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- 15 août 2009 à 4h19
- in reply to: à propos des notes pétrolées
Merci Eric, tu as précisé mon message, répondant de fait à Gildas. En effet, il existe également vraisemblablement d’autres composés développant des notes d’hydrocarbure, notamment au vieillissement. Je ne crois pas qu’ils soient connus à ce jour (les composés clés de la typicité aromatique du riesling, comme du chardonnay d’ailleurs, ne sont pas encore précisément identifiés).
En ce qui concerne les arômes d’aiguilles de pin, je ne sais pas si l’alpha-pinène a été identifié dans le vin, et, surtout, si on le trouve à des concentrations supérieurs à son seuil de perception (je ne crois pas en avoir entendu parler). Je rentre à Bordeaux bientôt, je me renseignerai! 🙂
Axel
- 14 août 2009 à 22h56
- in reply to: à propos des notes pétrolées
Salut Adrien,
Effectivement, un certain nombre de terpènes sont associés à des descripteurs « agrumes » (linalol, géraniol par exemple), mais il ne faut pas négliger l’importance des thiols volatils sur l’expression de cette famille aromatique (pamplemousse en particulier, mais également citron, mandarine…).
La connaissance de cette classe de molécules dans le vin est plus récente (un peu plus d’une quinzaine d’années), car ces composés sont souvent présents à l’état de traces, ou dans des concentrations très faibles (de l’ordre de la centaine de ng/L voire moins), mais leur impact organoleptique est réel, leur seuil de perception étant particulièrement bas. Ils participent à la typicité aromatique de nombreux cépages (sauvignon blanc, petit manseng, riesling, petite arvine par exemple) et leur présence en plus forte concentration est une caractéristique des vins liquoreux issus de pourriture noble (je dois pouvoir te trouver les réfs de publi, si cela t’intéresse, ou intéresse d’autres personnes…).Axel M
PS : pour info, la molécule responsable de l’arôme pétrolé dans les rieslings récoltés en sous-maturité est le TDN (1,1,6-Trimethyl-1,2-dihydronaphthalene) qui appartient à la famille des norisoprénoides (comme par exemple la beta-ionone développant un intense arôme de violette dans le vin ou la beta-damascenone associée à des odeurs de fruits cuits)
- 8 août 2009 à 6h16
- in reply to: Au sujet de la minéralité
Thierryl :
« Etonnant quand même que certains ne puissent admettre que scientifiquement parlant il n’existe que 4 ou 5 saveurs et que l’on confonde à ce point saveurs et sensations tactiles tout en ignorant alors la complexité des sensations ressenties du fait de leur combinaisons possibles. »Etonnant? Je vous trouve bien affirmatif! Avez-vous lu les travaux d’Annick Faurion du CNRS sur la diversité des saveurs injustement réduite aux 4 bases « acide, amer, salé, sucré » ?
Pour vous, n’y a-t-il pas de différence gustative par exemple entre l’aspartame, le saccharose, l’acésulfame, le fructose, etc…? (ces composés étant décrits comme sucrés)Il a été prouvé, scientifiquement, qu’à l’instar des arômes, il existe une grande variété de saveurs, et que chaque molécule sapide développe un goût qui lui est propre (et on parle bien ici de sensations gustatives, et non somesthésiques…).
Pourtant, une simplification lexicale abusive ne tient pas compte de cette réalité sensorielle, ce qui explique peut-être l’apparition de concepts non consensuels car mal définis, comme la minéralité, pour tenter de pallier à ce manque de nuances…Donc pour vous répondre, non, personnellement je ne trouve pas cela particulièrement étonnant! 😉
AM
- 29 juillet 2009 à 15h04
- in reply to: Un bon Bordeaux , c ‘est Quoi pour vous ??
Francis,
Nos messages se sont croisés, désolé.
Je pense que vos connaissances devraient changer de consultant! 🙂AM
- 29 juillet 2009 à 15h02
- in reply to: Un bon Bordeaux , c ‘est Quoi pour vous ??
Effectivement, je ne vois pas le rapport non plus, si ce n’est que le caractère phénolé peut être partiellement masqué par des arômes boisés excessifs, mais un jour ou l’autre la balance s’inversera!
