hervé Bizeul

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  • hervé Bizeul
    Participant

    Bonjour à tous. Merci pour ces commentaires, la plupart du temps positifs. Ils me rassurent sur ma capacité à tenir la promesse que je fais chaque année dans mon offre primeur qui, au fait, est bien TVA incluse. Je la paye quand la reçoit et ça a m’évite le bousin de réclamer la TVA après.

    Pour répondre à certains, clairement, le prix des vins n’a pratiquement pas bougé depuis près de quinze ans. Le domaine a grandit, les économies d’échelle ont été importantes, je ne gèle pas, je grêle rarement, j’ai les moyens d’entretenir mes vignes (donc d’échapper aux maladies), désormais à un niveau de qualité que je n’aurai jamais pensé un jour possible et cela me réjouit. Je vend déjà cher, augmenter ne m’apporterait rien. En revanche, les millésimes anciens où je n’ai plus que quelques bouteilles, là, le prix bougent mais je les maintiens en dispo autant que je le peu. 

    Ces moyens mécaniques et humains, je les dois à vous, mes clients. Cela me semblerait particulièrement vulgaire de vous « remercier » en doublant mes prix et en me ruant sur l’export. Je réserve toujours 60, voire 70 % de mes vins au marché français et le fait de ne pas augmenter me permet de réguler le marché et d’éviter la spéculation (qui a parfois des conséquences dramatiques sur les vignerons qu’il isole ou rend fou). La RVF me l’a récemment reproché, expliquant que si ca n’augmentait pas, c’était un échec… Mais bien sûr… Mes vins sont à un prix correspondant à mon avis à leur qualité, c’est bien ainsi.

    Je vis à la campagne, je n’ai nul besoin d’un chai pharaonique signé d’un designer à la mode, où les vins ne seraient pas meilleurs. Pour aller dans les vignes, ma bagnole a quinze ans et elle ne sonne pas quand je n’ai pas ma ceinture. Elle me comble. Pour aller ailleurs – mais je bouge peu – ma golf est parfaite. Je n’ai donc nul besoin d’augmenter mes prix car je n’oubli jamais que j’ai été TRES longtemps un amateur désargenté. C’est pour cela, aussi, que vendre cher quelques bouteilles me permet de continuer à faire 90 % de vins accessibles à tous (en particulier la Chique 2020 que même la RVF (encore elle 😉 trouve merveilleux. Pour 6,40 €. J’en suis très fier, et cela me réjouis d’aligner les médailles avec mon entrée de gamme pour laquelle il n’est pas besoin de supplier pour en trouver. Il suffit d’aller chez son carrefour Market. C’est un choix de distribution populaire que j’assume totalement.

    Je vous l’avoue, LPV me manque un peu (les anciens se souviendront de certains de nos débats vigoureux qui ont fait date) mais je n’ai plus vraiment le temps et je suis fatigué, quand j’interviens, qu’on me renvoie systématiquement les mêmes reproches : la petite Sibérie, de quel droit, bla bla bla.

    Mais ça m’a fait du bien de vous parler aujourdhui, sans doute parce qu’un vieux prof qui m’a tant appris est mort cette nuit, et sachez que, parfois, je remonte vos commentaires de dégustation et qu’il me font du bien, comme sans doute tous les vignerons qui trainent ici incognito. 

    Amitiés à tous et merci de continuer à acheter et à boire le Clos des Fées. Hervé

    hervé Bizeul
    Participant

    Bien, je vois que mon vigneron Slovène ne peut décidément pas s’en empêcher… Que c’est triste…

    Je reviens sur LPV pour raconter un peu plus honnêtement le déroulement de cette dégustation.

    Avant que les noms des vins ne soient révélés, j’ai proposé un «tour de table» collectif, à main levée, pour savoir, parmi la cinquantaine de dégustateur présents, qui estimait quel vin méritait le qualificatif «grand vin». Ou pas.

    Clairement, et je n’y peux rien, trois vins ont fait l’unanimité pour eux (TRES largement) et trois vins n’ont recueillis aucun suffrage. Ou de une à trois mains 😉 J’ai donc expliqué ce que, à MON avis, était un grand vin (la complexité aromatique, l’effet «montant» à l’aération, l’effet «queue de paon» en bouche, la «salivation» finale, la longueur, l’émotion et la mémorisation instantanée et définitive. Et que dans cet univers du grand vin, il était ensuite très difficile de faire un classement.

    Ne pas être «un grand vin», un jour donné, à un moment donné, ne veut pas dire qu’on est pas bon ou très bon. Mais on ne déclenche pas, à l’aveugle, d’émotion. C’est tout. Et ce jour là, c’était très clair. Entre bon et grand, il y avait un gap.

