Philippipipourrah

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    CR: Maison Angelot – Vin de Table de France (Bugey) – Notre Altesse 2004  

    cépage Altesse récolté en surmaturité, vendange du 6 novembre 2004  

    Bouchon un peu durci et imbibé sur 1 à 2 mm. tout au plus. 

    Robe couleur cognac, limpide. 

    Le premier nez est plutôt discret, puis il s’ouvre à l’agitation sur des arômes doux et sucrés de fruits confits (dominante orange/pamplemousse), mêlés à des notes terreuses et boisées – lesquelles ne dégradent pas le bouquet. 

    La bouche a mangé une bonne partie de ses sucres, et elle s’exprime dans un registre plutôt sec, sans que le versant doux ait complètement disparu. On va dire demi-sec… La matière avalise cet entre-deux : fluide pour un passerillé, elle garde un certain volume, mais n’est pas (n’est plus ?) onctueuse. Elle est aussi moins fruitée, plus mate au goût qu’à l’odoration. 

    Voilà un agréable « liquoreux » de 20 ans d’âge, encore bien vivant, expressif, équilibré et très digeste. Mais l’accord potentiel à table relève pour moi du challenge : il me semble en effet plus assez sucré pour accompagner un dessert, mais en revanche trop doux pour escorter un plat salé. Bon eh bien je crois que je vais continuer à le siroter pour lui seul…

    Philippipipourrah
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    CR: Le Pas Saint Martin – Saumur blanc Jurassique 2015 

    oliv écrivait (ci-dessus, le 3 novembre 2024) :
    « Dernière bouteille avec un vin moins à mon goût, plus lourd et massif, avec une évolution aromatique qui lui sied moins, l’apparition de notes de pomme au four et d’une sucrosité plus pesante. » 

    Je confirme malheureusement le déclin de Jurassique 2015 : derrière un premier nez assez séducteur de sucrosité confite, celle-ci évolue rapidement – et de manière inquiétante – vers des arômes chaleureux et lourds. Mais c’est surtout la bouche qui s’est détériorée, avec une matière au fruit éteint devenue molle et, à la longue, écoeurante. C’est pas encore tout à fait la fin, il y a même la persistance d’une acidité picotante qu’on n’attendait plus, mais l’espérance de vie est bien entamée – alors que j’avais lu quelque part que cette cuvée pouvait se conserver une bonne dizaine d’années. Finale sur une amertume sécharde qui rétracte les papilles.  

    CR: Le Pas Saint Martin – Saumur blanc Jurassique 2019 

    En revanche, Jurassique 2019 se montre en pleine forme actuellement : il est super expressif dès l’ouverture, tant au nez qu’en bouche, avec, dans une matière pleine, une sapidité concentrée d’amers agrumeux complétée par une touche de cire. Comme on l’aime !
    Après le 2015 voici un autre millésime solaire, qu’il me paraît prudent de boire d’ici 2-3 ans si on veut éviter l’évolution péjorante de son aîné.

    Philippipipourrah
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    CR: Albert Morot – Beaune blanc Premier Cru Aigrots 2016  

    Goûté à deux reprises en 2020 puis début 2023, ce Beaune-Aigrots blanc offrait alors un beau nez floral, mais une bouche marquée par l’élevage, même après aération. Je me disais : ce vin a besoin d’être encore attendu, 2016 est un millésime frais qui ne devrait pas craindre de devenir mou et lourd comme les années solaires, soyons patient… Nouvelle tentative dernièrement donc, sur deux bouteilles qui se sont présentées de manière identique : 

    La robe est aujourd’hui celle d’un blanc entre deux âges : ni nuancée des reflets verts d’un vin jeune, ni encore évoluée vers une teinte jaune plus soutenue.
    Le nez est très beau, sur la cire, avec un peu de massepain et des fruits jaunes au second plan ; et surtout plus de boisé.
    En bouche en revanche, c’est surprise et déception : l’ensemble a perdu son fruit, et il ne demeure plus qu’un jus manquant de volume et peu sapide, avec un goût fade difficile à définir mais clairement passé. Il reste même encore une pointe ligneuse… A l’olfaction pourtant, les arômes demeurent plutôt agréables. 

