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Michel Gratioulet, le il y a 16 années et 4 mois.
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Un dîner improvisé sert de prétexte pour ouvrir des bouteilles impatientes ! Le temps est compté… En quelques heures des idées murissent, les courses sont faites, et le repas est terminé pile en même temps que l’arrivée des invités… Au programme : St jacques et écume d’oseille, puis Quasi de veau à la réglisse et purée de patates douces, galettes de pollenta truffée, et légumes bio de saison en « habit de choux ». Plateau de fromages, riz au lait et ses fraises confites + mousse au chocolat pour les gourmands.
LANSON RED LABEL 1969
Le nez de fruits secs, d’alcool de noix et de café marque son âge. En bouche, le gaz est léger, tandis que des arômes de champignons, de chocolat et de noisettes signent un vin un peu vieillissant. Seule la finale minérale et crayeuse rappelle que l’année est grande et habituellement nerveuse. C’est un champagne qui offre encore du plaisir, certes, mais ces plus belles années sont derrière lui. Je précise quand même que le niveau n’était pas parfait ; Il se peut donc que cette bouteille soit plus faible que d’autres… 87/100BATARD MONTRACHET 2003 Domaine Leflaive
Le nez est un feu d’artifice de noisette grillée, de pain sec beurré, de paille, de silex et de fruits exotiques. Génial ! En bouche, on est face à un éléphant : Les arômes de poires pochées, de tourbe et autres fruits d’été très macérés pèsent sur la langue. Mais en même temps je perçois un vin qui n’est pas mou pour autant et qui possède un potentiel immense. Il est comme le pachyderme : Lourd mais capable d’atteindre 40 Km/H ! En somme, il ne faut pas s’arrêter à l’aspect massif qui s’impose au premier abord. La craie et les minéraux apporte en effet du peps qui équilibre finalement pas mal ce colosse. Un futur 1959 ! 96+/100CHÂTEAU LA CHAPELLE LA TRINITE 1953
Un illustre inconnu de St Emilion… Pourtant certains critiques « outre Rhin » sont plutôt enthousiastes lorsqu’il s’agit de commenter les millésimes antérieurs aux années 60. J’ai donc eu envie d’essayer ce cru sur une année que j’adore en rive droite. Le nez est encore gourmand, évoquant les fruits rouges croquants. En bouche, il ressemble un peu à l’ Angelus de la même année : Grosse trame acide, herbes et fruits rouges, sans réelle complexité. Le vin est préservé et garde une gamme aromatique fraîche, mais le vieillissement ne lui a rien apporté… Suivant. 82/100CHÂTEAU MOUTON ROTHSCHILD 1981
Le nez est un pur rive gauche issu de cabernet, grâce à ses parfums de poivrons, d’herbes sèches, et de cassis. La bouche reprend un peu le même thème, associant à ces arômes des notes de cèdre et de réglisse. Pas de défauts, mais pas de magie non plus…
87/100CLOS VOUGEOT » Musigny » 1999 Gros F&S
Je m’étais mis en quête de cette rare cuvée, car des amis m’avaient parlé de son incomparable qualité. Il ne m’en fallait pas plus pour aiguiser ma curiosité…
Le nez de folie explose du verre sur des parfums de ronces, de roses, de cendre, de réglisse et de menthol. En bouche il offre une pureté inouïe de fruits noirs très mûrs, de cerises burlat, de menthe et de terre. Il est déjà Clos jusqu’au bout des oreilles… Un des exemples de Clos Vougeot jeunes les plus marquants de ma vie. J’aimerais pouvoir le reboire dans 30 ans, car je pense qu’il frôlera la perfection.
