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- 4 mars 2025 à 20h27
- in reply to: Recherche bonnes adresses autour de Tours
Les brocanteurs, L’idé’hall (https://lideehall-restaurant.fr/) , le casse cailloux, ou encore Pia si tu veux une excellente pizza (https://www.chezpia.fr/) ; dans tous les cas réserver.
Nicolas
- 4 janvier 2025 à 21h24
- in reply to: Les Joyeux Turons : la Story
Marc, le dernier morceau de foie gras a fini pour lier la sauce ; c’est peut-être ça…?

Nicolas
- 4 janvier 2025 à 20h56
- in reply to: Les Joyeux Turons : la Story
Nous nous retrouvons donc pour le réveillon du 31. La sélection des vins a été assez rapide et on a vraiment tapé dans le premier choix de nos caves respectives. Pour le solide, menu gargantuesque composé ensemble et réalisé de mains de maîtres par Harry et Emmylou qui ont passé la journée en cuisine à tout préparer.
Il est 21 heures, on attaque !
Champagne Cristal Roederer 2002 60% de Pinot Noir et 40% de Chardonnay : bulle fine, élégante, nez assez réservé, floral. Je suis d’abord dérangé en bouche par un dosage un peu appuyé (ce qui a mon avis n’est pas le cas), mais qui s’estompera au fur et à mesure. C’est bien fait, mais presque quelconque au regard du positionnement tarifaire de cette cuvée. Il y a des agrumes, un touché de bouche crémeux mais le vin n’apporte aucune émotion particulière ; un duo de caviar français (osciètre et baeri) ne réussira pas à le faire décoller. La comparaison avec les 2 autres bulles qui vont suivre sera sans appel.
Champagne Selosse « Le bout du Clos » dégorgement février 2015 : robe dorée aux nets reflets orangés. Belle bulle qui participe au dynamisme du vin. Nez sur l’orange amère, les épices. On retrouve cette aromatique en bouche, complétée par des notes médicinales, puis au réchauffement les fruits à coque, le pain chaud et une légère touche oxydative (curry), discrète par rapport à ce à quoi on aurait pu s’attendre. Un vin qui ne va cesser de s’imposer tout au long de la soirée. Regoûté sur les fromages, c’est toujours un régal. Grand Vin !
Champagne Krug -Grande Cuvée 160ème édition (base 2004 (65%)) ; Le Krug ID nous donne : 44% PN, 33% chardo 23% PM ; 121 vins de 12 années différentes ; plus ancien 1990 ; Mise en bouteille 2014. Là encore très belle bouteille, parfaite sur le foie gras. Ensemble très vineux, sur des notes pâtissières, briochées, le grillé (fruits à coques torréfiés) ; un peu moins complexe que le Selosse mais avec une grosse densité de vin. A la fois confortable et énergique, longueur magistrale.
On passe aux 3 blancs prévus au programme ; tout d’abord, sur un gravelax de truite :
Vin de France Richard Leroy « Les Noëls de Montbenault » 2008 : Là encore grosse densité de vin, dynamisme dans un ensemble très harmonieux, dominé par les agrumes (citron) et un toucher de bouche crayeux. Grosse acidité évidemment. Notes de fruits blancs (coing, poire) au réchauffement. Très beau.
On poursuit sur un filet de turbot, purée de topinambours, pieds de mouton, émulsion de lait se soja infusée au lard (miam !) avec un :
Domaine Arnaud Ente Puligny-Montrachet 1er Cru Les Referts 2008 : vin à l’aromatique assez discrète par rapport à ce que j’en attendais. Sur un joli fond réduit/grillé, un profil floral (aubépine) et citronné, mais qui ne se livrera jamais totalement tout le long de la soirée. Cela reste néanmoins très joli, beaucoup de finesse, assez proche finalement du vin précédent avec peut-être une précision aromatique cristalline supérieure mais moins de puissance. Je reste sur ma faim car j’adore le domaine, mais ça reste quand même très très bon.
Le vin suivant, servi sur des ris de veau aux morilles, est comme une synthèse des 2 précédents, et va faire l’unanimité autour de la table ; il s’agit de :
Domaine Coche-Dury Meursault 1er Cru « Caillerets » 2011 : on retrouve le côté réduit/sésame grillé typique des vins du domaine de cette période, mais pas du tout dominant venant juste soutenir un ensemble dynamique et harmonieux sur les agrumes, les fleurs blanches et la craie. Le vin est d’une grande pureté en bouche et s’étire sur une longue finale toute en tension. Remarquable !
