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- 21 mars 2024 à 23h22
- in reply to: Bien choisir ses verres de dégustation
Je n’ai pas sectionné mes 2 verres entre le pied et le corps pour les peser respectivement
. Mais c’est bien majoritairement le pied qui me semble + lourd.Note: Zalto a créé la rareté sur ses Universal à 100g et ils vont s’arracher à prix d’or en seconde main :D.
- 21 mars 2024 à 12h44
- in reply to: Bien choisir ses verres de dégustation
OK, rien d’anormal donc. 25% de différence restent tout de même significatifs.
- 21 mars 2024 à 0h22
- in reply to: Bien choisir ses verres de dégustation
Je viens partager mon étonnement sur l’embonpoint pris par un Zalto Universal. Celui acheté en 2016 fait 100g, celui que je viens de recevoir :125g. Sa prise en main m’a fait tiquer directement et je suis allé vérifier avec une balance. J’avais lu ici que c’était plutôt 100g. :-/
- 13 juillet 2023 à 18h52
- in reply to: Domaine Henri Germain & Fils, Meursault
Le millésime 2021 au domaine Henri et Jean-François GermainAvec un petit gros retard j’ai pris un (long) moment avant de revenir ici sur la dégustation du millésime 2021 qui s’est déroulée fin Octobre dernier dans cet antre murisaltien. Heureusement que 2022 est dans les fûts depuis quelques temps déjà. Mais si Jean-François ne se départ jamais de sa bonne humeur, l’amplitude de son sourire est vraisemblablement proportionnel au soulagement d’avoir rentré une récolte aux quantités bien plus respectables. « Il valait mieux que vous veniez après les vendanges :)».
Comme cela est le cas depuis 2, 3 ans désormais, sa fille l’accompagne. Et il semble lui confier un nombre croissant de tâches.Gérer la baisse des volumes dans la cave– La variation significative des volumes entre 2021 et 2022 a dû vous obliger à vous réorganiser, peut-être en terme de futaille?
– Nous faisons un élevage sur pratiquement 2 ans. La rotation est donc longue. On a récupéré des fûts 2020 pour 2022. Il y a eu quelques achats tout de même. La mise de 2020 avait déjà été retardée car les approvisionnements en bouteilles furent plus longs.
– Ne craigniez-vous pas de les laisser trop longtemps dans les tonneaux et cuves?
– Non. La cave est bien fraîche. Il n’y a pas d’habitation au dessus.Bourgogne
Une belle vivacité et une grande netteté, et nous allons constater que c’est un trait commun à toutes les appellations du domaine. En contraste avec mon souvenir gustatif du 2020, la chair est ici bien moins corpulente. C’est très digeste et se déguste très facilement. AB++– Pouvez-vous nous évoquer 2021?
– Nous sommes aux alentours de 20 hl en moyenne. Cela varie d’un endroit à l’autre -75% sur Perrières, -50% sur le Bourgogne blanc. L’état sanitaire est bon. Les maturités sont moyennes. Nous avons surtout une grande acidité alors que nous sommes loin d’être les premiers à vendanger.
– Vous avez dû vendanger fin Septembre?
– On commence le 27 Septembre. En 2022, le 27 Août. Et 2020 en comparaison tout s’est fait entre le 23 et le 31 Août.Meursault
Un corps plus charnu. Un tension haute en intensité et en géographie de palais. Du citron jaune, du zeste et de l’airelle en abondance. Des contours et un tranchant bien affirmé. B+– La trame est assez vive 🙂
– C’est pas mal comme jus de citron n’est-ce pas:) ? Les millésimes à forte gelée produisent souvent des vins avec une acidité marquée chez nous. Le 2ème hiver est d’autant plus important. La précipitation tartrique qui se produit pendant cette période permet de patiner le vin.
– A quel niveau d’acidité vous situez-vous?
– En total, entre 5 et 5,5. Sur le PH, 3,10 à 3,15.
– Ce n’est pas si bas. Et les degrés?
– 12 à 12,5°.
– Vous avez peut-être chaptalisé?
– Pas ou peu. Il n’y avait pas beaucoup de raisins. C’était plus facile pour eux de mûrir.Meursault, Chevalières
Sur un tel millésime, Chevalières se démarque moins de ses frères. Le terroir peut se confondre en grande partie avec le millésime. La tension y est, une pente un peu plus verticale. B+
– C’était une vision presque apocalyptique à 4h du matin. Tout le monde était sur le pied de guerre. Les bougies étaient de sorties. On aurait pu croire par endroit à une piste d’atterrissage pour avion :). La première nuit c’en était presque sympa. La 3ème était beaucoup moins drôle.Pas de répit en 2021Meursault, Limozin
L’habituelle dimension horizontale du terroir sied bien au millésime je pense. La largeur complète la verticalité de l’année. L’entame se fait épicée, sur le poivre blanc et le piment d’espelette, avant de laisser la place à une longue ligne traçante. B+/TB-– Vous êtes plutôt épargnés par le dépérissement des pieds.
– Nous avons majoritairement du 3309. Pour le 161-49, on constate dans la région que ce sont plutôt les pieds en coteau qui donnent des signes de faiblesses. Moins dans plaine.
– Vos confrères évoquent porte-greffe venant du Sud.
– C’est étudié. On en viendra peut-être aussi aux OGMs afin d’être franc de pied :).Chassagne Montrachet 1er cru, Morgeot
Le nez est plus végétal. La bouche également avec de l’amertume sur les premiers appuis. Du tilleul, de la fleur d’acacias et du coing un peu doucereux. Le tout est soudainement tranché par un filet de citron caviar. TB-– Avec un niveau de sucre moindre, les fermentations ont dû être plus rapides?
– Pas en 2021, elles ont pris leur temps. En 2022, oui, ça s’est vite fait, tant sucre que malo. En 2021 l’humidité constante a engendré une pression permanente des maladies.
– C’est vrai qu’il a beaucoup plu. D’ailleurs, êtes-vous toujours parvenus à entrer dans les rangs?
– Oui, on pouvait passer.
– Vos confrères dans d’autres régions devaient encore traiter au mois de Juillet.
– On finit à 12/13 passages en 2021 contre 8/9 en 2022.
– De quelles quantités parlons-nous?
– 300 grammes de cuivre à l’ha. Nous sommes à 4kg à l’ha en moyenne sur 10 ans.Réduire le soufre– Où en êtes-vous dans votre recherche de réduction du SO2?
– On n’en utilise presque plus en rouge. Un peu en blanc, surtout sur la seconde partie de l’élevage. Nous n’avions pas été emballés par l’essai sans soufre. En rouge, on aboutit à 25 de libre pour 50 de total. Et en blanc, 80/90 de total, contre 100/110 précédemment. Pour 30 de libre à la mise.
– Vous avez réduit les moments où vous en mettez?
– Nous n’en mettons plus qu’un peu à la cuve, au moment de la fermentation alcoolique, 0,3 cl. Et 5 à 10 cl par pièce au soutirage.Meursault 1er cru, le Porusot
Un vin plus consistant. C’est pourtant le côté cristallin de l’eau de coco qui s’épand sur les papilles. Viennent ensuite des notes de tilleuls qui s’allongent par de fines épices: poivre noir, raifort. Le tranchant ne domine plus ici, ou alors notre palais s’est habitué :). TB+– 2021 est arrivé au milieu d’une succession d’années mûres/chaudes. Ca a dû changer vos dernières habitudes? Moins d’effeuillage peut-être par exemple?
– Non. Nous faisons comme d’habitude, surtout dans les vignes. Ce qui prend plus d’importance encore, c’est la date des vendanges.Meursault 1er cru, Charmes
Je n’y avais pas prêté réellement attention jusqu’à présent. Les robes sont loin d’être pâlichonnes. Au contraire, elles sont plutôt marqués par un jaune citron. Aucun de reflet verdâtre qui pourrait trahir une quelconque maigreur. Charmes est fidèle à son terroir. C’est large, mûr, presque sur le zeste et la pulpe confits. L’évolution se décline sur un 2ème acte traçant et un troisième sur la peau de kumquat et l’amertume associée. TB+ et plus :).Meursault 1er cru, Perrières
« Nous en faisons 4 fois moins qu’en 2022 :(. »
Et cela est bien dommage :(. Les tanins sont pierreux, presque crayeux. Le filin traçant horizontal est toute l’ossature du vin et son diamètre occupe une bonne partie de l’axe symétrique de la langue. C’est salivant et l’ensemble gagne en ampleur à chaque seconde qui s’écoule. La finale calcaire apparaît comme une conclusion naturelle. Exc+ nous sommes clairement un bon cran au dessus.Un nouveau cru dans la gamme des rougesMeursault, Clos des Mouches
Une sensation de sirop grenadine dilué en attaque qui laisse vite place à un délicat panier de fruits rouges acidulés plus affirmés. C’est toujours aussi accessible et avenant. L’impression est peut-être un peu plus éthérée sur ce millésime. B+/TB-– Je vais vous faire goûter un nouveau rouge : Savigny les Beaune 1er cru, aux Gravains
– Comment êtes-vous parvenus à acquérir des vignes? C’est assez difficile dans la région.
– Les opportunités d’achats se font vite. Il faut être présent au bon moment. Nous étions 2nd sur la liste et c’est allé très vite. En une semaine nous avions signé le compromis. Ce sont des vignes plantées en 1976.La corpulence est plus manifeste. Le registre des fruits est moins éclatant, un peu plus mat mais un petit filin acidulé plus vif vient réveiller la finale. B+ Il faudra vraisemblablement patienter.
Beaune 1er cru, les Bressandes
La prise d’épaisseur est ici encore la bienvenue. Les arômes s’éclaircissent sur la fraise d’Espagne, avec son côté saillant, un peu végétal et moins sucré. Le vin n’atteint pas la gourmandise du Clos des Mouches mais rien de surprenant en cela, puisque c’est très souvent le cas. Et pour perpétuer ces identités, le maillage plus dense et carré des tanins requerra certainement des années pour mieux harmoniser l’ensemble. B+/TB-, mais des raisons qui diffèrent du Meursault.La fin de la dégustation marque le moment où il nous faut récupérer nos quelques cartons. Nous noterons pour la réservation de ces 2021 que la hausse tarifaire reste contenue même si l’essentiel de l’augmentation a eu lieu avec 2020.
Jean-François nous disait lors de nos premières venues préférer les millésimes chauds/mûrs. Son équipe et lui ne s’en tirent pas si mal sur une année qui l’est bien moins. Les Chardonnays aiguisés se font rares dans nos caves.- 16 juin 2023 à 23h55
- in reply to: Domaine Hubert Lignier, Morey Saint-Denis
[quote= »Vaudésir post= »]C’est bien les vignerons qui disent que leurs 2014 n’ont rien de bien engageants .[/quote]
Il parlait plutôt des demi-bouteilles retrouvées, dont le Clos La Roche 80. Le 2014 ne faisait pas partie du lot des demi-flacons. Maintenant que je relis l’enchainement, ça prête à confusion. Je corrige.- 16 juin 2023 à 21h51
- in reply to: Domaine Hubert Lignier, Morey Saint-Denis
CR: Le millésime 2021 au domaine Hubert et Laurent LignierMes camarades de dégustation et moi ne pouvons imaginer une excursion bourguignonne printanière sans un passage chez Laurent Lignier tant nous sommes si bien accueillis à chaque itération et tant les dégustations sur fûts y sont régulièrement un délice et un passionant moment de partage.
Nous voici donc dans la cour de ce domaine que nous avons vu évolué depuis quelques temps déjà: l’agrandissement de la cave souterraine, l’extension de l’entrepôt, le remplacement de la petite bâtisse par un pavillon de bureaux et l’édifice d’un lieux de mise et de stockage complémentaire dans l’arrière cour.Nous passons d’abord récupérer les verres dans la salle dégustation où la gamme complète figure sur un pan entier d’un mur.
– Vous avez récemment agrandi le domaine. Avez-vous fait de nouvelles acquisitions?
– Cette année, je perds plusieurs parcelles qui étaient en fermage: Griotte NDLR: dommage, nous ne l’aurons jamais goûté. :), Justice va au domaine Roty, Clos Baulet est repris en exploitation et Blanchards avec le rachat au propriétaire par le Clos des Lambrays.
– Cela fait beaucoup. Des nouvelles choses?
– Un peu. Un achat de raisins sur le 1er cru La Petite Chapelle, juste sous le grand cru. La distinction est aussi désormais faite entre Mazoyères, qui correspond aux vignes du domaine, et Charmes qui est un achat.
– A quelle surface êtes-vous désormais?
– 11 ha, dont 3 en achat de raisins. Cela inclut les Hospices de Nuits, un peu des Hospices de Beaune. Et j’ai quelques clients qui me demandent d’élever leur vin.Un millésime 2022 plus généreux– Nous allons commencer par un blanc (…)
Bourgogne Chardonnay 2022
– (…) Les pieds ont été planté en 2017. Elevage en cuve surtout.
– Continuez-vous à en faire une partie dans votre oeuf?
– Dans l’oeuf, nous avons eu une macération pelliculaire. Nous n’avons pas bien débourbé. Il faudra soutirer. Les raisins ont été égrappés et les peaux gardées. Ces vignes ont été vendangées l’après-midi et au 4ème jour les jus sont partis en fermentation. La robe est depuis très trouble.C’est effectivement le cas, la robe présente un jaune paille voilé. Au nez et en bouche, c’est un registre floral qui s’exprime: Fleur de lys, muguet que viennent contrebalancer la poire et l’amertume de sa peau. AB-
– Nous voyons une 3ème rangée de fûts en hauteur. Je pensais 2022 sec.
– Il y a eu beaucoup d’eau fin Juin et cela a constitué des réserves.
– Où en êtes-vous de vos travaux dans les vignes? Avec le risque de gel plus tardif, même si celui de ce matin est passé, vous taillez probablement plus tard?