    J’ai aussi expliqué que dans le grand vin, il fallait souvent une «intention» de la part du vigneron, un souhait d’entrer dans un univers particulier, avec des règles particulières, des usages particuliers, des conséquences, aussi, pas toujours agréables, comme d’être une sorte de bouc émissaire. La lecture des avis de Jérôme Perez sur la petite Sibérie, sur cette dégustation où il n’était même pas, ses attaques ad nominem depuis des années, sans que je puisse ni comprendre pourquoi, ni ce que cela lui apporte si ce n’est de passer pour un ….. (choisissez le mot qui convient), me laisse pantois, comme d’assurer que pour lui dans ce sujet Cheval Blanc aurait perdu. «L’univers et la bêtise sont infinis», disait Einstein, rajoutant que pour l’univers il n’était pas certain. Dans le monde des grands vins, on est justement pas en concurrence. C’est ça qui est bien.

    Qu’Olivier Julien soit un homme extraordinaire, que son vin fasse le bonheur de milliers d’amateurs, qu’il ait été à un moment un personnage clé du LR, personne ne l’a remis en question, ni ce jour là, ni un autre jour.

    Simplement, sur cinquante personnes, ce jour là, une seule personne a levé le doigt pour défendre le fait que cette bouteille était un «grand vin» et c’est tout à son honneur. Et surtout son droit. Qu’il vienne maintenir cette certitude ici, déformant mes propos pour se mettre en valeur, pensant que son goût est le «bon» et l’avis de cinquante autres personnes «le mauvais», que voulez vous que j’y fasse ? Le grand vin est en soit un vin de garde (cela peut être infirmé mais c’est rare et assez nouveau) et quand le vigneron ne «vise» pas la garde, il a peu de chance de rentrer dans le club, tout simplement.

    Grange Hermitage a fait l’unanimité ce jour là, tout excessif qu’il était, le cabernet sauvignon de Sinequanone, dans son registre, était indiscutable. Qu’on aime le style ou qu’on préfère boire du Trousseau nature. Et voir la petite Sibérie être reconnue à l’aveugle dans ce groupe comme faisant partie de cet univers, et bien cela m’a fait plaisir.

    Je sais, ce n’est qu’un vin pauvre vin du Roussillon. Mais c’est la troisième fois, en dix ans, que ce vin participe à ce challenge, unique, risqué pour Alain Brumont et qu’il organise pourtant par passion. Elle est arrivée une fois première, une fois deuxième et une fois dans les trois premiers cette année. Derrière du lourd. Et donc, bêtement, pour mon terroir, mon village, mon Roussillon, je suis fier qu’elle ait fait le job.

    Après, on peut préférer dégustateur aveuglé par la haine à la dégustation aveugle. Dommage qu’il m’interdise, par son comportement, des interventions sur LPV que j’ai toujours pensé utiles et que je regrette de ne plus avoir le droit de faire en paix.

    Enfin, oui, la petite Sibérie est un vin «auto-proclamé» et non le résultat de l’avis d’un journaliste ou d’un guide. Je souhaite à tous les vignerons du monde, si un jour ils trouvent dans leur cave – comme cela m’est arrivé – un grand vin, ils aient le courage d’en assumer la valeur ET le prix. Et de, comme moi, continuer à sacrifier une barrique sur huit chaque millésime pour le faire gouter aux amateurs, sans leur demander avant s’ils ont les moyens de l’acheter. Joyeux Noël à tous

    hervé Bizeul
    Participant

    Merci cher Jean-Luc. Sans m’auto féliciter, je pense que cette cuvée reste le fer de lance de mon travail. J’espère qu’un jour tu gouteras les 2017, entre autre . Amitiés, souvenirs, Hervé

    hervé Bizeul
    Participant

    Cher Hannibal, ton message était particulièrement clair. Ne t’en fait pas pour la qualité de mes vins, elle va très bien. Le soleil m’aide grandement. Et puis j’ai beaucoup de parcelles, cela me permet d’avoir de nombreuses couleurs sur ma palette et de réaliser, j’ai cette chance, le vin qu’il me plait de faire au lieu de m’imaginer stupidement aux «ordres d’un lieu», posture qui, avec l’expérience, me fait bien marrer. Surtout en ces temps de technologies membranaires…

    Cela fait bien longtemps, étant un vieux monsieur, que les attaques ad hominem glissent sur mon vieux pelage. L’expérience m’a montré qu’elles ne salissent que ceux qui les lancent.

