien des bouteilles à la propriété, ce que beaucoup sous-entendent : des bouteilles trafiquées gardées pour les journalistes; bref, des faux.
J’ai 3 points à évoquer à ce sujet :
1 : je ne crois pas tant que cela à cette psychose collective à Bordeaux, largement entretenue par les propriétaires eux-mêmes, qu’il y a des lots « cachés » réservés aux professionnels. Cela me semble dangeureux pour le propriétaire qui se lie à son personne sur une base insupportable : rappelle toi de toutes les dénonciations dont l’origine a été un personnel renvoyé.
2 : quand j’achète le vin à droite ou à gauche, et qu’il sort mal, la première question que me pose le propriétaire est : où l’avez vous acheté ? pour immédiatement me dire que les conditions de garde n’étaient certainement pas appropriées… et donc que je dois retirer son vin du classement
3 : en prenant les vins à la propriété – comme je le fais en ce moment pour tous les grands crus de la Bourgogne – je suis au moins sûr que les vins, de ce côté là, sont à condition de garde « optimales ».Certes, rien n’est parfait, mais, redisons le encore, personne n’est obligé de lire ou de suivre nos résultats.
- 9 février 2006 à 21h11
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Michel :
Vous mettez le doigt où cela fait mal : du négoce à l’amateur, beaucoup d’intervenants savent que Sociando est supérieur à une floppée de crus classés, et pourtant, il a un mal fou à rejoindre le prix des meilleurs (car, quand même, son prix dépasse maintenant en sortie celui de quelques crus classés indignes de leur rang).
Néanmoins, la force d’un Sociando, ce qui fait le bonheur de Jean Gautreau, c’est qu’il fait partie du très rare club, une vingtaine de membres maximum, à pouvoir vendre, au moment des primeurs, pratiquement tout son stock du grand vin en moins de 24 heures.
Le jour où il lui faudra plus, il commencera à s’inquiéter.
Alors que bien des domaines sont hyper contents de vendre en dix jours !
Mais une telle situation, qui est bien en lien direct avec le fait que Sociando n’est pas dans les classés, montre à tout le moins l’imbécilité, le mouton de panurge qu’est le consommateur.
L’acheteur veut du classement. Regardez même l’effet Parker : si le grand Bob met un 100 à Margaux, ou à Montrose, cela explose le prix.
Mais ‘il met 100 à Pavie, rien n’y fait : le vin de Gérard Perse n’arrive pas à fricoter avec le prix d’un Cheval Blanc ou d’un Ausone.On sait que cela a été également le grand combat – un peu loupé – du fils Delon, qui, vu la qualité de son Léoville, tenait à le vendre au moins aussi cher que les vins de ses voisins premiers. Que nenni : le marché n’accepte pas.
Les seules exceptions ont été les vins de garage, mais il semble qu’on en revienne.
Bref, quand je dis que les médocains doivent brûler un gros cierge chaque jour devant les spounzs qui ont fait le classement…
- 9 février 2006 à 18h39
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Voilà un bien joli commentaire auquel je souscris sans réserve. On continuera à boire des étiquettes et à se pâmer devant elles, et de temps en temps, on trouvera des crus comme les Grands Chênes, qu’on encavera par caisses pour les dîners de famille et quand les grands invités d’honneur arriveront, on sortira nos vieux rossignols, bardés de médailles, de classements, et de scores incroyables au WineSpec et autres thuriféraires, et chacun sera content.
Ce que je fais ce soir à NY en ouvrant le premier Grand Jury Wine Club où de bons pointus vons déguster à l’aveugle 10 crus, puis 10 autres crus à table, avant un debriefing qui sera jouissif !
Je t’écris cela du 32 étage d’un appartement sur le Park : il fait beau, frais, et sois certain que pour ce Club, tous tes commentaires sont d’actualité : tu pourras le vérifier sur le site du grand Bob bientôt.
- 9 février 2006 à 17h16
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
Voilà l’approche la plus saine, la plus cohérente, la plus ouverte qui soit. Avec cela comme principe, on doit se faire une cave d’anthologie.