– Je n’ai pas encore labouré, pour avoir de l’azote. Je passerai et grifferai probablement fin Avril lorsque l’herbe sera trop haute. Pour la taille, nous finissons de nettoyer aujourd’hui et nous avons eu une première taille début Mars.
– Comment gérer une taille tardive? Plus on la repousse moins on a de temps pour la réaliser.
– Tailler trop tard signifie effectivement perdre de la récolte. Nous faisons par conséquent une prétaille. Elle freine la croissance mais permet de gagner du temps sur la taille. Elle n’a d’utilité que si elle est faite au plus proche de la taille. Vous voulez goûter un 2022 rouge? On passera ensuite aux 2021Morey Saint Denis, Trilogie, 2022
Pour planter le contexte, nous avons déjà goûté plusieurs 2022 sur le créneau précédent. Lorsque le registre était clairement solaire et méridional, force est de constater ici que la finesse et la légèreté relative contrastent avec l’impression que nous avons pu nous faire du millésime jusqu’alors. C’est bien moins noir. Les 3/4 de bouche sont plutôt des fruits rouges acidulés et seule la toute finale rappelle l’année dans la largeur prise. L’ensemble est très cohérent et moins lourd. Un coup d’oeil sur la robe rubis ne fait que confirmer la cohérence du profil.– C’est un 2022 différent de la dégustation que nous venons de faire avant de venir vous voir. A quel degré se situent vos vins?
– 12,8° à 13°.
– C’est étonnant pour une année dite plutôt chaude. Vous avez été tentés de vendanger plus tôt pour ne pas trop monter en degrés?
– Les maturités étaient bien là. Nous n’avons donc pas eu besoin de faire ce choix. Les peaux étaient moins épaisses. Et il y eu moins de millerands qu’en 2020.
– A quels rendements aboutissez-vous?
– 50 hl sur Trilogie, 42hl sur les Seuvrées, alors que nous avions bien ébourgeonné. Les rendements furent réguliers partout. Nous ne nous attendions pas à autant. Et je n’avais pas prévu assez de cuves :). Nous sommes allés en chercher 3. C’est bien, cela permet de contrebalancer l’année de gel.
– Et en terme de futaille?
– Nous en avons ajouté 3, de la tonnellerie de Mercurey et de chez Eric Millard.
– On dit qu’il existe un rattrapage le millésime qui suit un gel.
– Oui, nous avons eu ce phénomène à Chambolle. 17, qui a suivi 2016, fut très généreux.Ajuster le travail en cave sur 2021Chambolle Musigny, Les Bussières
De la gourmandise, d’emblée. Un coulis, une gelée de groseille. Une grande fluidité, une certaine élégance. Effet de séquence ou pas, ou peut-être progression durable sur ce village, il devient régulier dans l’expression de sa finesse. TB-.– A quel moment ferez-vous la mise?
– En Juin, Juillet vraisemblablement.
– Vous n’avez pas songé à allonger l’élevage sur ce millésime plus frais?
– Allonger n’est pas un problème. C’est le millésime suivant qui dicte en partie cette gestion. Il s’agit surtout d’avoir des fûts remplis pour qu’ils soient frais à la réception de la nouvelle vendange.Morey Saint Denis, Trilogie
L’accroche tanique est supérieure. On perçoit un grip et une matière plus présente. Cela reste très appétent. De la groseille, un peu plus vive, et une impression de rafle en finale avec un trait légèrement âpre. Une très belle intégration de la VE… et pour cause…
– Avez-vous continué à conserver de la VE sur ce millésime? Cela fait plusieurs années que le tiers convient bien à vos vins.
– Tout a été égrappé sur 2021. La rafle n’était pas mûre.
– Vous avez peut-être corrigé autre chose? les degrés en chaptalisant?
– Un peu.
B+Gevrey Chambertin, les Seuvrées
« Le vin est resté sur lies pendant une semaine en cuve avant l’entonnage. Les lies étaient super liquides. Elles ont été remise dans les fûts et sont encore suspendues en partie. Il se peut donc que vous en goûtiez.»
Une autre friandise dans la série. De la fraise acidulée, un grand traçant central qui fusèle le vin. Les lies se manifestent effectivement dans un second temps. Elles rendent la finale un peu plus maigre puisque la conclusion s’évapore plus vite dans cette séquence. TBLes pertes en 2021– Que voulez-vous goûter ensuite? Quel premier cru avez-vous?
– Chaffots en général.
– On fait -75% sur Chaffots. Il a énormément gelé sur les côteaux. Clos la Roche a été bien touché. Plus on descendait, moins il a gelé. Sur le Bourgogne, nous faisons -25%.
Laurent nous partage le tonnage de 2021 et sa comparaison avec 2022 NDLR: Il nous a demandé de ne pas l’écrire ici et nous respectons pleinement sa requête. L’écart est significatif. « Je vais vous faire goûter autre chose. »Morey Saint Denis, 1er cru la Riotte
Une abondance de cerises, de fraises des bois et de gariguettes. Les contours sont d’une grande netteté. Et la précision est l’idée qui revient à chaque seconde de ce cru. De la soie de pinot alliée à de friandes notes fruitées. Un an après, le vin s’est considérablement bonifié et construit. Exc-. Je ne refuserai pas le remplacement des Chaffots par la Riotte dans notre allocation :).Morey Saint Denis, 1er cru Vielles Vignes
« La taille des baguettes est plus longue car il y a beaucoup de millerands. »
Vin Ô combien iconique du domaine. Il joue sur un registre aérien en haut de bouche. A l’image des ses frères, il est fin. Un milieu de bouche un peu plus faible avant de conclure sur une belle densité qui exprime des fruits plus noirs. TB contrairement aux millésimes précédents, il ne domine pas la série.La biodynamie par petites touches« Hier nous étions en train de dynamiser pendant une heure avec de la 500p, juste avant la pleine lune. Nous traitons en fin d’après-midi pour que les grosses gouttelettes ruissellent jusqu’au sol. Cela fait du 100g de bouse par hectare. Je suis habituellement plutôt du genre prudent/sceptique. Nous avons fait analyser les terres avec et sans et force est de constater qu’il y a une vraie différence. Là où nous avons aspergé, le sol est mieux décomposé, plus aéré. »
Clos la Roche, grand cru
Le nez odore les lies. En bouche, c’est un ensemble plus complet. Une tenue et une corpulence supérieures. Des appuis solides sur les papilles tant par ses tanins fins que la tension de la mûre et la myrtille. Une position moyenne haute. Et lorsque la dominante devient florale, une variation finale sur la fait retomber sur une note plus sombre. Exc-– Vous ne faîtes peut-être pas de cuvée 55 sur 2021?
– Si, nous en aurons. L’endroit a été moins touché que le reste du Clos la Roche. Nous en faisons autant que 2020. En 2021 le rapport en volume est de 1 cuvée 55 pour un peu plus de 2 de Clos la Roche alors qu’en superficie nous avons 3 à 4 fois plus de Clos la Roche. NDLR: les quantités et poids exacts ont été convertis en ratio.Gevrey Chambertin, les Seuvrées 2020
Une couleur en contraste, très foncée. L’enveloppe est plutôt douce, lissée en entame. Mais la densité du millésime se révèle très vite. Un noyau presque confit. Des tanins bien plus accrocheurs en seconde gorgée. Et une matière au grand potentiel sur la 2ème moitié. TB- à attendre longuement.Laurent s’enquiert des visites que nous avons pu faire. Nous lui partageons en toute transparence, parce que nous savons que nous pouvons le faire, qu’avec les hausses successives dans la région, il est de plus en plus difficile de suivre. Et nous regardons désormais à faire une autre région viticole pour notre 2nd déplacement annuel.
La série mystère, v. 2023Parce qu’il n’existe pas de dégustation au domaine qui ne se termine pas par quelques flacons à la devinette, nous nous réjouissons par avance des bouteilles non identifiées.
Vin mystère n°1
Un millésime plutôt vif, sur de la fraise acidulée. Une grande netteté (j’ai même inscrit le mot net à 2 reprises dans mes notes :)). Une épaisseur conséquente qui indique que nous sommes au moins sur un premier cru et que le vin n’est pas si âgé. Un confort de bouche agréable et harmonieux. Exc Je tente 1er cru VV puisque nous y avons régulièrement droit, sur 2017 ou peut-être 2016? C’est Charmes Chambertin 2016.Vin mystère n°2
Une consistance plus grande, des petites billes épicées, poivrées. Des tanins très fins qui forment une maille resserrée. Et un lit de groseilles, framboises, d’airelles et fraises sur la jeunesse. Le registre s’allonge sur la vivacité. Un vin supérieur au précédent. Exc+.
– Le nez est évolué mais la bouche est encore sur l’acidité. En même temps, il y a de la matière et des fruits. C’est plus vieux que 2016. Ce serait un 2008 avec de la matière :D. Un grand cru ou les VV.
– C’est Clos la Roche 2014.
– Maintenant que vous le dîtes :D. La vivacité fait effectivement 2014. Le nez pouvait laisser penser que c’était plus âgé.
– Vous voulez goûter autre chose? Il me reste des demi-bouteilles retrouvées dans un coin de la cave. Je les ai ouvertes mais rien de bien engageant.
Nous nous sacrifions pour la bonne cause.Vin mystère n°3
L’attaque est saillante. La première partie champignonne sur les pleurotes. La seconde moitié rattrape vite le tout avec un relief plat et une finale madérisée sans sucre. Dommage pour le Clos la Roche 1980 :(.Nous nous rappelons la réussite de Laurent Lignier sur le millésime 2013. Il semblerait que 2021 emprunte le même chemin. Un « millésime de vigneron » comme on l’entend dès qu’une année plus fraîche se trouve dans les caves. Et notre hôte nous montre année après année que vigneron, il en est un de qualité.
- 9 juin 2023 à 1h37
- in reply to: Domaine Guy Roulot, Meursault
[quote= »Eric B post= »]C’est quoi les bidules en cuivre de la troisième photo ?
[/quote]
Spontanément je dirais que cela doit servir aux liqueurs que le domaine produit également. Mais aucune idée. Ils vont peut-être me le préciser.- 9 juin 2023 à 1h32
- in reply to: Domaine Guy Roulot, Meursault
L’emprunt du vocabulaire automobile est bien volontaire :).
- 8 juin 2023 à 21h19
- in reply to: Domaine Guy Roulot, Meursault
Le millésime 2021 au domaine Guy RoulotLa dégustation du millésime 2021 revêt un caractère un peu particulier au domaine Roulot. Comme chez la grande majorité de ses voisins, les vignes ont été nettoyées par le gel printanier. Il est donc déjà une grande chance de pouvoir l’approcher à ce stade de l’élevage alors que les volumes peuvent relever de l’anecdote à maints endroits. Et elle tient justement sa particularité dans le fait que ce sera vraisemblablement pour les quelques particuliers qui seront passés rue Charles Giraud la seule fois où ils pourront poser goûter l’année. Il fallait en effet que le domaine fasse un choix. La mise à disposition du millésime 2020 a été retardé et les clients particuliers devront patienter 2022 pour avoir à nouveau quelques flacons en direct :(. En terme de communication, l’annonce a été amenée avec clarté dans un courrier explicatif. #fautpasquecesoittropbonsinonregrets.
Pour cette itération, c’est un Paul Delorme très enjoué qui nous reçoit et il tient en ses mains des verres d’une forme inhabituelle.
– Avez-vous changé votre verrerie? J’ai souvenir que nous goûtions précédemment sur des Zaltos.
– Nous les avons toujours et d’ailleurs ils restent mes verres préférés. Mais nous trouvons que les GrassL sont biens sur les vins en cours d’élevage.Les contraintes de 2021 et les choix du domaine dans sa politique commercialeNous descendons les quelques marches nous séparant de la grande table de dégustation:
– J’aperçois des bouteilles cirées. Je n’ai pas souvenir d’en avoir vu auparavant.
– Les volumes de 2021 nous ont laissé pas mal de temps :-/. On l’a occupé en cirant les bouteilles avant 2015 :).Couleur inhabituelle pour commencer, nous n’allons pas bouder notre plaisir de débuter par la teinte rubis.
Auxey Duresse 1er cru
– De quelles parcelles est-ce l’assemblage?
– 50% des Grands Champs avec 30% de VE et 50% des Bas des Duresses, totalement éraflés.
– A quel moment les mettez-vous ensemble?
– La fermentation se fait séparément et nous les assemblons à l’entonnage.Alliance de gourmandise et d’élégance. Les tanins sont très fins. Et le soupçon de rafle confère un fil végétal en partie supérieure de bouche, plutôt agréable. La persistance est relativement bonne. B
– 2021 ne sera pas disponible pour tous vos clients habituels.
– Oui, nous perdons -50 à -60% en moyenne. Ce sont surtout les 1er cru et les hauts de coteaux qui ont été touchés.
– Il y a-t-il des endroits plus touchés?
– Toutes les cuvées ont été produites mais nous ne les faisons pas toutes déguster. Pour certaines nous avons à peine une pièce. Sur les Tessons, nous en avons 3 au lieu de 15. On les garde. On pense d’ailleurs à ne faire que des magnums pour les petits volumes.
– Beaucoup de vos confrères ont assemblé, même des premiers crus entre eux.
– Grâce à notre activité de micro négoce, nous avons du matériel pour travailler les petits volumes. Nous n’avons par exemple qu’une pièce de Perrières et un 350l de Charmes.Bourgogne
De la chair, un élevage encore légèrement perceptible. Puis un zeste d’agrume très tendu. De l’écorce de citron vert. Une grande netteté malgré le léger perlant. La toute fin se resserre autour de la pointe de la langue. B– En terme de profil, nous sommes plutôt sur une année fraîche.
– Oui, certains disent que cela peut ressembler à ce qui se faisait dans les années 70.
– Au regard des faibles volumes, n’avez-vous pas été tenté de ressortir des millésimes antérieurs? Je sais que 2018 vous a permis de mettre du vin de côté.