    Poser une question, gaiement, réunir des amateurs de vin pour y réfléchir autour d’un verre et au milieu d’objets divers et colorés, autour de fromages qui sont fait par un autre type de cinglé et d’un pain élaboré par un grand malade me semble être une idée agréable, entre bon vivants curieux et respectueux des autres. Elle énerve les jaloux qui ne l’ont pas eu ? Les aigris qui ne font rien ? Qu’y puis je ? Personne ne les oblige à y venir. Et, de toute façon, quoi que je fasse, il y aura toujours, quelque part, quelqu’un qui regardera le doigt.

    Cela ne signifie pas que je connais la réponse, bien au contraire. Ni que je me prend pour ce que je ne suis pas. Certains ici m’ont grandement aidé à enrichir le débat. Je les en remercie. Chacun gardera son avis sur la chose, ou pas, là réside le plaisir de la discussion et du débat.

    Merci, à ta manière, d’y avoir contribué.

    hervé Bizeul
    Participant

    Merci Hannibal pour ce message clair et fort. Discuter avec toi de tous les sujets est vraiment un plaisir. Je te souhaite une belle journée.

    hervé Bizeul
    Participant

    Je ne sais pas pourquoi je cristallise ainsi chez toi, Jérôme, une telle agressivité. C’est un grand mystère. Peu importe.

    Je ne vois pas en quoi le succès d’un artiste devrait fatalement condamner son œuvre. Ou la nature/qualité de ceux qui l’aiment et l’achètent la déconsidérerai. Cela ne devrait-il pas être le contraire, au moins dans le vin, où l’offre et la demande font la loi du marché ? C’est ce que tu induits très clairement sur Basquiat : son œuvre serait déconsidérée par son succès commercial.

    Je n’ai bien sûr pas d’avis là dessus. Mais je te remercie par là de montrer encore une des similitudes entre l’art et le vin : le rapport au succès, au prix, au commerce, au jugement des professionnels – voire même de ceux qui n’ont pas les moyens et ne l’auront jamais plus désormais de tremper leurs lèvres dans certains nectars mais qui, pourtant, ont un avis dessus. Basquiat est un immense artiste. Sa côte a été mérité au premier jour. Il fut le témoin d’une époque. Il n’y a pas eu un artiste comme lui, aussi violent, baroque, destructeur comme l’époque le fut. Le fait qu’il ait un succès commercial très tôt n’a rien changé à sa vie ni à son travail. Dommage que tu ne te sois pas forcé à aller voir l’expo : c’était un coup de point. C’est un peu «l’homme qui a vue l’homme qui a vu l’ours…»

    Je lisais ce matin un texte sur Jacques Maximin. Certains chefs sont ils des artistes ? Je ne sais pas. Mais peut-ont être artiste sans être créateur ? Je ne le pense pas. C’est pourquoi je pense que certains vignerons qui changent les choses en vignes, en cave, en encépagement, en graphisme, en mode de commercialisation sont plus créateurs que d’autres. Les vignerons «nature» aussi, oui. Ils sont sortis des sentiers battus comme la cuisine s’est libérée d’Escoffier. La bouffée de création fut salutaire.

    Ce texte disait, à propos de Maximin «Ne serait-ce que, parce qu’avec Alain Ducasse et Joël Robuchon, il a été un des formateurs les plus productifs de la cuisine contemporaine. Parmi ses anciens stagiaires, la star Ferran Adria aime à répéter qu’une phrase de Maximin – “Tu pourras créer quand tu auras cessé de copier” – est à l’origine de ses envies de bouleversements culinaires.»

    Chez le vigneron, c’est exactement la même chose : il faut arrêter, un moment, de copier. C’est très difficile parce que la latitude est faible, voire inexistante dans un cru légendaire ou sous le feu de la critique et de la dictature des « gouts ». C’est pourquoi, à mon sens, les régions aujourd’hui négligées verront naitre dans les années qui viennent, les vignerons les plus libres et les vins les plus artistiques. Sans être fatalement les plus chers.

    Sur l’acte artistique et non le vin en tant qu’œuvre d’art, qui n’est pas mon sujet, le questionnement est ancien et j’ai écrit ce que je pensais sur la chose https://www.closdesfees.com/blogs/2008/11/26/faire-du-vin-est-il-un-acte-artistique/ici :

    hervé Bizeul
    Participant

    Cher Oliv, je n’amalgamais rien mais réagissait, bien gentiment au post d’Hannibal

    Trop fastoche, Jean-Luc : si tu veux hameçonner le gros poisson, faut créer un sujet dédié à l’oxydation lente et d’audouzage breveté SGDG, l’œuvre de sa vie. Tu le verras rappliquer dare-dare. Sinon, si t’as une caisse de RC pré-phylloxérique à vendre (ou mieux encore du vin grec en amphore de 15O litres parfaitement conservé ayant appartenu à Plutarque ou Néron, y a moyen de faire monter les enchères.