Pour mieux appuyer mes propos, ce vin est à mon sens, supérieur à la Romannée Conti du même millésime, tout au moins pour le moment… A vous de jouer maintenant, car le prix est très très différent ! 96+/100COTEAUX DU LAYON 1947 Moulin Touchais
La bouteille est dans un état de perfection presque émouvant : Niveau impeccable et bouchon d’origine pas tout à fait imbibé jusqu’en haut. Le nez est un petit miracle de complexité, évoquant le thé vert, le zeste, le financier, et les fruits secs. En bouche la liqueur de l’année est bien présente, avec ce fameux sucre légèrement digéré qui « crée » de l’arôme : Orgeat, orange confite, écorce, poire caramélisée… Toute l’assemblée est sous le charme. Ce vin sera certainement le meilleur rapport qualité-prix de l’année ! 95/100La semaine dernière, un périple à Rome est l’occasion de goûter quelques vins Italiens que je ne connais pas. Nous faisons une halte chez » Cul de sac » une oenoteca incroyable où l’on mange des charcuteries à se damner, ainsi que des plats de pâtes inoubliables… Les prix sont doux, et sur les conseils du Patron, je tente un vin du Trentino, région que je connais pas…
GRANATO 2004 Foradori
La couleur encre noire me rappelle certains crus Californiens et ne me rassure pas vraiment. Pourtant en humant mon verre je reprends des couleurs… La cerise noire, la réglisse, la violette de Côte Rôtie, la cendre et l’anis se disputent les faveurs de nos narines. Impressionnant. En bouche, le vin est crémeux, parfaitement équilibrée et jamais lourd. Le cappuccino, les baies et les fleurs lui donnent encore un air de Rhône nord. Je comprends le 94 points de Parker… 93+/100AMARONE 2006 Santi
Le nez superbe de bois fumé, de fraises écrasées, d’olives noires et de truffe donne le sourire. La bouche est parfaitement à la hauteur grâce à sa brutalité qui rappellent certains Rhône sud, cette fois : Kirsch, poivre, sous bois et mûres alcoolisée. 92+/100De retour à la maison, je suis obligé d’ouvrir en catastrophe un Champagne mythique que j’ai réussi à avoir chez un marchand Italien. Malheureusement le voyage a entraîné une fuite légère qui risque d’être fatale au vin. Je sais que nous n’avons que quelques heures maxi pour le boire. Il est déjà tard et il ne pourra attendre le lendemain. C’est le genre de bouteille incroyable que l’on souhaite ouvrir avec sa famille et ses amis lors d’une occasion spéciale, mais le sort en a voulu autrement. Nous nous installons tranquillement dans le divan avec mon épouse et nous entamons, un peu seuls malheureusement, l’un des plus importants voyages de notre vie : La découverte d’un immense Champagne des années 20 qui nous marquera pour toujours.
POMMERY 1929
Comme vous pourrez le voir sur la photo, sa couleur est celle d’un Champagne des années 80. Le nez est une explosion qui me saute aux narines dès que le bouchon est enlevé. Ma femme me dit une phrase qui résume bien la sensation : » On dirait des odeurs de Brunch 3 étoiles « . La brioche grillée, le pain au sésame toasté, le cacao, le café noisette, la mélisse, le miel, l’orgeat et la pomme. Le grillé est aussi parfait que celui de Coche Dury, mais avec une patine de plus d’un demi siècle ! Quel délire aromatique ! Le lendemain le goulot de la bouteille offrait toujours la même magie.
En bouche, c’est un aristocrate octogénaire dans le corps d’un adolescent plein d’énergie : On note le pain grillé, la truffe, les fruits confits, l’amertume subtile du noyau d’abricot , le café grand cru , mais aussi la force minérale d’un torrent de montagne, la craie de sa terre d’origine et les agrumes piquants. Le gaz est bien là, mais subtil ; La sensation est celle d’un vin bien perlant. Un peu plus d’intensité donc , et la note parfaite ( que je n’ai encore jamais mis en Champagne ) tombait ! C’est en tout cas le vin le plus long en bouche que je n’ai jamais eu ; Pensez que même derrière un brossage intense des dents, les arômes de réglisse et de toast revenaient hanter les papilles, tel un spectre , impossible à décourager… 99/100Je vous dis à très bientôt pour d’autres aventures… Bonne nouvelle, la régularité est à nouveau de mise.
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- 2 mars 2010 à 17h00
Quel beau compte-rendu !
J’ai Pommery 1929. Il faudra donc que je crée une occasion pour le boire bientôt.Tu as bu Romanée Conti 1999 ????? Petit cachottier. Tu ne me l’avais pas dit. On dit pourtant que c’est un vin immense.
Ton avis m’intéresse beaucoup compte tenu de ce que j’ai dans ma cave.1953 est une très grande année en Bordeaux. Ce vin inconnu devait donc être assez faible.
Remarquables dégustations. Continue !
- 2 mars 2010 à 17h44
J’ai trouvé La Tache 99 meilleure que La Conti… Mais honnêtement, il existe plus grand encore sur cette année. Pour le moment en tout cas !
