JUlien Marron

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  • JUlien Marron
    Participant

    Merci à tous pour ce bel effort de rédaction et de partage.
    Juste un commentaire sur le Seis 2009 de Stéphane Tissot, il a un nez absolument proche d’un Fino ou d’un Jerez Andalou !
    La proximité stylistique de ces vins est bluffante…personnellement j’adore mais c’est vrai que la tablée l’a peu apprécié en tant que tel…

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    Une bien belle soirée, et merci beaucoup à Arnould de l’avoir organisée au débotté !

    Même à trois, et en étant motivés, nous pouvons soutenir l’attention sur la dizaine de bouteilles goûtées…mes notes sont imprécises, car écrites de mémoire.

    Le Champagne Fallet-Gourron est agréable, avec une bulle qui réveille et une énergie indéniable. Je lui reprocherais juste un côté peut-être un peu trop « lisse », sans vice réel, sans vertu sur le caractère vivant du sol, que l’on ne perçoit pas. Arnould me confirme qu’il s’agit d’un travail « à l’ancienne ». Effectivement, mes goûts vont plutôt vers des Champagnes de biodynamie, où je ressens la vibration tellurique, mais pour cela, nous ne sommes pas dans le même ordre de prix. En tous les cas, ça se boit tout seul, ça fait très bien le boulot en préambule du repas.

    En attendant l’entrée, Christophe nous dégaine de sa récente visite un Chardonnay ouillé de Yves Roy, Novice 2022, sur marnes. Je connais le producteur pour avoir goûté et fortement apprécié son Poulsard 2021.
    Mon avis sur cette bouteille est un peu plus réservé. Le premier soir, le vin s’exprime difficilement, comme encore un peu comprimé par sa mise. J’ai du mal à sentir le terroir et encore moins le côté vibrant, nature dont il est pourtant issu. Ceci dit, la bouteille avait voyagé sur une partie de la journée, et l’ayant regoûtée plus tard, je lui trouve davantage de gourmandise, sur la mirabelle, la crème pâtissière, l’alcool de poire williams et la graine de moutarde. Fait notable, toujours pas de souris après 2 jours.

    Arrivent Les Nourrissons 2009 qui se boivent très bien aujourd’hui, et je les ai trouvés un gros cran au-dessus des Noëls de Montbenault de Leroy, du même millésime, dégustés il y a 10 jours.
    Avec un peu d’aération, il y a tout, ou presque : largeur, complexité, longueur, fraîcheur. Nous avons eu beaucoup de mal à garder un léger filet pour les fromages. Bien désolant que cela soit devenu si difficile de s’en procurer…

    Etais-je dans un mauvais soir ou n’ai-je pas compris le vin, le fait est que je n’ai pas su apprécier le vin Etrange 2012 de Lucien Aviet, qui pour moi part littéralement dans tous les sens, est déséquilibré sur l’alcool et n’a ni la profondeur, ni la complexité d’un grand vin ouillé ou d’un oxydatif avorté qui aurait été mis en bouteille opportunément. Je trouve cela raide, acide, sans définition de terroir, pardon Arnould…promis je me rattraperai

    Nous entamons la série des rouges avec une tête connue, l’Auxey-Duresses 2005 d’Alain Coche Bizouard, devenu maintenant le domaine de son fils Fabien Coche. C’est une cuvée village qui assemble plusieurs terroirs.
    2005 est décidément un millésime très particulier, à la longévité remarquable mais qui n’est pas encore prêt partout. En effet, ce vin est encore tannique, avec une petite fermeture. Avec l’aération cela se détend, et mes deux compères ont bien du mal à reconnaître le pinot noir. Il faut dire que la matière et la densité de ce 2005 sont hors-normes, et du coup égarent les palais habitués à des pinots plus sur la légèreté et l’élégance. C’est très bon, mais enfin, il aura fallu 19 ans de patience…je comprends que certains se soient désespérés de leurs 2005 bien avant cela. J’ajoute que malgré une bonne garde, le vin n’a jamais retrouvé le jus vibrant plein de gourmandise que nous avions goûté à la propriété lors de la visite en 2007. Il m’en reste deux, que je garderai quelques années de plus, espérant que cela se détende encore.