    En fait c’est un vin idéal pour le Dry January : on peut se contenter de le humer sans le boire…

    Philippipipourrah
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    CR: Lucien Aviet & Fils / Caveau de Bacchus – Arbois Trousseau « Ruzard Rosière » 2019

    Bouteille ouverte depuis la veille, notes à J+1

    Robe plutôt foncée pour un trousseau.
    La matière, elle, est logiquement souple.
    Ce rouge se montre expressif et très fruité – sur des saveurs de framboise principalement – comme un vin qui serait encore tout jeune, sur le fruit précisément, alors qu’il a un peu plus de cinq ans. Et ce qui est à relever : il ne présentait aucun arôme « rustico-jurassien » , genre réduction renardante…
    Très bon vin, très séduisant en l’état.

    Philippipipourrah
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    Un jambon au foin

    Philippipipourrah
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    CR: Domaine de la Pâturie – IGP Pays de Franche-Comté – Pinot Noir Gueules de Loups 2020

    Robe grenat, profonde.
    Nez riche et complexe sur les petits fruits noirs, mêlé de senteurs florales, limite herbacées : un bouquet de violette(s).
    La matière est pleine, concentrée, suave, avec une acidité picotante et des tannins puissants qui râpent un peu en dégustation pure (l’alcool est présent, à hauteur de 14%) ; mais tout ça est vite lissé à table. Bien sapide avec une touche saline, l’aromatique en bouche est caractérisée par une certaine matité.
    Un vin agréable qui reste stable dans son expressivité et sa plénitude depuis bientôt trois ans. Sa structure qualitative paraît lui réserver une évolution sereine.

    Philippipipourrah
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    CR: Domaine du Pas Saint Martin – Saumur rouge Faucon Noir 2019

    Premier rouge du domaine commenté sur ce fil

    Robe violine encore bien sombre.
    Nez assez minéral, graphiteux, crayeux, avec des petits fruits noirs timides loin derrière.
    La bouche enchaîne sur le côté rocheux, dans une matière fluide sans être diluée. Les tannins, légers mais étreignants, combinés à un fruité très discret laissent l’impression d’un vin plutôt austère… A table – et après quelques heures d’ouverture – les baies noires s’affirment davantage, mais elles sont toujours en arrière-plan de l’aromatique minérale dominante. 

    Pas désagréable en l’état ce saumur rouge de 5 ans, mais le déficit de fruit lui enlève du charme. Voilà un vin à aérer – ou plutôt sans doute à attendre, car il paraît aujourd’hui dans une phase renfrognée.

    Philippipipourrah
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    CR:Cave des Amandiers – Valais Petite Arvine les Seyes 2009 

    Le bouchon (en très bon état merci, et damasquiné sur sa base de petits cristaux dorés scintillants) sitôt retiré de la bouteille, le goulot de cette dernière laisse exhaler des effluves alléchants de miel intense et de cire. Habillée d’une robe d’un jaune soutenu, la matière épand sur la langue un nappage riche et dense de saveurs miellées gourmandissimes et parsemées de fines notes de menthe et de massepain, qui imprègnent l’ensemble de la bouche d’une sapidité longuement persistante.
    Retour gagnant pour cette excellente arvine sèche qui va gaillardement sur ses 15 ans, en évoluant vers une certaine douceur, voire une franche sucrosité !

    Philippipipourrah
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    CR: Domaine de la Vougeraie – Beaune blanc 2008 

    Une cuvée pratiquement pas commentée ici (deux CR seulement). Elle est assez rare il est vrai, puisque ce millésime 2008 par exemple est limité à 1730 bouteilles. Pour l’avoir bu régulièrement dans les millésimes 2001, 2005, 2008 et 2009, j’ai été à chaque fois conquis par ce vin ample et gras, qui donne accès de plain-pied au royaume, ou plutôt au duché  des grands bourgognes blancs – du moins avant que les prix ne deviennent trop… aristocratiques. 