    Je te (vous) prie de m’excuser si l’on a pu penser que je généralisais. Je m’en vais sur la pointe des pieds.

    hervé Bizeul
    Participant

    Je ne voudrais pas avoir l’air de mettre de l’huile sur le feu. Mais honnêtement, à lire Jérôme Pérez, on se demande comment avoir un avis sur un auteur ou un artiste sans… l’avoir lu ou regardé ? Ou bu, comme si souvent ici ?

    Juste en ce basant sur l’opinion qu’on a du regard des autres ? C’est fascinant… De même se plaindre de la multitude des jugements permis par l’époque et gérer un site qui encourage par sa nature même l’exercice me semble être une contradiction majeure.

    La critique sur l’avis vain de l’autre n’est-elle en fait là que pour justifier la sienne, sublime, forcément sublime ? Les vannes sur l’oxygénation lente n’auraient elle pas plus de poids si ceux qui les fond avaient testé la chose sur les mêmes bouteilles que F.A. ?

    On peut être énervé par le prix des œuvres de Basquiat. Mais sortir de l’expo Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat et ne pas reconnaitre le génie artistique de ces deux artistes, morts si jeunes en plus, me semble franchement difficile à comprendre. Mais on peut voir bien sûr sur l’œuvre de Basquiat des gribouillis d’enfants sur une toile. L’air est connu… Encore faut il aller au musée, je pense, pour que son avis soit un temps soit peu crédible.

    Je vois que rien ne change vraiment sur LPV et que non content de donner son avis, on doit avant toute chose le donner même sur un vin ou un sujet qu’on ne connait pas mais surtout et avant tout discréditer l’avis de l’autre. Dommage.

    hervé Bizeul
    Participant

    Je ne sais pas d’où vient cette violence envers les milliardaires : en achetant à des familles des vignobles, ils participent finalement à la redistribution des richesses. Le tout étant de plus abonnement fiscalisé. Qu’ils perturbent l’économie d’une région en cascade m’a toujours semblé plus grave.

    Sur le prix des vins le rapport entre ceux ci et leur valeur, je pense que le débat est suffisamment riche sur LPV pour que mon avis ne soit pas essentiel.

    Que le vin ne soit pas faisable avec rien, je crois qu’on le savait. C’est une industrie lourde. Mais on peut, comme je le disais, avoir un travail à côté et démarrer, dans beaucoup de régions, avec peu de superficie, peu de matériel, peu d’enjeux. Les terres nues ne valent parfois que quelques milliers d’euros à l’ha (contre 500 000 à Châteauneuf, 1 00 000 en Champagne ou ailleurs), les plantations sont subventionnées. Pour le prix d’une voiture, on peu donc s’installer vigneron, trouver un garage, un pressoir à eau et quelques barriques ouvertes et être réellement devant une « page blanche », ce que permet la législation actuelle, le partage des connaissances techniques et la communication gratuite qui permet de s’affranchir si on le veut des intermédiaires. C’est tout à fait nouveau.

    Certains arts ne demandent aucun investissement (encore que la formation à un instrument ou l’école qui forme un écrivain ne soit pas « gratuite » même si elles ne sont pas toujours payantes) mais pour couler du bronze ou construire une œuvre architecturale, il me semble qu’il faut avoir aussi des moyens, comme diriger un orchestre philharmonique, exemples qui me viennent à l’esprit.

    A Sauternes, d’excellents terroirs ne coûtent désormais plus rien. En Anjou idem. Ici, des arènes granitiques en vacant communaux à 40 euros par an. Encore faut il avoir la fibre artistique, vouloir créer et y planter un autre cépage ou avoir d’autres ambitions pour celui en place, le tout en pouvant désormais s’affranchir de tout, ce que l’INAO, par exemple, a longtemps interdit. Là existe à mon sens une possibilité de création nouvelle et donc, dans ce cas, un acte plus « artistique » que certaines autre formes de viticulture.

    hervé Bizeul
    Participant

    Si tu ne vois pas d’argumentaires dans la réponse à Enzo, ce n’est pas des lunettes, qu’il te faut, mais un chien.

    Après toutes ces années sur LPV, je vois que tu ne supportes toujours pas ni l’humour, ni la contradiction.

    hervé Bizeul
    Participant

    Cher Enzo, merci pour cette réflexion intéressante. Elle est vraie, bien sur, dans la plupart des cas… Je mettrais cette réflexion dans le livre d’or de la fête.

