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Arnould POTIER, le il y a 4 années et 10 mois.
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Un déjeuner quasi improvisé sur un miracle de concordance d’agendas une semaine avant, à l’initiative de notre hôte Arnould qui nous fait le plaisir de nous accueillir samedi midi à domicile. En bons siamois nous miaulons présents de concert à l’invitation du Teckel franc-comtois, et nous nous chargeons chacun d’une bulle et un rouge, Arnould assurant l’apport des blancs.
On entame gentiment les hostilités par les bulles, avec consécutivement :
Domaine de la Taille aux Loups – Triple zéro (même série que celui commenté récemment, tirage le plus récent) :
Leteckel : Bulles fines, très joli nez appétant, sans ressenti d’élevage. En bouche, le vin goûte bien sec, c’est droit et en même temps je trouve que l’aromatique très fruité le rend gourmand. J’ai beaucoup aimé.
Garfield : Apport de Guillaume, pas à l’aveugle pour moi car on a du se synchroniser pour ne pas apporter la même chose… nez sur la poire, frais, la bouche est plus sèche que le tirage de l’année dernière, comme déjà constaté sur une bouteille récente, avec une bulle fine mais présente, des notes discrètement grillées aussi. Fin de bouche traçante sur la craie. Légère amertume évoquant un trait végétal. Bien +, toujours aussi plaisant, une bulle qui marche toujours, sans « mais ». Une deuxième bouteille ouverte le lendemain sera au moins aussi plaisante, avec peut-être même plus de gourmandise, mes parents m’ont dit directement « tu peux nous en avoir de ça ? »
Domaine Follet Ramillon – Champagne le Chardonnay 2014 :
Leteckel : De mémoire, la couleur est bien plus marquée. Le nez est très (trop ?) levuré et cela gâche un peu l’ensemble. La bouche est au diapason et manque de fruit, surtout si on compare avec le Blot.
Garfield : Mon apport, nez levuré, boulanger, pas de fruit perceptible. La bouche est heureusement un peu plus avenante, avec une bulle assez grossière en revanche mais une belle ampleur et une persistance importante sur une jolie acidité. Ca manque d’aromatique, le vin semble cadenassé dans son élevage, aucun changement après aération de plusieurs heures, probablement bien trop jeune. Déception. Bien –
Domaine Louis Sipp – Riesling Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé 1991
Leteckel : Je n’étais pas à l’aveugle sur ce vin mais je comprends bien la difficulté de mes hôtes à identifier sa provenance tant l’aromatique d’un vieux riesling ne nous est pas familière. Au nez, des notes miellées agréables accompagnent le champignon et un fond de fruits exotiques. Alors qu’on pourrait s’attendre à boire du « sucre », le vin goûte totalement sec, bâti sur une trame acide encore impressionnante après 30 ans. Même si la complexité du nez ne se retrouve pas totalement en bouche, ça reste un beau vin qui a parfaitement évolué.
Garfield : Premier blanc à l’aveugle, robe très dorée, nez de liquoreux ligérien (coing, abricot rôti, épices), bouche complètement à l’opposé sur une attaque large mais très sèche et une finale d’une grande tension. On se balade complètement entre jurançon, Loire et même Jura…finalement quand Arnould nous exclut ces 3 régions je tente l’Alsace… au jeu du millésime je pense à 2013 sur l’acidité, on descend même jusqu’a 2008…bon c’est un Riesling Grand Cru 1991… incroyable de tenue et de fraicheur… Ma seule réserve sera qu’on aurait aimé plus d’aromatique en bouche, tellement ça envoie au nez, on se retrouve avec surtout un vin de structure (acide). Ca reste très bien et une super expérience de dégustation à l’aveugle…
On passe au binôme de rouges sur une superbe côte de bœuf et [s]ses légumes du jardin [/s]pommes de terres grillées.