– Nous en conservons depuis 2015 et effectivement 2018 a bien aidé. Nous préférerons les garder encore. Nous revenons finalement au bon sens qui prévalait à la génération précédente: une récolte en cave, une récolte pour la banque et une récolte en fûts. Pendant 20 ans les volumes étaient là. Et les gens avaient oublié cet adage.Meursault
Un niveau de complexité supérieur: de l’amande fraîche, un grip/des épices qui procure/ent des appuis au vin. Là encore l’élevage se goûte un peu, mais rien d’anormal. L’ensemble présent une tension moindre à l’exception de la toute finale, rehaussée par des billes de citron caviar qui allongent avec pep’s les dernières secondes. B+/TB-
– De mémoire c’est un assemblage.
– Des Crotots et des Gruyaches.
– Vous n’avez jamais été tenté de les séparer?
– Nous le faisons sur 2022, pour voir ce que chacun donne.Un entonnage clair et un élevage prolongé– 2021 fut humide également. Nous étions en Loire et il pleuvait encore beaucoup en Juillet.
– Nous n’avons pas été épargnés par l’oïdium. La pression était semblable à celle de 2004. Nous avons eu beaucoup de tri. Nous aurions pu faire plus de volume mais nous ne souhaitions pas avoir un nouveau 2004. Plus de tri donc.
– Avez-vous fait d’autres ajustements?
– Nous n’avons utilisé que très peu de bourbe. On a plutôt entonné clair. La mise a commencé en Avril de cette année. Elle ira jusqu’à fin Juin. L’harmonie a mis bien plus de temps à se faire. Nous avons goûté les vins à l’aveugle en Novembre. Ils étaient tous serrés. Certaines cuvées ont vu par conséquence 6 mois d’élevage en plus.
– Comment avez-vous géré la transition avec l’élevage de 2022 dans ce cas?
– Nous avons soutiré aux alentours du 10 Août, car 2022 était précoce. L’élevage de 2021 a continué sur cuve, 6 à 8 mois.
– Les vendanges ont souvent débuté fin Août.
– Les fûts étaient vides pendant 15 jours. Pas besoin de mécher.Meursault, les Vireuils
« Une parcelle exposée Nord-Est, tout en haut de coteau avec 30 cm d’argile. Un terroir très maigre.»
Une attaque fruitée, sur l’ananas. Elle est moins épicée, plus douce que le Meursault. Le corps est distinctement taillé sur les papilles. Et une pléthore de petites sphères viennent ici aussi conclure l’ensemble dans un bel effet. Je me surprends à boire la gorgée. TB+– Nous avons presque toujours dégusté Vireuils depuis que nous venons. J’imagine qu’il y a tout de même une part qui a été remplacée sur ce terroir.
– Nous complantons et arrachons. Il y une jeune vigne au milieu de pieds en pleine force de l’âge. La concurrence est bien établie et la JV s’en tire bien.
– Et votre programme de renouvellement général sur l’année?
– Nous couvrons en général 1 ha / approximativement 10% du domaine. Entre arrachage et 3ème feuille, il s’écoule jusqu’à 10 ans. Et il reste quelques pieds manquants, aux alentours de 5% de notre superficie.
– Le dépérissement n’aide pas.
– Non, c’est certain. Le phénomène de mortalité plus importante sur les vignes plantées dans les années 90 en Bourgogne nous a appris à mieux regarder notre végétal, les greffes. Mais nous renouvelons aussi notre patrimoine car nous avons des vignes de 45 qui arrivent en bout de course.Un tri sévère jusque dans les cuvesMeursault, les Meix Chavaux
« Même coteau que les Vireuils mais il y a plus d’argile, entre 80 cm et 1 m.»
Une parenté sur l’ananas, mais rôti cette fois. Un pourtour de bouche qui commence sur la pâte d’amande avant de laisser place à des agrumes salivants. Le tout est tranché en centre de bouche par un filet acidulé. La persistance est un peu moins longue. TB– Comment se sont déroulées les vendanges en 2021?
– Nous vendangeons du 18 au 27 Septembre. Nous avions une première équipe pour les vignes touchées pour l’oïdium et une seconde pour l’ensemble des vignes. Cela a permis 2 passages sur les endroits touchés et donc moins de tri. A la réception, nous avons mis en place 2 cuves pour certaines parcelles: 1 pour les raisins complètement sains et une autre avec les raisins où nous pouvions avoir un doute. Et lorsque cela ne correspondait pas au vin que nous souhaitions faire, nous pouvions le céder. En 2021, la quantité d’eau a rendu les traitements moins efficaces puisqu’ils pouvaient être rapidement lavés. Nous avons effeuillé toute la partie Nord pour avoir du vent et sécher les fruits. Le mois d’Août a permis de ventilé mais nous avons tout de même eu de l’oïdium.Meursault, les Luchets
Une entame plus chaleureuse en raison des notes épicées plus marquées, sur le clou de girofle et le piment adouci. Cette puissance se prolonge en haut de bouche avant de se poser en son centre. Et ce sont les tanins calcaires de la finale qui terminent de rendre ces Luchets très appréciables. TB+Maintenir un parc de fûts pour 2022– Nous avons évoqué la courte période entre le soutirage des fûts 2020 et l’entonnage de 2021. Vous avez vraisemblablement dû gérer la variation des volumes?
– 2020 a été généreux et nous a donné plein de fûts d’un et deux vins. Et sur 2022, nous sommes plutôt contents d’avoir moins de fûts neufs.
– Il a tout de même fallu conserver les fûts?
– Ils ont tenu avec de l’eau sulfitique. Et nous les avons goûté régulièrement.
– Ce ne doit pas être le plus agréable.
– Je vous le confirme :). Mais il fallait bien.
– Il vous est arrivé d’acheter du chardonnay plus au Sud pour conserver vos tonneaux.
– Nous avons beaucoup hésité. Il y avait une opportunité de prendre du Chardonnay du Limoux. Mais on ne savait pas s’il avait été enzymé ou pas. On s’est abstenu. Au final, avec l’eau soufrée, peu de fûts ont déviés.
– Nous voyons fleurir les wine globes dans les caves. Avez-vous tenté l’expérience?
– Oui, mais le résultat ne nous a pas marqué plus que ça.Meursault premier cru, Charmes
Une sacré énergie dès les premiers instants. Une matière coupleuse et pleine qui se projette horizontalement pour mieux se concentrer en un cône de mains de Bouddha. Une consistence XL et une ligne dynamique du bout vers le centre de la langue. Exc un millésime frais réussit bien à ce terroir.2022, un millésime sur la largeur?– Puisque l’on parle de 2022, c’est une année plutôt solaire où l’on peut craindre un peu craindre un déficit d’acidité. Les maliques étaient plutôt faibles de ce que nous avons discuté.
– 2022 fût effectivement sec et chaleureux. On traitait d’ailleurs la nuit pour éviter les brûlures au soufre. Les vins se tiennent bien jusqu’à présent. Ils ne seront peut-être pas aussi complexes que 2017 mais les raisins étaient très sains.
– Un 2019 bis?
– Je le place plutôt au croisement de 2017 et de 2020.
– Avez-vous eu besoin de corriger l’acidité?
– Non, ce ne fut pas nécessaire.
– Et peut-être chaptaliser en 2021?
– Non plus. Nous sommes entre 12 et 12,8 selon les endroits.Meursault premier cru, Clos des Bouchères Monopole
« Les vignes les plus tapées par le gel. Nous ne faisons pas 30% d’une récolte habituelle. Après le premier pressoir, nous avions à peine 10hl. Nous sommes arrivés à 14hl mais cela reste peu. En comparaison, nous faisons 40hl environ sur 2022.
Une tenue bien délimitée en milieu de bouche. Un noyau sur l’amertume des peaux de prune, de reine claude et de poire. Un enrobage d’épices et d’amande. Avec les secondes, le nez d’abord discret évolue vers le tilleul, l’acacias, une pointe beurrée et l’ananas. La bouche se met alors au diapason. Exc-– Nous entendons depuis le début de notre séjour que la pluie en tout début d’été a permis une récolte satisfaisante. En tout cas, il valait mieux que l’on vienne goûter 2021 après les vendanges de 2022 :).
– On a effectivement eu 100mm mi-Juin. La différence d’argile dans les sols s’est observée. Les rangs de Meix étaient pleins de feuilles vertes pendant la phase caniculaire. Ca a été plus dur pour les jeunes vignes des Tillets.
– Avec un niveau d’acidité moindre, et donc un peu moins de protection, certains de vos confrères ont été amenés à sulfiter plus tôt.
– Nous n’avons quasiment pas soufré. Beaucoup de cuvées n’ont d’ailleurs pas vu de SO2.
– Vous ne craignez pas les déviances?
– Nous faisons beaucoup de test à l’air et goûtons beaucoup. Sur les rouges, la malique s’est faite plus tôt. Les analyses ont montré que c’était super rapide.Vin mystère
Une demi-seconde sur la réduction. Au coeur : un bonbon d’agrume confit en forme cylindrique avec une touche de miel. La pellicule qui l’enveloppe en son pourtour est plus vive. Je ne croise pas souvent une composition si dicible. Une virgule amère et acidulée vient relancer la conclusion. Délicieux.
« Il faut attendre et l’aérer un peu. Je le trouve un peu fermé. » nous lance Paul.
La bouche devient plus puissante et elle titille les papilles avec des baies roses et des baies de genièvres. Le volume reste bien contenu dans les formes pré-énoncées. Exc– Une idée?
– Le soupçon mielleux du début me faire dire que ça a un peu d’âge mais le rajeunissement goûté à la fin me fait hésiter. Meix ou Luchets 2012?
– C’est Poruzots 2011.
#flûte c’est vrai que les épices auraient dû m’orienter vers le terroir. C’est malin, je vais commencer à apprécier Porusots désormais. Ce n’est pourtant pas mon premier cru préféré en général.Bon, voilà, ma crainte initiale s’est vérifiée. 2021 est ici exquis. Il facilite grandement cette lecture des terroirs si chère au domaine. Et comme plusieurs de mes camarades, j’appartiens à ceux qui réjouissent d’avoir une parenthèse fraîche au milieu d’années plutôt riches. Le hic, vous l’aurez compris, c’est qu’il va être compliqué d’en croiser :cry.
Nos remerciements réitérés à Paul Delorme pour son temps, ses explications, son excellente humeur (et les bonnes adresses partagées réciproquement). RDV est déjà pris pour la dégustation 2022 :).
- 13 mai 2023 à 21h44
- in reply to: Le millésime 2021 en Bourgogne
Si les CRs de dégustations sont moins nombreux de mon côté c’est surtout parce que je suis complètement à la bourre, boulot oblige. J’ai toute la Bourgogne de l’automne dernier et celle de ce Printemps 2023 à restituer. Et du 2021, nous en avons grandement goûté, même chez les domaines qui n’en vendront pas aux particuliers.
- 13 mai 2023 à 12h02
- in reply to: Le millésime 2021 en Bourgogne
@Michel
Je précise, parce que ma phrase peut être incomplète: la comparaison faite est 2021 sur fûts vs. 2008 en bouteilles.
Autant sur ce dernier millésime, nous avons souvent grimacé, autant sur le plus jeune non. Bien entendu, et c’était le sens de mon précédent propos, toute réserve émise d’un stade différent de dégustation. Et Oliv a raison sur l’avenance souvent supérieure des vins en tonneaux.Je garde cependant en tête que 2021 est une parenthèse fraîche dans une série de millésimes solaires qui s’allonge. Et l’effet séquence peut jouer un rôle dans cette recherche d’une parenté à un millésime antérieur.
- 12 mai 2023 à 22h27
- in reply to: Le millésime 2021 en Bourgogne
Mes camarades et moi avons approché 2021 aux domaines où nous nous rendons régulièrement. Nous n’avions pas commencé les dégustations sur fûts en 2008, mais 2021 ne semble pas aussi strident.
- 12 mai 2023 à 22h15
- in reply to: Domaine Yves et Mathilde Gangloff
Le millésime 2021 au domaine Mathilde et Yves GangloffJ3 de notre ballade hivernale. Point de ciel bleu en ce frais matin, la pluie a au moins eu le mérite de cesser. Nous parquons nos véhicules dans cette impasse de Condrieu que nous commençons désormais à mieux connaître: ne pas se tromper de rive, être au plus près de l’entrée et ne pas mésestimer les courtes distances d’un muret à l’autre sous peine de remodeler son carrosse :).
Cela fait quelques temps déjà que le caveau ne peut plus recevoir les gens de passage et le lieu ne s’ouvre discrètement que sur rendez-vous préalable. Une brève attente puis nous apercevons une silhouette longiligne à la chevelure et aux airs de rockeur se profiler. Elle est reconnaissable d’entre mille ici à Condrieu. C’est bien Yves qui nous guidera lors ce la dégustation cette année.
Entre gel et sécheresses– Parlons du millésime qui fâche. Quels rendements faîtes-vous en 2021?
– On perd 50% presque 60% sur Condrieu. -50% sur Saint Joseph. C’est descendu jusqu’à -7°C. Sur Côte Rôtie, heureusement que nous sommes dans une partie de la région où il y a régulièrement du brouillard. Nous perdons, un peu moins, – 30%.
– Les incidents climatiques se succèdent chaque année.
– Depuis 2015, nous n’avons que des années sèches et lorsqu’elles sont humides, il gèle.
– La pluie a d’ailleurs accompagné notre trajet et notre journée d’hier.
– Nous avons eu 100 mm ces deux derniers mois. Mais même avec cela, 2022 reste en déficit pluviométrique.Saint Joseph 2021
Du poivre blanc, de la cannelle, du clou de girofle. Du gras mais une verticalité centrale assez surprenante pour un blanc méridional. C’est relativement vif. Peu de fruits blancs à ce stade ou à cette première heure de la journée. L’effet millésime permet vraisemblablement de faire rentrer ce vin dans le périmètre des blancs que je peux commencer à apprécier (ou alors c’est la vieillesse grandissante :)). AB– C’est plutôt frais. 2021 est peut-être moins riche?
– Nous vendangeons fin Septembre. Et le vin fait 14°.