    Sauf qu’en lisant la « querelle des anciens et des modernes », en s’affranchissant de certaines idées reçues et autre a priori, on peut, dans certaines régions, retrouver cette égalité devant le terroir : Roussillon, bien sur, Muscadet, Loire, Entre deux mers, Cahors, etc, la terre n’est pas chère et pourvu que l’on ait un boulot à côté, on peut se lancer, la connaissance étant aujourd’hui à portée d’un clic. Le holdup des IGP sur les vins de pays a entrainé l’émergence des vins de France, le tout autorisant cépages exogènes, noms amusant et millésimes. Les vins nature, aux prix décomplexés, ont fait le reste. On peut donc refuser le joug des AOP et créer véritablement, ce qui n’était pas le cas dans les années 80. Je pense avoir fait ma part dans ce travail de brise glace.

    Et puis il y a Internet, bien sûr, qui permet d’un clic de dire ce que l’on veut à qui on le souhaite, en s’affranchissant de bien des barrières, qu’elle soient physiques, sociales ou financières.

    Devant un hectare de terre qu’il aura choisi, le vigneron nouveau a alors une grande liberté de création et d’expression, loin de celui des nombreux carcans des AOP figées. A lui de saisir cette chance historique ou pas.

    Sur les vins à 8 euros, ma vanne concernait bien sûr le cher Jérôme pour qui tout ce qui est cher l’est bien sûr trop (cher) et que passé 8 euros, on est un gogo si on boit et un bandit si on vend. Chacun boit ce qu’il veut, au moment où il le veut, ce que permet la connaissance du vin. Encore faut-il que cela soit un vrai choix (j’ai l’argent pour boire autre chose mais je m’interdis par principe de le faire. Et bien sûr, je m’interdis aussi de les goûter, ce qui n’est bien sur jamais le cas. Tout cela est une posture, posture qui a été maintes et maintes fois soulignée sur LPV et qui, je le vois, ne change pas : je bois des vins à 8 euros, meilleurs que tous les vins chers, je suis du bon côté de la force…

    Il est je crois désormais vigneron et il a, affirme-t-il tout gouté ou presque. Donc, il est capable, si un jour il fait un grand vin, ce que le lui souhaite, de le savoir, de le détecter. Nous verrons alors quel choix il fait quant à son prix de vente. Ce n’est pas choix si aisé qu’on peut le penser.

    Sur le reste, vu le mal que je me donne à continuer à faire des vins abordables (Chique, Modeste, Walden et j’en passe), je pense n’être pas le bon objet de ton mépris.

    hervé Bizeul
    Participant

    Bon, je crois que tout le monde a compris ce que tu penses de l’évènement que j’organise, avant même qu’il est eu lieu, des motivations mercantiles que tu affirmes être les miennes et le pourquoi je l’organise, ce que tu sais mieux que moi, apparement.

    Mais bien sûr, tu n’y participeras pas, car, comme d’habitude, tu sais tout de tout, surtout maintenant que ton génie est l’esclave de ton immense terroir, dont les vins sont à vendre à des prix très raisonnable, parce que tu es un gentil vigneron (vigneron, propriétaire de ce site et modérateur et contributeur, ce qui ne doit pas être facile, j’en convient, un peu comme magnum vinum, hein…).

    Si certains osent braver ton courroux, ils seront les bienvenus pour voir des œuvres d’art remarquables, de discuter entre personnes cultivées, dans une ambiance agréable, de tout ce qui réunis ou sépare certains vignerons de l’artiste accepté comme tel. Et contrairement à ce que tu penses, je suis curieux de savoir quel sera l’avis des participants, y compris des non passionnés par le vin. Suffit de s’inscrire.

    Ah, au fait, vu que toutes mes initiatives créatrices (on peut dire ce qu’on veux, mais c’est créatif 😉 t’énervent, rien ne t’oblige à rester dans le fichier du Clos des Fées ni venir me critiquer et m’insulter publiquement sur LPV, même à mots couverts, que beaucoup ici ont compris.

    hervé Bizeul
    Participant

    Les vins à moins de 8 euros, c’est ma spécialité. J’adore les faire et les boire. D’ailleurs c’est le gros de mon travail. Pour autant, je ne suis pas en train de me lamenter et critiquer « à priori » les-vins-chers-que-je-n’ai-pas-les-moyens-de-boire fait par des « faiseurs », ni ne passe mon temps à critiquer les vins chers (comprenez trop chers pour Jérôme Pérez) ni les gens qui les fond et qui vivent du fruit de leur travail et de leur talent, souvent après avoir pris bien des risques. La Chique 2017, qui attrape pour la deuxième année consécutive la médaille d’or au CGA, ça me fait vraiment plaisir. Je suis resté simple.