    J’ai adoré le Ministre impérial 2017 du comte Abbatucci qui conjugue une grande fraîcheur d’altitude à une aromatique sudiste de fruits noirs compotés, d’herbes sauvages, de réglisse, et de diverses notes empyreumatiques. C’est d’une grande gourmandise, parfaitement à boire, et cela magnifie la viande cuite à la perfection de la côte de boeuf d’Arnould au BBQ.

    Dans l’interlude, Christophe nous fait découvrir un pinot noir d’Alsace du val de Villé, à Albé, domaine Steinacker, 2017, que j’apprécie pour son côté frais et désaltérant. Le tout ne manque cependant pas de matière et quelques années supplémentaires ne lui feront pas peur.

    Nous passons à un Barolo 1999 de Pio Cesare, qui ne fait pas du tout son âge. Je suis surpris par la robe presque opaque et impénétrable. Le nez est avenant sur des notes réglissées et confiturées, et je ne reconnais pas du tout le cépage. J’étais parti plus au sud dans le Chianti. Le vin a du muscle, du répondant, il est solide et peut attendre encore.

    Nous dissertons sur quelques vins du Sud et Arnould nous sort un Jadis 2015 de Barral, qui malgré sa volatile, se boit très bien, avec une belle fraîcheur et une aromatique intéressante.

    Arrivent les sucres, j’ai un coup de coeur pour le Clos Saint Theobald, Vendanges tardives 2001 de Schoffit, sur le grand terroir du Rangen, et le cépage m’échappe tant le terroir a pris le dessus. Le Gewürztraminer est difficile à reconnaître mais le jus est vibrant, complexe, avec des notes de goyaves, de fruits exotiques, de caramel, il faut vraiment se retenir pour cracher cela, mais j’ai de la route après.

    Nous terminerons avec un Tokaji Szamorodni 2017 de Zoltan plein d’une belle liqueur rôtie et d’une acidité très rafraîchissante, mais que je placerai à l’aveugle chez Pierre Bise, preuve qu’il est peut-être temps d’aller dormir…

    Merci encore pour cette belle soirée d’été, pas si chaude que cela, mais le local est encore en polo – bermuda à une heure du mat, et il ne fait que 13 degrés !

    Caramba !
    Zapata

     

    JUlien Marron
    Participant

    Une bien belle soirée en vérité

    J’en retire plusieurs petites observations.

    Les vins Parkerisés, on en a abondamment parlé sur LPV, ils ont existé et Smith Haut-Laffite 2010 en est effectivement un bel exemple.
    De fait, plus un vin de nez que de bouche, j’ai noté « cuit au chaudron », « sucrailleux »…c’est d’une opulence qui fait vite saturer les papilles, je n’avais pas envie de m’en resservir.

    Antithèse du précédent, dans un contraste saisissant, Vieux Château Chauvin 1998 appartient à un type de Bordeaux qu’on ne croisera plus dans les millésimes récents hélas…12.5° d’alcool au compteur, nulle sensation de chaleur excessive, le tout dans un grand millésime mûr en rive droite, ce vin d’une fraîcheur étonnante n’est même pas encore totalement à boire car les tanins peuvent encore acquérir davantage de soyeux. En revanche, je n’ai pas senti de sécheresse. C’était un achat coup de coeur après une dégustation horizontale des 1998 où il avait tenu la dragée haute à Vieux château Certan, l’Evangile et consors…pour un prix bien plus modique, et il a tenu ses promesses au vieillissement. Il brille par son équilibre et son harmonie, mais encore une fois, il appartient déjà à un type de crus du passé.

    Pas fan de la Fleur Pourret 2019, excessif en alcool, et malheureusement représentatif de ce que les Bordeaux récents offrent dans le verre…on cherche en vain la fraîcheur et le vieillissement n’y changera probablement rien.  

    En revanche, j’ai adoré Pontet-Canet 2011, même si l’alcool se faisait également sentir…un petit degré de plus cela change tous les équilibres d’un vin…mais ici la classe de l’élevage bien intégré et la justesse de la vinification l’emportent dans un millésime caractérisé de « classique » qui recèle probablement de bien beaux crus à re-découvrir, après les excès médiatiques et tarifaires de 2009 puis de 2010. 

    Merci encore pour cette belle soirée !