– Ah, cela ne se perçoit pas vraiment. Le degré est surprenant. Et sur l’année 2022?
– Nous commençons fin Août pour terminer aux alentours du 12 Septembre.
– Que donnent les volumes?
– -40% sur les blancs, surtout Condrieu. -50% sur St Joseph, en rouge et en blanc. Nous parvenons à faire 38hl sur Côte Rôtie.
– La succession des intempéries doit commencer à peser.
– Ça a un impact évident sur la trésorerie. Nous allons bientôt devoir faire comme la Bourgogne :).Condrieu 2021
Un extrait bien plus sec. Une netteté supérieure. De l’abricot séché et non confit. Un registre dominé par les fruits à chairs blanche et jaune. Une amertume en retrait et surtout une certaine tension. Dîtes donc, j’aurais peut-être dû en prendre plus qu’un unique exemplaire. B
– En 2022, nous commençons Condrieu le 29 Août. C’était un peu juste en maturité. Il a plu 15 mm avant les vendanges. L’eau était la bienvenue. Les raisins ont gonflé mais leur peau était fragile. Il a fallu faire très vite.
– A quoi est donc due la perte sur le millésime? Il ne semble pas y avoir eu de catastrophe météorologique?
– Les grappes ne se sont pas fermées. Nous n’avions que de la rafle et des petits pois. Pour mener des fruits à maturité, nous avons fait tomber du raisin sur un demi hectare.– Avec les années solaires qui reviennent régulièrement, êtes-vous tenté d’allonger les élevages?
– Je ne suis pas persuadé qu’il faille le faire. La tendance est plutôt à vendanger tôt mais un vin pas mûr ne fera jamais un grand vin.
– Vous parlez bien de phéno?
– Oui. En 2018, l’une des années les plus solaires, à 13° c’était pas mûr. Nous avons rapidement fini à 15° lorsque la maturité a été atteinte.
– Le réchauffement accélère plutôt les cycles non?
– Oui le cycle de maturité est raccourci. La véraison se passe fréquemment mi-Juillet alors qu’elle se produisait plutôt début Août normalement.
– Ou un cycle qui commence plus tôt? En 2021, la douceur de Mars avait provoqué une sortie précoce.
– Pas nécessairement. La floraison se passe toujours fin Mai, début Juin. Elle a débuté au 25 Mai en 2022.Saint Joseph 2020
L’abondance de tanins en entame n’augure pas une grande amabilité. C’est sans compter sur un filin traçant, des notes mentholés et des fruits rouges à point pour rétablir un équilibre à la partition. B+
– Où vous situez-vous en proportion de rafle?
– 100% VE sur le Saint Joseph et 80% sur les Côte-Rôties.Du bio?– En dehors de 2021, les années sont plutôt favorables à faire bio.
– Nous le faisons depuis 3 ans.
– Avec une certification pour objectif?
– On n’y pense pas pour le moment. Il faut du personnel. On estime d’ailleurs le surcoût à 30%.
– En parlant de personnel, vos confrères évoquent les difficultés qu’il peut y avoir à en trouver.
– On touche du bois. On arrive à embaucher. Il y a 5 permanents, sans nous compter.La Barbarine 2020
Une texture et une saveur plus réglissée. Ce sont cette fois-ci des notes florales, sur la violette et le bonbon de violette qui établissent un contrepoids au registre chaleureux. TB- et à patienter certainement.– A quel niveau de soufre vous situez-vous?
– Sur les Côtes-Rôties, entre 15 et 20 de libre pour un total de 40. Et en blanc, autant de libre pour 70 de total. Je ne suis pas un adepte du sans soufre. S’il faut le faire, il faut réfléchir à la totalité de la chaîne: avoir une cave impeccable, respecter la chaîne du froid, etc. Ce sont des changements importants.
– Quels sont les moments où vous soufrez?
– On en met 3 à 4 g à la réception de la vendange. Il disparaît complètement. On ajuste pendant l’élevage et on en met surtout à la mise. Le fait de moins manipuler le vin nous permet de réduire les doses. On ne soutire plus du tout les rouges par exemple.– Avec les pertes en 2021, allez-vous parvenir à garder 2 Côtes-Rôties?
– Nous faisons – 35%. Nous allons assembler. Cela fera autant de bouteilles de Barbarine qu’à l’habitude mais il n’y aura pas Sereine.– Nous commençons à savoir que 2022 est une année chaude de + dans la série.
– Elle est différente. Les degrés en 2020 sont par exemple plus haut qu’en 2022. En 2022, il y a eu des blocages de maturité.
– Les maturités devaient être rapprochées une fois que l’ensemble est reparti?
– L’avantage que les vendanges soient précoces, c’est que nous avons eu une équipe d’étudiants. On a passé 11 jours environ, en ne vendangeant que le matin, pour un peu moins de 9ha.Les millésimes solaires et la gestion des bretts– Sur un millésime solaire, un peu moins en 2022 je comprends, les sucres doivent mettre un peu de temps à se faire?
– Ce fut le cas en 2018. Ca a fermenté pendant 6 mois.
– Aidez-vous alors la fermentation?
– Sur les rouges, j’ai confiance, ils se font toujours. Ca nous est arrivé d’utiliser une fois seulement un peu de levain pour les blancs. Cela reste une exception. Avec les millésimes plus chauds, c’est le phénomène des bretts qui se développe. Le nouvel équilibre des vins leur est complètement favorable. Il faut garder en tête que les bretts, il y en a tout le temps. Il suffit de regarder les analyses. C’est leur développement excessif qu’il faut surveiller. Leur décomposition développe des éthylphénols. Et le problème de cette levure c’est qu’elle efface tout. Passé un seuil, vous avez tous les goûts et odeurs désagréables.
– Comment agir?
– Avec une filtration stérile, souvent à la mise. Et en faisant grandement attention pendant l’élevage. Il nous est arrivé de faire une filtration stérile sur une pièce en 2017 pendant l’élevage.La Sereine 2020
Ce qui frappe l’emblée c’est la finesse de l’ensemble. Les tanins, pourtant en quantité, se fondent complètement dans la masse. La portance est haute et l’ensemble se tient de longues secondes dans l’hémisphère supérieur de la bouche. Avec l’aération, des notes de mûres apparaissent sur un lit de myrtilles fraîches. Un sacré peps’ en ressort. Exc-– Nous avions eu votre gendre l’an passé.
– Elsa et lui font habituellement les dégustations mais si je peux aider ponctuellement, je le fais.
– Dans quelle mesure êtes-vous encore impliqué au domaine?
– Il faut savoir laisser la place. Elsa travaille ici depuis plus de 10 ans. Elle a rapidement et intuitivement eu les bons gestes. La passation s’est faite progressivement, en restant dans l’esprit du vin.
– Vous avez un fils également.
– Lou est musicien :).
– Pense-t-il revenir un jour au domaine?
– Il profite de sa passion pour le moment. Je n’obligerai jamais à rien. Et si l’envie lui prend un jour, il y a de la place. Chacun sait qui est l’autre.
– En parlant de musique, vous arrive-t-il encore de jouer?
– On a encore un peu le temps de répéter et jouer avec les copains. On fait 5 à 6 concerts, chez les cavistes souvent. Cela permet de partager un verre ensuite.Il est temps de quitter ce paisible recoin où naissent quelques remarquables nectars. 2020 est riche/solaire, à n’en pas douter. Il existe cependant systématiquement dans les vins de la tribu Ganglof un contrepoint gustatif conférant une délicieuse harmonie d’ensemble. Et mes camarades et moi comprenons chaque année un peu plus l’engouement suscité par le domaine. Vivement l’année prochaine.
- 12 avril 2023 à 2h38
- in reply to: Château Rayas, Châteauneuf-du-Pape
CR: Le capricieux millésime 2021 au Château RayasNotre périple annuel rhodanien s’étire à nouveau cette année jusqu’à la contrée orientale de Châteauneuf-du-Pape, à mi-chemin vers Courthézon. Le rendez-vous est fixé par le maître des lieux en fin de journée. Il nous a effectivement prévenu qu’une mise en bouteilles l’accaparerait auparavant.
Les gouttes ruissellent sur les pare-brises depuis de longues heures maintenant. C’est sur des sols imbibés que nous posons les pieds au moment de descendre de nos véhicules. Nous apercevons à la fenêtre de l’étage une silhouette avec un couvre chef caractéristique d’Emmanuel Reynaud: « Messieurs, je vais vous faire attendre un petit moment. ». Dans ce segment temporel, un petit détour pour le néophyte du groupe afin de se rendre à la clairière jouxtant la bâtisse. Il est toujours surprenant de constater l’écartement entre les rangs et les pieds.
Les années dites fraîches ont régulièrement nos faveurs. Il existe un surplus de finesse et d’énergie qui rendent les vins ici plus irrésistibles encore. Nous voulions donc savoir si 2021 allait rentrer dans cette catégorie.
Des dégâts comparativement limités en 2021 et un millésime 2022 qui se rapproche de 2020– Comment a été 2021? Le gel a décimé plusieurs régions.
– Nous faisons 70% d’une récolte. Là où il n’a pas gelé, il y a eu de la coulure. Fonsalette a été plutôt préservé, grâce au Mistral.
– Vous vendangez traditionnellement tard.
– C’était classique, nous avons ramassé tard. Cela a permis d’avoir les fruits d’arrière saison avec les fruits de première pousse. Le gel de Printemps a fait que la végétation a mis du temps. Nous terminons aux alentours du 25 Octobre.Cinsault de Fonsalette
« Le Cinsault rentre pour 35% dans l’assemblage. 15% Syrah et le reste en Grenache. »
Des fruits rouges mûrs. Une belle finesse sur les papilles en dépit des quelques tanins perceptibles. La finale se fait plus éthérée pour évaporer le vin en légèreté. TB-– 8 cuves ne sont pas encore finies. Il faut que les sucres se finissent.
– Que faîtes-vous s’ils traînent trop?
– On peut faire repartir cela avec une cagette de raisins.Grenache de Fonsalette
Un surplus corporel immédiat. Un enrobage doucereux qui ne renferme pas moins des fruits très noirs: mûre, fraise confite, cassis. Du clou de girofle.
– Après avoir goûté le vin, dans le registre plutôt sombre, il est surprenant de voir une robe aussi claire. Elle ne présage pas le goût.
– Les peaux étaient dures.
TB-– Et 2022 en comparaison?
– Le scénario se rapproche de celui de 2020. Peu de pluie. Un mélange entre pluie et grêle (sic) mi-Août et fin Août. Les vendanges ont commencé 15 jours plus tôt. Elles se seront étendues du 21 Septembre jusqu’au 21 Octobre. 2022, c’est bien. Il y a de beaux grenaches partout, qualitatifs.
– Avec une année aussi solaire, songez-vous à allonger ou raccourcir les élevages?
– La Syrah peut être une année de plus. Pour Fonsalette 2020, ils ont déjà séjourné 6 mois de plus en fûts.Coeur + Couchant de Rayas
– Vous allez goûter l’assemblage du Coeur et du Couchant.
– C’est inhabituel.
– L’un a calé à la fin de fermentation. Nous les avons donc mélangés pour qu’ils se terminent tous les deux.
Moins de vins différents à goûter donc mais un assemblage inédit à nos dégustations.
Un nez timide, sur des notes florales.
Une bouche au contraste: de la fraise gourmande au moment où elle est attendue à l’attaque et pendant de plusieurs secondes. C’est long, fin, avec de la matière, de l’acidulé des fruits rouge. Une belle élégance. Des tanins juste épicés. La rémanence gustative est superlative. Le vin se goûte durablement le verre fini. Peuxpascracher. C’est top déjà. Exc.Un engouement qui ne cesse de croître– Nous n’avions pu revenir depuis le Covid. Pendant cette période, avez-vous constaté des variations dans la demande?
– Ah cette période… Il faut croire que les gens ont eu le temps :). Ils se sont renseignés sur les Tours et Rayas. Nous n’avons jamais reçu autant de demandes. Et avec une année comme 18, nous ne pouvions accepter tout le monde.
– En parlant de 2018, le très faible rendement a dû gréver vos stocks. Lors de nos précédentes venues, vous évoquiez votre capacité à voir venir les éventuels aléas climatiques et leur impact sur les quantités.
– Je ne peux plus le dire :). Nous avons en revanche replanté un peu, un peu moins d’1 ha. Et les pieds sont arrivés en production.
– Pouvez-vous nous rappeler votre surface?
– Tours et Rayas font 60 ha au total, dont 45 en vignes.Levant de Rayas
Le nez est plus restreint, un peu plus sombre. Il titille notre imaginaire avec la palette des fruits rouges rubis à pourpre. de La structure en bouche est foncièrement différente. Voici le socle de Rayas: le bas de bouche est dense, plus chaleureux. La consistance va porter l’ensemble. TB en tant que vin isolé mais on ne peut l’imaginer sans ses frères contribuer l’harmonie du trio.– Vos fils travaillent avec vous depuis quelques temps désormais. Il y a-t-il des changements qu’ils souhaitent apporter, même par petite touche?
– Nous discutons continuellement. Et ils ont le même état d’esprit tant dans la manière de faire les vins que le partage qu’ils doivent rester. Nous aurons toujours une partie accessible pour que les gens puissent approcher nos vins. Les fistons ne comptent pas changer cela.Assemblage Syrah de Fonsalette
– C’est l’assemblage de la partie sur galet avec celle sur sables profonds.
– Je ne réalisais pas que nous ne goûtions que l’une des 2 parties jusqu’à présent.
– En 2021 nous avons assemblé pour ne pas immobiliser les fûts. En 2022, elles seront de nouveau séparées.
Du poivre et l’olive en tapenade. C’est mûr, sur le bourgeon de cassis et la violette. Une tessiture un peu serrée et dotée d’épices. TBAssemblages plus précoces obligent, la dégustation fut brève, 45 minutes, le temps de la papote incluse 🙂 Elle n’en fut pas pour autant moins instructive. Sans procéder à quelconque mystique lecture d’une sphère translucide, le millésime verse dans une fraîcheur bienvenue en cette ère de températures moyennes et ensoleillement accrus. Il est donc possible qu’il appartienne à cette rare caste des années plus irrésistibles encore. Nos remerciements réitérés à Emmanuel Reynaud. Il est temps de se remettre en route, direction 100% Syrah.