    (Notes de mémoire)
    Magnifique beaune blanc de 15 ans, à l’évolution positive, sans aucune marque d’un début de déclin. Mais chaque année de garde supplémentaire risque d’être la dernière avant l’apparition de notes tertiaires qui seraient moins agréables. Aujourd’hui en tout cas, l’aromatique démarre très fort sur un mélange de miel et de cire super-gourmand, avant que des saveurs de chèvrefeuille viennent s’y joindre. Comme attendu, la matière est opulente et grasse, tapissant l’ensemble de la bouche d’une persistance savoureuse, prolongée, salivante… où le miel revient au premier plan. A relever qu’il n’y a pas cette fois de pointe citronnée, comme ce beaune a pu en présenter à d’autres occasions, l’année passée notamment.
    A noter encore que si ce 2008 est toujours bien debout, j’ai eu ces 2-3 dernières années des soucis d’oxydation avec les beaunes blancs 2009 du domaine, qui sont ainsi à terminer sans trop tarder, car d’une bouteille à l’autre c’est assez la loterie dans ce millésime qui ne possède pas l’acidité de son aîné.

    Philippipipourrah
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    CR: Maison Angelot – Bugey Mondeuse 2004  

    Bouteille bourguignonne ventrue.

    Bouchon un peu durci et imbibé sur 1 à 3 cm.

    Robe grenat profond encore brillante, avec une bordure très légèrement orangée.

    Sans faire du tout vieux vin, le nez dégage des arômes de terre humide et de feuilles mortes, au milieu desquels se fraient rapidement des fruits rouges compotés.

    En bouche, le jus est frais, fluide, avec un fond fruité qui domine les notes tertiaires.

    Cette mondeuse ne fait pas ses -bientôt- 20 ans : elle gratifie le dégustateur d’une fraîcheur et d’un fruité bluffants, avec un paysage sensoriel de sous-bois en toile de fond. Mais comme souvent avec les vins d’un âge avancé, celui-ci évolue assez vite au contact de l’air, et les notes tertiaires qui étaient en arrière-plan revendiquent progressivement la première place. A table, ces saveurs automnales se sont accordées de manière harmonieuse avec une potée au chou rouge et châtaignes.

    C’est vraiment passionnant – et une opportunité rare et précieuse – de pouvoir goûter des vins qui ont été conservés au-delà de leur « espérance de vie » raisonnablement projetée à vue humaine (voir les CR publiés en parallèle courant mars 2024 sur les fils du Caveau Bugiste et de Franck Peillot). Je remercie ici celui – il se reconnaîtra ? – qui les avait achetés à l’époque grâce à une sélection très sûre, et qui m’a permis de confirmer, près de vingt ans plus tard, la qualité de production du discret et attachant vignoble du Bugey.

    Philippipipourrah
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    Le stagiaire sévit aussi sur le site internet d’un domaine viticole du Bugey, où il a commis l’emphase lyrique suivante à propos d’une cuvée de pinot noir : 

    « Sa robe rouge cerise et son moelleux souple sauront sublimer la création d’une atmosphère intime et harmonieuse. » 

    Caliente le pinot du Bugey ! Il faut dire que ce vin  est annoncé à boire « à l’occasion d’un dîner en amoureux », et que sa « côte (sic) d’amour » est qualifiée de tout simplement « immense ! »

    Philippipipourrah
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    CR: Franck Peillot – Roussette du Bugey Montagnieu 2004  

    Bouchon en très bon état, imbibé sur 1cm environ. 

    Robe d’un jaune soutenu, tirant vers un joli doré. 

    Le nez exhale une douceur – dans les deux sens du terme : senteur à la fois sucrée et délicate – de miel et d’abricot. 

    La première gorgée surprend agréablement : alors qu’on s’attendait au saut aromatique d’une bouche devenue sèche avec l’évolution, la matière a conservé de manière remarquable une fraîcheur douce, fruitée et ample : cette roussette ne fait pas du tout ses presque 20 ans d’âge ! Seule une petite pointe champignonnesque le rappelle : cette note mycologique le rappellera même de manière insistante, puisque c’est elle que l’oxygénation du vin amplifiera à mesure de l’aération. Le fruit quant à lui sera revivifié à table, avec un plat à la crème. 