A ce moment-là une pause s’impose ! Je ne sais plus trop si nous sommes encore en 2024 ou déjà en 2025 mais une petite visite de la cave pendant que le plat suivant (filet de bœuf en croûte briochée, potimarrons et cèpes) cuit, sera salvatrice pour mon estomac. Le premier rouge sera donc servi sans accompagnement, en transition. Il s’agit d’un :
Gevrey Chambertin 1er cru Clos Saint Jacques domaine Armand Rousseau 2002 : Un vin qui fait encore jeune malgré ses plus de 20 ans, sur de beaux arômes de fruits rouges et noirs, de ronce, de végétal noble. Il arrive à faire la synthèse entre une gourmandise évidente et une complexité d’arômes remarquable. C’est vraiment magnifique. L’équilibre est top et les notes de ronce évoluent vers d’autres épicées en finale.
Domaine Lalou-Bize Leroy Vosne-Romanée 2004[/color][color=#d35400″> : pour mémoire, il y a du Richebourg, Romanée St. Vivant, Vosne 1er Cru Brulées, Beaumonts et Genaivrières village assemblés dans ce 2004. Je n’ai pas encore eu la chance de gouter certains domaines iconiques dans la Bourgogne actuelle (Bizot ou Lachaux par ex), mais en l’état, je trouve aux vins rouges de LBL une touche unique absolument géniale qui nous transporte à chaque fois qu’on croise une bouteille. La robe est diaphane, le nez est fait d’un délice d’épices, de pot-pourri, de fleurs rouges, de fraise écrasée… On retrouve ces notes en bouche, avec beaucoup de pureté et de netteté. Exceptionnel. Grand Vin.
Le vin suivant présente quelques similitudes avec le Leroy, couleur et intensité de la robe, notes épicées (orientales ici) et fraise écrasée au nez. Ceci est complété par de l’orange sanguine, et un peu de pruneau. Il s’agit donc d’un Châteauneuf-du-Pape Château Rayas 2008 archétypal dans sa présentation, sans que cela ne soit un instant péjoratif. Millésime hyper réussi au domaine, là encore grande régalade, juste un peu trop chaleureux (alcool) par rapport au vin précédent en termes d’équilibre. Je pourrais renvoyer ici vers les derniers CR publiés sur cette bouteille, on l’a goutée exactement de la même manière. Superbe.
Notre traditionnelle resucée (copyright à Jull) de l’ensemble des vins + la Coulée de Serrant de la veille (qui aura peu évoluée) accompagnent le plateau de fromages.
Pour le dessert, on a commandé des bûches aux fruits chez Nicolas Léger, pour accompagner les 2 sucres dont j’attendais énormément, puisque ayant déjà eu la chance de les gouter, ils font tous les 2 partie du top 5 (peut-être même top 3) de mes plus beaux liquoreux. Malheureusement une des 2 bouteilles ne sera pas au niveau attendu. Il s’agit d’un :
Sauternes Château d’Yquem 1983 : la robe est hyper sombre, avec juste quelques reflets acajou donnant à l’ensemble un aspect pétrolé, comme on peut en avoir sur les Don PX par exemple. La bouche est dominée par des arômes torréfiés, en particulier de café, mais les notes fruitées (agrumes confits) manquent cruellement. Je ne retrouve pas non plus l’acidité qui m’avait marquée dans la première bouteille croisée il y a environ 6 ans, et qui, moi amateur de chenin, m’avait fait adorer ce vin. A noter tout de même que regouté le lendemain midi, le vin se présentera mieux sans toutefois atteindre les sommets espérés.
On termine avec un Vouvray Domaine du Clos Naudin (Ph Foreau) Goutte d’or 1990 : Le premier nez est marqué par des arômes de truffe noire, assez intenses, puis par le pruneau. A l’aération, le vin va dérouler toute sa complexité aromatique allant des fruits rouges aux épices orientales, en passant par la pâte de coing et les raisins de Corinthe. Grande bouteille ; tout juste peut-on noter un léger déficit sucre/acidité, avec une acidité peinant à contrebalancer les 360 g/L de SR. Là encore, le lendemain midi, ce petit défaut sera moins évident.
Voilà, il est 4h30 en 2025, il est temps de se remercier pour cette soirée mémorable (en particulier big up aux cuistots !!) et d’aller se reposer. Une année qui aura donc commencé sur les chapeaux de roue !
Bien cordialement,
Nicolas- 3 janvier 2025 à 23h28
- in reply to: 2024 : coups de cœurs, émotions et flops
A mon tour de dresser un petit bilan de l’année 2024 au travers de quelques bouteilles reflétant des beaux moments de dégustation, autant que de partage et d’amitié !
Les Bulles :
Selosse Lieu-dit « Le bout du Clos » dégorgement février 2015 : pour le réveillon du 31 (CR à venir). Superbe !