- 1 avril 2023 à 1h44
- in reply to: Domaine Pierre Gonon
Ce sont ces Ô combien intéressantes discussions qui sont une part importante de ma passion du vin. Et puisque c’est moi qui pose la grande majorité des questions (n’est-ce pas les potos LPV75 ;)), j’en retiens plus aisément les réponses. Un petit carnet avec le gribouillage des mots clés et ça fonctionne.
Nous avons évoqué avec des vignerons tant en Bourgogne qu’en Rhône la chance de revoir un millésime 2003. On s’est rendu que beaucoup ont adapté leurs choix dans les vignes, effeuillage face Nord et pas Sud par exemple, au même titre qu’ils ont changé des choses pour limiter les conséquences du gel.
Les prochains CR (quand je trouverai un moment) parleront également de 2022. Une « pluie miraculeuse » côté Ampuis ou un déficit à Condrieu ou à Chateauneuf.
- 31 mars 2023 à 13h58
- in reply to: Domaine Pierre Gonon
2022 au domaine Pierre et Jean Gonon« En retard, en retard, je suis en retard… » comme dirait un célèbre lapin blanc, non pas au rendez-vous en ce frais matin du 16 Décembre mais bel et bien dans la rédaction de mes comptes-rendus 🙂
J2 de notre périple Rhodanien. Nous nous rendons désormais presque les yeux clos à cet incontournable domaine céans à Mauves. Il est 8h30 mais la mélodie de flacons s’entrechoquant présuppose un lieu en effervescence depuis quelques heures déjà.
C’est un Jean Gonon souriant qui se présente à nous sur le pas de porte. Il nous invite aussitôt à descendre d’un niveau.
– Vous connaissez le chemin vers la cave :).
– L’an passé nous étions avec votre frère sur la partie plus récente du sous-sol. Nous entendons que vous êtes affairés dès les premiers instants de la journée. Au moment de choisir notre date de venue, vous m’aviez évoqué le début de mise.
– Oui les blancs 2021. Ce matin, nous couchons les bouteilles. Nous le faisons systématiquement dans la foulée.
– Pourquoi cela?
– L’année où nous ne l’avons pas fait, nous avons eu quelques bouteilles coulantes.2022, un nouveau 2003?– Après 2021, vous devez apprécier 2022.
– En 2021 il y a effectivement eu le gel mais ce sont surtout les 3 épisodes de grêle qui ont fait le plus de dégâts. Après nous parvenons tout de même à 27 hl. Cela a été vécu comme une catastrophe mais c’est parce que ceux qui se sont installés récemment n’ont connu que de belles années. Il faut se rappeler les années difficiles qui ont précédé cette série.
– Et 2022 en comparaison?
– C’est complètement le contraire. Il a fait très chaud et très sec. Les vignes ont tout de même bien tenu. On aimerait croire que les vignes s’habituent au réchauffement. On est probablement également content du choix de ne pas recourir aux clones. Je pense surtout qu’il a fait sec et chaud tôt. Les vignes ont vécu petit dès le départ. Nous avons eu de petits raisins tout le long et ils ont résisté, quand bien même début Août c’était le four dans les rangs.
– Il y a eu un peu de pluie il me semble.
– Les pluies ont été annoncées mais elles ne sont jamais arrivées, sauf le 15 Août. Il a plu 30 à 35 mm. Cela a rappelé les condition de 2003 sur l’impression.
– A quel rendement aboutissez-vous?
– 32 hl. Les rendements étaient plus confortables sur les plateaux.
– En rétrospective, 2021 n’est pas si mal en terme de volume.
– En 2021, ce qui a sauvé l’année: c’est une super équipe. L’année fut longue et difficile. Il a plu constamment. Il a fallu beaucoup trier, dès la vendange. Nous avons eu du personnel qui partage son temps entre les vignes en France et la récolte d’oranges, en Espagne. En 2022, l’année était plus courte et il y a eu moins de passages.
Chasselas
– Commençons par le Chasselas. C’est l’endroit que nous avons vendangé le plus tôt: 26 Août. Il y a eu presqu’un mois d’avance par rapport à d’habitude. Comme en 2020.
Le Chasselas est le plus précoce. L’indice de maturité va de paire avec un fort indice en degré d’alcool. Il ne faut pas trop attendre sinon on perd du relief.De petites notes amères dès l’entame qu’équilibre un toucher fluide et léger. Le registre est à dominante fraîche en dépit d’une acidité en retrait. Il existe un côté presque désaltérant sur la seconde moitié de bouche. AB+
– Ce n’est pas si mûr en bouche alors que l’année était solaire.
– Non effectivement. Ça nous rappelle 2020.
– Vous évoquiez la caniculaire année 2003. 2022 est-elle comparable?
– La météo aurait pu le laisser penser. Les raisins ont dit autre chose. Les rouges 2022 ne font pas tout à fait 13°.
– Etonnant.
– Parce qu’il n’y a pas eu d’eau. En 2003, il y a beaucoup de grillures et de confits. La maturité phéno n’était pas là. En 2022, les degrés ne sont pas élevés mais la phéno est bien atteinte. Début Septembre, il a plu à nouveau, sur une demi journée. Il ne fallait pas bien plus car nous étions à la limite de la fêlure des peaux. Nous terminons les vendanges en Septembre.
– Les maturités ont dû être proches d’une parcelle à l’autre?
– Les maturités étaient homogènes mais il y avait des différences là où les sols sont argileux. Les baies y étaient d’ailleurs plus jolies.Saint Joseph, les Oliviers
« Les Oliviers poussent relativement tard. »
Un supplément de corpulence sans pour autant verser dans une amertume plus marquée. Il existe une sensation presque huileuse, de quasi-viscosité comparativement au premier vin. L’aération installera une âpreté plus dicible au centre de la bouche. B-– Avec un millésime plus précoce, avez-vous pu consacrer du temps à la rénovation de vos murets?
– On y est. Nous ne sommes pas en avance non plus.
– Les pentes rendent vraisemblablement le travail compliqué j’imagine?
– L’accès n’est pas le plus difficile. C’est plutôt la longueur et la profondeur nécessaire à l’ouvrage qui prend beaucoup de temps. On ne veut pas construire sur l’affleurement de la roche mais bien profondeur. Et lorsque la pluie s’y mêle, c’est moins évident encore.
– La pluie justement, au regard des quantités tombées cet automne, n’a-t-elle pas ravinée les reliefs?
– Nous avons limité les dégâts avec les céréales plantées et l’herbe commençait à repousser.Saint Joseph, Les Oliviers
Du cassis. C’est salivant, iodé, avec des notes d’ardoise et de réglisse. La texture est légèrement grasse dans le fond. Les tanins, quasi impalpables, se dressent en toute fin, à point nommé pour apporter cette touche de reviens-y. TB– Nous avions échangé la dernière fois sur la pratique encore répandue du désherbage dans la région. Avez-vous pu constater des améliorations?
– Cela se réduit, heureusement. Ça a changé sur Cornas et Crozes.Saint Joseph, Tournon
Ce que ce vin perd en fruits à l’entame, il le gagne en ossature dans son second mouvement. Il existe une nervure centrale, haute, un peu plus acidulée et dense. Cette matière prend davantage d’épaisseur avec des touches de zan à la gorgée suivante. TB+/Exc-– A quelle part de vendanges entières arrivez-vous sur 2022?
– 90%, à vue de nez. On ne réfléchit plus en % mais plutôt selon notre observation. Si les peaux sont fragiles, nous n’allons pas mettre les raisins à l’égrappoir. Nous avons éraflé plus en 2021.Saint Joseph, Saint-Jean-de-Muzol
Les tanins sont mieux intégrés encore, peut-être moins épais. La longueur est superlative. Le registre est noir avec de la réglisse en bâton. En terme de texture, nous sommes au compromis des 2 précédents terroirs, comme un lien qui permettra la cohérence de l’ensemble. TB+/Exc-– A quel moment pensez-vous assembler 2022?
– Fin Mars, début Avril. On assemblera au soutirage. On laissera sur marc pour éviter la réduction.
– La malo est faite?
– Elle a démarré au même moment que la fermentation alcoolique. Sur les années ensoleillées, il y a peu de malique.
– Quel est le niveau d’acidité?
– En AT, nous sommes entre 3 et 4. Le PH n’est pas trop élevé. C’est le plus important. Il y a des vins très biens à un PH de 4 / 4,2 mais il peut y avoir un sujet de conservation par la suite.
Saint Joseph, Saint-Jean-de-Muzol Vieilles Vignes
Des baies de mûres et cassis bien foncées par le soleil. Une finesse accrue. Une partition contenue et plus concentrée. Des tanins poudrés en abondance en périphérie de bouche. Un cylindre qui s’étire dans le temps. /Exc-– C’est assez différent du précédent. Concentré.
– Je trouve que ça a le goût de l’endroit avec le gneiss et le sol aride.
– Peut-être est-ce dû à un rendement moindre?
– Oui, peut-être. Les porte-greffes sont plus vigoureux sur cette partie.
– Pensez-vous refaire des VV?
– Il ne faut pas que ça affaiblisse le reste si on enlève un tonneau. Et je ne sais pas si c’est une bonne idée. La dernière fois, cela a pris des proportions démesurées. Ce n’est pas notre idée du vin. Tout le monde a de quoi faire une cuvée spéciale, on a tous un coin de vieilles vignes, un parcellaire, etc. Mais on préfère l’assemblage.2021 et le rapport au gelNous goûtons 2021, un an après, prélevé des cuves.
Iles Feray 2021
La robe est d’un rouge assez profond. Des notes de poivre blanc se font sentir. La bouche souffre nécessairement un peu la comparaison en terme de fonds mais la logique des appellations est somme toute respectée. Les 2/3 portent sur la vivacité de la groseille, de la myrtille et du cassis. La conclusion se fait plus noire. B– Une partie est-elle passée en Saint Joseph?
– Non, on a même été plus sévère.
– Avec le gel, avez-vous songé à retarder les tailles?
– En 2021, ça a gelé là où nous avions taillé plus tard. sic! La taille ne suffit pas. Il faut des sols propres au Printemps. Les herbes retiennent l’humidité et amplifie le gel.
– Des bougies peut-être?
– Il y en a eu à Hermitage. Mais l’endroit n’a pas gelé. Il y a toujours du vent et ça peut sauver. A -6 / -7 il n’y a en revanche pas grand chose à faire.
– Les faibles rendements un peu partout sont un prétexte pour que les prix s’envolent…
– Il faut arrêter de se plaindre. Ça va ici quand même. Il y a des régions qui perdent un peu la tête.Saint-Joseph 2021
Le nez est beaucoup plus expressif, sur une palette de fruits rouges frais. C’est plus traçant sur les papilles même si elle se resserrent en finale. C’est soyeux, délié avec un solide socle. De la pivoine et du poivre. TB+– La différence est assez nette avec les Iles Feray.
– Les années chaudes ont tendance à réduire l’écart.
– Quand pensez-vous faire la mise pour 2021?
– Elle est programmée début Mars, pas de changement. Il existe une tendance à mettre en bouteille plus tôt mais nous avons le temps.Saint-Joseph 2020
Le nez est plus sanguin, métallique. En bouche, c’est très équilibré, à la conjonction du solaire 2022 et du plus fin 2021. Les fameux petits tanins cacaotés s’expriment pleinement en accord avec la violette et le cassis. Une très belle expression. Exc
Saint-Joseph 2017
Du corps, de la tonicité. Des perles violacés et rouges très salivantes. De la myrtille et du cassis. « C’est une petite récolte. Je trouve le vin un peu asséchant, encore carré. Il y avait des peaux épaisses. »
Oui enfin, ça va quand même. On peut percevoir une petite accroche en coin de bouche mais rien qui ne vient gâcher l’équilibre. Avis du vigneron vs. avis des petits amateurs que nous sommes :D.– Nous avons la chance de goûter de remonter le temps à chacune de nos venues, parvenez-vous à garder des millésimes anciens?
– Non pas suffisamment :). Nous n’avons rien des années 90 à 2000. Rien de nos parents. Ils ouvraient beaucoup. Et nous n’avions pas anticipé un tel engouement, autant de visites.
– Comment est-ce arrivé?
– Les réseaux sociaux probablement. C’est aussi une question de génération. Les gens ont des goûts plus éduqués, plus sûrs. Ils se sont rendus comptes qu’ils n’étaient pas obligés d’aimer les vins plébiscités par Parker.
– En parlant de critique international, dans quelle proportion vendez-vous à l’étranger?
– On a toujours fait de l’export, 50/50. En France, il y a les restaurants. Au moment du Covid, ils ont apprécié que nous conservions 1 année dans nos caves plutôt que leur pousser. A leur réouverture, ils étaient tous présents.
Saint-Joseph 2013
Un nez noir, presque sur la suie. En bouche le contraste est saisissant: nous avons le droit à de la confiture de cassis, de myrtille et même de violette. Le vin est très salivant TB
L’an passé j’avais découvert avec surprise que 2011 était bon en Rhône Nord. Cette année c’est le tour de 2013.
2013 vieillit bien.
– Comme beaucoup, vous aviez dû vendanger assez tard?
– A partir du 1er Octobre.L’importance du soin apporté à la greffe– Avez-vous planté en 2022?
– Non, nous avons fini de greffer une parcelle plantée il y a 5 ans. On est plutôt content du résultat. Ça a super bien marché.
– Avec quel type?
– 3309 en général. On fait quelques essais de porte-greffes plus vigoureux avec un bon système racinaire. Il vaut mieux greffer en oméga mais c’est difficile lorsque le pied est déjà en place. Sur table, c’est plus facile.
– Pourquoi privilégier cette forme?