En ce qui concerne les Brett, Oliv a donné des liens intéressants, mais qui sont en fait des solutions curatives (CEP, flash-pasteurisation, etc…). Pendant longtemps, et encore actuellement, l’apparition d’odeurs animales dans les vins, en cours de vinification, d’élevage ou lors de la conservation en bouteilles, est apparue aux vinificateurs et aux oenologues comme une fatalité. Or, depuis le début des années 90, il a été prouvé que ces odeurs animales sont dues à des phénols volatils qui sont produits à la suite d’une contamination par des levures Brettanomyces. Cette contamination peut se faire à différents stades.
Il s’agit d’un problème parfaitement bien connu et on est tout à fait capable aujourd’hui, si on le souhaite, d’éviter ce genre de contamination, trop souvent due à des négligences humaines (les Brett sont des levures et ont besoin de nutriments pour se développer dans le milieu…).
On reproche régulièrement à l’oenologie d’uniformiser et de standardiser les vins. Je ne pense pas que ce soit le cas. Elle a pour but la compréhension scientifique de phénomènes observés empiriquement, et offre à partir de ce moment le choix au vinificateur d’opter pour une voie ou une autre. Rien n’est obligatoire, si on aime l’odeur du cheval dans nos vins, et que l’on trouve des clients qui apprécient également (il parait que ça fait très « terroir » 🙂 ), alors on cultivera avec plaisir les Brett dans nos cuves et dans nos barriques, rien de plus facile! Si en revanche, on recherche des vins les plus purs possibles, porteurs d’une typicité, c’est-à-dire possédant le goût unique de leur terroir d’origine que seule une viticulture exigeante permettra de révéler, on tentera de s’affranchir d’éléments exogènes à tendance banalisante tels que les phénols volatils produits par Brett, ou bien encore l’acidité volatile… (autre débat!)Axel
PS : si cette digression sur les Brett ne trouve pas sa place dans ce forum, n’hésitez pas à me le signaler ou à la déplacer, même s’il est malheureusement difficile de se poser la question de la qualité des Bordeaux sans aborder ce thème…
- 29 juillet 2009 à 5h13
- in reply to: Un bon Bordeaux , c ‘est Quoi pour vous ??
Bonjour,
JU, Luc,
En effet, la différence organoleptique constatée entre un même vin élevé dans des bois d’origine différente s’explique essentiellement par les variations de concentration des différents composés extractibles du chêne.
Pour info, je rappelle que les molécules clés de l’arôme boisé des vins sont désormais bien connues. Il s’agit de la vanilline, la methyloctalactone (à l’arôme de noix de coco, particulièrement abondante dans les bois de Quercus alba, le chêne américain), divers phénols volatils (notamment l’eugénol qui sent le clou de girofle) et pour finir le furfurylthiol, découvert plus récemment (Tominaga et al., 2000), à l’arôme grillé/toasté très intense (son seuil de perception est d’environ 5 ng/L dans les vins).
La concentration de ces molécules varie dans les vins sous l’influence de nombreux facteurs tels que l’origine des bois, la nature de la chauffe, le déroulement de la fermentation alcoolique en barrique ou non, etc… (je ne détaille pas ici, mais si vous souhaitez des informations complémentaires, n’hésitez pas à me demander!).En ce qui concerne les composés non volatils, l’état actuel des connaissances est beaucoup plus limité. Différents ellagitanins ont été identifiés dans des macérations de bois puis dans des vins, mais les données sur leur impact organoleptique sont très faibles et insuffisantes pour conclure sur leur rôle gustatif éventuel.
De la même façon, et par voie de conséquence, peu de choses sont connues sur les interactions entre les composés du bois et les polyphénols du vin, car la caractérisation structurale des molécules non volatiles est complexe et les techniques d’analyse demeurent ardues… Voici de nombreux défis pour la recherche oenologique! 😉Axel M
- 26 mai 2009 à 20h39
- in reply to: Domaine Méo-Camuzet, Vosne-Romanée
Partiellement blancs, contrairement aux 2 premiers cités ! 😉
Dans ce cas, on peut rajouter le Clos de la Maréchale…
- 26 mai 2009 à 20h32
- in reply to: Domaine Méo-Camuzet, Vosne-Romanée
mgtusi,
Le Clos de la Perrière à Fixin est effectivement un monopole, mais il ne produit pas que des blancs… (idem pour le Clos de l’Arlot d’ailleurs)
AM
- 30 octobre 2008 à 18h49
- in reply to: Domaine René Engel, Vosne-Romanée
Ricou,
Le domaine Engel n’existe plus à proprement parler depuis le décès de Philippe Engel en 2005 (le dernier millésime produit est le 2004).