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    CR: Domaine Léon Barral, Faugères 2017

    A mon avis, cette bouteille était restée trop longtemps à prendre la poussière chez le caviste…
    Dès le premier nez, ça coince…trop vinaigré, trop de volatile donc. Un peu de fruits rouges aussi, mais bon, pas l’extase.
    La bouche déçoit rapidement, une matière maigre, bouffée par une acidité de tous les diables, peu de complexité, la volatile revient en force avec sa note de vinaigre…
    Et cerise sur le gâteau…souris identifiée en fin de bouche.
    Je vais attendre un peu pour la science mais j’ai très peu d’espoir de retrouver des survivants là-dedans.
    Ce sera sûrement l’évier.

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    Bravo oliv !

    Nul autre que toi ne trouve mieux ces mots simples qui débarrassent chaque compte-rendu de tout orgueil déplacé et en restituent l’amitié primaire, celle de la générosité et du partage ! 

    Profite de ce prochain demi-siècle !

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    L’idée de cette soirée en plus petit comité que d’habitude était de favoriser la perception des vins à travers des accords adaptés.
    A vrai dire, le temps passant, j’ai de plus en plus de mal avec les dégustations où l’on enchaîne les vins sans vraiment prendre le temps de se poser sur chacun d’entre eux.
    S’ensuivent parfois des jugements à l’emporte-pièce sur un vin hâtivement servi, c’est dommage. En dix à quinze minutes, je n’apprendrai rien à personne qu’un cru peut se métamorphoser littéralement avec l’oxygène et le réchauffement de la température dans le verre. Il arrive même qu’un point de bascule se situe à un degré près, je l’ai expérimenté plusieurs fois..bref.
    J’avais également une petite appréhension car le temps était très perturbé ce jour-là, et depuis plusieurs jours en fait…cela a tendance à desservir les vins, mais il n’en fut rien, comme quoi !

    Nous commençons donc avec le Buisson Renard 2015 du domaine Dagueneau qui sera le petit jeunot de la série.
    Il est cependant expressif si on va chercher les nuances, avec des fruits jaunes et ce que j’appelle du végétal noble, un ensemble lierre, mousse, fougère, buis, variétal sans caricature. La bouche est pleine d’une noble énergie, peut-être un restant de boisé en finale, pas gênant. Globalement ce vin est une réussite et il échappe à la lourdeur d’un Sauvignon récolté trop mûr. C’est une belle entrée en matière.

    En servant le pinot gris Clos Saint Urbain Rangen de Thann 2008 de Zind-Humbrecht pour démarrer vraiment le repas, je voulais faire tomber un préjugé sur le service intempestif d’un vin sucré à ce moment de la soirée. On garde souvent les sucres pour le dessert, mais finalement, avec un bon accord, ça peut fonctionner en cours de repas. D’emblée, le vin transporte vers l’Est avec un côté oriental. Les fruits confits, les fleurs, le miel, puis les fruits tropicaux (goyaves-fruits de la passion) parfaitement relevés par mes compagnons de soirée s’invitent aux narines puis au palais avec une merveilleuse déclinaison d’arômes. La bouche svelte et délicieusement acide fonctionne sur le couple antagoniste sucré du liquoreux- salé du terroir, qui épouse le plat épicé-marin dont j’avais trouvé l’idée ici même sur LPV. De fait, c’est jouissif, les 6 épices du plat venant s’ajouter à la complexité du vin et le gras de ce dernier à la consistance de la sauce. Très grande expérience avec un breuvage nullement fatigué, conservé en cave fraîche humide depuis son achat de l’époque et au top de son expressivité. 

    Le premier vin rouge va un peu diviser l’assemblée. Personnellement j’ai apprécié même si la dimension « mythique » de son pedigree peut prêter à discussion, vu que personne ou presque ne le connaît .
    Le nez de cette Ried Mariental Blaufränkisch 2002 de Ernst Triebaumer est sanguin, sur une robe si sombre et opaque qu’elle en cache le fond du verre. La fraîcheur de la bouche étonne presque étant donné qu’on s’attendrait à un liquide dense en tannins et compact comme un bloc de granit. L’aromatique se développe avec l’aération sur l’encre, le côté réglisse et les fruits noirs en gelée. L’acidité et la longueur de ce cru lui confèrent une personnalité certaine, voire une gourmandise totalement inattendue. Je comprends que cela puisse un peu rebuter les palais trop étalonnés au Pinot noir ou au Gamay mais c’est incontestablement une expérience enrichissante. A partir de combien d’années lâchera-t-il un peu de lest, probablement pas avant une ou deux décennies…