– Elle fait que tout s’ajuste. Mais elle ne serait pas adapté à la Syrah en raison du développement de tissus autour des plaies.
– Comment avez-vous finalement procédé?
– En 2021 nous avons fait les fentes: 1ère grosse plaie de taille. En 2022, nous avons surgreffé en Chip-bud et en T-bud. Et nous avons glissé les bourgeons. On perd un an mais on évite le phénomène de plaie. La fente est enterrée puis on gratte 15 jours plus tard. Le problème c’est qu’ici nous avons des cailloux. Nous avons donc eu recours à des tubes de sable. Nous avions essayé avec du terreau mais les pigeons venaient gratter. A la pousse, il faut une taille régulière jusqu’à la fin de la saison. On garde un rameau d’un an. Et avec beaucoup d’eau l’enracinement est meilleur.
Vous parlez de la greffe sur place et de celle sur table. Pourquoi ne pas tout faire sur table?
Parce que la greffe sur place permet d’avoir des racines plus larges.Chasselas 2020
Une grande fluidité. Moins séducteur que le 2019 bu à la même époque l’an passé, il n’en reste pas moins mûr sans excès de largeur. La tenue est bonne. AB/B.Saint Joseph Les Oliviers 2020
« 80% de Marsanne. »
De la mirabelle, un début mielleux. De la reine-claude et un léger mentholé au nez. La bouche se fait aussi doucereuse, pas dans le sens sucré mais dans son confort. Une sensation de gâteau au miel. Un fond sur l’écorce de coco. Le vin persiste longuement. B+
– C’est fraîchement remarquable. Il existe une sensation douce qui efface l’amertume.
– Tout ce qu’on reproche à la Marsanne, ça vient aussi des vignerons qui font des vins lourds. Nous parlions de l’enherbement plus tôt. Il ne faut pas qu’il soit systématique. La vigne enherbée est davantage en souffrance et la phéno s’atteint plus difficilement. Et cette sous-maturité conduit à de l’amertume et de la mollesse.Saint Joseph Les Oliviers 2015
De la fougère, de la noix de coco encore verte et de l’amande au nez. On pouvait craindre une bouche marquée par le gras. Il reste très limité. L’amertume est bien présente mais de petites pointes acidulées et des épices en bout de langue donnent du relief. B+/TB- Mais dîtes donc, je n’ai jamais aussi bien noté une Marsanne je pense :).
– Le vin est plus frais qu’il n’y paraît de prime abord.
– Il perd de la richesse avec les années.Qu’écrire que je n’ai pas déjà formulé ici à l’occasion de mes précédents comptes rendus. Que leur sens de la vigne demeure grand; cela a déjà dit. Que leur humilité est à la hauteur de leur talent; également. Ah si, peut-être qu’ils produisent des vins d’une exceptionnelle régularité. Je n’ai pas souvenir d’avoir goûté une année plus faible qu’une autre depuis que nous nous rendons chez eux. Merci, en particulier pour ces cours sur la greffe et le rapport de la phéno et l’amertume sur les blancs. La barre est placée haute pour les domaines qui vont suivre. A ce propos, je vous ai déjà écrit que je suis « en retard »? :D.
- 17 octobre 2022 à 22h32
- in reply to: Revenez dans 2 ans quand les 2022 seront en bouteilles !
Il va y avoir des Lpviens dans le coin à cette période là 😉
- 9 mai 2022 à 16h04
- in reply to: Domaine Philippe Chéron, Domaine du Couvent
CR: Retour sur le millésime 2020 et une nouvelle parcelle au domaine du CouventJ1, première dégustation de l’après-midi. Le domaine de Philippe Chéron est un de ceux que nous avons vu le plus évoluer. Entre sa renaissance et son étendue aujourd’hui, le nombre d’années écoulées est somme toute limité. Ce Printemps était l’occasion de faire un point et comme à son habitude, notre hôte allait nous concocter quelques surprises. Une fois la courte team réunie, nous nous enfouissons dans le chai. NDLR: camarade Paul a voulu faire son malin et s’est égaré dans les dédales des rue nuitonnes à l’occasion de sa promenade digestive :). Si la température extérieure frôle le niveau estival, celle de la cave demeure bien printanière, voire hivernale si j’écoute mes petits orteils bleutés.
– Monsieur Chéron bonjour. Merci de prendre le temps en pleine semaine des GJDB.
– De rien, j’avais des RDVs jusqu’à hier mais la partie Nuits se calme un peu.
– Attaquons le vif des sujets, 2021?
– On fait -50% pareil que sur 2020. Les parcelles provenant de Varoilles ont beaucoup souffert, 15-20hl. Certaines parviennent tout de même à approcher 30-32 hl.
– Ah bon? j’avais raté que vous aviez eu autant de perte en 2020. Sécheresse?
– Oui il a manqué d’eau.
– Sur 2022, il semble également faire sec pour le moment. Et il fait plutôt assez chaud. On ne risque pas de retomber dans la précocité de 2021?
– On ne serait pas contre un peu d’eau. Le cycle n’est pas aussi avancé qu’en 2021 à la même période. Il faut en général 60°C de moyenne cumulatif pour que ça débourre.
– Vous vous êtes mis à une taille plus tardive?
– Oui, tout le monde s’y est mis. En ce moment on est sur les remplaçants, on attache les baguettes et on fait une partie de la mise. Il faut rationaliser toutes ces tâches avec le décalage de la taille. Et comme cela ne suffit pas, je regarde à aménager / agrandir la cuverie ici à Nuits. Il y a dans le fond des contenants surdimensionnés qui ne conviennent pas et prennent inutilement de la place. Il faut remplir une cuve pour pouvoir travailler correctement. Avec les dernières récoltes, je ne remplis pas grand chose. Je voudrais mettre des cuves en inox et à volume variable.
– Vos 2020 sont encore en fûts?
– Oui d’ailleurs, on va les goûter. La mise se fera probablement 2ème quinzaine d’Avril. Je ferai un premier soutirage la semaine prochaine.Gevrey Chambertin, les Seuvrées
C’est noir d’emblée. Le vin n’est pas pour autant dénué de fraîcheur. La texture est plutôt confortable. On perçoit un tanin légèrement poudré et les notes végétales de rafles. Un vin assez expressif à l’heure où les cellules digestives sont en pleine action. B– Dans le contexte actuel, vous n’avez pas des problèmes d’approvisionnement? Cet hiver, une marque de Champagne a eu du mal à se fournir en bouteilles.
– Sur les formats standard, pas de souci. Sur les formes spécifiques, c’est difficile. On a surtout l’usine d’un fabricant de capsules/Mariannes qui a brûlé. On doit attendre. Ça prend 5-6 mois de plus. De la tension, il y en a des deux côtés.Gevrey Chambertin, le Clos du Couvent
« 40 ares situés dans la cour d’un ancien couvent. C’est une vigne précoce et c’est elle qui a le plus souffert en 2021. »
Une approche plus douceureuse. Beaucoup de maturité et de noirceur ici aussi. Il manque comparativement peut-être un peu de fraîcheur. B-
– Il n’y a pas de VE?
– Non.– Avec l’agrandissement récent du domaine, combien de personnes êtes-vous finalement?
– 3 permanents + mon épouse + moi.
– Des enfants qui vont vous rejoindre?
– Le fiston est en alternance chez Charlopin. L’autre fait un master de vin à Angers puis il partira 6 mois en Italie.
– Il profite de voyager.
– Oui, il est déjà parti vinifier en Afrique du Sud et à Cheval Blanc.Gevrey Chambertin, le Clos du Meix des Ouches, monopole
« Ca fait un peu plus d’un hectare. Nous l’avons en monopole. J’aime bien la travailler car ca fait presque un carré. Pas de VE non plus. »
De la mûre, du cassis, de la réglisse, quelques notes torréfiées. La densité et la concentration sont tactilement plus grandes. Et il y surtout cet inattendu filet de jus de groseille qui vient replacer l’ensemble plus en hauteur. Une belle surprise que l’on ne pouvait pas imaginer l’an dernier. B+/TB-Nous apercevons des fûts siglés à l’armoirie de Varoilles dans la cave.
– Vous avez récupéré la futaille de Varoilles?
– Oui, le parc est important. Il y a un roulement de 2 ans. Lorsque vous voyez 2016 inscrit sur un fût, il en est à son 3ème vin. Pour le moment je ne le bouge pas. La chauffe est un peu plus marquée. Une chauffe forte marque d’ailleurs surtout la première année. Avec le temps on va revenir à une chauffe plus douce. Ça va prendre minimum 2-3 ans.
– Avez-vous récupéré d’autres choses?
– Un groupe d’embouteillage. Cela nous permet d’étaler la mise. Il faut néanmoins veiller à l’endroit où mettre la machine. Les températures à la mise sont importantes. A 14-15°C, ça va. A 7°C, ça comprime le vin.
– Des choix selon le calendrier lunaire peut-être?
– Si on peut, oui. Après il ne faut pas que ça hypothèque d’autres choix importants.Un usage limité de la rafle en 2020– Le millésime est plutôt très mûr, vous qui avez pour habitude de recourir à la VE, j’ai l’impression que vous n’en avez pas beaucoup mis en 2020. Cela aurait pu contribuer à rafraîchir les vins?
– La rafle ne fait jamais beaucoup baisser les degrés. Le problème avec 2020, c’est que les raisins n’ont jamais grossi. Il y avait peu de jus dans les baies. Si on mettait de la rafle, la proportion rafle/jus aurait été trop importante.Chambolle Musigny, 40 ouvrées
« C’est un assemblage de 11 petites parcelles pour un total de 1,7 ha. »
Un toucher confortable, arrondi. Il n’y a pas la puissance de la noirceur mais il n’y a pas autant d’acidité non plus. L’approche tannique est bien plus facile et elle nous rappelle le village de provenance. Seule la toute finale renvoie à des fruits couleur grenat. B-. Camarades Paul et Christophe en ont eu une meilleure appréciation. J’ai dû rater quelque chose :-/– Vous pigez vraisemblablement moins en 2020.
– Pas trop d’extraction. Quelques pigeages histoire de. Au Printemps, il y a eu relargage de sucre et refermentation.
– Vous n’aviez pas sulfité?
– Non pas de SO2 avant la mise.
– Même pas à la réception des vendanges?
– Un peu oui mais de moins en moins. Comme on fait une macération préfermentaire à froid et que je suis encore avec les coupeurs au moment où la vendange arrive, ça permet d’être un peu plus serein. Le zéro à la réception viendra. Normalement jusqu’au soutirage pas besoin de soufre.
– A quel niveau aboutissez-vous ?
– J’ai toujours une cible de 15-20 de libre et 40 environ en total.Chambolle Musigny, Clos de l’Orme
Je goûte un peu de banane :-/? De la vivacité, des arômes de fruits noircis par le soleil, de la date, de la cerise noire. Les saveurs s’écartent de l’ossature vers la fin. Pas très fan ainsi. Un vin qui demande encore à s’uniformiser et se mettre en place.– Quelles sont les acidités en 2020?
– En terme de PH, nous sommes entre 3,45 et 3,60. C’est relativement faible. Le plus gros niveau se retrouve sur Vosne et Chambolle. Les Seuvrées, c’est bas, Champonnet également. Les Murgers sont les plus bas.
– Vous n’avez pas été tenté d’acidifier?
– Il n’y avait pas beaucoup de malique dans le total. Beaucoup de tartrique naturel. Il faut des quantités monstrueuses avant que cela ait un impact chimique. L’effet sécheresse en bouche serait atteint bien avant.Vosne Romanée, les Barreaux
– On fait 8 fûts sur 2020, ça fait du 28 hl environ. C’est une mauvaise année.
– Ah?
– En moyenne je fais 11 à 12 fûts. Sur 2017 et 2018, on atteint 14-15 fûts.
– Vos vignes y sont d’un seul tenant?
– Non, on a une parcelle sur le coteau, sur la roche, près de Parentoux. C’est celle qui souffre le plus. L’autre moins, on y trouve plus d’eau.De la réduction au nez et en bouche de prime abord. C’est droit, d’une grande précision, le vin le plus net/concis jusqu’à présent. Le premier 2020 où le panier de fruits oscille entre le rouge vif et le rouge foncé. De l’élevage, mais rien de dérangeant à ce stade. Il n’y a pas à dire, c’est une régulière réussite. TB
Deux Gevrey Chambertins, 1er cru Champonnet, deux styles différentsGevrey Chambertin, 1er cru Champonnet, parcelle historiquement Chéron
L’entame est franche sans défaut notable. On ne tarde pas à goûter l’élevage et des épices mais c’est surtout la solide et importante matière qui est remarquable. Une presque mâche faite de tanins noirs plus présents mais non asséchants. B-/B en l’état et un potentiel à réaliser.Gevrey Chambertin, 1er cru Champonnet, parcelle historiquement Varoilles
Comparativement plus accessible sur l’attaque. Une fraîcheur que son frère ne possède pas. Moins d’épices et moins de noirceur. B+– Ce dernier est plus aimable à l’instant. Ils sont assez différents. Le premier possède une ossature supérieure lorsque le second est moins noir. Vous allez assembler? Avoir le début de l’un et le corps de l’autre.
– Oui, oui.
– Ce sera en proportion égale?
– On a 4 pièces de chaque.
– Une même appellation mais 2 vins assez différents. Quelle est la distance entre les deux? C’est surprenant.
– L’une commence à plat et remonter vers Fonteny. L’autre est plus basse et fait face au Meix des Ouches. Il n’y a pas de franche différence, pas plus de 100m de distance entre les 2. Une est légèrement plus à l’Ouest s’il faut trouver quelque chose. La parcelle des Varoilles est plus facile à faire. D’ailleurs sur 2021, je suis moins satisfait de ma parcelle que celle provenant des Varoilles. Je n’ai pas pigé la première pour ne pas ajouter de structure et rendre le tout carré. Il n’y a eu qu’un travail thermique.
– Qu’est-ce qui peut jouer à votre avis?
