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- 9 février 2025 à 21h03
- in reply to: Domaine Pierre-Yves Colin-Morey, Chassagne-Montrachet
CR: Pierre-Yves Colin-Morey, Puligny Montrachet 1er Cru – Les Champs Gains 2020
Couleur d’un jaune pale translucide, aux reflets verts sur le disque.
Le nez manque de pureté aromatique, dominé par un élevage bien fait mais qui à ce stade ne se met pas au service pour sublimer le fruit qui passe au second plan, ce qui me gêne. Sensation chaleureuse trop présente avec un côté éthéré, déjà identifié sur un Meursault Charmes 2019 et 2020 du domaine.
Sensation similaire en bouche avec un ensemble qui se laisse boire mais ne procurant pas un grand plaisir. Cela manque d’expression, de tension, et surtout d’équilibre, l’alcool se fait vraiment trop sentir rendant l’ensemble lourd et peu avenant.
J’avoue être assez dubitatif pour le moment sur mes expériences du domaine, qui concernent cependant des vins peut être bus trop jeunes j’en convient.
Je n’arrive tout de même pas à en voir le potentiel.
- 9 février 2025 à 20h49
- in reply to: Champagne Louis Roederer

CR: Champagne Louis Roederer, Cristal 2014
Robe sur un or peu soutenu et brillant.
Arômes initiaux de réduction qui se dissiperont pour donner un ensemble d’un grand classicisme, sur des notes d’autolyse, de fruits jaunes évoquant une belle maturité et de fruits secs.
En dégustation, rien ne dépasse. La qualité de bulle est à signaler sur une effervescence dynamique mais déjà agréable, on a un beau volume en milieu de bouche et une capacité de relance suffisante pour terminer sur une finale tonique.
C’est très bon mais très conventionnel à ce stade, on a tendance à vite s’ennuyer.
- 9 février 2025 à 20h36
- in reply to: Champagne Selosse
CR: Domaine Jacques Selosse, Champagne Extra-Brut Grand Cru Ambonnay – Le Bout du Clos
Blanc de noirs, Base majoritaire 2015, Dégorgement 02/2022, dosage 0,7g/L
Bouteille bue sans préparation préalable et sans prise de notes particulières.
Aromatique plus marquée par le cépage que par la trame oxydative du domaine, ce qui me plait, j’avoue une préférence chez Selosse pour les blancs de noirs qui vont encore plus loin en terme de complexité et apportent un répondant certain aux notes oxydatives.
On a ici un ensemble tout en subtilité avec un premier verre sur une bulle présente et d’une grande finesse qui semble evanescente, un volume conséquent mais parfaitement contenu dans un jus texturé et soyeux qui déroule sa partition dans un ensemble de grande plénitude.
Les yeux se ferment, l’émotion d’un vin à l’équilibre magistral vous traverse et vous secouera un long moment, vous laissant dans une bulle fictive le temps d’un moment entre vous, votre verre et le vin.
J’attendais un monstre de puissance, j’ai eu une main de fer dans un gant de velours.
Sublime.- 9 février 2025 à 20h05
- in reply to: Domaine des Comtes Lafon, Meursault

CR: Domaine des Comtes Lafon – Meursault – Clos de la Barre 2015
Aromatique expressive d’une grande pureté et précision sur une trame Chablisienne, au travers de fortes notes d’agrumes frais évoquants le zeste de citron jaune, des arômes iodés et salins, qui domineront une trame de fruits blancs en fond avec une touche mentholée qui donnera une belle fraicheur, et des effluves tourbées qui viendront avec l’aération.
En bouche, l’attaque est massive, le volume très conséquent et surprenant mais parfaitement équilibré par une grosse tension qui le porte sur une finale saline tonique et salivante, se terminant sur une note entêtante de yuzu.
Très bel accord avec une brouillade de truffe qui va assagir le vin, qui possède cependant suffisamment de coffre et de tension pour ne pas se faire écraser.
Un régal dés à présent, mais deux à trois années de garde en plus lui seront bénéfique pour canaliser un si gros volume.