    L’entrée en lice de la cuvée Pure 2005 du domaine de la Barroche sonne comme l’antithèse du vin précédent. Gros alcool au compteur mais une patine de l’âge beaucoup plus perceptible a permis d’assagir le degré et la puissance ressentie. Le nez fait clairement sudiste, pruneau, figue, voire Porto, fruits noirs en confitures. Le gras du vin exprimé par la glycérine de l’alcool rend le liquide très onctueux, voire suave, c’est de la liqueur en culotte de velours avec un joli toucher de bouche. Il correspond indubitablement à une époque, sans tomber dans la caricature d’un vin trop musculeux. Est-ce que l’on mettrait la note maximale à un vin pareil, probablement pas car il lui manque ce surcroît de complexité et de minéralité, mais en tous les cas, il a su vieillir avec harmonie et apporter du plaisir aux convives !

    Si l’on n’aime pas les tannins, alors il ne faut pas boire la cuvée Prestige 1994 du château Montus . Le nez est d’ailleurs très fin sur le havane, le bois précieux, le bâton de réglisse. Le vin reste frais au palais mais c’est un bloc qui n’est pas encore dégrossi au niveau aromatique, un peu monolithique sur l’association réglisse-camphre. Que c’est jeune encore ! Et pourtant c’est presque un trentenaire…Il faudrait revisiter cela en 2040 ou en 2050…mais finalement pourquoi se dire que les tannins doivent s’assagir dans le cas d’un Madiran, car on risquerait de se trouver perdu…?! Ce n’est pas une tourte à la viande qu’il lui faudrait mais plutôt une daube de sanglier ou un cassoulet de compétition comme celui de ma belle-mère.

    Dans le contexte spéculatif que nous regrettons tous, je n’aime pas trop avouer que les Vignes de mon Père de Ganevat est vraiment l’un de mes vins préférés. D’ailleurs il reste autant un mythe pour moi que pour d’autres au sens où chaque fois (et ça n’arrive pas si souvent) que j’en ouvre une bouteille, j’ai droit à une expérience totalement différente de la précédente. Car cette cuvée n’est pas uniforme, ni linéaire. Parfois elle revêt un caractère franchement oxydatif, parfois franchement ouillé, et parfois (comme sur le 2008), franchement les deux, ce qui est absolument unique, et je crois que c’était bien là l’intention du talentueux vinificateur ! Je ne m’étendrai pas sur la notion de potlacht, au sens où lorsque j’ai encavé ces bouteilles, n’importe qui pouvait, après lecture de notre média préféré, essayer d’en avoir, et le plus souvent y réussir. Ce n’était déjà pas donné certes, mais c’était abordable…Aujourd’hui malheureusement, ce n’est plus le cas. Mais doit-on considérer les apports de chacun selon la mise initiale de l’époque, ou selon l’altimètre de la cote IDW ? Certains ont acheté de l’immobilier à Paris à la fin des années 90, ils ont eu du flair, ou de la chance, c’est comme on veut…mais on ne peut pas les blâmer pour ce que le marché est devenu.
    J’en reviens donc à ce vin. Lorsque je le débouche avant l’arrivée des convives, le liège sent la pomme au four caramélisée. Le premier nez est un mélange de champignons, de zests d’agrumes citronnés, de curcuma et de noix vertes, donc plutôt des marqueurs oxydatifs. Ce qui est sidérant en bouche, c’est qu’après une entrée presque timide, il accélère, il se développe, le gras et l’acide se mêlent, il prend tout le palais et finit sur des notes fermentaires, sur le citron confit, et surtout produit un retour minéral marneux dans la finale. Je note, ne pas servir trop frais, car cela va l’aider, et donc je m’emploie à trouver la juste température de service, autour de 13-14 degrés, ce qui le rendra encore plus expressif. De fait, lorsqu’il arrive sur table deux heures trente plus tard, il y a davantage de tout. Voilà, c’est ainsi, un énorme jus encore très capable d’évolution, qui vous fouette les papilles et vous les étalonne pour longtemps. Nous avions de beaux fromages, il les a sublimés, à moins que ce ne soit l’inverse. Quien sabé ?