Les vignes ont été rachetées par François Pinault, et les vins sont vendus sous le nom « Domaine d’Eugénie » depuis le millésime 2006.
Les appellations produites sont les mêmes, à savoir Vosne-Romanée, VR 1er cru Aux Brûlées, Echezeaux, Grands Echezeaux, et Clos Vougeot.Cordialement,
AM
- 24 septembre 2008 à 18h19
- in reply to: Domaine Coche-Dury, Meursault
Sans rentrer dans le débat, les notes grillées-fumées ne sont pas présentes exclusivement dans les fûts de chauffe forte, loin s’en faut.
AM
- 28 juillet 2008 à 23h49
- in reply to: Domaine Vincent Dauvissat, Chablis
Coïncidence, j’ai également goûté CR: Chablis 1er cru Vaillons 2002 samedi soir, le vin était remarquable, typé, sans aucun caractère de « vieux vin », un nez encore réservé, fermé d’abord puis précis, révélant un caractère floral, noisette fraîche, et très subtilement miellé. L’attaque en bouche était ample, le vin se développant avec une belle profondeur et de la matière, dans un registre sérieux, et la finale vive et longue.
Un bien joli vin auquel semble promis un bel avenir, du moins pour les bouteilles ressemblant davantage à celle-ci qu’à celle de Hors-sujet!Cordialement,
AM
- 28 juillet 2008 à 23h33
- in reply to: Domaine Pierre Morey & Maison Morey-Blanc, Meursault
Merci Gweno (et google?) pour ces liens bibliographiques.
Il me semble toutefois nécessaires d’apporter quelques précisions et corrections, car le dernier post m’apparait assez confus, pour ne pas dire hors de propos.
Reprenons pour cela le fil de la discussion.A la lecture de votre post initial, il m’a semblé que vous imputiez au bâtonnage et à l’élevage sur lies la responsabilité (du moins partielle) de l’oxydation des vins blancs.
J’ai réagi à ce message, sans douter le moins du monde du caractère oxydé que vous aviez perçu sur cette bouteille de Perrières 97, mais en mettant en lumière mes doutes quant au fondement de cette accusation, accusation d’ailleurs entendue, je vous le concède, de façon récurrente dans la presse voire dans le vignoble.
J’ai ainsi précisé, de façon très simplifiée, l’un des avantages du bâtonnage, à savoir l’homogénéisation du vin dans la barrique via la remise en suspension des lies, évitant de fait d’avoir du vin oxydé au niveau de la surface avec l’air, et du vin réduit, au contact des lies (il a été montré qu’un tel gradient s’installait sans bâtonnage).
Aussi, nous en arrivons à votre dernier post, où vous me rétorquez que toutes les lies ne sont pas réductrices en citant divers exemples.Avant toute chose, il apparait nécessaire de s’entendre sur un point de vocabulaire de base : que sont les lies?
Il s’agit de particules solides, floculées, constituées de débris végétaux (pulpe notamment) conservés lors du débourbage, et de micro-organismes précipités à l’issue du processus fermentaire. (je vous épargne la composition chimique!).
Or, la biomasse présente dans le vin, en volume, est ultra-majoritairement d’origine levurienne (plus précisément Saccharomyces cerevisiae). Elle peut comporter, dans le cas de vins ayant subi la fermentation malo-lactique, des bactéries lactiques (Oenococcus oeni).
Il peut arriver qu’un vin subisse des altérations microbiennes, comme une piqûre acétique (Acetobacter), la maladie de l’amertume (Lactobacillus hilgardii), de la tourne (Lactobacillus plantarum), de la graisse (Pediococcus damnosus), etc…
Dans ce cas, la biomasse totale peut-être très légèrement modifiée. Ces altérations demeurent toutefois rares voire très rares, heureusement pour nous car notre plaisir serait bien diminué!Ainsi, de façon générale, l’essentiel des micro-organismes constituant les lies sont des levures, du genre Saccharomyces.
Je redis donc ce que j’ai écrit plus haut, les lies intervenant lors de l’élevage ont un pouvoir réducteur fort.