- 8 février 2006 à 21h00
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
Deux addenda :
a : Barolet ne prend qu’un seul « l »
b : Reignac : je viens de déguster en quelques jours 3 bouteilles du 1990, le premier millésime d’Yves Vatelot où il a seulement assembler toute la récolte, n’ayant rien eu le temps de faire d’autre.
Je peux vous garantir, qu’à l’aveugle, ce 90, parmi des crus classé, sera loin d’arriver le dernier, et je pratique là un bel euphémisme.
Mais alors, cela voudrait-il dire qu’il y a un terroir à Reignac ? Et pourquoi pas ? Ce n’est pas parce qu’en 1855 cette zone était inconnue qu’elle n’aurait pas le droit de receler un terroir.
Qui dénie un terroir à Reignac doit avoir au moins assoir cette affirmation sur une étude qui le dit.
Or, tous les carotages, toutes les analyses de sol, sous-sol, faites sur cette propriété montrent des qualités au moins équivalentes à celles des médocains.
Vous n’y croyez pas ?a : déguster un 90
b : aller à la propriété consulter tout ce qui a été fait comme études des parcellesJe vous le promets : Mr Vatelot sera d’une patience d’ange pour vous montrer tout cela.
Bref, qu’on arrête de me bassiner que Reignac ne peut pas vieillir.
De 90 à ce jour, cela fait 15 ans : le bel âge pour un grand bordeaux, non ?- 8 février 2006 à 20h50
- in reply to: De la dégustation à l’aveugle
DEGUSTATION A L’AVEUGLE : AVANTAGES ET INCONVENIENTS
Devant les résultats parfois surprenants des dégustations à l’aveugle du Grand Jury Européen (GJE), on est en droit de se poser quelques questions sur les avantages et inconvénients de ce principe.
L’hypothèse fondamentale de départ, à la création du GJE en 1996 était d’affirmer qu’il fallait réduire autant que possible l’influence de l’étiquette sur une note de dégustation, sachant que la très grande majorité des dégustateurs, professionnels ou pas, consciemment ou pas, note les vins en fonction non seulement de leurs qualités intrinsèques (c’est bien là un minimum à exiger), mais en fonction de leur environnement historique, de leur réputation sur le marché, de classifications auxquelles ils appartiennent, de leur prestige.
De multiples études scientifiques ont clairement montré que devant un panel de professionnels et d’amateurs, les mêmes vins, servis à l’aveugle ou non, obtenaient des notes sensiblement différentes. L’humilité doit rester pour tous le mot clé.
Bien que certaines nuances soient nécessaires, il semble légitime de ne devoir considérer que ce qu’il y a dans le verre et rien d’autre, sinon, toute comparaison gustative devient hautement subjective. Seule la dégustation à l’aveugle permet ce début d’objectivité.
Pour renforcer ce souci d’objectivité, le GJE comprend des dégustateurs de plusieurs nationalités (11) afin que plusieurs sensibilités puissent être prises en compte : un sommelier français ne déguste pas forcément comme un négociant allemand ou comme un producteur italien ou comme un journaliste espagnol.
Certes, sur le papier tout cela semble cohérent, mais alors pourquoi les résultats des grandes dégustations du GJE donnent-elles chaque fois des résultats étonnants, en dehors des appréciations habituelles que donne la presse professionnelle (chaque année, aux primeurs, il est fascinant de lire dans quelque grand journal américain, les notes des crus classés : un enfant de sixième, prenant le classement de 1855 en mains, pourrait faire la même chose : les meilleures notes aux premiers, puis un ou deux points de moins pour les seconds, etc.).
Le premier problème soulevé est celui des préférences du GJE pour des vins soit-disants « riches, capiteux, alcooleux, boisés, à la limite des surextractions et/ou surmaturité ?
C’est d’abord là une appréciation qui mérite discussion : la note collective du GJE correspond globalement aux tendances du marché et ce type de vin est actuellement apprécié, qu’on le veuille ou non. Le vin doit rester un produit de plaisir, et je ne vois pas au nom de quelle idéologie, je devrai accepter de préférer un vin par rapport à un autre. Le goût doit rester une affaire individuelle même si tout esprit curieux souhaite rechercher une formation auprès de maîtres reconnus : tout ce que j’ai appris sur la Bourgogne vient de Michel Bettane, sur Bordeaux de Jean Gautreau, sur la Loire de Didier Bureau et Olivier Poussier, sur la Toscane de Lorenza Sebasti et Marco Pallanti.