    Il fallait finir fort, et fort nous finîmes. Nous avions discuté avec Sven des nuances de dessert à prévoir et la tarte qu’il avait apportée, non seulement était délicieuse en elle-même, mais produit un cas d’école sur l’accord met-vin. La cuvée Madame 1996 de Tirecul-la-Gravière n’est pas un simple liquoreux. Sa robe acajou est déjà un voyage, et le nez, baroque, sur la datte, le raisin de Corinthe, la figue séchée, le caramel au lait et le café froid est une ode orientale…La texture va épouser la tarte sur le toucher mais aussi sur les nuances agrumes / noisette / grenades, avec tout le bonheur possible. Je note très long, sur le caramel au beurre salé, mais en plus ce n’est pas saturant, c’est d’une grande buvabilité, on s’en resservirait bien un godet avant de s’attaquer à la vaisselle, ou après pour s’en récompenser, les deux écoles sont possibles !

    Voilà une très belle soirée de vins !
    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    Tout à fait, les Vignes de mon Père 1999 existent en versions 112 et 130 mois d’élevage…un sacré vin dans les deux cas !

    JUlien Marron
    Participant

    Il n’y a pas si longtemps, cette parcelle avait l’AOC Arbois.
    Et puis comme le foncier bâti l’a grignoté petit à petit, et qu’il n’y avait plus que la famille Loye qui avait des vignes dessus (en dehors de Cédric), l’appellation a été perdue…
    D’ailleurs les Loye ont arraché il y a peu leurs ceps.
    Du coup, oui, un VDF de massales de 70 ans, probablement melon à queue rouge d’un très beau terroir d’éboulis secs sur marnes du Lias, tout ce qu’il y a de Jurassien…
    On appelle cet endroit les graviers Saint-Paul.

    Caramba !
    Zapata

     

    JUlien Marron
    Participant

    [quote= »Eric B post=1207255 userid=1810″]Ce sont de vulgaires vins de pays 😉  [/quote]

    Voilà

    Merci du tuyau sur Malepère, on enrichit nos connaissances

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    Dans la région Languedoc, j’aurais du préciser !

    JUlien Marron
    Participant

    Bin dis-donc, tu n’as pas chômé Arnould…

    Tu as raison, les comptes-rendus, c’est comme la vaisselle sale, plus on attend et moins ça décolle…

    Délicieuse soirée et 6 vins très intéressants.

    Le Champagne avait quelque chose qui tenait de l’unanimité dans les termes choisis pour le décrire…donc je ne reviendrai pas dessus, c’était une belle découverte.

    J’aime beaucoup l’étiquette « façon Klimt » du Chablis, et c’est vrai que le boisé ressortait davantage pour moi que pour mes deux compères. Il y avait un côté dragée, une sucrosité relâchée par le bois qui je trouve mettait un léger écran sur le vin. Du coup, je n’étais pas du tout à Chablis, je n’ai pas trouvé les notes minérales caractéristiques, mais la typicité a-t-elle encore un sens ? Il n’empêche que le vin est long et large, et on se ressert avec plaisir. Manquerait plus que j’apprenne que ce vin ne voit que de la cuve inox…

    Le Ganevat est superbe. Je n’avais jamais goûté cette cuvée qui est une sorte de mini Vignes de mon Père. C’est aussi profond que gourmand, beurré mais sec, avec des notes subtiles de fruits jaunes mûrs, et quelle jeunesse insolente pour un 2004. Magnifique bouteille ! Comme quoi les élevages longs donnent quand même une dimension supplémentaire à ces Savagnins, on aura d’ailleurs encore l’occasion de le vérifier un peu plus tard dans la soirée…

    Mouton-Rothschild c’est un peu ronflant comme étiquette. Je n’en ai acheté qu’une fois…la caisse de 2002 est disparate, le vin ne s’est jamais goûté de manière homogène. Il était plaisant en jeunesse, avec des notes de menthol ou de camphre, ensuite il a traversé un désert entre 2010 et 2020 je dirais, où j’ai décidé de ne plus l’ouvrir. Mais Bordeaux reste Bordeaux avec des vins qui se métamorphosent avec le temps. Le nez est envoûtant, avec un festival de fumé, de réglisse, de boisé fin de cèdre, de havane, d’eucalyptus et de menthol…typique de Pauillac. Toucher magistral, ça poivronne encore un peu, mais c’est du plaisir je trouve et sur le confit de canard ça me semble une évidence d’accord, avec une finale longue et subtile, personnellement je me suis régalé…Peut-être bien que c’était la meilleure de la caisse jusqu’à présent.