– La moyenne d’âge des vignes reprises est un peu supérieure à celles que je possédais déjà. Il y a moins de pièges.Gevrey Chambertin, 1er cru La Romanée, monopole
– Nous sommes vraiment en haut de coteau. La pente est dépassée. Il y a tous les cailloux qui n’ont pas dévalé sur 3-4 cm jusqu’à 10-15 cm.
Le nez est plutôt floral.
– De la VE?
– 100% égrappé. Ça mériterait. Une grosse année, oui mais ça n’arrivera pas sur la Romanée :). Il y a un ha mais ce n’est pas le plus productif.
Un accroche calcaire pour fournir un point d’ancrage en attaque. L’épaisseur relève bien d’un cru. De la fraise mûre, du cassis, de la groseille et surtout du menthol, de l’eucalyptus et de la réglisse. TB-
– D’où provient cette fraîcheur?
– La parcelle est entourée de forêt. Elle se trouve à 350m d’altitude. Et les plants datent de 1965-66.De nouvelles parcelles en perspectiveNuits Saint Georges, 1er cru aux Murgers
Les effluves sont avenants, entre ronce et pot-pourri de pétales séchées.
– Le nez est chouette.
– Je fais seulement 2 pièces.
– Moins chouette. De la vendange entière ici?
– Oui 50%.
La verdeur se goûte mais une belle acidité part d’une autre zone géographique pour mieux rejoindre la rafle, comme une harmonie qui se forme progressivement. Un mouvement inhabituel et fort appréciable. TB-Clos Vougeot, grand cru
Plutôt réduit, avec la vanille de l’élevage en +. C’est frais, un peu de perlant. Des billes de fruits rouge se projettent vite sur le bout de la langue alors que les tanins viennent en périphérie de bouche. Quelques notes lactées lorsque le vin n’est plus dans le gosier. La 2ème gorgée est plus vive, les fruits plus éclatants. Mais dîtes-donc y’a un truc qui a changé…
– Clos Vougeot a énormément changé par rapport à nos premières fois. C’était absolument carré, accrocheur et un peu rêche au début. Là, pas du tout.
– C’est un vin que je comprends plus chaque année. Depuis 2019 j’assemble à la sortie de décuvaison la partie haute et la partie basse. Tout est égrappé. Il y a beaucoup de structures déjà ainsi.
– Vous continuez à en vendre?
– Oui, vu les prix aujourd’hui, ce serait idiot de ne pas le faire. Et puis cela en ferait trop à gérer pour moi.
B+/TB- pour les progrès accomplis.Charmes Chambertin, grand cru
– Les rangs sont dans le haut de Mazoyères. Ils produisent peu.
– Vous avez du 161-49?
– Non, pas beaucoup. Ce sont les vignes qui sont vieilles. Elles vont moins vite.
L’acidité en pourtour octroie une bonne délimitation. Le centre du vin n’est pas aussi précis. L’ensemble demeure abordable. J’ai perdu ma note :D.– Cela vous fait un sacré agrandissement au final. Nous avons dégusté beaucoup de vins.
– Ah, mais ce n’est pas fini 🙂
– Comment ça?
– Je vais récupérer des vignes sur Marsannay.
– Lesquelles?
– Clos du Roy en rouge et Longeroies en blanc. Et ce n’est pas tout, j’ai une petite surprise à vous faire goûter. J’ai un Chambolle 1er cru Feusselottes à partir de 2021.
– Vous n’arrêtez pas. On ne va pas refuser :).Chambolle Musigny, 1er cru Les Feusselottes 2021
Une robe claire, très claire. Du bonbon de rose au nez. De la fleur de sureau comme une évidence. Une belle tension en bouche. Dommage que cela s’arrête un peu plus vite que ce que l’on aurait espéré. TB-/B+Philippe Chéron nous amène alors devant une table sur laquelle reposent une dizaine de bouteilles ouvertes:
– Qu’est-ce que vous voulez goûter? Les bouteilles ont été ouvertes pour les grands jours.
– Vous avez pu trouver de nouveaux exportateurs à cette occasion?
– Il y a des choses qui se sont faites. Il faut trouver le partenaire d’une bonne taille, par lot de 2 à 3000 bouteilles. On fait la Chine, le Danemark, le Japon, les Etats-Unis et l’Angleterre.
J’ai passé mon tour sur les bouteilles, histoire de préserver les papilles pour la dégustation suivante.Nous avons dépassé les 2 heures en la bonne compagnie de Philippe Chéron. Et il y a, comme à chaque fois, une nouvelle raison qui pré-écrit la prochaine visite. Sa gamme s’est étoffée de façon qualitative et cela ne semble pas près de s’arrêter. Il nous faudra prévoir 3h pour l’itération suivante :). Un an après, mes comparses et moi nous sommes unanimement accordés pour dire que la Romanée a été une excellente surprise. Et une conversation avec notre Huggy les bons tuyaux le soir va le confirmer: « Philippe Chéron? Ah, vous avez aimé la Romanée et Clos du Meix des Ouches? C’est bon hein? 😉 Il commence à marcher en Asie. » Diantre, nous ne sommes plus les seuls à le savoir ;).
- 4 mai 2022 à 16h24
- in reply to: Domaine Arnaud Tessier, Meursault
CR: 2020 par Catherine et Arnaud Tessier et le renouvellement des vignesMes camarades et moi n’avions pas remis les pieds ni nos papilles chez Catherine et Arnaud depuis quelques temps, la faute à des emplois du temps asynchrones et peut-être à cause d’Arnaud ;). Lorsque Catherine nous dit OK mais qu’ils n’ont plus rien à vendre, vous pensez bien que nous ne nous sommes tout de même pas faits prier. Nous revoici rue Mazeray et lorsque nous entrons dans la cour, un camion plateau et des matériaux de construction stationnent dans la cour.
– Bonjour Catherine. Cela fait un peu plus de 4 ans que nous ne nous sommes pas vus. Nous pensions les travaux terminés.
– Bonjour. Le trou que vous voyez va nous permettre de récupérer de l’eau de pluie. Elle est moins dure. Nous pourrons diminuer les doses. Pour les vignes, nous avons beaucoup de remplacements.
– 161-49?
– Oui, nous avions beaucoup de jeunes vignes en 161-49. Il a fallu beaucoup arracher. Ca a été très, très compliqué. Arnaud avait été l’un des premiers du village à alerter sur le phénomène.
– Qu’allez-vous replanter? SO4?
– Non car c’est trop précoce et le PH est un peu élevé. On s’est beaucoup déplacé, notamment dans le Sud, pour voir les pieds qui vieillissent bien et résistent aux températures plus élevées. On va du coup avoir du Polsen, du 333, du 5BB, etc., du 3309 pour le bas. On est plutôt content.Bourgogne Aligoté
Le vin est discret dans son entame avant que la tension ne se manifeste. Un peu d’élevage avec cette note d’écorce de coco fraîche fumée. AB– Merci de nous recevoir. Il n’est pas toujours aisé de vous attraper au bon moment
– C’est un plaisir. On reçoit tellement de mails et de demandes… Et puis j’ai découvert qu’Arnaud allait parfois ouvrir les mails, ne les traitait pas et ne les remettait au statut « non lu ». Du coup je ne m’en occupais plus ;).
– C’est donc lui :D. Vous n’êtes pas aux GJDB cette année?
– Non pas cette année, nous avions réservé un emplacement à la précédente itération. Elle n’a pas eu lieu en raison de la pandémie. On n’a pas été remboursé. Pas très sympa.
– Vous voyez les gens revenir un peu dans la région?
– Oui mais pas encore autant qu’avant Covid.Bourgogne Herbeux
De la sève d’ananas plutôt gourmande. Quelques aspérités rocailleuse et une grande fraîcheur. C’est pas mal du tout pour un générique. AB+/B-Lutter contre le gel et le dépérissement– 2021, le gel.
– Ah, s’il n’avait pas gelé, on aurait pu faire un super rendement, notamment sur les Bourgognes comme ce peut être régulièrement le cas, 40-50hl si tout va bien. En 2016, année de gel pourtant, on fait le plein sur Champerrier. On ne se plaint pas.
– Il me semblait qu’il avait plutôt gelé dans la plaine en 2016.
– Beaucoup moins sur Puligny. Sur les 7,5 ha du domaine, on a 5 ha d’appellations régionales et les 2/3 sont sur Puligny. En 2019 en revanche, Puligny gèle. C’est la seule fois où nous avons eu une baisse aussi forte sur le Bourgogne. En 2018, nous sommes à 60 hl en ayant fait un gros travail d’ébourgeonnage.
– Et 2021 finalement?
– -25%/-30% sur les Bourgognes. On a allumé des bougies sur le bas. Sur les villages, on fait moins de 30hl. On est sauvé par les vignes qui débourrent plus tard: cornoué, vieilles vignes, 3309. Les premiers crus, ça a été difficile. On n’avait jamais vu ça dans le haut. 12-15hl sur Charmes alors qu’on avait mis des bougies. Poruzots a été replanté l’année dernière. Genevrières a été arraché et replanté il y a deux mois. Pas de vin sur ces parcelles-là. On va laisser au repos un an. On verra ce que ça donne à la 4ème année.Bourgogne Champerrier
Une sacrée texture pierreuse/calcaire et un volume assez remarquable. Les fruits sont d’une teinte davantage portée sur le jaune: de la pêche, de la prune, du citrus. La bouche se termine sur de la fougère, de l’oseille. B-/B– Quels âges avaient vos vignes arrachées?
– Une vingtaine d’années pour Genevrières et Grands Charrons. Une dizaine pour Poruzots. Avant d’arracher, il faut réserver ses plants, histoire de ne pas se retrouver avec un choix limité. Le 161-49 permettait de ne pas avoir de problème contre le calcaire actif historiquement. Lorsque nous sommes allés dans le Sud, ils nous ont raconté que le 161-49 avait été arrêté après 2003. On a fait une étude de nos sols pour savoir s’il n’y avait pas un problème. Cela ne venait pas de là, ouf.
– Vous avez probablement adapté des gestes cette année? Taille plus tardive.
– La taille est effectivement plus tardive. On a quelques coins qui ne sont ni plumés, ni attachés. On a eu une vigne comme ça en 2021, ni plumée, ni attachée. Ca a été magnifique mais c’était des jeunes vignes. On peut retarder mais pas sur des coins secs, car ça résiste moins bien.L’équilibre du millésime 2020Meursault village
« On a eu beaucoup de millerands. »
Le vin est plus tapissant. Le registre une alternance d’amers et des arômes se rapprochant des Herbeux avec de l’eau/du jus d’ananas. Un grip rocailleux ponctue le milieu. « Le vin est un peu fatigué, la bouteille est ouverte depuis plusieurs jours. Je reviens avec une autre. » Le vin issu du nouveau flacon est effectivement bien plus dynamique dans la seconde partie de bouche. B+– A quelle date ramassez-vous les raisins en 2021?
– Je n’ai plus la date en tête. Je sais qu’on a commencé un Samedi :).
– Comment gérez-vous votre futaille dans le cas de 2021? Quelques fûts sonnent creux.
– On garde tout. Normalement on vend des fûts mais là on a tout gardé. Vous avez des fûts vides car la mise vient d’être faite. On les a mèchés. Au moment de la récolte ils n’étaient pas vides. Et puis il y a des élevages qui seront plus longs car on a aussi la baisse liée aux arrachages.Meursault Casse-tëte
– Elles sont toujours aussi compliquées à travailler?
– Oui. Charmes de Dessus aussi.
L’attaque est séveuse aussi. Il faut croire que c’est une qualité du millésime chez nos hôtes. La bouche s’épaissit avant de céder la place à un haut plein de pep’s. La dominante reste l’étirement vertical mais c’est presque charnu en bas, ce qui est étonnant pour ce terroir. TB
– C’est étonnamment pas si monolitiquement vertical.
– Casse-tête mûrit tardivement. Une année solaire lui convient bien.– A quel niveau de SO2 vous situez-vous?
– 32-35 de libre. Nous avons baissé, nous étions à 38-40 auparavant.– A notre dernière venue, Arnaud venait de terminer de décaisser la cave sur plus d’une quinzaine de cm.
– Là, nous terminons d’agrandir cette partie pour disposer d’un stockage pour les bouteilles. Cela nous évitera d’avoir des casiers et palettes un peu partout dans la cave.Meursault, 1er cru Porusot Dessus
« Juste à côté de Genevrières. D’ailleurs depuis qu’on a replanté au même moment, on arrive moins bien à voir la délimitation. On a mis un repère pour faire la distinction. »
Un vin plus solaire, plus large, plus végétal et amer. On trouve au milieu de langue des notes de calissons, de l’amande amère et de l’écorce d’orange. Le volume relatif à la noblesse du cru est bien entendu supérieur. TB- à patienter.
– C’est plus large.
– Je le préfère avec l’âge.Meursault, 1er cru Charmes Dessus
Plus élancé, de l’ananas (fallait croire que j’étais sur un jour Comosus). L’élevage se perçoit dans le confort qu’il confère à la bouche. L’équilibre se redresse en milieu de bouche pour tenir le la sur un filin tendu. C’est long, très long. TB+/Exc-Ainsi se conclut la dégustation. Le déjeuner nous attend :).
– Où allez-vous déjeuner?
– Au Soufflot :).
– Evidemment :). Lorsque Charles est venu nous voir pour nous expliquer leur concept. Nous avons immédiatemment dit oui. L’idée est super. Nous aussi, nous sommes contents de pouvoir boire des choses à prix plus accessible. Tout le monde par ici n’a pas eu le même enthousiasme au début.
– On a réussi à trouver vos vins chez un caviste à un prix « raisonnable » (Je ne connais que les prix domaine du dernier millésime :().
– Je crois savoir duquel on parle. C’est un cousin d’Arnaud. On l’a un peu aidé à se lancer en lui allouant des bouteilles. Cela nous a attiré les critiques d’autres revendeurs qui se sont plaints des tarifs pratiqués.