Dans le volume 1 du traité d’oenologie, il est précisé qu’un vin blanc séparé de ses lies et élevé dans une barrique neuve perd rapidement son caractère fruité et développe des arômes oxydatifs, ce qui illustre le rôle protecteur des lies vis-à-vis de l’oxydation.Ensuite, il me semble que vous faites une autre confusion. L’élevage sur lies est, comme son nom l’indique, une pratique d’élevage! Ce qui implique que la fermentation alcoolique est alors finie, c’est-à-dire qu’il ne reste plus de sucres dans le vin.
Aussi, votre affirmation « Ces bactéries hétérofermentaires utilisent entre autres, les sucres présents pour former des acides carboxyliques, des alcools, de l’acétoïne. Et donc accélérer le vieillissement du vin » n’a pas réellement de sens dans ce contexte…
En outre, et de façon encore plus générale, je crois que vous confondez micro-organismes et lies. Les lies sont essentiellement formés, comme je l’ai dit plus haut, de micro-organismes floculés, c’est-à-dire morts ou en fin de vie. Leur métabolisme n’intervient donc quasiment plus lors de l’élevage sur lies (ce qui ne signifie pas qu’il ne peut pas y avoir d’autres micro-organismes vivants pouvant occasionner des altérations)…Désolé d’avoir été long voire pénible pour certains, il est évident que tout ceci est passablement inutile pour profiter du plaisir d’un vin! J’ai ressenti la nécessité de rappeler ces quelques principes oenologiques bien connus, afin d’éviter la propagation d’informations non justifiées et erronées, de nature à ancrer de fausses idées, ce qui est à mon sens toujours préjudiciable pratiquement et moralement.
AM
PS : les mécanismes de l’élevage sur lies ont été longuement étudiés dans les années 80 et 90, à Bordeaux notamment, et le chapitre concernant la vinification en blanc du Traité d’oenologie y accorde une place de choix.
PS2 : juste pour info, Brettanomyces est un genre de levures, pas de bactéries.
- 28 juillet 2008 à 6h03
- in reply to: Domaine de Montille, Pommard et Volnay
Mondovino a-t-il eu une réelle influence sur la qualité de ce Rugiens 02, sachant que le film est sorti en 2004?
AM
- 22 juillet 2008 à 22h56
- in reply to: Domaine Pierre Morey & Maison Morey-Blanc, Meursault
Zapata,
En effet, le problème d’oxydation prématurée est une réalité en Bourgogne, et concerne de nombreux domaines. Il est fort probable qu’il soit imputable à une ensemble de facteurs tenant à la viticulture, la vinification, l’élevage, la mise en bouteille (bouchon). De nombreux travaux ont été menés en ce sens et l’on voit désormais plus clair. Toutefois, aucun de ceux-ci ne mettent en cause le batonnage, qui a d’ailleurs toujours existé en Bourgogne, bien avant les problèmes d’oxydation…Gweno,
Je suis également chimiste, avec une formation plutôt fondamentale, et ce n’est pas pour autant que je confonds bon sens et simplisme.
Certes, comme je l’ai dit, le batonnage est à l’origine d’un apport (faible) de dioxygène, mais une barrique de vin étant un système tellement complexe, de nombreux mécanismes oxydoréductifs peuvent se produire, a fortiori quand les lies sont en suspension (i.e. après un batonnage), certains d’entre eux permettant de « neutraliser » le dioxygène introduit.
Puisque tu es chimiste, cet exemple te parlera peut-être davantage : une solution d’acide (ou de base) faible dont le pH est voisin du pKa (c’est-à-dire tamponnée) ne subira pas de grosse modification de pH en cas d’ajout modéré d’une base ou d’un acide. Le « bon sens » aveugle dirait « on ajoute de l’acide, la solution devient acide ». Et pourtant, non, la vie est (heureusement) plus complexe!AM
- 22 juillet 2008 à 19h14
- in reply to: Domaine Pierre Morey & Maison Morey-Blanc, Meursault
La quantité de dioxygène introduite est faible (de l’ordre de quelques mg/L), et la capacité réductrice des lies est suffisamment élevée pour annihiler ses dommages potentiels.
Gweno, quelles sont vos sources?