Krug Vintage 2006 : au Grand Tasting, m’a rappelé le 1995, alors que j’ai trouvé raté le 2011 bu en parallèle.Les secs : Une année à chardo (ou assimilé !) !
Bourgogne Aligoté « Sous Chatelet » Auvenay 2008/2009 : le 2008 a enfoncé le Montrachet de Prieur à la soirée 2008 des Turons et le 2009 nettement au-dessus du Clos 2005 de Raveneau. Dommage que le stock soit quasi épuisé…
Chassagne-Montrachet 1er Cru « Dent de Chien » Morey-Coffinet 2010 ; parfaitement à point !
Bâtard-Montrachet Leflaive 2007 : à la soirée 2007 des Turons, superbe ! (Merci Pierrot !)Les rouges : année faste !
Chambertin GC JL Trapet 2010 à Gevrey à la paulée du roi Chambertin ; la grande classe
Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos-St-Jacques A Rousseau 2002 : pour le réveillon du 31, une gourmandise incroyable.
Château Lafite 1967 : bu en parallèle de Latour du même millésime à la Paulée des Turons ; rarement croisé un Bordeaux avec cette « classe décadente », top (Merci Harry et Emmylou).
Haut-Brion 1988 : Grand Bordeaux à parfaite maturité, grande boueille ! (Merci Harry et Emmylou)
Jamet Côte Brune 2003 : bue au pays du pinot à Gevrey en novembre, une évidence de Syrah (Merci Pierrot bis)
Gevrey-Chambertin & Vosne-Romanée Bize-Leroy 2004 : niveau grand cru (ça tombe bien, y’en a dedans). Merci Pierrot ter (Pierrot épouse moi !)
Rayas 2008 : grande réussite au domaine (merci Jull, on va juste rester amis si ça te va ?)
Echezeaux DRC 2008 : Merci Bastien !Les sucres :
Vouvray Goutte d’Or 1990 Clos Naudin (Ph Foreau) : un classique toujours magique, merci jull !Mes coups de cœur à prix doux (< 15€) : Domaine Dureuil-Janthial Bourgogne Aligoté 2020
Hautes-Côtes de Nuits Noellat-Cheurlin 2019
Vin de France (Vouvray) « Fines en Bulles » Damien Pinon 2020-2021Découvertes ou confirmations :
Domaine Simon Bize Savigny-lès-Beaune : au top en blanc comme en rouge, grande régularité d’une cuvée à l’autre et gros potentiel de garde ; bravo !
Domaine Benoît Lalanne « Les Noëls de Montbenault » 2022 : 1er millésime délicieux
Domaine Dandelion : surtout les rouges (hautes-côtes Nature, Aube, Sur la plage…) sur 2022 et 2023 : magnifiques !
Domaine Pascal Pernot, Gevrey : beaux 22 et 23 également : domaine sympathique et modeste, à suivre.
En Champagne : la gamme des Frères mignon (merci Dim pour la découverte !)Et une déception pour finir…
La gamme des 23 chez David Duband (désolé mon Didier), tout simplement pas au niveau selon moi et quelques autres Turons.Excellente année 2025 à tous, bonheur, santé et belles quilles !
Nicolas- 31 décembre 2024 à 22h14
- in reply to: Les Joyeux Turons : la Story
J’espère que ce ne sera pas qu’une bonne résolution de nouvel an abandonnée après quelques semaines, mais on va essayer de relancer les CR des Joyeux Turons sur LPV… !
L’occasion nous est donnée par le passage en Touraine de nos exilés toulonnais (Harry/Lomax/Blindboxman… et Emmylou) pour les fêtes de fin d’année. On a même pu se caler le réveillon du 31 ensemble, mais ça ce sera pour le prochain CR ( !).
On se retrouve à la maison dès la veille du réveillon avec quelques Turons pour les retrouvailles.Champagne Thibault Tassin Brut Nature « Les Fioles » Blanc de Noirs 2020 : Robe soutenue, très marquée pinot comme le nez sur les fruits rouges, les fruits à coque. Bouche vineuse, belle matière, finale dynamique. Pour moi un lien de parenté avec Ulysse Collin, avec quand même un peu moins de vin. D’ailleurs bizarrement, le champagne s’éteint un peu avec des toasts de foie gras.
Champagne les Frères Mignon Grand Cru Cramant 2017 : robe plus claire, sur un léger doré. Profil totalement différent du précédent (normal c’est un Blanc de Blancs), très apéritif sur les agrumes mêlés à des notes crayeuses. Finale florale, belle tension également.
Deux belles bulles pour commencer.
