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    Quand on a 18 ans on a la vie devant soi, on est impétueux et on a toujours raison
    Quand on boit un vin de 18 ans, c’est souvent un vin que l’on a bichonné dans sa cave en attendant le bon moment pour l’ouvrir
    Quand on rajoute 19 devant le 18, on pense à la fin de la première guerre mondiale, au dernier poilu qui reste, à mes grands-parents en couche-culottte… Mais quel gout peut avoir un vin de 90 ans ?

    La bouteille est cachée, on voit le propriétaire de la bouteille sortir le bilame, puis le tire-bouchon pour extraire le bouchon.
    Le breuvage se trouve maintenant dans les verres. La robe est brillante, rubis, à peine évoluée.
    Le nez est complexe, tout plein de fruits (mûre, framboise, groseille), un peu de bois fumé avec une petite pointe de volatile qui lui apporte de la fraîcheur.
    En bouche, le fruité domine, puis vient un boisé noble, des notes de thé fumé et un fleuri du type immortelle.
    On spécule, qu’est-ce que cela peut être ?
    Je me lance, cela me rappelle un Pauillac : Latour ou Pichon-Comtesse ? Un millésime, c’est beau et encore jeune … 1982 ?

    E. enlève avec précaution l’écrin et annonce [size=medium]HAUT-BAILLY 1918[/size].
    Au Vieux chêne (Paris 11ème), c’est le silence, les autres clients qui pensaient se trouver au milieu d’un congrès de pokémon bruyant et enthousiaste se trouvent maintenant dans le silence. On se regarde, s’interroge du regard : « tu as entendu la même chose que moi ? »
    On veut voir l’étiquette, MAIS C’EST VRAI !

    On se lève tous et on applaudit. Fin du silence. On se met à tous à parler en même temps et c’est dans un joyeux brouhaha que la soirée se poursuit.
    Merci E. de nous avoir fait vivre un si grand moment d’émotion.

Affichage de 17 réponses de 1 à 17 (sur un total de 17)
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    Anonyme
    Invité

    Chapeau, Gweno !:)

    Même moi, je n’étais pas né à cette date là …:)

    oliv
    Maître des clés

    Grand moment d’émotion effectivement ! J’avoue mieux percevoir le sens des paroles de François Audouze: « des vins qu’il faut comprendre »

    [size=medium]CR: Château Haut-Bailly 1918[/size]

    https://idata.over-blog.com/1/05/37/28/Jan08-Pour-le-plaisir-./DSC06970.JPG

    Mon arrière grand père sortait des tranchées de Vauquois, amputé des 2 jambes, que ce vin était en gestation.
    Une robe extraordinairement jeune, juste éclaircie mais à peine tuilée. Le premier nez est magnifique, l’impression de plonger dans une boîte à cigares en cèdre. Ce vin est sur le fil, délicat en bouche, semble prêt à s’effondrer comme le dernier Poilu lors de sa 90ème dépose de fleurs un matin de 11 Novembre, mais tout en fierté, pugnace, il se tient pour rester droit et faire honneur à son rang. L’arrivée tonitruante de la purée truffée l’épuise mais lorsque Eric découvre l’étiquette, grosse émotion. Un silence suivi d’applaudissements en forme d’hommage au valeureux ancien irradie la salle .

    La table d’à côté n’en croyait pas ses yeux, regards qui exprimaient une envie irrésistible de partager ce moment d’émotion !!

    oliv
    Maître des clés

    Malheureusement le 34 était mort sans combattre… Madérisé… 🙁

    François Audouze
    Participant

    Voici trois textes sur Haut-Bailly 1918, vin dont je rappelle chaque fois à Véronique Sanders à quel point je l’adore. Il m’en reste !

    Les vins rouges allaient démarrer en fanfare. Château Cantemerle 1918. Belle robe, couleur intense, nez profond, et goût velouté, où tout se fond harmonieusement. Intéressant, mais dès que l’on aborde le Château Haut Bailly 1918, on entre dans une autre dimension. Un vin qui est la justification de toute la démarche que nous construisons sur les vins anciens. Qu’est-ce qui fait qu’un vin peut se présenter en étant aussi confondant de perfection ? Dans une analyse récente, le Haut Bailly 1900 est apparu comme l’un des dix premiers vins que j’ai préférés. Il semblerait que les Haut Bailly anciens ont une qualité rare.

    Sur le pigeon d’un classicisme de bon aloi, on commence par le Haut-Bailly 1918. Le nez absolument exceptionnel me chavire. C’est beau, raffiné, riche, opulent, rassurant, envoûtant. Alors qu’à l’ouverture Mission 1918 avait été aussi brillant, il avait ensuite un peu faibli au service. Là, le Haut-Bailly est époustouflant de panache, d’excellence. Un immense vin aussi bien au nez qu’en bouche où il est juteux, rond, accompli, serein. Quand on atteint des niveaux de cette altitude, j’ai comme un choc. Je suis groggy de perfection.