Les informations de ce message et du précédent sont tirées du cours de vinification en blanc que fait Denis Dubourdieu dans le cadre du diplôme national d’oenologue de Bordeaux, cours lui-même fondé sur les résultats de travaux de recherche motivés par des observations empiriques.- 22 juillet 2008 à 18h53
- in reply to: Domaine Pierre Morey & Maison Morey-Blanc, Meursault
Bonjour,
Ayant eu l’occasion de goûter plusieurs fois ce vin, je pencherais plus pour un problème de bouteille.
En quoi le batonnage pourrait-il être responsable du caractère évolué? C’est une thèse bien souvent avancée par les journalistes, de la RVF notamment, mais je n’en aperçois pas le fondement.
Le batonnage permet l’homogénéisation du potentiel d’oxydo-réduction dans la barrique, qui décroit au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la surface de l’air (le vin au fond du fût, c’est-à-dire au contact des lies, ayant tendance à réduire, alors que le vin se trouvant au contact de l’air tend à s’oxyder). Il en résulte ainsi un vin moins sensible à l’oxydation. Le batonnage induit en outre une meilleure libération des mannoprotéines permettant d’augmenter la stabilité du vin.
Il serait bon que ceux qui vouent aux gémonies cette pratique traditionnelle (je pense aux journalistes) avancent des arguments scientifiques sérieux pour étayer leurs affirmations…AM
- 24 avril 2008 à 14h34
- in reply to: Les Gaudichots
« vous n’aviez (je mets un peu « d’imparfait », j’ai bon quand même ?) pas bien saisi »
Faux, c’est du plus-que-parfait ! 😉
Axel, par amour pour le bescherelle…
- 18 mars 2008 à 18h55
- in reply to: Les grands jours de Bourgogne sont de retour.
Bonjour,
Pour info, il y a bien un domaine Germain membre des Domaines Familiaux, mais il s’agit de Benoît Germain, au château de Chorey, et non du domaine Henri Germain, situé à Meursault.
En ce qui concerne Jean-Philippe Fichet, je trouve ses vins remarquables de pureté, de précision et brillant par la définition de leur terroir d’origine, dans un style austère. Les 2006 en particulier m’ont beaucoup plu. Le domaine est effectivement assez peu médiatisé. Malheureusement, pas facile de trouver ses vins en France…
Axel M
- 22 novembre 2007 à 16h21
- in reply to: Château d’Yquem
JM,
En effet, la perception de l’acétate d’éthyle dans le vin est légèrement différente de celle du solvant que l’on utilise en labo, d’une part car il est, évidemment, associé à d’autres composés odorants, mais également en raison d’un effet de dilution (de l’ordre de la centaine de mg/L généralement).
En outre, le fait que certains soient gênés par cette odeur, ou, plus simplement, la perçoivent davantage que d’autres, s’explique par la variabilité de sensibilité entre les individus, conséquence du patrimoine génétique de chacun, mais aussi de son propre vécu relatif à la molécule en question (des expériences agréables ou désagréables lors de préalables confrontations avec la molécule peuvent augmenter nettement la sensibilité) .
Les écarts entre les seuils de perception au sein d’un panel de dégustateur sont à ce titre assez édifiants!En ce qui concerne l’évolution de la perception du caractère acescent avec le vieillisement, le phénomène est plus complexe et n’obéit à aucune règle. La stabilité de l’acétate d’éthyle est variable en fonction du vin, de ses conditions de stockage, même si, de façon générale, son caractère volatile implique une diminution de la sensation avec l’aération (à l’échelle d’une dégustation) et sa structure chimique permet son hydrolyse avec le temps (à l’échelle de la vie de la bouteille). Mais le vin demeure (heureusement!) un système chimique particulièrement complexe (car multiphasé et en permanence hors-équilibre), et, à ce titre, difficilement prévisible!
Par ailleurs, l’évolution du bouquet du vin et des autres composés odorants a une incidence sur l’équilibre aromatique, et notamment sur la perception de l’acétate d’éthyle.Axel
- 22 novembre 2007 à 14h40
- in reply to: Château d’Yquem
Plus exactement, l’odeur de colle, que certain(e)s percevront davantage comme proche du dissolvant, est en réalité dûe à un ester, l’acétate d’éthyle, qui participe de l’acidité volatile des vins, et qui peut être produit au cours du métabolisme levurien, mais aussi, (et surtout), par les bactéries en cours d’élevage (estérification de l’acide acétique et de l’éthanol).
AM