    Ceci étant, si le terroir était si génial, on se demande pourquoi autant de grand crus bourguignons des années 70 et 80 ont fini à l’évier, pourquoi tous les crus classées 1855 ont un osmoseur (ou deux…) ou pourquoi 80 % des vins français sont chaptalisés. Entre autre… C’est comme dire qu’une Peugeot pourrait gagner le championnat du monde des rallyes sans son pilote. Sébastien Loeb est il un artiste ? Je n’en sais rien, j’aime bien l’idée d’en discuter avec mes clients dans un bel endroit et avec des peintres, des sculpteurs ou des céramistes. Même si la réponse est non (sans aucun doute dans certaines régions, sans doute de manière moins tranchée dans d’autres où certains « crées » vraiment…). N’en déplaise à Monsieur Pérez qui vient ici publiquement m’accuser (alors que je n’ai rien demandé) de « communiquer » et de « vendre ». Content de voir que certains l’ont vu.

    Ouh, les vilains mots… Dans le vin, les artistes maudits, ce qui ne vendent rien, ne font pas de vieux os et, à ma connaissance, je ne connais pas de domaine qui ne produise pour cela. Ce mépris pour le commerce, je vois qu’il ne change pas.

    Sans un amateur qui achète mon vin, celui ci n’existe pas. Comme un tableau qui n’est regardé par personne ? Ca se discuterai. Donc je suis fier de dire ce que je fais et je suis fier de vendre mon vin, tout autant que je suis reconnaissant auprès de ceux qui les achètent. Et que tu coup, je prend soins de mes clients, contrairement à d’autres domaines qui se ferment au lieu de s’ouvrir. N’en déplaise à la mouvance Khmers de LPV 😉

    hervé Bizeul
    Participant

    Cher Jérôme, je pensais que sur LPV, les messages privés restaient privés. Je vois donc que ce n’est plus le cas et je le déplore. Dont acte. On peut avoir un avis public sur les choses et un avis privé sur les gens. Dommage que tu ne respectes plus ces règles.

    Tu es venu me chercher en m’envoyant un mail provocateur, donc, me voilà. Je ne sais pas ce que viennent faire ici tes opinions sur le terroir ou le boisé, j’évoquais en PS un avis stupide sur mes vins d’une personne grande amatrice de vins natures du Roussillon publié sur le fil du Clos des Fées.

    Mon message précédent ne montrent que tes insultes à mon égard, à mots couverts, sans même de discussion m’accusant en une seule phrase de bien des mots/maux, tout simplement parce que je lance un débat avec mes clients. Un lecteur essaie de te modérer. Tu fais le naïf. Je pourrais, moi aussi m’emporter, et dire, comme l’a fait un jour Dupont Moretti : “Le 3 mai 1936, René Magritte a écrit au critique Dupierroux qu’il n’était « qu’une vieille pompe à merde », je n’ai, hélas ni le talent, ni l’audace de Magritte. » Je ne sais plus le nom de la formule littéraire, mais gageons qu’un « sachant » comme toi va me le rappeler. Moi non plus, je n’ai pas le talent de Magritte, je ne suis il est vrai qu’un simple vigneron. Mais un vigneron qui n’a pas peur, ni de toi, ni de personne, comme tant de mes confrères.

    Dans mon message, je lance plusieurs réflexions je pense interessantes sur le débat. Libre à toi de ne même pas les voir. L’égo aveugle autant que la colère.

    On a compris que tu pensais que l’art et le vin, c’était pour les marchands. Espérons que ce débat sera intéressant et fructueux car, je l’espère libéré.

    P.S : non, l’alcool ne sent rien, sauf si on le parfume, ce qui est le cas dans les médicaments, mais bien sur, je peux me tromper. En cours de dégustation, on le prouve en mettant des verres d’eau avec 5, 10, 15 et 20 % d’alcool pur. Sans toucher le verre (larmes) on ne peut savoir qui a quoi.