    Tophe nous pose une colle réglementaire ensuite car il n’y a que dans cette appellation Cabardès qu’on peut inclure du Cabernet dans les assemblages…
    J’ai bien aimé le vin, un peu chaud peut-être en alcool, j’ai aussi ressenti la sucrosité. Avec l’aération, le vin prenait de l’ampleur aromatique, il sentait la terre et le végétal noble. Un joli 2008 qui a bien tenu. 

    Pour finir, le vin de table de Stéphane Tissot « En Spois », une cuvée dont personne ou presque ne voulait à l’époque…il faut dire qu’on était assez loin des canons jurassiens, et que les sucres résiduels pouvaient quelque peu perturber le ressenti en dégustation. Cela me fait penser à un autre grand vin de Ganevat car c’est un Savagnin ouillé, mais dans sa complexité, on a aussi des notes oxydatives. Cela s’enfile comme du petit lait, et heureusement que Tophe a emporté le reste de la bouteille sinon je me serais relevé pour en reprendre la nuit…Totalement atypique s’il en est, magistral de réalisation (4 ans d’ouillage quand même)…et quel millésime !

    Merci encore pour cette belle soirée, toujours trop courte…Le lendemain, c’était la vaisselle

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    CR: Côtes du Rhône Charvin 2018

    C’est pas l’éclate sur cette bouteille. Le vin est clairement déséquilibré sur l’alcool et la température de dégustation n’influence que très peu le ressenti sur ce paramètre.
    Cela manque de fruit (on est essentiellement sur la cerise à l’eau de vie), ça manque de complexité aussi, et on dirait même que le raisin n’a pas atteint sa maturité optimale en terme aromatique…avec une matière qui reste fluette…La finale est teintée d’amers végétaux appuyés qui ne sont pas contrebalancés…empêchant toute gourmandise et envie d’y revenir. Clairement une déception ou peut-être une mauvaise bouteille…Il doit m’en rester mais j’espère que ça n’augure pas de la qualité du CNP de la même année !

    Caramba !

    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    Tout à fait mon cher Jérôme, Zoltan Demeter, un demi-sec !

    JUlien Marron
    Participant

    CR: Domaine Desaunay-Bissey – Grands-Echézeaux 2002

    Ah le domaine Desaunay-Bissey…
    On en a passé des heures à goûter tous les vins avec Bruno entre 2004 et 2009…On y allait tous les ans…Forcément c’était plus facile quand les premiers crus étaient à 25 ou trente balles et les Grands crus à 50 ou 60
    Le hasard a voulu que j’ouvre ce week end ce Grands-Echézeaux 2002, une de mes dernières quilles. Cela faisait suite à un Vosne-Romanée 1er cru les Beaumonts 2005, très correct mais pas au niveau de l’appellation.
    2005 continue à nous jouer des caprices…

    Par contre ce Grands-Echézeaux 2002 lui, a été sublime. C’est un millésime particulièrement réussi au domaine, je pense, probablement le meilleur que j’aie goûté, tout était excellent.
    Avec son étiquette collé de traviole, je ne l’attendais même pas à ce niveau mais là il a calmé tout le monde.
    Tout est grandiose dans ce grand vin cueilli à son apogée, une robe rubis claire, un parfum au-dessus du verre tout en délicatesse et en raffinement, fruits rouges en gelée, bouquet de fleurs fragiles et envoûtantes (pivoines et roses), il y a un caractère subtilement aérien du toucher de bouche et une longue finale en queue de paon…difficile d’imaginer qu’il puisse être meilleur, c’est grand et à boire !
    Pourquoi tout le monde veut se resservir…? J’en oublie même de prendre une photographie pour la science.

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    CR: Charmes-Chambertin 2014, domaine Castagnier

    J’ai une certaine appréhension en ouvrant cette bouteille.
    2014 est en effet un des millésimes les plus compliqués de cette décennie, si on met 2021 et 2013 de côté.
    La chaptalisation a été de mise sur la côte de Nuits et la maturité des derniers millésimes (là encore j’exclus 2021) a rendu cette pratique un peu inutile.

    La robe est d’un joli rubis avec des nuances foncées.
    Le premier nez exprime un reste d’élevage à travers des notes torréfiées toastées.
    On a aussi du fruit rouge (cerises, groseille) et un floral qui se renforcera à l’aération.
    La bouche est dense, avec une matière serrée et aromatique, une note de rose qui montera au fur et à mesure que le vin prend de l’air.
    La longueur est importante, l’alcool est perceptible, sans pour autant qu’il soit gênant.
    Un trait de vert typiquement pinot noir rafraîchit l’ensemble et c’est du coup bien agréable en bouche.
    La bouteille ne fait pas un pli…

    J’ai bien aimé ce vin qui certes ne présente pas toute la complexité qu’on peut attendre d’un grand cru et qui fait davantage Vosne que Gevrey dans l’esprit.
    Néanmoins je trouve que la vinification a respecté le côté fragile du millésime sans trop tricher avec la matière première.
    A attendre probablement 3 à 5 ans supplémentaires en espérant un beau développement d’arômes tertiaires.