Domaine Jean-Paul et Benoît Droin Chablis 1er Cru Montmains 2014 : une nouvelle fois très belle réussite du domaine. Robe brillante et assez pâle. Nez iodé et citronné, pas de notes de croûtes de fromage. La bouche va énormément gagner au réchauffement et à l’aération pour donner une sensation de volume et étirer la finale. Elle développe aussi des nuances fumées que j’associerais au vieillissement. Top.
Domaine Thibaud Boudignon, Anjou blanc, A Françoise 2014 : Robe assez pâle également. Vin d’abord discret voire restrictif dans son expression, au nez comme en bouche, sur des arômes citriques et réduits. Là encore l’aération va lui faire du bien. On retrouve une matière plus ample, les marqueurs aromatiques (fruits blancs) du chenin s’affirment. La finale est d’une longueur plus que respectable. Très beau également.
Domaine Helicon, Vin de France, Frénésie 2021 : là ça se gâte… pour moi c’est (légèrement) déviant, mais déviant quand même, volatile, limite alcool à brûler, notes oxydées… Un peu de coing pour sauver l’ensemble mais la bouteille restera au 2/3 pleine (à 7 buveurs) ; c’est un signe qui ne trompe pas. A revoir pour moi.
On passe aux rouges avec une pintade fermière rôtie.
Domaine Philippe Pacalet, Chambolle Musigny 1er Cru 2012 : première fois que je goûte ce domaine, et assez emballé je dois l’avouer. Elégante expression aromatique au nez, floral, limite pot-pourri. Bouche à l’avenant, soyeuse et bien mûre mais avec une acidité qui amène de la relance et étire la finale. C’est très harmonieux et équilibré. Bouteille qui a fait l’unanimité.
Domaine Sylvain Pataille Marsannay Clos du Roy 2019 : robe bien brillante. Nez ouvert, un peu moins complexe que le précédent mais très charmeur, sur les fruits rouges. Bouche très accessible d’emblée ce qui me surprend vu le millésime. C’est hyper digeste et gourmand, tout en gardant une matière tout à fait satisfaisante. Belle bouteille également.
Domaine Duroché, Gevrey Chambertin 2018 : vin plus mate, moins éclatant que les 2 précédents. Pourtant ce sont des qualités que l’on a l’habitude de retrouver dans les vins du domaine qu’on a pu croiser. C’est bon, mais plus « ennuyeux » en l’état, un peu trop monolithique sur le côté solaire du millésime. Légèrement refroidi, j’ai trouvé que le vin regagnait en gourmandise et dynamisme, avec des notes de fruits rouges (framboise) plus éclatantes. Ça reste néanmoins un beau vin.
Avec les fromages, Domaine de la Coulée de Serrant, Savennières, Coulée de Serrant 2005 : Belle robe assez soutenue mais encore jeune. Aucune déviance aromatique sur cette bouteille. En revanche, le côté mûr du millésime marque le vin avec une vendange sans doute réalisée à très haute maturité. Dans le verre, ça se traduit d’abord par une perception d’alcool qui déséquilibre l’ensemble, couplée à une sensation de SR. Les jolis arômes de chenin (pâte de coing, tilleuil) sont présents mais la sensation d’alcool empêche pour moi tout plaisir en l’état. A regoûter ce soir, je garde espoir que le vin s’apaise et gagne en harmonie.
Domaine Zind Humbrecht, Alsace Grand Cru Riesling Vieilles Vignes Brand 2010 : index 3 de sucrosité, donc équilibre demi-sec (33g de SR) qui s’accordera parfaitement à une salade de fruits exotiques. Pour moi le vin de la soirée. Belle robe brillante et légèrement ambrée. Nez intense mêlant les agrumes confits et les arômes terpéniques. Bouche traçante, harmonieuse, rafraichissante. Excellent et en a encore sous la pédale.
Voilà pour ces retrouvailles ! On a passé une belle soirée qui devrait être suivie par une autre… En même temps que je termine ce texte, Harry s’affaire en cuisine et de sympathiques odeurs commencent à pointer le bout de leur nez ; affaire à suivre…
Excellent réveillon à tous,
Nicolas- 17 octobre 2023 à 23h53
- in reply to: Les Joyeux Turons : la Story
Petit retour sur un repas automnal entre Turons.
Et on entre directement dans le vif du sujet avec quelque chose qu’aucun LPVien n’a jamais gouté, et ne goutera sans doute jamais !
Bernache 2023 du Compte Marc !