En tout état de cause, condamner les résultats du GJE sur cette base, c’est afficher un a-priori, et cela n’est pas acceptable.
Un second a-priori est de sous-entendre que les vins mis en avant par le GJE sont des vins de plaisir immédiat (en opposition à des vins de garde).
Quel ayatollah, quel ukase peut ainsi dicter à des dégustateurs chevronnés les styles à privilégier ? Qui a le droit de dire que tels vins doivent être supérieurs à d’autres ? Sur quelle base idéologique dois-je préférer un vieux vin à un jeune cru si mes émotions sont plus fortes sur un fruité que sur des arômes de sous-bois ?
Qu’on ne se méprenne pas : ma référence absolue restera les Haut-Brion de la décennie 60 qui sont pour moi la plus belle expression de ce qui se fait à Bordeaux, tandis que les immenses Bourgogne d’avant la seconde guerre mondiale du Dr Barollet et de la Maison Bouchard sont probablement les dépositaires absolus de la magie des grands vins.
Sur quelles bases affirmer que des vins jeunes, agréables, ne feront pas de belles bouteilles après dix ans de cave ? Chacun sait que la très grande majorité des vins est consommée sur une période bien plus courte qu’il y a 50 ans. On peut le regretter, s’en inquiéter, mais c’est un fait qui, en plus, a été parfaitement intégré par la vaste majorité des producteurs soucieux d’offrir à leur clientèle des vins moins austères que par le passé (n’est-ce point là une des raisons du succès du cépage merlot en rive gauche à Bordeaux ?).Il est vrai, comme le démontrent les sessions du GJE sur d’anciens millésimes bordelais, certains crus classés se replacent sur le podium. Mais ce n’est pas toujours le cas, et on notera qu’un vin comme Sociando-Mallet, particulièrement dans le millésime 1990, a toujours gardé sa place au sommet de la hiérarchie.
Sur ce premier reproche fait au GJE de ne pas placer quelques grands noms là où on les attend « historiquement », il est clair que ces reproches viennent d’a-priori et ne sont pas le résultat d’autres dégustations menées par des compétences supérieures.
Je préfère donc les quelques « loupés » du GJE aux ukases des thuriféraires des classements réalisés dans des conditions qui ont complètement changées : qu’on regarde simplement, pour le 1855, les surfaces déclarées à l’époque, et celles d’aujourd’hui.
Faut-il aussi ajouter que la maturité des raisins était loin d’être la règle générale, et que les grands millésimes de référence qui sont restés dans la postérité sont ceux des années chaudes, mûres, comme 1945, 1947 et autres millésimes de soleil ? Si la maturité est la raison majeure de la réussite de ces vins d’exception, comment pourrait-on reprocher aux producteurs actuels de la rechercher avant tout, cette maturité qui fait les grands vins ?
Un dernier point sur cette question des vieux millésimes : entretenir l’idée que les vieux vins, rares, sont des joyaux, participe d’une façon certaine à la haute tenue financière d’un marché qui, sans cette affirmation, péricliterait rapidement : de cela, personne n’en veut, et surtout pas les collectionneurs, bien loin des amateurs, qui ne voient dans le vin qu’un pur produit de spéculation.
On ne va pas remuer le couteau dans la plaie en disant qu’une dégustation à l’aveugle de vieux millésimes sera bien différente – c’est un euphémisme – de la même dégustation, étiquettes à vue.Le deuxième inconvénient des sessions à l’aveugle du GJE est plus délicat à traiter : il n’est pas sain, il est inutile, pour le monde des grands vins européens, de casser des mythes. Après tout, une part importante de l’appréciation d’un grand vin ne vient-elle pas de tout ce que véhicule son étiquette ? N’est-il pas important de garder une part de magie, de mystère, d’histoire, de mythe ?