    Au final, on est en présence d’un vin évolué qui ne plaira pas forcément à tous les palais. Mais voilà encore une belle bouteille, témoin de la maturation positive étonnante dans le temps des vins du Bugey, blancs comme rouges. On va donc dire :
    – B+ dans l’absolu
    – TB compte tenu de son âge.

    Philippipipourrah
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    CR: Le Caveau Bugiste – Bugey Manicle La cuvée de la truffière 2003  

    Bouteille lourde, à la piqûre particulièrement profonde, pour cette cuvée haut de gamme des rouges du Caveau bugiste (https://www.caveau-bugiste.fr/produit/manicle-rouge-cuvee-de-la-truffiere/).
    Bouchon souple en parfait état, juste marqué sur sa base. 

    La robe arbore une couleur rouge un peu ternie et tirant sur un léger orangé. 

    Le premier nez fait vin évolué, avec une dominante de fruits cuits, auxquels s’adjoindront rapidement des arômes plus frais – mais fugaces – de viande crue, puis de menthe. Après une demi-heure d’aération, il se stabilisera sur un équilibre profond majoritairement terreux incrusté d’effluves de framboise, et surtout une fraîcheur retrouvée étonnante.  

    Alors que l’olfaction présentait de l’expressivité, la bouche surprend par une certaine dilution. Mais c’est l’effet séquence qui induit cette impression : car le jus se révèle en fait plein et sapide, et sa concentration s’accroît à l’aération. L’ensemble est agréablement fondu, avec une finale tout en douceur qui pinote avec classe. Et après plusieurs heures d’ouverture, ce vin de vingt ans d’âge reste quasi inchangé, résistant avec superbe à l’oxygénation. 

    Est-ce que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur cette page que les vins du Bugey bien nés et bien élevés offraient une aptitude remarquable à la garde ? Si ce n’était pas le cas, je le redis à tout hasard ici…  Ce manicle 2003 (millésime de la canicule, juste, qui titre 13°, ce qui devait être élevé il y a vingt ans) présente une tenue et une fraîcheur épatantes ! 

    TB, really

    Philippipipourrah
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    CR: Franck Peillot – Bugey Montagnieu Mondeuse 2004  

    Bouchon en parfait état, à peine imbibé sur un demi-centimètre. 

    Limpide, la robe arbore une couleur rubis bordée d’une très, très légère orangeaison. 

    Le nez s’exprime sur une aromatique dominante d’humus, de feuilles mortes, où viennent jouer des petits fruits rouges compotés qui percent à mesure de l’aération. 

    La matière en bouche est fondue et fluide, et elle évoquerait davantage un pinot qu’une mondeuse si elle ne présentait pas une petite astringence sécharde en dégustation pure. Ses saveurs sont davantage fruitées qu’au nez, et combinées à des notes terreuses et viandées (si on se retenait pas, on écrirait : le montagnieu 2004 n’est pas mort, il viande encore…). Très jolie persistance étonnamment fruitée (les fruits rouges compotés). 

    Accord idéal avec une tarte aux poireaux y lardons qui gomme l’astringence et rehausse le fruit, et une fois de plus évolution convaincante de ces étonnants vins du petit vignoble du Bugey : le prochain auquel s’intéresseront les amateurs en quête de pépites à prix doux ? (chut, j’ai rien dit ). 

    Conclusion : encore BIEN cette mondeuse bugiste dans sa vingtième année ! Et à boire rapidement une fois ouverte, l’aération prolongée conduisant logiquement à l’évaporation de sa sapidité.

    Philippipipourrah
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    CR: Le Caveau Bugiste – AOVDQS* Bugey Roussette de Virieu 2003 

    * avant 2009 et l’obtention de l’AOC  

    ( Présentation générale de la cuvée par le producteur : https://www.caveau-bugiste.fr/produit/roussette-de-virieu/ )  

    Toute première impression, avant même de la déboucher : la bouteille, de type bourguignonne ventrue, est lourde.
    Le bouchon, qui a quand même 20 ans, est comme neuf ! 

    La robe se pare d’une superbe couleur jaune or foncé tirant sur une teinte ambrée qui évoque presque celle d’un marc. 