3 bouteilles produites, dégustée en présence de ses 2 géniteurs : Jull le vigneron et Hervé qui a été cueillir dans la semaine quelques grappes restantes pour nous concocter cette mise en bouche digeste, fraîche sur la poire d’avantage que la pomme, du sucre et de l’acidité, bulle apéritive, notes de thé presque tanniques. Très agréable en faisant un tour de cave à discuter avant de passer à table.
On attaque l’apéro (saucisson truffé, boutargue, feuilletés chorizo et chips à la truffe) par :
Champagne Bollinger Grande Année 2002 : j’avais lu le CR récent des Normands rapportant une bouteille décevante. Celle-ci était très belle, vineuse à souhait, évoluée sur la noix, le curry, le pain grillé, les fruits mûrs. Assez riche également, très belle longueur ; un régal !
On continue avec une seconde bulle du même millésime mais plus locale : Vouvray Réserve Méthode Traditionnelle 2002 Du domaine Foreau (la bulle du vin d’honneur de mon mariage, n’est-ce pas Jull ?) : là aussi superbe, pas fatiguée pour un sou, très marquée chenin sur les fruits mûrs (nez qui pourrait presque faire penser à un moelleux avec des bulles), la minéralité presque crayeuse, une bulle encore vive et énergique. Bravo au domaine !
On passe à la première entrée : cèpes « bouchons de champagne » en carpaccio et rôtis entiers, chantilly citron vert, noisettes torréfiées et tuile de parmesan.
Jull nous sert un blanc qu’il a depuis longtemps en cave et qui pourrait bien coller avec les champis. C’est évolué mais encore parfaitement tendu, avec des notes champignonneuses justement, une évolution sur une sorte d’austérité froide, une belle mâche et une jolie concentration. Très bel accord avec ce St-Aubin 1er Cru d’Hubert Lamy « En Remilly » 1999.
Je sers un autre chardo, pour continuer : Meursault les Tessons du Domaine Pierre Morey 2016. Fait débat. Moi j’aime, beaucoup même, d’autant qu’à l’ouverture j’avais trouvé un vin un peu « old school », beurré mais manquant de peps. Là, ça c’est bien retendu tout en gardant une belle concentration ; profil archétypal du joli Meursault pour moi (qui suis le seul à ne pas être à l’aveugle…). A la levée de la chaussette, Jull me dit qu’il en aurait attendu davantage notamment au regard du 2008 qu’il a toujours gouté remarquablement.
Le blanc suivant, servi sur des langoustines, va réconcilier toute la table. Equilibre d’école, tension saline et grosse concentration. Wouah !! Un vrai plaisir de dégustateur. Un vin évident et parti pour encore quelques années. Parfait compromis entre une aromatique épanouie et une structure qui confère au vin une personnalité évidente. La longueur n’est pas en reste. Ce Montlouis 2007 « Le Volagré » de Stéphane Cossais sera le vin du repas pour tous.
Hervé nous sert un dernier blanc pour faire la paire. Sur le papier la comparaison est intéressante mais ce Savennières « L’Enclos » 2008 d’Eric Morgat est beaucoup trop riche et exubérant arômatiquement pour les langoustines. Profil exotique qui pourrait aussi nous orienter sur un Jurançon. Il y a du vin mais là il n’est pas à sa place sur ce plat et dans la série.
On passe aux rouges, qui vont être servis sur un filet de biche sauce Grand Veneur, purées et cèpes.
Le premier vin a un nez superbe de profondeur et d’austérité, sur un profil entre 2 âges, qui pourrait nous orienter en bouche sur un Bourgueil de belle origine, mais des notes poivrées ma ramènent en Rhône Nord et je tente un St Jo 2016 ; C’est 2015 St Joseph de François Dumas. Notes poivrées, belle fraicheur de fruits noirs, encre. Très beau.
On passe ensuite à un Pomerol, Vieux Château Certan 1988. Encore très abordable, profil tertiaire évidemment, peut-être un léger creux en milieu de bouche, mais ça reste un magnifique vin de repas avec des arômes de sous-bois, boîte à cigare, fruits noirs. Très bien.
Jull nous sert ensuite un Beaune 1er Cru « Les Grèves » de David Croix 2018. Enfin oui… enfin non, la levée de la chaussette révèlera un Corton Grèves 2018 du Domaine des Croix ! Petite inattention lors du choix des apports ! Et ceci explique sûrement qu’on l’a gouté plutôt austère et entre 2 âges. Autant le Beaune semblait être une pure gourmandise en jeunesse, autant cette bouteille, même si sans défaut majeur, est actuellement loin de son apogée (j’ai évoqué une belle syrah type Hermitage mais trop jeune), et suggère davantage son potentiel qu’un réel plaisir.