Domaine Desaunay-Bissey Vosne 1er Cru les Beaux Monts 2015
Leteckel : Comme d’hab, je suis moins prolixe sur les rouges, a fortiori sans notes. Souvenir d’un beau fruit au nez. En bouche, le vin est joliment épicé et pendant un moment j’écarte le pinot noir. C’est bien mûr, gourmand et les tanins sont fins. Très bien fait.
Garfield : Premier rouge à l’aveugle, robe rubis, nez avenant avec un élevage assez présent mais qui se fondra progressivement, cerise, framboise, épices, bouche ample, initialement un peu poivrée et ferme mais qui prendra un soyeux et une longueur superbes à l’aération, avec une acidité qui s’accentuera sur le fond de bouteille le lendemain pour devenir un peu trop vive. Regouté sur le dessert (clafoutis au framboises) l’accord est top et le vin à son optimum. Je propose Vosne 2015 ou 2016, pas mal. C’est un vin que j’ai déjà gouté l’hiver dernier, et déjà beaucoup apprécié à l’époque. Très bien, le pinot comme on l’aime (c’est à dire au cœur de Vosne 😉 ).
G.D. Vajra – Barbera D’Alba Superiore Viola della Violle 2016
Leteckel : Robe noire assez impénétrable qui avant même de mettre le nez au-dessus du verre nous écarterait de la Bourgogne. Le nez est appétent, fruité et épicé. En bouche, le vin est suave, on sent que le vin a vu le soleil, car c’est un peu costaud en l’état mais sans jamais perdre de sa fraicheur. Je pense à un beau St Joseph…jamais je n’ai pensé à l’Italie. Vraiment une belle découverte sur un cépage que je fréquente peu et sur cette bouteille (et ce millésime), ça fait réfléchir. Très bien.
Garfield : Le deuxième rouge est mon apport, robe sombre, violette, le nez est très joli, sur les fruits noirs (la mûre) et discrètement épicé, la bouche est d’un soyeux incroyable, c’est très large et enveloppant, très gourmand, ça chauffe un tout petit peu en finale pour un PDF mais c’est vraiment pour chercher une limite. Les convives sont tous sur du Rhône plutôt nord, et je surprends tout le monde avec cette Barbera que Guillaume a pourtant déjà gouté mais très différente apparemment (plus évoluée). Très bien –
Nous passons à un plateau de fromage résolument Bourguignon, et Arnould dégaine deux blancs.
Domaine Georges Comte – VdP du Doubs – Chardonnay « sur Roche Bonive » 2004
Leteckel : J’ai souvent parlé avec les Siamois de mon coup de coeur pour ce domaine tout proche de chez moi. Robe trouble…comme souvent avec ce domaine (nature ?). Nez que je trouve une nouvelle fois typique sur le foin, les notes herbacées…et j’aime beaucoup. En bouche, il y a vraiment un gros jus, parfaitement équilibré, avec l’acidité qu’il faut pour contrebalancer une puissance certaine. Grosse longueur. Miam.
Garfield : Le premier a une robe très trouble, le nez est sur la noisette grillée, et les herbes, la bouche est savoureuse, avec une délicate amertume (…), et prendra une complexité importante à l’aération, ainsi qu’une belle persistance sur une tension justement dosée. Moi je suis paumé, le nez fait bourguignon, la bouche pas du tout, ni la robe trouble… Guillaume et Jérémy devinent qu’il s’agit de la nouvelle marotte d’Arnould. Très bien/ très bien + , incroyable de faire un vin pareil dans une terre à vaches… et incroyable aussi la tenue dans le temps.
Domaine JF Ganevat – Grands Teppes VV 2012
Leteckel : Répondant à une demande particulière ;-), nous buvons ce vin étiquette découverte. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas de grosse surprise. Ganevat fait du Ganevat et c’est bien ainsi : nez sur une jolie réduction, somme toute assez bourguignone. En bouche, souvenir d’un vin peu évolué, à l’acidité un peu prégnante. C’est bon mais moins que le Georges COMTE, car finalement d’un classicisme presque trop régulier.
