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Yves Zermatten, le il y a 23 années et 2 mois.
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8ème édition déjà , pour ce salon des vins du monde, mais seulement la deuxième pour moi. J’y étais allé l’année dernière pour y découvrir les vins suisses, cette année priorité au Priorato!
Le dimanche matin, c’est le bon créneau! A l’ouverture, les travées sont très peu peuplées et les vignerons très accessibles.
Les vignerons et les vigneronnes! Premier arrêt au stand des Artisanes de la vigne et du vin, regroupement pour la circonstance de 6 domaines gérés de A à Z par des femmes, la plus célèbre d’entre elles étant évidemment Marie-Thérèse Chappaz.
Accueil chaleureux et souriant de Coraline de Wurstemberger (Les Dames de Hautecour à Mont sur Rolle) qui me propose de me préparer le palais au chasselas avant la dégustation de Priorato prévue à 11h30.Pour commencer, un chasselas Choully AOC (GE) de Françoise Berguer, millésime 2002, frais et minéral, à la robe très claire, suivi d’un chasselas réserve 2002 des Dames de Hautecour tout juste mis en bouteilles et un chasselas sur lies 99, toujours du même domaine, un peu plus gras, développant des notes de pomme sur une belle minéralité.
Ensuite, changement de rive du Léman, direction Yvorne et Aigle, pour goûter les vins de la Baudelière, millésime 2001: nez très arômatique, fleurs blanches et pierre à fusil, doté d’un perlant qui accentue sa minéralité, pour le vin d’Yvorne. Le vin d’Aigle est plus droit et austère, plus pur aussi, et ne demande qu’à s’épanouir.
Exit le chasselas, place au fendant! Et pas n’importe lequel, celui de Marie-Thérèse Chappaz! C’est pourtant le même raisin mais l’expression de ce cépage est totalement différente dans le Valais, je trouve. Beaucoup plus gras et arômatique, je n’ai pas voulu recracher la gorgée de ce vin, la première pour moi d’un vin de Marie-Thérèse. J’aime beaucoup.11h25. C’est l’heure de se rendre à la dégustation de Priorat, animée par Eric Duret, meilleur sommelier d’Europe en 98 (pour les français, prononcer nonante-huit), et qui fera l’objet d’un compte-rendu distinct dans la rubrique Vins d’Europe. Patience, donc!
14h. Les papilles encore toutes imprégnées de carignan, grenache et consorts, je fais un petit passage au domaine de la Colombe (Féchy) pour avoir un aperçu des vins que j’ai réservés l’année passée et qui sont maintenant disponibles. Dur de véritablement goûter le pinot noir derrière le carignan!
Alors je fais une ultime étape au domaine Cornulus et tente ma chance avec une petite arvine Clos des Corbassières suivi d’un paà¯en coeur du Clos, au fruité floral expressif et doté d’un peu de sucre résiduel. Cépage indigène valaisan, le paà¯en est apparenté aux traminers donc au savagnin, que l’hôtesse me cite en exemple, en s’emmêlant les pinceaux entre vin jaune et vin de paille. Elle est tombée sur l’homme de la situation! Je m’empresse de recadrer les choses.
Et puis je cloture en beauté par une cuvée grain noble confidentiel issue du même clos, assemblage de petite arvine et d’ermitage, riche en glycérol, intense et longue, de toute beauté.Comme je ne voudrais pas abuser, je reprends le chemin du Haut-Doubs après une petite marche digestive le long du Léman. Le soleil a même refait son apparition et les sommets enneigés des Alpes se détachent au dessus du lac.
Elle est pas belle, la vie?
Olif
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- 27 avril 2003 à 22h32
belle dégustation en effet olif (olif pour olifant, le rosé neuchâtelois?)
Arvinis me plaît également beaucoup, surtout pour le niveau des vins suisses présentés, les grands étrangers sont somme toute très rares)
c’est donc l’occasion de déguster les meilleurs crus de Suisse
j’ai également dégusté des Merlots du Tessin absolument exceptionnel, valant les bons Pomerol. Mais les prix explosent. Pour les meilleurs merlots du tessin compter 40 francs déjà et dommage que les 100% pur Merlot deviennent rare (on a tendance à y mettre 5% de cabernet par exemple) et attention au boisé parfois peu harmonieux
mais quand c’est grand c’est énorme!