    Le premier nez est très doux et gourmand, sur une dominante de pâte de coing, de fruits confits, avec une goutte de miel et de cire. Au bout de quelques minutes viennent s’y joindre des arômes plus tertiaires – et attendus – de sous-bois et de champignon. 

    La bouche surprend en se présentant nettement sèche et moins fruitée, mêlant les fleurs blanches, la paille, la terre humide, le champignon, dans une matière volumineuse qui emplit la bouche et y laisse une longue persistance salivante. Elle aura quand même tendance à devenir légèrement plus diluée et moins précise à mesure de l’aération, sans toutefois que cela ne prétérite un ensemble équilibré et très agréable. Le lendemain en revanche, la dilution et le déficit de netteté auront été accentués de manière plus déplaisante. 

    Voilà donc une belle roussette de 20 ans d’âge (tournure ambiguë passible de MeToo ? -, et encore bien droite aujourd’hui. Alors OK on est en présence d’un blanc clairement évolué, dont le fruité évanescent ne plaira pas à tout le monde ; mais il ne paraît pas sur un déclin menaçant, et son espérance de vie pourrait encore nous étonner : vénérable, mais pas vulnérable !

    Philippipipourrah
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    Je voulais publier un CR concernant un vin nature et cette rubrique me paraissait la plus appropriée, mais je découvre que les échanges sont nourris sur ce fil ! Allez, je m’insère pour livrer mes impressions sur :

    CR: Les Vignes de Babass – Groll N’Roll, Vin de France (Anjou) – Grolleau Noir  

    Bu au verre dans un bar à vins annoncés comme « travaillés dans un profond respect du vivant ». Millésime pas indiqué sur la carte et j’ai pas pensé à le demander, mais a priori tout récent. 

    Un rouge « nature » donc, ce que révèle d’entrée, si on ne le savait pas, sa robe perlante au disque bordé de bulles (et aussi, en amont, le nom de la cuvée, inévitablement funky et cool ). 

    Le nez est… absent, avec juste une odeur dominante de gaz carbonique, et, en cherchant bien, un fruit très discret et surtout indéfinissable… 

    La matière est très fluide, limite diluée (en fait diluée, à chaque fois que j’y reviens), pas spécialement, voire pas du tout fruitée (!), alors que le fruit est en principe l’atout des vins nature… C’est un vin hyper-léger, j’imagine très facile à boire pour quelqu’un qui connaît peu le vin classique, et c’est sans doute – couplé à un indéniable effet de mode – une des clés d’accessibilité de ce type de jus fermenté auprès des nouvelles générations plus habituées aux boissons gazeuses : on pourrait en effet presque parler de « vin-soda » (le sucre en moins) : avec son côté gazeux persistant, on dirait un vin en cours d’élevage, pas encore abouti – ce que présageait déjà sa robe trouble ultra-jeune. Alors oui, il y a de la fraîcheur, ça peut se boire comme une eau pétillante vaguement aromatisée, mais c’est vraiment très peu sapide… Pas de goût déviant heureusement, c’est déjà ça , mais c’est pas cette boisson qui va me convertir aux vins -prétendus- « vivants »… Et quand je lis sur différents sites internet (commerciaux) les qualificatifs de « bombe de fruits frais et croquants », de « jus libre », de « joie en bouteille », de « quel canon incontournable ! », de « c’est putain de beau ! », je reste dubitatif… Perso j’ai eu du grolleau dans le verre, mais je l’ai pas tiré (le gros lot, oui bon). 

    Désolé M. le vigneron (si vous me lisez) pour cette charge contre votre produit. Vos vins, qui sont souvent contingentés ou en rupture sur les sites de vente en ligne, sont visiblement très demandés, et c’est tant mieux pour vous. Mais ce Groll N’Roll ne m’a pas du tout convaincu. J’étais pourtant sincèrement ouvert et disposé à goûter un bon vin nature, avec cet éclat de fruit tant vanté, et je me disais qu’un bar à vin était une bonne adresse pour trouver des échantillons représentatifs qui ne seraient pas servis s’ils n’étaient pas de qualité. Celui-ci semblait donc correspondre aux standards puisque, quand j’ai fait part de mes réserves au serveur, il a eu l’air étonné. Je laisse donc ce jus de raisin fermenté à celles et ceux qui voudront le boire et peut-être même l’apprécier, mais pour ma part je retourne aussi sec aux vins traditionnels qui ont un vrai nez, un vrai goût, et une vraie texture de vin !