C’est vrai, cette considération doit être prise en compte et les réflexions actuelles du GJE se portent sur ce problème latent. La solution la plus radicale serait naturellement de ne plus prendre dans les dégustations du GJE certains vins qui n’ont rien à gagner et parfois un peu à perdre. Mais où sont les limites ?Avant de remettre systématiquement en cause les résultats du GJE, qu’on regarde bien qui est où. Prenons Bordeaux comme exemple : si tous les premiers ou seconds crus classés se trouvaient en queue de liste, je serai le premier à arrêter les sessions pour incompétence manifeste du système « collectif-aveugle » à offrir une opinion correcte aux amateurs soucieux d’un autre point de vue que celui de quelques critiques individuels, aussi prestigieux soient-ils. Mais ce n’est pas le cas : regardez où se trouve Ausone, Pavie, Margaux.
On nous dit : « il est inepte de voir Reignac, Haut-Condissas, un simple bordeaux et un simple médoc, devancer les Latour, Mouton, Léoville, Pichon ».
D’abord, n’oublions jamais qu’une dégustation, quelqu’elle soit, est une photographie à un moment donnée et que quiconque n’accepte pas le jugement de son palais pour lui préférer le jugement de son cerveau, dicté lui par l’étiquette, ne peut être crédible. Ce serait accepter que dans le monde du vin, tout est figé, que les classements ne doivent pas être revus : c’est UBU.
Sur quelles bases préjuger du potentiel d’une propriété qui met tout en œuvre, avec intelligence et passion, pour produire un cru de référence ? Pourquoi un Yves Vatelot, pourquoi un Jean Guyon, pourquoi un Jean-Luc Thunevin ou un Gérard Perse n’auraient-ils pas le droit de faire grand ? Ils font des vins qui trouvent un marché, non ? Qu’ils ne plaisent pas à tous, c’est un fait, mais les condamner sur des bases autres que la dégustation à l’aveugle, c’est encore et toujours partir d’a-priori inacceptables.
Pourquoi faudrait-il accepter un tel ostracisme ? Parce que dans dix ans, ils ne seront plus à la même place ? La belle affaire ! Ils n’en demandent pas tant, ils souhaitent simplement que les amateurs qui achètent ce vin en soient satisfaits. Mais je fais partie des amateurs qui croient au futur de ces crus, tant il est vrai que ce qui est bon « jeune » ne devient pas systématiquement mauvais « vieux », alors qu’un vin pas très agréable « jeune » aura plus de mal à devenir excellent « vieux ».Et c’est là qu’on nous accuse de ne pas savoir évaluer, lors de dégustations à l’aveugle, le potentiel de vieillissement et d’amélioration d’un vin. C’est vrai, sans référence d’étiquette, il est particulièrement difficile d’apprécier, de juger le futur d’un vin. Peu de dégustateurs y parviennent, et c’est la limite « modestie » de ce type de dégustation.
Cependant, en aucun cas, cela ne peut justifier une éventuelle supériorité des analyses de ceux qui jugent et classent sur la simple histoire, sur le seul prestige (souvent qu’historique) du cru.
En fait, l’amateur avisé saura lire, corriger les résultats du GJE en fonction de ses goûts, de ses connaissances, de ses expériences.Les membres du GJE ne sont pas des béotiens ignares et incompétents. Tout le monde sait que les merlots jeunes donnent plus de plaisir que les cabernets. Tout le monde sait combien il est difficile d’écarter l’influence du taux d’alcool ou de sucre résiduel dans une dégustation à l’aveugle.
Mais le savoir est une chose : s’en souvenir en dégustant en est une autre, et croyez bien qu’un Michel Bettane, qu’un Jacques Perrin, qu’un Victor de la Serna, qu’un Otto Geisel, bref, que tous les Membres du GJE ont parfaitement conscience de ces problèmes et prennent beaucoup de soins à déguster le plus honnêtement possible les vins soumis à leur sagacité.- 8 février 2006 à 20h49
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
Deux points :
à propos de la reproduction de résultats : je l’ai déjà dit, mais on répète.
