Hivers 1709… !!!

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forums De la terre au verre Hivers 1709… !!!

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    Je tiens à m’excuser auprès des modérateur, par avance, si mon message n’est pas à la bonne place et qu’ils doivent le déplacer, mais je ne voyais pas où le mettre.

    J’ai besoin de vos lumières, notamment vous les vignerons.

    Voici le contexte (tout ceci est véridique):

    « En janvier 1709 (en France), survient un froid terrible qui sévit dans presque tout le royaume, du 6 janvier jusqu’à la mi-mars. Les témoignages contemporains sur ce « grand hivers » parlent de l’extrême chute du thermomètre. A Paris, entre la nuit des Rois et le 22 janvier, il reste entre -16 et -20 degrés Celsius. Les conséquences dans le pays sont terribles : vin gelant dans les barriques, agneaux mourant « tout raides de froid », oiseaux tombant morts en plein vol, arbres les plus gros fendus par le gel (châtaigniers, noyers, oliviers…), de nombreuses vignes détruites…. En dépit de la couche de neige, le froid de février et mars détruit totalement les blés semés à l’automne. »

    à cela j’ajoute un autre témoignage de l’Abbé PAIGE (en 1777) à propos d’une commune situé en Sarthe, qui va susciter ma question :
    « Avant le grand hiver de 1709, il y avoit beaucoup de vigne dans les terres fortes, mais ce fâcheux hiver les ayant détruites… »

    Quel est la température minimal qu’une vigne peux supporter, et sur combien de temps. J’ai entendu dire qu’il y avait lien entre température négative et gel de la terre du genre -5 degrès = 10 cm de terre gelé.

    J’ai donc besoin de vos lumières pour mieux appréhender ce phénomène climatique rarissime.

Affichage de 13 réponses de 1 à 13 (sur un total de 13)
  • Replies
    François Audouze
    Participant

    Ce froid a eu des conséquences terribles. Et si 1709 fut un pic, ce froid a duré longtemps.
    L’insouciance du règne de Louis XV résulte aussi du réchauffement qui a suivi.
    Et Emmanuel Leroy-Ladurie explique la révolution de 1789 par le froid énorme des années précédentes, qui a ruiné des récoltes entières, conduisant à la famine.

    Quant à l’aspect technique, je ne suis pas compétent.

    ChristopheD
    Participant

    Bonjour,

    Les vitis vinifera meurent général autour de -15°C (comme en 1956). Si je me souviens bien, c’est l’augmentation de volume du peu d’eau stocké dans les pieds qui les fait mourir. Certaines autres vitis résistent mieux, d’où l’utilisation d’hybrides au Canada par exemple.

    Enfin, si l’hiver est globalement rigoureux (t° négatives pendant au moins un mois), les vignes sont généralement enterrées (en Cappadoce par exemple).

    Cordialement

    Christophe

    laurent garlin
    Participant

    En provence, la conscience collective se souvient plus de la mort des oliviers que des vignes en 1956, la preuve en est les très nombreuses vieilles vignes de plus de 60 ans existant encore à C9P.

    Harlock
    Participant

    merci pour vos réponses

    kalmah
    Participant

    Désolé, je déterre ce sujet.

    Même si on en est pas là, un froid plus au moins durable va s’installer en France ou pire alors en Roumanie ou Bulgarie ou là, les températures sont descendues à -30°C.

    Est-ce que les vignes risquent quelques chose avec un froid de canard pareil ?

    Eric BERNARDIN
    Participant

    En dessous de -15 °, le risque est normalement limité. Mais ce qui peut-être inquiétant, c’est que le climat de décembre/janvier dernier ait pu favoriser une remontée précoce de la sève dans le pied, si tant est qu’elle soit jamais descendue… augmentant le risque d’éclatement des ceps.

    Arnaud Morin
    Participant

    Ce qui peut provoquer la mort d’un cep à ce que j’ai vu c’est une température très basse qui dure .
    -15 une nuit n’est pas un problème . – 15 une semaine ça commence à poser problème . L’autre soucis c’est le moment dans le cycle végétatif . Si la sève n’est pas complètement redescendue c’est un facteur aggravant et ça peut aller vite ……Au mieux si le cep n’est pas mort il peut mettre plusieurs années à s’en remettre .

    Bonjour,
    Oui les -10 à -12 degrés qu’on nous anonce ne sont pas si graves, mais le problème est bien le décalage du cycle du végétal. La trop grande présence de sève me fait très peur, mais aussi le fait que les bourgeons aient déjà beaucoup gonflé. A ce stade, ils ne résistent plus aux mêmes températures que si ils étaient en dormance totale. J’avoue ma crainte….mais seul l’avenir nous dira.

    Florian

    lanèfle
    Participant

    Bonjour,

    le problème effectivement, ce ne sont pas les températures actuelles. Le problème c’est les mois d’automne et d’hiver qui furent très doux. Ca n’a pas favorisé la dormance du végétal. En décembre, il y avait parfois encore une feuille verte sur certains arbustes. Puis la douceur se prolongeant, pour les végétaux, le printemps était là. Il y a déjà des zones ensoleillées ici en belgique où des espèces précoces (cornouiller mâle p.e.) on commencé à fleurir. Une connaissance qui a des vignes sur un coteau bien exposé a vu ses ceps commencer à pleurer alors qu’il venait de les tailler. La sève, à moins 15, ça gèle, endommageant les tissus de la plante. Les bourgeons bien gonflés de sève gèlent et meurent.

    En 1956, on a eu des conditions similaires d’un point de vue chronologique mais avec des températures beaucoup plus froides (jusque -36 en France). Dans le sud de la France, on entendait les oliviers éclatés pendant la nuit. Le vignoble a été gravement touché. Dans mon Pays de Herve natal, on m’a raconté que les fruitiers se fendaient et perdaient leurs plus grosses branches. Certaines oliveraies ont mis 20 ans à se remettre.

    Gla gla

    laurent garlin
    Participant

    la vigne a tout de même mieux résisté en 56 que les oliviers et autres fruitiers car comme tu l’expliques les mois précédent ce froid n’ont peut-être pas été doux comme cette année.

    Arnaud Morin
    Participant

    Il y a quand même un paquet de vignes à avoir crevé en 56 …..

    laurent garlin
    Participant

    pas sur les beaux terroirs du sud où il y a encore pas mal de vignes de plus de 56 ans, à Chateauneuf et Gigondas en particulier.

    paul kohwer
    Participant

    Les propriétés bordelaises ont elles communiqué à l’ époque sur le pourcentage de ceps
    morts?
    Avez vous des chiffres?
    Et pour la route, les grands bordeaux des années 60 contiennent-ils le fruit des jeunes vignes?
    Si oui, comment expliquer la qualité des 59, 61, 62 et.

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