    Alors qu’on avait profité ensemble des deux vins sur le plat précédent, j’ai demandé qu’on serve séparément les vins de ce plat. Ce fut un bon choix. Le Château Haut-Bailly 1918 a le nez de confiture de framboise qui m’avait tant ému en ce Cros Parantoux Henri Jayer 1992 bu chez Michel Bras. On a la même sensation odorante, malgré l’écart d’âge. La couleur de ce vin est du rubis le plus exalté. En bouche, la jeunesse de ce vin sensuel éblouit. C’est assez inimaginable de voir à quel point ce Haut-Bailly explose de générosité. Il est aidé par le plat fort juste, mais il saurait se débrouiller tout seul tant il a de la force tranquille.

    Gweno vient de ressentir la même incrédulité devant tant de charme vivant.
    Comme l’a dit oliv ci-dessus, c’est quand même ce que je raconte depuis des années avec le plus souvent une incrédulité insistante.

    Bravo pour ce 18 et paix à l’âme du 1934, année dont j’ai bu un nombre assez considérable de grands bordeaux rouges (mais pas Haut-Bailly).

    MatthieuS
    Participant

    Pour les vins de 1934, Neal Martin vient de publier une très belle horizontale, sur le site de Parker, avec, entre autre, Lafite, Cheval Blanc et Climens.
    « First and foremost, these wines were as fascinating, as intriguing and intellectual as comparing the same châteaux from more recent vintages such as 1982 or 1990. There is something moving about blowing the cobwebs off bottles that have witnessed far more than I. They document not only the vagaries of a growing season but the efforts of vignerons long since departed; the trials and tribulations endured by the properties.  » N.Martin

    Julien Vandeburie
    Participant

    reprenez moi si j’ai tort, mais, me semble-t-il, les AOC n’existaient pas en 1918 (les premières datent de 1936). L’étiquettage est donc plus récent que la mise en bouteilles.

    Gweno1
    Participant

    Sur la bouteille on ne voit pas AOC mais la mention « Appelation Grave Contrôlé » :

    Je n’en sais pas plus

    yves Reinmund
    Participant

    Bonjour.

    Au sujet de l’etiquette; elle est à mon avis postérieure à 1953 puisque la mention « Grand Cru Classé » apparait.

    YR

    Thierry Debaisieux
    Participant

    Effectivement, l’étiquette est postérieure à 1953, date du classement…

    D’où provient la bouteille?

    Cordialement,
    Thierry

    Gweno1
    Participant

    De la cave d’un ami, je n’en sais pas plus.

    Eric Galinsky
    Participant

    Bonjour,

    La bouteille (ou même les) ont été achétés il y a quelques années maintenant (environ une quinzaine d’années) en Salle des ventes – Pour toutes les autres questions je suis en train de me renseigner à la source pour avoir toutes les explications nécessaires au niveau des étiquettes…

    Eric,

    bobosse92
    Participant

    .

    Eric Galinsky
    Participant

    Bonjour,

    Je viens de recevoir les réponses au sujet des étiquettes des deux HAUT BAILLY dégustés, je vous les livre tels que :

    « Véronique Sanders pense que l’étiquette de la bouteille de 1918 est en effet postérieure à 1953, date de création du classement, car l’étiquette porte la mention « Cru Classé de Graves ». Il peut s’agir d’un rhabillage mais nous ne pouvons en être sûr. Quand au 1934, l’étiquette semble conforme à celle d’origine. Le Château Haut-Bailly portait en effet la mention « Cru Exceptionnel » depuis le début du siècle. »

    Voili – voila.

    Eric

    Thierry Debaisieux
    Participant

    J’ai vu des vieux Haut-Bailly et l’étiquette de 1934 est parfaitement conforme à mon souvenir…

    Mais celle du 1918… ? …

    Cordialement,
    Thierry

    François Audouze
    Participant

    ça ne m’inquiéte pas outre mesure.
    Car l’étiquetage est de la fin des années 50, début des années 60, et à l’époque personne n’aurait mis « Haut-Bailly » à la place d’autre chose.
    si j’ai le temps, je regarderai mes 1918 et mes 1900 pour voir ce que ça donne.

    Jean-Marie Cadé
    Participant

    Alors François, ça donne quoi ces étiquettes ? bientôt neuf mois que j’attends, le suspense devient insoutenable, et j’aimerais mourir un peu moins idiot…:S

    François Audouze
    Participant

    J’ai peur que tu meures dans des souffrances insoutenables.
    Car je n’ai pas le temps de chercher dans mon capharnaüm pour le moment.
    Mais merci de rafraîchir ma mémoire. Je vais chercher si je peux.
    De mémoire, j’en avais de la cave Nicolas. Mais pas les 1900.

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