    P.P.S : il suffit de regoûter aujourd’hui un Clos des Fées 2007 et un VV 2007 pour comprendre qui était taillé pour la garde et qui ne l’était pas. Ce qui n’empêchait personne de préférer à la mise en bouteille le VV 2007. Quand à penser que je me souviens simplement de ton avis, qu’il a compté pour moi ou qu’il pouvait m’avoir vexé, je crois que cela est très signifiant… Et triste. Celui de Luc, en revanche, ou d’Oliv m’ont souvent intéressés. Régale toi avec tes vins à 8 euros. On a ceux qu’on mérite.

    hervé Bizeul
    Participant

    Bon , je vois que LPV change de look mais que le fond ne change pas 😉

    Merci à Jérôme de signaler ma participation à un évènement assez nouveau, sans bien sûr « me faire de pub ». Ce serait balo, hein, d’aider encore ce « prétentieux et ce faiseur » de Bizeul. Je vois qu’il manie toujours aussi bien l’antiphrase. Et, bien sûr, de le nier ensuite, alors que tout le monde à bien compris : je suis jugé et condamné sans même débat ni questions. Je ne vais pour ma part pas jouer aux chevaliers du fiel et à l’opposition entre les profs (fainéants, naturistes et jaloux de tout) et les entrepreneurs (dynamiques, gastronomes et créateurs)…

    Je pense que vu ce qu’il s’est passé dans le monde du vin depuis dix ans, date je pense de nos débats, intéressants à l’époque, époque où le patron ne tirait pas à vu sur tout ceux qui n’étaient pas de son avis – ou époque où certains avaient les couilles de débattre avec lui – se poser la question, même si la réponse est non, est fort intéressant. Et surtout légitime.

    Les vins et les vignerons sont soumis aux jugements de plus en plus lapidaires et l’avis consommateur devient primordial tandis que l’influence des critiques ne cesse de diminuer; le prix de vignoble atteint celui des tableaux de maitre et la chasse au grand cru bourguignon tourne au safari, chacun veut son Léonard de Vinci; les vins nature (mot dont l’utilisation est désormais interdite, ce qui est amusant) montrent un autre courant « artistique » proche du nihilisme ou du surréalisme; la destruction d’une RC 1947 unique parce que n’ayant pas quitté sa cave et donc « vraie » à une époque où les faux sont légions, comme dans l’art, prise en vidéo, serait sans doute potentiellement capable de devenir une fantastique installation artistique; les vignobles mineurs bougent et des vignerons défrichent des coteaux, tentent de créer de nouveaux vins dans de nouveaux endroits, avec de nouveaux noms, de nouvelles étiquettes, de nouveaux goûts : on ne peut leur enlever leur envie de création même si on leur dénie, d’un mot et sans aucun argument, toute capacité à se croire artiste. L’acte n’en pas moins là.

    Bref, je pense qu’on a le droit, n’en déplaise à Jérôme Pérez, de se poser la question entre amateurs d’art (de toute sorte, c’est l’intérêt de Gazette et Yvette) et de vins. Ici aussi, d’ailleurs, mais on voit bien, au premiers échanges, que d’échanges, justement, il n’y aura pas. Le rôle d’un modérateur m’a toujours semblé d’encourager le débat, de l’ouvrir, de le faire naitre mais aussi de l’entretenir. En cela, son opinion personnelle devrait être quasiment invisible, tant elle est antinomique avec l’encouragement au débat. Eternelle envie du beurre et de l’argent du beurre, éternel dilemme entre le refus d’un système et l’obligation de subir les effets d’un tel choix.

    Donc, les LPV sont les bienvenus, il suffit de m’envoyer un mail privé.

    PS : je signale à l’esthète qui préfère le brett à l’odeur d’alcool et qui est dégoûté par le bois dans mes Vieilles Vignes, qu’elles ne sont plus boisées depuis 2009 et que l’alcool est inodore, ce qui fait qu’on est obligé de le parfumer en usage industriel et médical pour éviter les accidents. On peut être dérangé par l’alcool en bouche dans un vin (c’est surtout quand on voit le degré de l’étiquette, les tests l’ont tant de fois montrés, mais c’est une autre histoire) mais pas par l’odeur de l’alcool.

    • in reply to: Vinapogée
    hervé Bizeul
    Participant

    Bonjour à tous.

    Je suis très heureux que l’idée un peu loufoque de ce salon hors du temps perdure.

    Je vois que le débat, s’il débat il y a, n’intéresse que peu de monde sur LPV apparement 😉

    Je dois sans doute être le seul a ouvrir régulièrement des bouteilles dont on m’avait vanté le potentiel de vieillissement et qui m’obligent à réfléchir sur la notion de « mensonge », assumé, ou sur le pouvoir des idées reçues, bien plus grand quand personne n’ose les combattre.

    Anyway, pour ceux les « vieux de la vieille » qui traînent toujours par ici et se souviennent de Iacchos ou de Magnum Vinum, je tenais juste à signaler que j’ouvrirai cette année, pour la première fois et sans doute la dernière car je n’en ai plus beaucoup, six petite Sibérie 2001, premier millésime de cette cuvée qui m’avait à l’époque valu le goudron et les plumes de tant et tant «d’amateurs» sur le net.