Je ne peux que remercier le donateur de cette bouteille que j’ai pu acquérir à prix domaine, tout cela grâce à des échanges nombreux et passionnés dont LPV a été le moteur.
- 4 février 2025 à 0h40
- in reply to: Champagne Krug
CR: Champagne Krug – Vintage Brut 2011
Aromatique encore assez primaire sur une trame globalement fraîche et finement saline, à la bouche très voir trop ciselée à ce stade avec une acidité qui tire sur le citrique et qui semble limite mais qui restera au final le du bon côté (comme souvent sur les dernières mises de chez Krug que j’ai pu boire), donnant un ensemble qui reste cohérent quoique un peu classique. Il y’a une longueur honorable mais qui n’est pas franchement notable tout comme la matière sous jacente. A voir avec l’évolution.
Pour rebondir sur la réflexion de Vinozzi, Krug avait il besoin de millésimer 2011? Vu les qualités intrinsèque du millésime et de cette expérience de dégustation, je ne pense pas.
Dans cette gamme de prix et dans ce qui devient une niche tarifaire, est ce que ce Krug 2011 est meilleur qu un p2 2006 de Dom Perignon pour lequel le prix avoisine les 450 euros? Pour ce que j’en ai bu oui, est ce que je mettrai personnellement le tarif demandé pour les acquérir ? Bien évidemment que non, et cette dégustation me conforte dans cette idée. Pour n’en citer qu’un parmi mes expériences récentes, je leur ai largement préféré et de loin un Cramant de chez Adrien Dhondt qui en dépit d’une belle flambée tarifaire depuis deux ans reste encore accessible… Quand on se console d’une bouteille payée tout de même 100 euros, c’est bien que quelque chose cloche quelque part
.- 3 février 2025 à 2h44
- in reply to: Domaine Gérard Boulay, Sancerre
CR: Domaine Gérard Boulay, Comtesse 2017
Aromatique riche et intense sur un ensemble évoquant les agrumes, la poire et des notes herbacées puissantes (herbe coupée, foin) voire tourbée.
La bouche est dense et trop riche à mon goût, je ne retrouve pas l’équilibre que j’avais aimé sur une bouteille bue en début d’année. Ici l’alcool se fait ressentir sur la deuxième partie et marque un déséquilibre, j’aurai aimé plus d’acidité pour balancer cela.
Bon ça va que l OM a gagné ce soir

- 28 janvier 2025 à 21h29
- in reply to: Jurançon – Didier Dagueneau
CR: Les Jardins de Babylone – Jurançon moelleux – 2015
Il s’agit il me semble du premier millésime tirant à moins de 10 degrés d’alcool (9,5 affiché), volonté du vigneron en stoppant volontairement la fermentation.
Premier nez marquant par son équilibre, entre fraîcheur et évolution douce, sur une trame toujours aussi exotique et affriolante qui vous emmène très loin.
La bouche claque d’entrée, le vin est incisif, ciselé et semble aérien, d’une gourmandise assez incroyable et en même temps d’une grande légèreté, puis une énorme tension l’étire très longuement sur une très longue finale vibrante et salivante.
Je ne sais pas si c’est l’effet volume ( il s’agit ici d’une 75 contre des 50 cls habituellement) ou les degrés d’alcool moindre, ou les deux, mais on a là un très grand liquoreux qui arrive à allier consistance, gourmandise et sapidité extrême, et confirme ce Babylone comme un vin vraiment a part. Je l’ai préféré au 14 bu dernièrement, celui ci monte encore d’un niveau sur l’équilibre global. Chapeau !
- 27 janvier 2025 à 0h10
- in reply to: Champagne Dhondt-Grellet

CR: Champagne Dhondt-Grellet – Cramant Blanc de Blancs
Vieilles vignes de 55 ans, sur une base 2020 avec 30% de vins issus d’une réserve perpétuelle, dosage à 3,5g.
La robe est d’un or clair très limpide.