ET ce Clos V Musigny était d’une perfection assez hallucinante je dois dire. Ce dimanche j’ai bu Richebourg de Gros F&S en 99 également, et curieusement il était nettement moins bon que ce fameux Clos V… A rechercher absolument donc !
Florent- 2 mars 2010 à 17h48
J’ai bu en 2002 un Richebourg Anne Gros 1996 qui était absolument spectaculaire.
En quelle année as-tu bu RC DRC 99 ? Je n’ose pas encore ouvrir une des miennes, mais ça me tente !!!
- 2 mars 2010 à 17h58
Bue l’an dernier, j’ai mis 94+… Si t’en as une caisse, vas y;)
Florent.- 3 mars 2010 à 17h08
94+, ça ne fait pas beaucoup !
J’en ai suffisamment pour faire de nombreux tests. Alors, il va falloir que je vérifie.- 3 mars 2010 à 21h54
Moulin touchais propose pas mal de millésimes ayant quelques années (70-90). Je ne sais pas si c’est une question de vieillissement ou une question de vinificateur mais je n’ai jusqu’à présent jamais été ému par ce vin. As-tu eu d’autres expériences intéressantes avec ce domaine?
Gautier
- 4 mars 2010 à 15h02
Gautier, ta question est intéressante… Les vins de Moulin Touchais ne m’ ont jamais transporte en effet… Il y a pas mal de crus modestes dans le val de Loire qui n’ ont réussi des vins prodigieux que sur 1947 et 1921 ; Soit 2 millésimes accidents de la nature qui transcendent le terroir et ont pris le dessus sur la main du vigneron … Je te conseille donc de t’ intéresser a tous les vins Ligeriens de 1947. Si les conditions de stockage ont été bonnes tu auras presque toujours un vin très bon, au minimum… Et souvent le prix est cadeau. On voit assez souvent ce type de vins en salle des ventes ou sur le net. Pour info, cette bouteille a été achetée sur Ebay 59 euros… Ouvre l’ œil ;). Florent
- 4 mars 2010 à 15h05
Florent,
Pour 59 € il y a beaucoup beaucoup de vins « très bons » ! 😉
- 4 mars 2010 à 15h12
Michel,
des 47?!!:)
- 4 mars 2010 à 15h27
Rachid
non, bien sûr ! Mais pour 60 €, j’espère avoir autre chose qu’un très bon vin…
- 4 mars 2010 à 16h37
CR:
François Audouze écrivait:
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> J’ai bu en 2002 un Richebourg Anne Gros 1996 qui était absolument spectaculaire.Je suis entièrement d’accord avec toi. Un vin absolument éblouissant. A ce jour au dessus de tous les grands 1996 que j’ai eu l’occasion de boire (Musigny Roumier et Mugnier, Tâche, Ch & CdB Rousseau etc…). Son seul challenger? Griotte-Chambertin 1996 Dugat. Le temps changera-t-il la hiérarchie?
Le Moulin Touchais 1949 était encore disponible sur une table Parisienne à un tarif similaire. J’imagine bien le plaisir procuré par ce 47 aujourd’hui à maturité.
La description du Pommery 1929 est salivante. Cet univers des vieux Champagne me fascine et m’attire chaque jour un peu plus.
Christophe
- 4 mars 2010 à 20h22
Michel, en lisant ma description du Moulin Touchais, tu comprendras, je pense, que ce vin a très largement dépasse le stade du très bon… Quand je mets 95/ 100 , c est qu il se passe quelque chose… Donc un vin de ce niveau pour 60 euros, ça n’est pas excessif, mais quand en plus il est issu d’ une année aussi recherchée que 1947, cela devient un cadeau, je t’ assure… Mais on peut encore trouver des crus encore moins chers, c’est certain… Seulement le niveau sera peut être plus dans la gamme des très bons vins, soit aux alentours de 90/100.
- 4 mars 2010 à 20h28
Oui Florent je t’ai bien lu ; mais ce que tu dis aussi est qu’on peut acheter les vin de Loire de 47 les yeux fermés car on aura affaire au pire à un très bon vin pour 60 €
Je voulais simplement souligner qu’avec cette somme, on peut acheter à coup sûr un vin de qualité supérieure à « très bon ».
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