Garfield : Le deuxième blanc n’est pas à l’aveugle car il s’agit d’une « commande », Arnould nous fait le plaisir de nous faire gouter. Le nez est plus jurassien avec une pointe de tourbe et une jolie réduction, la bouche est très cistercienne, un peu comme le riesling c’est surtout la trame acide qui prédomine, on n’a pas l’aromatique exubérante que j’avais adoré sur le 2010. C’est frais, ciselé, mais un peu monolithique à mon gout. Bien +
On conclut ce repas sur un super clafoutis aux framboises made by Guillaume, et repart dans notre bien aimée Côte d’Or absolument ravis de ce déjeuner où le niveau des vins aura égalé la convivialité. Grand merci à Arnould, les déjeuners chez « les ploucs du 70 » (je le cite) ont un certain charme finalement…
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- 30 août 2021 à 2h34
On conclut ce repas sur un super clafoutis aux framboises made by Guillaume, et repart dans notre bien aimée Côte d’Or absolument ravis de ce déjeuner où le niveau des vins aura égalé la convivialité. Grand merci à Arnould, les déjeuners chez « les ploucs du 70 » (je le cite) ont un certain charme finalement…
Pour un Côte d’Orien le 70 c’est la Haute Patate, c’est toujours vrai ?
- 30 août 2021 à 3h21
Dans « Into the Wild », le personnage principal meurt d’avoir mangé une cochonnerie.
Méfiez-vous du Teckel à poil plus que ras…- 30 août 2021 à 16h15
[quote= »Kiravi post=1158558″]Dans « Into the Wild », le personnage principal meurt d’avoir mangé une cochonnerie.
Méfiez-vous du Teckel à poil plus que ras…
[/quote]
Mais Garfield et Vésale n’y ont pas passé 6 mois en autarcie à ne boire que des trucs locaux.
- 30 août 2021 à 21h38
Pardonne leur Eddie ils ne savent pas ce qu’ils font…
- 30 août 2021 à 23h09
48h après, je confirme que nous avons survécu à ce passage chez nos voisins francs comtois!
Un grand merci à Arnould pour l’invitation et l’organisation!
Concernant les vins, j’avais un crachoir à coté de moi mais il ressemblait beaucoup trop à une carafe d’eau vide pour que mon cerveau ne fasse le lien…pas beaucoup craché vers l’extérieur du coup!
On commence les bulles avec
Taille aux Loups – Triple zéro
Joli nez sur la poire, finement réduit au départ,
En bouche c’est gourmand, très « frouité » comme ils disent là bas 😉
On est pas sur un monstre de complexité, mais c’est agréable, facile, lisible, désaltérant et gourmand!
Bref moi j’aime toujours autant cette bulle!Domaine Follet Ramillon – Le Chardonnay – 2014
Effet séquence ou bouteille pas en forme, quoiqu’il en soit, nous sommes tous un peu déçu par cette seconde bulle,
Nez sur le levain, peu de fruit,
La bulle est plus large, en revanche il y a une belle matière en bouche avec un jolie tension mais ça ne semble pas en place…
Décevant d’autant que je l’avais nettement mieux gouté il y a quelques semaines!
BienDomaine Louis Sipp – Riesling Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé 1991
1er blanc à l’aveugle
Couleur qui parait « ancienne » (en tout cas plus vieux que ce que j’ai dans ma cave!)
Nez avec du miel, des agrumes, fruits exotiques, un trait de champignon…est est quasi sur un nez de liquoreux ligérien
En bouche, il y a une grosse acidité qui porte le vin, ça goute sec mais la complexité est moindre, plus monolithique, et pour le coup je me dis que ça pourrait être un Jura…
J’évoque un Chenin d’âge mûr ou un vieux chardo jurassien…pas du tout selon notre hote
Nous partons tous sur l’Alsace et le riesling ensuite…au fur et à mesure le cépage deviendra de plus en plus évident avec l’arrivée de notes florales
Belle expérience de pouvoir déguster des vins avec cette évolution (surtout à l’aveugle!)Domaine Desaunay-Bissey Vosne 1er Cru les Beaux Monts 2015
Retour au classicisme, robe rubis,
Nez sur les petits fruits rouges, cerises fraises, des épices, quelques notes de pivoine,
On joue à nouveau à domicile!