Le nez est d’emblée enjôleur d’une une grande netteté et précision. Sont évoqués en premier lieu les argrumes frais évoquant le citron yuzu, une note de citronnelle, puis une trame plus iodée et crayeuse donnant une superbe fraîcheur.
La bouche est d’une grande limpidité et sapidité , on a une bulle très Krugienne d’une superbe finesse voire crémeuse qui déroule sa partition, avec une trame ciselée donnant un vin vibrant terriblement crayeux, se terminant par des notes de citron caviar et une salinité persistante déclenchant une forte salivation.
Il aura fallu plusieurs bouteilles pour que j’ai un vrai coup de cœur sur un vin du domaine, c’est chose faite avec ici ce que j’attend parfaitement d’un blanc de blanc de ce fabuleux terroir qu’est Cramant.
- 25 janvier 2025 à 0h41
- in reply to: Champagne Deutz

CR: Champagne Deutz – Amour de Deutz Rosé 2013
Robe saumonée et cuivrée.
Aromatique mêlant élégance et fraîcheur, sur une trame florale et de petits fruits rouges, avec des notes de levures fraîche.
En bouche, le vin déroule tout en finesse, bulle abondante mais agréable et fine, jolie finale finement crayeuse et salivante. C’est franchement très bon avec ce qu’il faut de dosage pour donner de la gourmandise et un côté réconfortant tout en gardant une belle fraîcheur en arrière plan. C’est à mon sens d’un niveau supérieur à la cuvée Amour de Deutz en blanc de blanc.
- 24 janvier 2025 à 2h38
- in reply to: Champagne Marguet

CR: Champagne Marguet, Sapience Oenotheque 2010
Aromatique essentiellement sur les fruits du verger évoquant de la pomme reinette cuite, puis une trame oxydative agréable menant une belle complexité et des notes de sous bois qui viendront avec l’aération.
En bouche, la bulle est bien présente et pas encore parfaitement polie par le vieillissement, et donne une énergie considérable à un vin possédant un sacré volume qui évoluera sur une palette fruité et florale sans aucune notes oxydatives perçues au nez. On a ici un sacré client avec des épaules larges qui se présente sur un profil un peu Egly-Ouriesque m évoquant d’ailleurs un VP. La finale est agréable et gourmande sur une fine sensation sucrée qui lui donne de la gourmandise alors que nous sommes sur un non dosé (mais récolté à pleine maturité). Et comme souvent chez Marguet et encore plus sur Sapience, il y’a ce caractère si particulier non descriptible qui vous donne l’impression d’être rattachée et connectée directement à la terre et à la vigne, et qui en fait un champagne assez unique dans sa présentation.
- 24 janvier 2025 à 2h22
- in reply to: Champagne Krug
CR: Champagne Krug Rosé Années 90
Absence d’identification sur la contre étiquette mentionnant qui s’agit donc d’une base antérieure à 2003, et probablement des années 1990 vu l’étiquette.
Splendide robe cuivrée.
Le nez est une ode à la grâce, d’abord sur une trame fumée qui va rapidement s’estomper pour laisser la place à une palette florale d’une élégance rare. S’entremêleront des notes de roses fanées et d’oranges séchées, puis de cerises et de framboises fraîches, mais également de jasmin et d’amande douce. L’ensemble est changeant à chaque verre et évoque un vin bien plus jeune.
En bouche, la matière allie amplitude et légèreté au travers d’une micro bulle vivifiante encore bien présente mais d’une grande finesse, explosant en bouche pour délivrer des arômes de fruits rouges et d’écorces d’agrumes. Je suis marqué par la fraîcheur assez dingue pour un champagne de plus de 25 ans, le jus est d’une légèreté incroyable et possède une sacré tension qui le propulse vers une finale rafraîchissante qui vous nettoie le palais, sur un équilibre acide / amer dantesque.