    Si certains LPViens passent (pour critiquer, rien n’a vraiment changé ;-), ils seront les bienvenus.

    Amitiés à tous,

    Hervé, ravi de s’engager auprès de vignerons qui aiment se confronter à la réalité, même cruelle et ne pas rester dans le fantasme.

    hervé Bizeul
    Participant

    Hello Syl,

    Je ne peux pas toujours tout expliquer, n’ayant pas de formation de chimiste, mais je pense que pour mes vins, avec l’expérience, l’oxigénation lente est toujours préférable et positive.

    Bien qu’Emile Peynaud ait défendu à l’époque (marquant ainsi une génération, durablement et en profondeur car on ne remettait pas en cause Peynaud…) le fait qu’ouvrir à l’avance sans décanter ne servait à rien, on commence à penser que ce serait faut.

    En bref, ouvrir, reboucher avec le bouchon dans le même sens en enfonçant de qq mn, si possible au moins quatre heure avant, voire, pour la PS, le matin pour le soir ou le soir pour le lendemain a des résultats vraiment positifs.

    Sur les vins jeunes comme sur les anciens. Et comme je dois être un des seuls avec Marlène à proposer des vins à maturité, c’est important de le savoir.

    hervé Bizeul
    Participant

    Bonjour à tous,

    Un long moment que je n’étais pas venu sur LPV. Hein, cher Luc 😉

    Et bien je dois dire que cela fait vraiment du bien, en cette période compliquée, de voir de vrais avis de vrais gens. Ca me donne du courage.

    Alors, merci. J’essaierai de venir plus souvent et de répondre aux questions, comme à la grande époque 😉

    Amitiés à tous. Hervé

    hervé Bizeul
    Participant

    Alors c’est bien du Clos des Fées 2014. Plusieurs clients m’ont signalé l’aubaine.

    Je ne sais pas bien sûr qui l’a vendue sur le marché gris et ne peut imaginer comment c’est même possible, le domaine lui même n’ayant jamais vendu à ce prix à personne, et de loin…

    Alors que la vente a perte est interdite en France, Intermarché ne devrait pas pouvoir pratiquer ce prix, sauf à avoir racheté un lot aux enchères suite à une faillite d’un caviste, mais je ne vois pas comment il auraient pu en avoir autant, vu que je les vend au compte goutte afin de tenter de satisfaire tout le mone. Si j’avais le temps je prendrait un avocat mais je préfère vous dire d’en profiter, je n’ai plus que quelques bouteilles au domaine.

    Hervé, écœuré bien que ce soit quelque part la rançon du succès…

    hervé Bizeul
    Participant

    Bonjour et merci de relayer cette initiative tout à fait artisanale.

    Quelques précisions si vous le voulez bien.

    Sauf un ou deux cas, ce sont les vignerons qui seront présents.

    L’ambiance était très particulière l’année dernière (petite salle, entrées volontairement limitées, grande concentration des participants) et j’ai eu un retour unanime des vignerons et des invités, qui m’ont dit qu’ils avaient l’impression de déguster «au caveau». Nombreux étaient ceux qui prenaient leur verre et s’isolaient, pour mieux se concentrer sur des vins anciens, qui, clairement, ne se dégustent pas comme les vins récents. Il faut prendre du temps, échanger, beaucoup, c’est le but, évoquer aussi son passé, engranger des expériences et des sensations pour le futur, qui permettront de mieux comprendre, je l’espère, les vins que l’ont dit « de garde » et que l’on ouvre trop tôt.

    C’est un salon « expérimental », que je produit intégralement avec un petit budget, et la salle ne permet pas de recevoir plus de 500 personnes. Je comptais offrir quelques places ici, mais c’est toujours délicat, car on est accusé de faire sa pub, ce qui n’est pas le cas, puisque je n’ai, à aujourd’hui, plus de place dans mon quota.

    A noter que nous expérimenterons des mini-dégustations (deux ou trois vignerons présents ouvriront toutes les heures pour un petit groupe un vin plus anciens, important pour lui, en compagnie de François Audouze, qui apportera quelques vins plus anciens encore et parlera de l’oxigénation lente. L’idée est, pourquoi pas, si cela plait, de proposer aux clients eux même d’apporter une bouteille ancienne et de l’ouvrir en compagnie d’autres amateurs présents ce jours là et se faire de nouveaux amis. Car sans amis pour partager, difficile de progresser dans notre passion.

    Si le salon est un succès, nous voyagerons peut-être un jour avec et la Suisse sera sans doute notre première escale 😉

    Amitiés à tous, Hervé Bizeul

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