– Il est toujours plus facile de critiquer que de chercher à s’améliorer…Malgré l’adversité de Dames Météo et Végétation, Catherine et Arnaud ne se contentent pas de remédier simplement aux difficultés rencontrées. L’amélioration continue de leur lieu de travail, de leur patrimoine et de leur façon de faire témoigne du dynamisme qui continue de les habiter. Et ce dernier se retrouve régulièrement dans ce que nous pouvons déguster, en particulier sur 2020. A nouveau, nos remerciements. Et nous tâcherons de ne pas attendre 4 années pour y revenir. Arnaud, si vous nous lisez, n’oubliez pas de repasser notre mail en statut « non lu » ;).
- 29 avril 2022 à 21h06
- in reply to: Domaine Vincent Dancer, Chassagne-Montrachet
CR: 2021 par Vincent Dancer et des assemblages inéditsJ2, première dégustation de la journée. Direction Chassagne-Montrachet pour un vigneron que nous retrouvons toujours avec plaisir tant ses francs échanges nous ont toujours apporté une perspective complémentaire et ses vins régulièrement séduits.
– Monsieur Dancer bonjour. Depuis notre arrivée sur la région le sol semble plutôt sec.
– Bonjour. Il n’y a pas beaucoup d’eau effectivement. Il a fait chaud et sec, surtout sec.
– Les températures ont bien augmenté ces derniers jours. Le cycle a dû s’accélérer.
– La plante s’adapte mais pas aussi vite.
– La sécheresse actuelle diffère de 2021 où il a beaucoup plu. En Loire, il pleuvait jusqu’à mi-fin Juillet.
– La pluie, il y en a eu mais pas plus que sur la moyenne décennale Bourguignonne. Ca a duré jusqu’à Juillet, pas plus, heureusement. Ce n’est pas une année exceptionnelle en terme de pluviométrie donc. L’hiver Bourguignon a ensuite été déficitaire. Allons goûter 2021.Bourgogne
Un léger amer en entame. Le bas de bouche est très sec, vif et bien délimité. Des notes de fougère et une pointe saline. Du plus bel effet pour un vin qui commence notre journée. Et je vois camarade Paul hausser ses deux sourcils et hocher de la tête en guise de satisfaction. AB+/BAgir contre le gel?Chassagne-Montrachet
Une petite réduction aux nasaux. Sur les papilles, le noyau est presque confit, sur la prune jaune et le citron confit. L’enveloppe du vin n’en est pas moins dynamique, au contraire, elle tend un filin bien vertical. Le 3ème temps révèle un fond sur des notes de tilleul. Un Chassagne tendu, net, avec une belle constitution. B+– Quel est votre niveau de pertes sur 2021?
– -70%. On a fait un peu d’achat de raisins.
– Aïe. Même sur les rouges, le pinot est souvent plus tardif?
– Il a un peu moins gelé mais Pommard et Beaune ont été bien touchés. Les jeunes vignes étaient déjà dans leur bourgeon d’hiver et les bourgeons des vieilles vignes déjà dans leur coton.
– Et il a gelé de nouveau début Mai.
– On ne l’a pas vraiment vu car il n’y avait plus de feuille :).
– Avez-vous adapté des choses pour diminuer les risques au gel? Une taille plus tardive?
– Effectivement, c’est d’ailleurs pour cela que la mise des 2020 ne se fera pas tout de suite. Nous sommes occupés dans les rangs.
– N’existe-t-il pas d’autres moyens pour lutter?
– On peut asperger les vignes mais il faut beaucoup d’eau. On peut remuer l’air mais si la masse au dessus est trop froide, c’est inutile. On pourrait également mettre des fils chauffants mais il faut un groupe électrogène. Il y a plein de moyens mais il faut avoir une vraie réflexion en amont. Si c’est pour polluer ou gâcher des ressources, cela ne m’intéresse pas. Il faut 400 bougies par ha. Outre le coût financier, il existe le coût écologique. Est-ce qu’on accepterait qu’une grosse entreprise nous rejette toute sa fumée noire? A la limite, dans des endroits où il n’y a pas de circulation d’air, on peut mettre très ponctuellement une éolienne ou des bougie pour faire de la convection. Mais cette mise en place est très compliquée. On ne sait que 1 ou 2 jours à l’avance quand il va geler et de quelle sorte de gel il s’agit. Si c’est comme 2021, ce n’est pas la peine de se lever. Et si on déploit toutes ces mesures systématiquement, ce n’est pas viable.
– Il y a eu les feux de paille.
– Les scientifiques ont dit que ce n’était pas utile. Ca a été interdit. Après, c’est dans la nature de l’homme de vouloir faire quelque chose pour lutter. Au moins il a essayé.Meursault les Corbins
Un nez plus expressif sur les écorces d’agrumes vert, le lys et l’oeillet. L’attaque est moins végétale, sur un citron acidulé qui remonte doucement mais sûrement du bas de bouche. De l’écorce de coco apparaît ensuite au même moment que le grip tanique s’exprime. B+/TB– Vous avez peut-être chaptalisé sur 2021?
– Ah non, cela fait longtemps qu’il n’y a plus d’intrant, pas de sucre, pas d’acidifiant et de moins en moins de soufre. Lorsqu’on choisit d’aller vendanger, ce n’est pas pour ajouter du sucre ou de l’acidité ensuite. C’est facile de faire un vin « minéral », vous mettez plein de SO2 et c’est fini. Mais ce n’est plus l’expression du terroir ni de l’année.Le fruit des plantations à Nantoux– Toutes les malo sont faites?
– Oui, dans la foulée des vendanges et de la première fermentation.
– Vous aviez déjà eu une année où les sucres mettaient du temps à se finir.
– On en a moins sur 2021. Tout les sucres ont terminé leurs degrés. A la manipulation, les raisins étaient moins accrochants que sur une année solaire.
– Avec un tel décalage de saison, comment vous êtes-vous organisés?
– On a eu le temps début Septembre de faire ce que l’on faisait dernièrement début Août.Meursault les Grands Charrons
Un nez plus ouvert également. On odore un léger arrondi de brioche lié à l’élevage. En bouche c’est hautement précis et hautement placé. De l’ananas frais, de la droiture et de la verticalité avec la pulpe et le zeste de kumquat. Une fine et consistante matière à la fois. Et en final un ressort, une virgule végétale qui achève de chorégraphier ce vin. TB c’est décidément très régulièrement à notre goût, peu importe le millésime.– Avec le gel, entre les plants qui ont résisté et ceux qui ont été touchés, vous avez dû avoir des grandes différences de maturités?
– C’est le cas même lorsqu’il ne gèle pas. L’année dernière, ce n’était pas un gel qui n’a impacté que le haut ou le bas. Tout a été touché. Pas de différence de maturité donc.
– En 2016, ce fut le cas.
– Oui et il a ensuite fait chaud et sec. Mais en caricaturant, ce n’était peut-être pas si mal de mélanger des raisins solaires avec le reste.Bourgogne n°2
– Pourquoi un autre Bourgogne?
– Il est issu des vignes que nous avons plantées sur Nantoux en 2019. L’endroit est une pelouse calcaire, sur de la roche fissurée. C’est la première année que nous en faisons.
L’enveloppe est plus douceureuse mais il existe une sacrée nervure centrale sur le citron vert qui procure de la précision. Prometteur B-.– Sur Nantoux, vous ne vouliez pas planter de la Syrah à un moment?
– Il est difficile de bousculer les règles mais au regard de l’évolution climatique, il faudra bien s’adapter.La nouvelle génération– Quels sont vos projets actuels?
– Je fais un peu de négoce avec le fiston. C’est bien il est prévoyant et débrouillard, il a déjà monté sa structure. Je ne l’aurais probablement pas fait au même âge :). Nous faisons des achats de Savagnin, de Pinot Gris, de Gamay et de Gringet, uniquement chez des vignerons qui ont la même façon de travailler que nous.
– C’est élevé dans la partie de la cave par laquelle nous sommes entrés? à côté?
– Oui, dans l’oeuf en grès il y a un assemblage Gringet + Marsanne + Roussane.
– Votre fils est définitivement revenu du coup?
– Oui, il travaille ici désormais. Il a passé 2 années chez Trévallon et il est ici depuis Mai/Juin 2021.
– Votre épouse et vous devez être contents de son retour?
– J’imagine oui 🙂 Au moins on n’aura pas donné une mauvaise immage du métier.Chassagne-Montrachet, 1er cru Morgeot
De l’eau d’ananas, de la main de bouddha, de petites perles de citron caviar. La netteté et la concentration sont comparativement un peu moins précis que sur les Charrons. B+/TB
– Ce sont vos vignes en haute densité.
– 20 000 pieds par ha.
– En êtes-vous satisfait?
– Les constats sont différents. Cela pose davantage problème lorsqu’il y a du stress hydrique. Il y a peu à boire pour beaucoup plus de monde. Et les pieds sont individuellement plus fins et moins rigoureux. Il y a un équilibre à avoir. La logique reste bien d’aller trouver +, d’avoir une partie végétale plus concentrée pour des fruits plus concentrés.Un Meurssagne 1er cru?Chardonnay sans nom
« Le vin n’est pas tout à fait fini. »
Une robe un peu trouble. Un nez réduit mais une bouche qui impose d’emblée une pleine stature, dès les premières millisecondes. C’est salivant, un volume XXL. C’est à la fois confortable en entame, pierreux et armé d’une vive relance en haut de bouche. La périphérie est très salivante sur la peau de kumquat et yuzu. Exc
– C’est très très bon. Qu’est-ce?
– Je ne sais pas encore comment l’appeler 🙂 C’est un travail d’assemblage des nos premiers crus et notre Grand Cru.
– Perrières, Chevalier, Tête du Clos et Romanée?
– Exact.
– C’est sur 2 villages, donc pas la possibilité de l’appeler Chassagne ou Meursault 1er cru. Un Meurssagne? 🙂
– Hermitage de Chardonnay :D. Je verrai.
– Nous espérons que vous n’en aurez pas souvent. Vous n’avez pas été tenté de les garder séparer même avec de faibles volumes?
– Les raisins étaient jolis mais je n’aime pas travailler Chevalier dans un feuillet ou Perrières dans un demi-tonneau. Et c’est compliqué à presser. Avant le pneumatique, pour de si petits volumes il fallait un pressoir à cliquet, ce que personne n’avait. Sur les Vaslins, les plateaux sont prévus pour se rapprocher mais pas pour rentrer en contact. Une partie de fruits n’est donc pas pressées lorsque les quantités sont faibles. Avec les pneumatiques, la membrane permet de presser seulement 100 kg si on le souhaite, mais ça n’a pas d’intérêt.Les températuresBeaune, 1er cru les Montrevenots
Une robe transparente. Un bouquet floral, sur la pivoine. En bouche, les tanins sont très fins. On croque un bonbon à la pivoine et à la framboise. B+/TB– Vous avez changé quelque chose peut-être en 2021? Plus d’extraction?
– Non, non. On a fait comme d’habitude. Le début, la mise en cuve s’est faite sans couleur. On a vinifié sans remontage et peu de pigeages pour ne pas extraire ce que l’on ne souhaite pas. Et il n’y a pas eu de jeu de température.
– Pas de chapta si j’ai bien suivi.
– Non, zéro depuis 2007.
– Lorsque vous dîtes peu de pigeages…
– 3 maximum au pic de fermentation lorsque le chapeau est sec. Sans SO2. La fermentation démarre vite ainsi. En 3-5 jours c’était fait.
– Pouvez-vous nous clarifier l’absence de jeu de température?
– La vinification doit se faire dans le respect de la température du fruit. Si vous allez vendanger en plein Août à 16h00, c’est sûr, vous allez ramener des fruits bouillants. Il faut donc déjà bien choisir l’heure. Ensuite dans les chais, la témpérature pose moins de problème car il y a de quoi avoir une meilleure hygiène des lieux et des installations aujourd’hui. Et pour la température des jus enfin, une fois le pic d’activité de fermentation passé, elle ne peut que baisser, pas besoin de refroidir, il n’y a plus de sucre.Hautes-Côtes de Beaune
– Egalement plantés en 2019 sur Nantoux.
– Le type de terrain est similaire à celui du Chardonnay?
– Oui, ils sont côte à côte.
– C’est floral, ça semble plus concentré. Ca s’arrête peut-être un peu avant mais le volume est plus important en bouche. NDLR: CR en direct au vigneron 🙂 mais sans la note re-:) B-.
– C’est la même découverte pour nous. On se laisse le temps de voir si ça correspond à ce qu’on voit là-bas. Nous continuons d’y planter. Il faut d’ailleurs un tracteur avec chisel pour broyer le sol sur 30-40 cm et ensuite pouvoir planter.Pommard village
Un toucher plus caillouteux, une once de noirceur en bas de bouche. Une longueur supérieure. L’ensemble reste très floral/gourmand, comme des pétales de rose cristalisées par le sucre. B+Pommard, 1er cru les Pézerolles
Lorsque les 3 vins précédents penchaient sur la fleur, celui-ci met les 2 pieds dans les fruits rouges vifs: de la frambroise, de la mûre, de la groseille, de l’airelle. Des notes de poivre gris et de pivoine relèvent le tout. C’est d’une élégance supérieure. B+/TBSi 2021 ne sera pas bon partout, nous savons déjà chez qui nous tenterons d’en avoir 🙂 Des blancs lumineux dotés d’un potentiel de garde et des rouges déjà très accessibles. Je crois d’ailleurs que Paul s’en pourlèche encore les babines. Nos remerciements réitérés à Vincent Dancer qui nous aura une nouvelle fois éclairé les choix et les gestes des vignerons d’une précieuse distance critique, jusqu’à son portail : « Ca n’a plus sens, le carbone, ce n’est pas l’air qui en a besoin. Et toute cette matière qui pourrait être réutilisée ailleurs. » nous dit-il lorsqu’il aperçoit des ouvriers brûler des sarments sur des parcelles à proximité ;). Le domaine, on ne risque pas de le lâcher, ni les vins, ni leur géniteur :).