Une sacré claque délivrée par ce Krug Rosé, j’avoue que sur les éditions plus jeune je lui ai toujours trouvé une bulle plus abondante et moins fine que les autres gammes de chez Krug, et une longueur plus courte. Force est de constater que la patine de l’âge vient gommer cela et lui donne une capacité de vieillissement assez incroyable, j’aimerais pouvoir le regoûter dans une paire d’année tellement la bulle encore présente et la fraîcheur qui le caractérise semblent pouvoir le mener vers des sommets encore plus haut. Un vin superlatif sur tout les points.
- 24 janvier 2025 à 2h03
- in reply to: Château d’Yquem
CR: Château Yquem 1981
Un repas improvisé m’a donné l’occasion de déguster à nouveau une demi Yquem 1981, mes deux expériences précédentes étant assez différentes.
Sur cette bouteille, je retrouve d’emblée la fraîcheur qui m’avait marqué. L’abricot sera le fil conducteur de la dégustation, au travers d’une aromatique d’abricot confits avec des notes de miels d’acacia qui s’y mélange, un peu de coing et de rhubarbe et toujours une note d’épice évoquant le safran.
En bouche, le vin est sirupeux, la texture délicate et enveloppante, le volume conséquent est parfaitement canalisé par une acidité structurante qui l’étire longuement vers une longue finale pleine de tension et emplie de fraîcheur.
Un vin de méditation qui nous aura procuré un grand plaisir.
- 23 janvier 2025 à 1h48
- in reply to: Champagne Bollinger
CR: Champagne Bollinger, RD 2008
71 % pinot noir, 29% chardonnay, dégorgement 2022.Aromatique de grande classe, intense et précise, d’abord sur des notes de noisettes du Piémont et d’amande douce, de fumée avec un léger gond toasté, avant qu’apparaisse avec l’aération une fine trame iodée qui équilibrera l’ensemble.
En bouche, la bulle est abondante mais d’une qualité de finesse remarquable, lui donnant à l’attaque une grande légèreté avant que le vin ne se dévoile au travers d’un volume hors norme parfaitement contenue par une acidité fine qui l’étirera finement. Le jus se dévoile par strates et prendra rapidement une trame saline et chargée de sels minéraux sur une finale intense qui nous emmènera encore plus loin dans le plaisir.
Un vin hors norme d’une grande énergie et fraîcheur qui sur cet exemplaire se rapproche plus du style d’un Krug Vintage que d’un Bollinger.
Tonicité et complexité sont déjà au rendez vous pour ce qui est déjà un très grand champagne qui encore une fois signe ce millésime dingue qu’est 2008. Pour avoir bu deux RD 2007 l’année passée, l’écart et la différence est abyssale avec ce 2008.
- 12 janvier 2025 à 0h53
- in reply to: Château d’Yquem
CR: Château d’Yquem 1981
Un repas post fête m’aura donné l’occasion de déguster à nouveau une demi Yquem 1981 du même lot que celle bue récemment et qui m’avait fait forte impression.
Sur celle ci, le bouchon s’avéra moisi sur le tiers externe et m’aurai donné du fil à retordre pour finalement l’extirper en un morceau.
Cette bouteille se présentera sur un profil bien différent.
On sent d’entrée un botrytis et une évolution plus marquée avec une aromatique bien moins kaléidoscopique et un peu plus terne.Cela se confirme en bouche avec un jus plus dense et séveux sur des notes de caramel et de miel. L’ensemble se laisse boire mais je ne retrouve ni la fraîcheur ni le dynamisme et surtout cette longueur incroyable qui avait fait de ma précédente expérience une de mes plus belles bouteille de 2024.
Je pense que bon nombre de sauternes de cet âge là aurait été d’un niveau similaire. À voir ce que diront les petites sœurs restantes
Tant qu’il y’a du vin il y’a de l’espoir …..- 31 décembre 2024 à 1h25
- in reply to: Champagne Selosse
CR: Champagne Jacques Selosse – Substance
Dégorgement 07/2022.
Robe sur un doré intense légèrement cuivré.
Aromatique un peu terne et monolithique sur une trame oxydative qui ne laisse pas grand chose d’autre s’exprimer.