En bouche, beau volume, tanins encore présents mais fins et qui ne demandent qu’à épouser la côte de Boeuf, en revanche je trouve l’acidité un peu marquée en dégustation seule,
Belle longueur,
Très bien et encore tout jeuneG.D. Vajra – Barbera D’Alba Superiore Viola della Violle 2016
Là j’avoue que ce vin m’a bien perdu aussi,
Allez savoir pourquoi mais j’avais en tête que Charles amènerait du Rhone et donc mon cerveau influençable s’est mis en tête de trouver du Rhone…
Du coup ça sent les jolis fruits noirs, la violette, les épices,
La bouche est équilibrée, soyeuse, ça glisse, c’est vraiment très bien fait
Je ne reconnais pas du tout la bouteille que j’ai pourtant bue il y a quelques mois et que j’avais également beaucoup aimée:
Très bienRetour aux blancs
Domaine Georges Comte – VdP du Doubs – Chardonnay « sur Roche Bonive » 2004
La robe est bien trouble, pas de problème nous revoilà dans le Jura nature 😉
Nez avec un joli végétal, sur le foin, quelques aromes patissiers, un fruit legerement miélé,
En bouche, ça claque, gros volume avec une belle tension, persistance ++,
J’imagine qu’il s’agit du nouveau domaine star d’Arnould,
Belle découverte, un vin de pâturage peu commun
Très bienDomaine JF Ganevat – Grands Teppes VV 2012
Demi aveugle puisque Charles avait commandé un « vieux » Ganevat,
Nez plus austère, avec une jolie réduction, quelques notes citronnées, pierreuses,
En bouche, le vin est porté par une grosse acidité, mais avec une aromatique assez étroite, belle longueur,
Bien + (on l’aurait sans doute trouvé meilleur sans le précédant)J’aurais bien pris un café avant de repartir mais pas possible 😉
Encore un grand merci à Arnould, nous avons passé un super moment malgré le passage de la frontière!
- 31 août 2021 à 0h30
Je vois que la Sainte Bourgogne s’acharne sur les petites gens, mais je ne vous en veux pas les Siamois…

Pour le vins du Moutherot ( vinifiés par Georges COMTE notamment ), et au delà de la boutade, je pense qu’on est assez éloigné de la plaine à vache.
Pas mal de liens sur le net font référence à un terroir proche de celui de Puligny…
Je suis bien incapable de dire ce qu’il en est et de juger de la réalité de ces infos, mais force est de constater qu’on peut y produire de sacrés vins. Je me permets de citer l’ami Rachid (qui n’est pas le moins expérimenté sur les bourgognes blancs) avec qui j’ai partagé une bouteille il y a quelques semaines car je partage pleinement sa remarque : « C’est typiquement le genre de vin qui peut jouer dans une dégustation de blancs beaunois et probablement semer la zizanie!! »Pour le reste, une fois n’est pas coutume, je constate que nos ressentis sont assez proches… mais il faut dire que tout se goûtait plutôt bien.
PS : ce que les siamois n’osent pas avouer ici, c’est qu’ils ont apporté du Comté tout en précisant que c’était leur fromage préféré (ce qui est bien normal d’ailleurs
)- 31 août 2021 à 0h32
[quote= »didierv post=1158552″]
On conclut ce repas sur un super clafoutis aux framboises made by Guillaume, et repart dans notre bien aimée Côte d’Or absolument ravis de ce déjeuner où le niveau des vins aura égalé la convivialité. Grand merci à Arnould, les déjeuners chez « les ploucs du 70 » (je le cite) ont un certain charme finalement…
Pour un Côte d’Orien le 70 c’est la Haute Patate, c’est toujours vrai ?[/quote]
Pas seulement pour le Côte d’Orien Didier…loin de là

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