Dégustation du GJE chez Dutournier des 96
Départ pour Singapore avec 9 dégustateurs du GJE
Redégustation de ces 96, en ordre différent
Résultat : les dix premiers restent dans les dix premiers, et pratiquementdans le même ordre.
En fait, seul les dégustations de groupe sont capables de renouvellement à peu près similaires de résultats. Je suis prêt à répeter l’expérience sans aucun souci, alors que je doute qu’un dégustateur individuel, devant témoin, à l’aveugle, risque de jouer sa réputation sur un tel challenge. C’est vrai : il pourrait dire que ce sont des bouteilles différentes. Mais je suis prêt à lui faire servir le même vin, partant, donc à faire le même jour.
Point 2 :
Je dis effectivement, comme le souligne Bertrand, que nos dégustations sont des photos. En lisant des commentaires ici et là sur LPV, on sous-entend régulièrement que les autres dégustations, seules et étiquettes ouvertes, permettent de mieux évaluer le potentiel du vin, car on assimile à sa note, à ses commentaires, un historique sur le vin.
Ainsi, personne n’ira vraiment contester la qualité d’un Lafite de peur de passer pour un ignorant alors que quand le GJE « sort » un Haut-Condissas, on se fait retamer grave.
Si personne ne ressent face à cette situation de quoi se poser quelques questions, c’est que vraiment, une fois pour toutes, on doit dire que plus rien ne peut être découvert en bordelais. Frustrant non ?
Je me permets de mettre un texte que j’ai écrit sur cette question des dégustations à l’aveugle. C’est certain, je me ferai allumer sur certains points, mais j’avoue que cela m’intéresse, surtout la façon dont je vais me faire allumer.
Je le mets dans la section « à propos ».
- 8 février 2006 à 13h48
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
Merci Philippe : voilà un bon début.
- 8 février 2006 à 7h32
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
Merci de ces explications : alors, comme nos résultats sont ce qu’ils sont : peut-on savoir quels sont les vins qui, dans votre expérience, devraient non seulement mériter notre attention, mais qui, selon vous, mériteraient les plus grands éloges.
A contrario, la liste des vins que vous n’aimez pas alors même qu’il se pourrait que nous, nous les aimions.
Une liste de ces crus me ferait le plus vif plaisir.
Nous parlons des bordeaux, bien sûr.
Merci d’avance,
- 8 février 2006 à 0h49
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
En réponse à des demandes claires, on reçoit un paquet d’anathèmes : peu constructifs.
Monsieur le Belge :
Vous semblez savoir quels sont les véritables vins aux « saveurs de terroir » et ceux qui sont des constructions techniques pour flatter les palais peu attentifs ou incapables.
La question est simple : merci de nous faire la liste des vins que vous, avec votre expérience et votre sens profond du terroir, vous estimez complaire à vos critères.
S’il vous est possible de lister également les vins « techniques », Bertrand et moi vous en serions très reconnaissants.
Juste des noms, l’argumentaire a été détaillé, on le connait.
Mr Martinez :
Vous n’aimez pas ce que nous faisons, c’est parfaitement votre droit. Y adjoindre l’épithète « ridicule » n’est peut-être pas si utile que cela, surtout si on se réfère à la dernière dégustation faite sur le millésime 2002 à l’aveugle qui a, je croisz, donné des résultats à considérer, non ?
- 7 février 2006 à 10h27
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
Si le Belge nous donne sa liste, promis : je donnerai les meilleurs commentaires du GJE sur LPV.
- 6 février 2006 à 16h12
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
Et oui, Monsieur le Belge :
On attend votre liste avec impatience, gourmandise, avidité !
Merci de ne pas nous faire languir !
- 6 février 2006 à 1h47
- in reply to: Château Tertre Roteboeuf
ce serait intéressant de retrouver ce qu’on écrivait sur ce vin à sa sortie.
- 4 février 2006 à 2h14
- in reply to: GJE Bordeaux 2000
A l’occasion, merci de me faire la liste (avec nom des vins) qui « ont des saveurs propres au terrain » : juré, craché, je les ferai déguster par le GJE sans mettre aucun vin de pute.
Ce sera fascinant.
Vous pouvez aller jusqu’à 32 vins.
Merci