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    45 pinards quand même…Il faut tenir la longueur

    Si on s’autorise à en cracher quelques uns à l’intérieur (ceux qu’on aime beaucoup), c’est déjà assez difficile à gérer

    Bravo pour les notes prises jusqu’à la fin…et je ne suis pas étonné par certains commentaires sur des belles étiquettes qui en fait sont assez peu gourmandes, et ne donnent pas envie d’en boire.

    JUlien Marron
    Participant

    « Clos de la Boudriotte » Sven, si tu fais référence au Chassagne-Montrachet 2008 de Ramonet bu avec le groupe LPV Paris Est

    JUlien Marron
    Participant

    Salut Lionel

    J’avoue ne pas trop comprendre tes remarques, mais bon, on a tout à fait le droit de ne pas être d’accord.

    La formation des prix, c’est un des sujets les plus complexes en économie. C’est soumis à des distorsions de toutes sortes, et ce n’est pas juste l’offre et la demande.
    Moi je m’arrête à ce qui m’intéresse comme amateur de vin. Lorsque je paie 60 balles une quille, j’ai le droit d’attendre un vin meilleur que lorsque je paie 15 balles. Cela me paraît normal.
    « Si tu veux dire qu’à ce niveau de prix, c’est un minimum d’avoir un vin « haute couture » qui te procure du plaisir, soit. » => bien entendu, c’est quand même le but in fine non ?

    La politique tarifaire de Molitor est à bien des égards plus cohérente que dans bien d’autres domaines. Tu as un niveau de qualité super régulier et en fonction du nombre d’étoiles de la cuvée, tu sais à quoi t’attendre lorsque tu débouches ta bouteille…En aucun cas, je ne cherche à justifier l’inflation récente sur les pinots noirs haut de gamme ou autre icônes après lesquelles tout le monde court…crois-moi. D’ailleurs, à titre personnel, je n’en achète plus depuis pas mal de temps. Et alors quand je vois une anomalie comme sur le Durieux, je passe mon tour doublement (je réitère d’ailleurs que j’espère que c’est un souci de bouteille sur ce coup-là).

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    Salut Léon

    Ce n’est pas du tout un instant d’inattention mais tout à fait volontaire de ma part d’avoir écrit les choses de la sorte 🙂

    Lorsque je dis qu’un prix justifie une qualité, je renverse l’ordre des choses. Et je prétends avoir un certain niveau d’exigence lorsque je paie 20, 30 ou 50 euros pour une quille…
    Qui pourra ici venir me contredire si j’affirme que certains vins bourguignons ne valent pas leur prix au vu de leur qualité ? C’est une autre manière de le dire.
    Donc oui, nous sommes dans un marché où un prix demandé devrait justifier d’une qualité en rapport, plus qu’une qualité justifie un prix  !
    Le meilleur exemple est le Durieux…j’ose espérer que c’est une bouteille défectueuse car le prix demandé est sans rapport avec la qualité de ce que nous avons eu dans la bouteille.

    Caramba !
    Zapata

    JUlien Marron
    Participant

    CR: Château des Rontets, Pouilly-Fuissé, les Birbettes 2012

    Le vin a été conservé en cave naturelle, et provient d’un achat caviste.
    La robe tire sur le jaune vieil or, et cela m’inquiète immédiatement pour la suite.
    L’olfaction n’est pas désagréable mais elle manque de complexité, elle tire sur des nuances un peu oxydatives, pommes au four, foin.
    Bouche assez alanguie, pour ne pas dire fatiguée, manquant de peps et de relance. Il y a de l’acidité, mais le vin manque de chair et de parfums.
    Cela fait clairement évolution trop marquée pour un vin de ce calibre. Il m’en reste 4 j’espère que ce n’est pas représentatif de la cuvée, il va falloir vérifier cela bien vite.
    Très moyen et clairement premox sur cet échantillon.

    Caramba !
    Zapata

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