On passe au dernier rouge, toujours en Côte de Beaune. Il s’agit d’un Beaune 1er Cru « Grèves, vignes de l’enfant Jésus » Bouchard Père & Fils, 2010. Cette fois le vin exprime pleinement l’élégance du pinot à maturité, dans un registre moins immédiat que dans sa jeunesse, mais il donne la sensation d’un vin aujourd’hui parfaitement en place, aux arômes complexes floraux, de ronce, et profond. Un vrai plaisir.
Fromages et retour sur les vins précédents.
Le premier dessert (un « Rocher » du pâtissier tourangeau Nicolas Léger, une tuerie !) est accompagné d’un Don Pedro Ximenez 1988 en demi-bouteille, avec sa robe visqueuse « d’huile de vidange » caractéristique. Complexe à souhait sur le cacao, le café, la figue, le pruneau, mais aussi les agrumes confits. Malgré la richesse en bouche, la finale portée par une redoutable acidité évite la sensation de saturation. Très joli également, et avec un potentiel de garde quasi infini.
On termine avec une tarte fine aux pommes de la même provenance. L’occasion de voir où en est le Vouvray Compte Marc Patiemment 2018 (seul millésime de sucre produit par Jull), après quelques retours décrivant des bouteilles un peu fatiguées prématurément (dont la dernière que j’avais ouverte il y a environ 1 an). Et bien celle-ci est superbe, avec une magnifique expression de fruits jaunes confits, notes de coing, quelques épices mais léger ; et surtout une richesse parfaitement équilibrée par l’acidité. Même si pour moi ça reste un cran en deçà de la Réserve de Foreau du même millésime, encore beaucoup de plaisir avec ce dernier vin.
Voilà il est temps de se dire au revoir, de se remercier chaleureusement pour ces beaux moments passer ensemble. Et vivement la prochaine !
Merci de m’avoir lu,
Nicolas- 17 octobre 2023 à 23h15
- in reply to: Les Joyeux Turons : la Story
Oui, j’ai voulu m’essayer à illustrer avec qqes photos ; et j’ai tout perdu…
Je refais ce soir !
Nicolas
- 17 octobre 2023 à 22h25
- in reply to: Les Joyeux Turons : la Story
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- 25 mars 2023 à 20h53
- in reply to: Domaine Bernard Baudry
CR: Bonjour à tous,
Visite annuelle au domaine Baudry à Chinon. Matthieu aux US, et Bernard qui nous rejoindra en fin de matinée, la dégustation a été effectuée avec une employée du domaine dont je n’ai pas retenu le nom, impliquée plus particulièrement dans le travail à la cave, et qui nous a parfaitement accompagnés durant les 3 heures de visite.
On commence par le rosé 2022 qui vient d’être mis en bouteille, nez engageant de bonbon acidulé et fruits rouges. Bouche équilibrée, sur les arômes du nez, avec une belle acidité qui contrebalance la puissance. Parfait compagnon des apéros d’été.
Granges 2021 : le côté frais du millésime ressort, pas de défaut majeur mais pas non plus de coup de cœur pour ce 1er rouge à la finale un peu courte. Sa relative faiblesse sera soulignée par le vin suivant.
Domaine 2021 : on franchit un vrai pallier qualitatif. Le vin est à la fois facile et soyeux, toujours sur la fraîcheur et une belle pureté de fruit acidulé, type groseille. Léger trait végétal mais sans signe de sous-maturité, soulignant plutôt un côté presque nature dans le profil du vin. RQP remarquable
Grézeaux 2021 : profil dans la lignée du vin précédent, mais en plus précis et ciselé. Touché de bouche crayeux, on retrouve les baies rouges acidulées auxquelles s’ajoute une note marquée sur la finale de poivre gris. Belle réussite sur un profil toujours un peu austère en millésime froid sur cette cuvée.
Guillot 2020 : On change de millésime et là encore on franchit un palier qualitatif assez net. Vin complet, sur un fruité mûr et d’une belle gourmandise en attaque. La finale me semble en revanche sécher un peu en l’état.
On continue la dégustation à la cave pour goûter sur cuve ou sur fût :
Croix Boissée 2020 (cuve après passage en fût) : la robe est beaucoup plus intense et mate que celle des vins précédents. Grosse matière en bouche, soyeuse avec des tannins très fins. Arômes de fruits noirs (mûre notamment) au nez comme en bouche, auxquelles s’ajoutent des notes d’épices. Très prometteur.
