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- Ce sujet contient 11 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
François Audouze, le il y a 17 années et 11 mois.
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Bonjour à tous,
le sujet n’intéressera probablement pas grand monde mais je me sers de LPV pour exprimer ma tristesse.
J’étais un grand fan d’un petit domaine du sud de la Corse, le domaine de Tizzano, petit coin en bord de mer sur la commune de Sartène je crois, tout du moins on n’accède à Tizzano que par une route partant de Sartène, car la route du bord de mer en Corse est discontinue et ne permet pas d’y arriver. On ne trouve presque rien en cherchant sur le web le nom de ce domaine, à part qu’il fut créé jadis par des vignerons de la vallée du Rhône puis cédé à d’autres propriétaires.
Le vin était vendu uniquement à la coopérative des vins de Sartène, pour un petit prix (du genre 4 €), et pourtant d’une grande qualité, sans certains défauts que l’on peut reprocher parfois aux vins de Sartène (âpreté…), mais en conservant le caractère et la forte tête des vins de la région, et en plus une grande classe à mon avis.
Il y a quelques jours j’ai appelé la coopérative pour en commander mais hélas, on m’a appris que le domaine avait fermé, le vigneron a arraché les vignes en échange d’une indemnisation européenne.
La vendeuse au téléphone partageait mon désespoir et m’a dit « garder une dernière bouteille, comme une relique ».
C’est un des premiers vins que j’ai bu, car mes parents en étaient de grands amateurs, je ne l’aimais pas étant jeune (car je n’aimais pas le vin rouge… je me suis bien repenti depuis !), puis je l’ai apprécié par la suite, après mon apprentissage du vin. C’était le vin de mon mariage, de ces vins qu’on aime un peu plus qu’il ne le méritent, parce qu’ils sont pour nous un peu plus qu’une simple bouteille de vin.
Certains d’entre vous sont-ils en « deuil » comme je le suis ? Certains d’entre vous sont-il de grand fans d’un tout petit domaine perdu dans la campagne, que personne ne connait et que presque personne n’achète ?
François Beretti
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- 9 juillet 2007 à 13h22
Avec les grands chamboulements envisagés dans le monde du vin européen sous dix à quinze ans, il est probable que nous nous retrouverons tous un peu en deuil un jour ou l’autre!
- 9 juillet 2007 à 14h15
Bonjour, ton sujet m’intéresse car je connais très bien ce petit coin qui fait parti de la côté sauvage du sud-ouest de la Corse. C’est l’opposé et à l’opposé de Porto-vechio. J’ai campé de nombreuse fois à L’Avena tout près de ces vignes et c’est dans ce camping que j’ai découvert, au tout début de ma passion, un autre vin : le Fiumicicoli ( orthographe ? ) qui existe toujours, c’atait le 1985 et c’était bon – arômatique, doux, assez complexe.
Jmm
- 9 juillet 2007 à 14h37
Bonjour,
alalala… je ne connais pas le vin fiumicicoli, mais c’est aussi le nom du fleuve qui passe dans la vallée près de mon village d’origine. Et je crois bien que littéralement cela veut dire « le fleuve qui coule » 🙂
je suis bien sûr preneur de tout nouveau vin pouvant non pas remplacer mais au moins compenser le manque que je ressens. Je gouterai au fiumicioli lors de mon prochain séjour sur l’île.
François
- 9 juillet 2007 à 15h28
je comprends ton tourment! c’est un peu de nous et de notre imaginaire qui s’en va….
goûte aussi les vins de SAPARALE et notamment les cuvées casteddu(très sympa)
amitiés
bertrand- 9 juillet 2007 à 15h51
Merci Bertrand,
je connais Saparale et effectivement ce sont de bons vins dans mon souvenir.
Pour continuer un peu sur mon message de départ, je note qu’on peut développer à l’égard d’un vin certains sentiments que l’on croyait réservés à nos congénaires. On peut avoir de l’affection pour un vin, de la nostalgie à la mémoire des bons moments passés ensemble, on peut aimer un vin alors qu’il n’est pas si exceptionnel (pourquoi lui ?), comme on aime un ami malgré ses défauts.
Et c’est un ami qui vient de disparaitre.
François
- 9 juillet 2007 à 16h39
François,
après 846 messages sur les bordeaux 2006 je trouve ce post plein de poésie et de fraicheur , merci.
oenologiquement
Didier- 9 juillet 2007 à 22h54
LEGOFFE écrivait:
——————————————————-
> je comprends ton tourment! c’est un peu de nous et
> de notre imaginaire qui s’en va….
> goûte aussi les vins de SAPARALE et notamment les
> cuvées casteddu(très sympa)
> amitiés
> bertrandAllons Bertrand,
il te reste encore
les vins Guevel dans
ton coin… Veinard
😀- 10 juillet 2007 à 0h11
François,
Je connaissais aussi bien ce domaine. J’ai de la famille qui habite près de Propriano que je visite régulièrement.
Ce domaine restera aussi liè dans ma mémoire à la récolte des melons que j’ai pu faire dans le coin, une année, il y a bien longtemps…..
Ah le temps qui passe… et le fric qui va peu à peu réussir à remodeler même la Corse …
Je recommande Fiumicicoli qui est toujours un vin bien fait!
Xtof
- 10 juillet 2007 à 1h37
Cher docadn,
saches que ma femme s’appelle Guével mais aucun lien avec la famille de pleyber christ,grands pinardiers responsables d’un nombre incalculable de cirrhoses…
c’est vrai que les bretons sont des sacrés picolos….
amitiés
bertrand- 10 juillet 2007 à 2h36
Alors là Bertrand,
j’ai pas de bol…
>:D< cordialement- 10 juillet 2007 à 21h28
Ce message est agréable à lire car il exprime de beaux sentiments.
Comme on parle de Corse dont je ne suis pas un spécialiste, j’ai bu un vin blanc corse de 1948 qui s’appelle « La Sposata » qui – je suppose – signifie l’épouse, et qui a été fait sur des vignes ayant appartenu à la mère de Napoléon (c’est l’étiquette qui le dit).
J’ai été absolument bluffé par la qualité extrême de ce vin blanc.
Il me reste une bouteille, que je réserve à une grande occasion, tant j’ai eu de plaisir avec un blanc corse de 1948.Comme on parle de l’émotion de vins qui ne se feront plus, j’ai cette nostalgie chaque fois que je bois un vin préphylloxérique, car ce sont des goûts qui ne pourront plus jamais exister.
Bravo pour ce message car les sentiments sont exprimés avec élégance.
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