salutations
Xavier
- 28 avril 2003 à 15h11
Olif,
Tu es apparemment jurassien, alors je me permets de préciser que le Paà¯en (= Heida en dialecte haut-valalaisan) est le Savagnin du Jura. Il y a quand même de petites différences car ce sont deux clones du même cépage, mais comme il y a des différences entre 2 clones de Pinot noir. Le Savagnin s’appelle aussi Traminer (un autre clone) et viendrait originellement du village de Tramin dans le Haut-Adige (Italie), mais ça reste à démontrer. Il faudrait essayer de comparer en même temps un Savagnin du Jura, un Traminer d’Alto Adige et un Savagnin de Visperterminen, 3 clones de Savagnin qui se sont différencié il y a très longtemps (je ne parle même pas du Gewurztraminer, mutation aromatique du Traminer). Les différences doivent être importantes, et cela constitute un bel exemple d’adaptation clone-terroir.
- 1 mai 2003 à 0h18
cher josé
au sein d’une seule variété de cépages il y a des clones, parfois très nombreux commepour le pinot noir
apparemment ces clones peuvent être très différents les uns des autres
jusqu’à quel point ou quelles différences de critères considère-t-on qu’ils font partie du même cépage?
merci
xavier
- 2 mai 2003 à 3h42
Salut Olif,
As-tu par hasard goûté les vins de Serge Roh ? Je les ai trouvé très beau, tout en finesse et en minéralité.
A+
-Robby- 2 mai 2003 à 12h15
Robby,
Je ne me suis pas arrêté cette année au stand de Serge Roh, par manque de temps et impossibilité aussi de tout goûter.
Je l’avais fait l’année dernière car on m’avait effectivement vanté ses rouges et j’y avais goûté une très belle syrah.
José,
Merci de ces précisions concernant les cépages. Il y avait le lundi soir une dégustation de savagnins et vins jaunes, dégustation à laquelle je n’ai pas participé, où je pense que l’on a du comparer les différents clones.
Olif
- 2 mai 2003 à 16h09
Robby,
Je rejoins tout à fait ton avis sur Serge Roh. J’ai fait le tour des encaveurs valaisans à Morges et j’ai été globalement déçu par le millésime 2002, surtout les rouges que j’ai trouvés sans relief.
Par contre, j’ai effectivement trouvé que les vins de Serge Roh sortaient du lot, et d’une bonne tête.Sam
- 4 mai 2003 à 21h25
Cher Xavier,
Cette question n’est pas simple. Comme tu le sais, un clone est un individu qui a été multiplié sans reproduction sexuelle (multiplication végétative), et un cépage est généralement constitué d’un ensemble de clones. L’exemple du Pinot est bien choisi. Il existe en effet plus de 200 clones de Pinot, qui varient dans la forme de leurs feuilles, de leurs grappes, etc. mais aussi dans leur période de maturité, dans leurs teneurs en tannins, en acidité, etc. Les Pinot Blanc et Pinot Gris, par exemple, ne sont que des clones de Pinot dont la couleur des baies a été modifiée par quelques mutations. On les considère d’ailleurs souvent à tort comme des cépages différents. Pour le spécialiste des cépages (ampélographe), il est dans la plupart des cas faisable de déterminer si deux individus sont des clones du même cépage ou bien si ce sont des cépages différents. En général, même si un clone a des feuilles plus découpées ou des grappes plus allongées, en regroupant tous les autres caractères qui n’ont pas varié, il est possible de dire à quel cépage il appartient. Toutefois, la littérature regorge d’exemples où deux cépages que l’on croyait différents s’avèrent n’être que deux clones d’un même cépage. La situtation est encore plus compliquée lorsqu’on a affaire avec des cépages-famille ou des cépages-population. C’est le cas par exemple des Chasselas, dont il existe plusieurs dizaines de clones. Les différences morphologiques entre clones sont parfois tellement importantes que les ampélographes se livrent des querelles « philosophiques » pour savoir si untel appartient aux Chasselas ou non.
L’ampélographie a donc ses limites et c’est là qu’on appelle à la rescousse le « test ADN ». En effet, le test ADN permet de distinguer indubitablement les cépages entre eux, mais il ne permet pour l’instant pas encore de distinguer les clones d’un même cépage (plusieurs laboratoires dans le monde y travaillent, car l’enjeu économique est important). Cette limitation est pourtant heureuse car le test ADN permet ainsi de dire si deux individus sont des clones du même cépage ou non.- 5 mai 2003 à 0h06
Xavier et José,
Merci d’avoir lancé ce passionnant débat. Comme il dépasse la seule problématique valaisanne, je me permets de le replacer dans la rubrique « de la terre au verre » pour poursuivre la discussion.
amicalement
Yves
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