Guillot 2021 (cuve) : en l’état je l’ai préféré à son aîné gouté quelques minutes plus tôt en bouteille. Sur un profil assez proche mais sans cette finale assez serrée, avec au contraire une pureté de fruits rouges qui portent le vin sur la longueur. A suivre également
Croix Boissée 2021 (fût) : Moins concentré et moins mûr que le 2020, mais sans aucune trace de sous maturité pour autant, plutôt un côté frais et digeste qui tranche avec les derniers millésimes, avec toujours présents sur 21 les fruits rouges (plus concentrés malgré tout que sur les autres cuvées) et le poivre. La finale laisse une emprunte crayeuse très élégante sur la langue.
On retourne dans la pièce de dégustation pour terminer avec 2 vins plus anciens (à l’aveugle) :
Grézeaux 2008 : beau nez d’où ressortent des arômes tertiaires, sous-bois et tabac frais. Bouche plus compliquée, marquée par une grosse trame acide, qui conjuguée à une sécheresse un milieu de bouche, donne à l’ensemble un côté austère en dégustation pure. Sans doute serait-il intéressant de regouter ce vin après quelques heures d’aération.
Croix Boissée 1997 : Ça c’est à mon goût ! robe évoluée, évidemment, nez ouvert et engageant sur le cigare, le cuir, les fruits mûrs et le sous-bois (feuilles séchées, pas champignon). Bouche remarquable d’équilibre sur les mêmes arômes, auxquels s’ajoute le poivron rouge presque grillé, en tout cas très mûr, qui confère à l’ensemble un côté très sexy. Ça me rappelle en plus évolué un Noiré 2010 de Philippe Alliet bu l’été dernier avec Jull et Hervé. Bernard Baudry nous expliquera que ce millésime 1997 lui a fait passer quelques nuits blanches car, après avoir rentré une très belle vendange, plusieurs fûts sont partis en vinif sur des notes d’oxydation ou de vieillissement très prématuré (type cuir, pruneau), mais qu’au final, le vin a favorablement évolué, ce que cette bouteille confirme assurément.
Une visite qui confirme si besoin en était la qualité et la régularité de ce domaine phare de Chinon, avec une gamme de crus très bien construite, qui illustre de façon remarquable la palette des terroirs de l’appellation.
On en n’a pas encore fini avec ce domaine pour cette année, puisqu’une verticale de Croix Boissée est prévue dans quelques semaines en présence de Matthieu Baudry. A suivre donc…Bon WE,
Nicolas- 12 mars 2023 à 23h17
- in reply to: Les Turons font le Tour du monde en 14 pinots
Bonjour Ralf,
Pour le Storm, il s’agissait de la cuvée « Vrede ».
Bien cordialement,
Nicolas- 10 mars 2023 à 4h05
- in reply to: Les Turons font le Tour du monde en 14 pinots
Bonsoir Sven,
Pour le vin de Markus Molitor, il s’agit bien de la première cuvée, et pour le Friedriech Becker, il s’agit du Spätburgunder « Gutswein » (étiquette bordeaux),
Et oui, je confirme le Franz Keller comme la découverte RQP de la soirée !!
Bonne soirée
nicolas- 10 mars 2023 à 2h33
- in reply to: Les Joyeux Turons : la Story
- 26 mai 2022 à 13h33
- in reply to: Soirée Thématique Nuits Saint Georges 2017
Bonjour Martin,
Ayant pris part à cette soirée, je tente une réponse qui n’engage que moi !
Je prends actuellement et depuis leur sortie bcp de plaisir avec les pinots bourguignons 2017, accessibles, faciles et surtout très gourmands, avec un beau fruit, sur des équilibres frais et digestes. Un peu dans le profil du millésime 2007 pour moi, pas forcément encensé à sa sortie mais qui au final a livré pas mal de jolies bouteilles. Je pense que ce seront des vins prêts à boire sans doute un peu plus tôt que la moyenne, mais sans non plus se précipiter pour les meilleurs crus.
Pour en revenir plus précisément à notre thème sur les NSG, j’ajouterais que les meilleurs climats nuitons participeront peut-être à allonger cette garde et le potentiel de ce millésime, comparativement à d’autres secteurs de la côte de nuits. En tout cas vendredi dernier, beaucoup de vins présentaient un potentiel d’évolution assez important et il n’y a à mon sens aucune urgence à ouvrir les plus beaux crus.bonne journée,
nicolas- 30 janvier 2022 à 19h45
- in reply to: Re: Les Champagnes de l’Aube…
CR: Champagne Rémi Leroy blanc de noirs 2016
Bulle fine et bien présente. Nez sur le pralin, les fruits rouges (framboises), et les agrumes confits. La bouche est droite, bien équilibrée entre tension et richesse. Le vin donne surtout l’impression que les différents éléments qui la composent sont parfaitement intégrés pour livrer un ensemble très cohérent, qui je l’espère évoluera vers davantage de complexité avec un peu de garde. Longueur correcte, finale vineuse sur les fruits rouges et les fruits secs. Très joli !