    Philippipipourrah
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    CR: André & Mireille Tissot – Arbois Sélection 1989

    Bouchon souple en parfait état.
    Belle robe d’or.

    Il y a une dizaine d’années, ce Sélection 1989 (assemblage 70% chardonnay – 30% savagnin) nécessitait encore un débouchage deux à trois jours auparavant, suivi d’un carafage de plusieurs heures, pour faire redescendre à une altitude buvable son acidité stratosphérique (cf. par exemple https://lapassionduvin.kinsta.cloud/jura-et-savoie/38237-cr-le-jura-tour-fan-des-annees-80#837670, le vin n° 5).

    J’ai donc été surpris dernièrement de le découvrir accessible et agréable dès l’ouverture de la bouteille : l’acidité est très peu présente, et les arômes d’agrumes (ascendant grand-marnier) s’expriment davantage sur le côté suave d’une orange douce, plutôt que sur l’agressivité hérissante d’un jus de citron !

    A l’ouverture, la matière est fluide, voire mince – et même limite aqueuse -, mais elle retrouve du corps à l’aération.

    Cet assemblage jurassien chardonnay-savagnin de type « Tradition » se livre aujourd’hui tout en douceur, son fond de puissance, encore perceptible, s’étant assagi avec les années.

    Très bon – et au final c’est quand même après 2 jours d’ouverture qu’il était le plus épanoui.

    Philippipipourrah
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    Dix ans après (!), j’exhume ce sujet pour signaler la chose suivante :

    Dans la série « l’accord local est toujours à envisager car il fonctionne (très) souvent », j’ai récemment expérimenté l’alliance positive entre une viande rouge avec une sauce au Bleu de Gex d’une part, et un Manicle (également rouge, et de cépage pinot noir) Cuvée des Rocailles 2022 du Caveau Bugiste d’autre part : en dégustation pure, celui-ci se présente souple – bien que dense et concentré, millésime aride oblige. Au contact de la sauce au bleu, il ne se raidit pas, ne se crispe pas, ne se cabre pas : tout au plus relève-t-on un très léger rehaussement de l’astringence du vin. C’est bien connu : ce sont les esprits qui font preuve de souplesse qui favorisent les meilleurs accords… Ce dernier est donc réussi, à l’honneur de ces deux proches régions rhônalpines que sont le Pays de Gex et le Bugey.

    Philippipipourrah
    Participant

    CR: Vincent & Sophie Morey – Santenay blanc 1ER Cru Passetemps 2015

    Robe d’un jaune devenu plus soutenu avec les années.
    Superbe nez immédiatement expressif offrant un mix très charmeur d’arômes fruités-miellés-briochés-cirés.
    La bouche est dans le même registre sapide super-gourmand, avec des notes d’évolution plus perceptibles au goût qu’à l’olfaction. Corps plutôt ample et longue persistance.
    TTB 

    Dernière bouteille du carton acheté au domaine au printemps 2017, et la plus épanouie. Cependant, je traîne pas trop pour boire mes bourgognes blancs (les villages en tout cas) du très solaire et très riche millésime 2015, dont certains se sont malheureusement déjà amollis de manière écoeurante…

    Philippipipourrah
    Participant

    N’ayant pu participer au Jura Tour de ce week-end (ouin), je me suis – modestement – consolé en buvant un

    CR: Domaine Daniel Dugois – Arbois Trousseau Grevillière 2018

    Réduction à l’ouverture.
    La matière, qui était encore épaisse et rugueuse il y a environ une année, s’est agréablement assouplie. Elle demeure toutefois astringente.
    Les saveurs offrent un fruité plutôt discret, avec des arômes surtout sauvages, sur le cuir, et des notes animales (mais nobles, hein !)  Voilà une bouteille pour amateur de rouges du Jura
    Beau trousseau agréable dès maintenant, et à attendre en confiance pour qu’il délivre tout son potentiel.

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