En bouche, bulle fine mais peu présente qui disparaîtra trop vite, belle texture avec un côté enveloppant mais on ne retrouve pas le dynamisme et la relance qui caractérise cette cuvée. Ça reste bon et cohérent mais l’ensemble reste plat et sans grand relief.
Accord réussi en revanche avec un caviar Kristal qui fera ressortir légèrement l’acidité du champagne et lui donnera du dynamisme.
Deuxième déconvenue sur une substance après deux bouteilles géniales, qui confirme à mon sens la variabilité de certaines bouteilles du domaine.
CR: Champagne Jacques Selosse – Les Carelles
Dégorgement 05/2022
Robe beaucoup plus jeune sur un or peu soutenu et surtout brillant laissant paraître une bulle active.
Cela se retrouve au nez ou la bulle jaillit hors du verre et vous chatouille les narines. On retrouve toujours la trame oxydative du domaine mais qui se présente comme un contrepoint d’une aromatique iodée et saline évoquant les embruns maritimes.
En bouche, on retrouve une micro bulle vivifiante qui vous stimule le palais et met en éveil les sens. Ça part un peu dans tout les sens mais le vin est structuré et évolue surtout sur une colonne vertébrale finement acidulée qui amène de la fraîcheur et du dynamisme. Le jus se déploie sur un profil longiligne sur une longue finale crayeuse et sèche qui vous laisse une empreinte finement saline appelant un autre verre. Accord réussi avec des linguines aux palourdes.
C’est tout bonnement excellent et promis à un bel avenir.
- 31 décembre 2024 à 1h08
- in reply to: Château d’Yquem
CR: Château d’Yquem 1981
Format 37,5 cl. Bouchon impeccable venant d’un seul tenant.
Robe limpide sur une teinte ambrée que je trouve peu prononcée pour un liquoreux de cet âge et qui plus est de ce format.
D’entrée le premier nez en impose.
Se dévoileront des arômes de fruits au sirop, d’écorces d’oranges amères, de miel d’acacia et de coing, puis viendront doucement des effluves d’épices douce avec une pointe safranée. Avec l’aération l’ensemble se complexifie pour donner un bouquet kaléidoscopique.En bouche, le jus est séveux et vous tapisse le palais, l’ensemble reste dense mais incroyablement fondu, avant qu’une tension monumentale ne prolonge le vin vers une finale grandiose qui vous nettoie le palais. L’accord avec des orangettes s’avérera être parfait.
C’est là que réside la grandeur de ce vin, dans un équilibre génial entre densité / complexité et une énorme fraîcheur autant inattendue et surprenante qui fait que rien ne sature.
Je n’ai pas une grosse expérience sur Yquem mais je dois avouer que ce que j’ai pu boire sur 2006 mais surtout sur 1998 et 1997 ne m’avais pas grandement marqué et m’avais paru un peu monolithique. Sur cet exemplaire, je comprend le mythe qui peut entourer certains flacons.
- 9 décembre 2024 à 17h30
- in reply to: Château Margaux
CR: Château Margaux 1995
Ouverture 6 heures avant dégustation, bouchon impeccable à peine imbibé sur 2 mm.
Premier nez au travers du goulot évoquant des arômes de bois noble et une odeur engageante, je décide de ne pas épauler.
Robe sombre sans aucun signe d’évolution sur le disque.
Aromatique impressionnante de jeunesse, sur un bouquet fruité intense (cerise, griotte, compoté de fraise) qui prendra de l’ampleur avec l’aération. Viendrons dans un second temps de notes florales (fleurs séchées) puis d’épices douces (paprika). Tout cela se fond dans des notes de chêne et de tabac blond, donnant un ensemble racé de très grande classe. C’est à la fois d’une gourmandise insolente pour un vin cet âge et d’une complexité hors norme.