- 30 janvier 2022 à 19h43
- in reply to: Domaine Jean-Claude Lapalu
CR: Domaine Jean-Claude Lapalu – Brouilly – Cuvée des Fous 2017
Nez charmeur d’où éclatent les arômes de jus et de gelée de cerise. C’est hyper engageant même si l’ensemble manque de complexité. L’attaque en bouche est fraiche, avec une belle pureté de fruits rouges. Toujours sur la cerise mais pas uniquement. C’est floral, avec une texture à la fois juteuse et soyeuse. Une fraicheur végétale porte la finale qui s’étire toujours sur ces notes de fruits rouges, soutenues par une belle acidité. Une belle gourmandise.
Bien cordialement,
Nicolas- 23 janvier 2022 à 19h11
- in reply to: Ermitage du Pic Saint-Loup
CR: Ermitage du Pic-St-Loup, Pic Saint Loup, Guilhem Gaucelm, 2016
Après une rapide aération permettant d’évacuer une légère réduction, le nez fait ressortir les fruits noirs, du goudron, un côté sanguin et au réchauffement la tapenade. C’est très engageant. La bouche est gourmande, sur les fruits rouges et noirs, fraîche mais avec une matière pleine, lui donnant du volume, et des tannins soyeux. L’ensemble est encore juvénile mais offre déjà beaucoup de plaisir. Finale juteuse, sur des notes épicées (poivre…). Une valeur sûre dans un millésime qui me convainc de plus en plus en rouge, quelle que soit la région (avec des rouges bourguignons qui mettront du temps à se révéler, mais je me disperse…).
Bien cordialement,
Nicolas- 23 janvier 2022 à 19h08
- in reply to: Domaine Thibaud Boudignon, Savennières
CR: Thibaud Boudignon, Anjou, A Françoise 2018
Nez assez mutique, quelques notes citronnées mais discrètes. La bouche est dans la même veine, un peu soufrée, avec du citron bien mûr, et un côté végétal (légère sous maturité ?). En revanche la matière est belle, fraiche et dynamique, offrant une finale salivante donnant envie d’y revenir. Bref une bouteille paradoxale entre une aromatique assez convenue et une matière énergique. Curieux de voir comment l’ensemble évoluera dans le temps…
Bien cordialement,
Nicolas- 16 janvier 2022 à 19h33
- in reply to: Champagne Dhondt-Grellet
CR: Champagne Dhondt-Grellet – Les Nogers Premier Cru Blanc de Blancs 2014 Extra Brut
Dégorgé en octobre 2019
Nez assez discret, d’où émergent les fruits à coque, et le citron confit. Dès l’attaque en bouche, crémeuse et confortable, on change de registre. On gagne en gourmandise, en complexité. La matière est vineuse et enveloppante, mais garde une belle tension. On retrouve la noisette, la pâtisserie, les fruits bien mûrs, une touche florale également. Grosse longueur sur les fruits jaunes et ce côté brioché. Vraiment top !
Bien cordialement
Nicolas- 16 janvier 2022 à 19h30
- in reply to: Domaine Louis Sipp
CR: Domaine Louis Sipp, Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2017
Nez ouvert, dominé par les agrumes (citron jaune et pamplemousse). En bouche, on retrouve d’abord les marqueurs terpéniques du riesling puis les mêmes agrumes qu’au nez, mais avec davantage de complexité, avec notamment des notes de verveine et de gingembre. Pointe saline en finale sur la peau d’agrumes. Le profil du vin reste assez riche, même s’il ne semble pas présenter de SR, mais, en comparaison d’autres riesling 2017 franchement déséquilibrés sur cette richesse, ce vin laisse à penser que les choses sembleraient se mettre ne place après quelques années. A suivre donc…
Bien cordialement,
Nicolas- 9 janvier 2022 à 15h23
- in reply to: Domaine Les Cailloux, Châteauneuf du Pape – A. Brunel
CR: Domaine Les Cailloux, Châteauneuf-du-Pape blanc 2018
Nez ouvert sur les fruits jaunes (pêche), frais. Attaque en bouche vive et fraiche également, sur la même aromatique portée par une acidité bien présente. Puis le vin s’élargit, gagne en volume et en amertume, et développe des notes d’amandes et un peu de miel, qui étirent la finale, portée également par une sensation saline. Un peu d’alcool malgré tout au réchauffement dans le verre. Belle bouteille très abordable et gourmande actuellement. A noter qu’elle avait été « coravinée » il y a 18 mois pour cause de révision concours rvf (environ 5mL), et que ça n’a absolument pas nuit au vin.