En bouche, l’attaque est franche, le vin en impose d’entrée avec des tannins d’une extrême finesse structurant l’ensemble. Le jus légèrement lacté voire séveux, et évolue dans un second temps sur un profil longiligne et tout en finesse avec un déroulé soyeux, marquée par une fine acidité qui donne de l’allant, avant qu’une interminable finale ne semblant plus en finir ne vous secoue littéralement. Avec l’aération, le vin gagnera en expressivité, en fraicheur, en ampleur, en tout. Je n’ai encore jamais bu de vin de cet âge-là avec un fruit si dominant, favorisé je pense par une conservation en cave climatisée.
Sans aucun doute le plus grand Bordeaux rencontré et une émotion intense apportée par une finale dantesque dont je me souviendrai un moment. Un très grand vin qui ne s’impose pas mais qui sonne comme une évidence.
Une main de fer dans un gant de velours …

- 3 décembre 2024 à 21h35
- in reply to: Champagne Charles Heidsieck
CR: Champagne Charles Heidsieck, Blanc des Millénaires 2004
Robe dorée limpide et brillante.
Premier nez marqué par des notes entêtantes de grillé évoquant fortement la cuvée Dom Ruinart. Avec de l’aération cela s’estompera un peu pour laisser place à un bouquet porté en premier lieu par une aromatique pâtissière ( brioche, île flottante), puis une trame plus fraîche et ciselée sur le zeste de citron et la pierre à fusil.
En bouche, grand confort imputable au dosage élevé ( 8 grammes) mais sans que cela ne pénalise la fraîcheur qui caractérise 2004. On a un jus dense et soyeux qui présente un bel équilibre entre gourmandise et fraîcheur. Belle finale avec ce qu’il faut d’acidité pour relancer le tout.
Voila un champagne qui bien que consensuel reste excellent. Il m’en reste une que je vais essayer de garder quelques années.
- 2 décembre 2024 à 21h05
- in reply to: Champagne Selosse
Un week-end passé dans l’hôtel des Avizés nous aura permis de profiter d’une visite de cave et d’une dégustation auprès d’Anselme Selosse.
Le rendez-vous est donné à 11h, directement en cave qui se trouve sur le site de l’hôtel. Nous sommes un groupe de quinze composés de personnes travaillant dans le monde du vin (ce qui n’est pas notre cas) ou de clients asiatiques, qui représentent une part de plus en plus importante notamment dans la clientèle de l’hôtel.
Anselme Selosse commence par nous expliquer qui il est, et quelle est sa philosophie dans l’approche de sa passion et de son travail à la vigne et en cave. La première chose qui marque quand on l’écoute parler de sa vision du vin est celle du respect du vivant. Il n’aura eu de cesse de nous expliquer qu’il se voit comme plus comme un accompagnant (un peu comme un architecte ou un gynécologue) dans le but de donner naissance à des vins présentant la plus pure expression de ses terroirs, en étant le moins interventionniste possible.
Ses principes sont ceux d’un travail peu interventionniste à la vigne, d’une récolte à pleine maturité et d’un certain « laisser faire » lors de la vinification qui se fait initialement sur fût. Nous avons d’ailleurs été surpris de voir qu’il utilise une grande majorité de fut neuf, avec une durée de vie maximale de 3 ans. Il nous explique que les vieux fut sont moins perméable en termesd’échanges d’air et transmettent plus d’arômes au vin (nous avons été plusieurs à avoir été surpris par cela, j’avais comme idée le contraire). Ici point de mesure de pH ou autre, la malon’est ni recherchée ni bloquée, chaque fût évolue selon sa propre vie. Le bâtonnage est pratiqué mais n’est pas systématique, et est décidé fût par fût. Après la mise en bouteille, les vins partent pour un élevage sur lies d’une durée identique à savoir de 6 ans. L’idée est d’avoir des expressions de terroirs différents pour des vins qui auront eu le même traitement tout au long de leur vie (Substance exceptée).
Cette recherche de l’expression la plus pure de chaque terroir semble être profondément ancrée et revendiquée comme un principe éthique essentiel du domaine. Il revendique également une liberté qu’il a acquis et compte bien garder, liberté dans ses choix de vinifications et dans l’absence de recettes précises dans l’élaboration de ses vins, expliquant selon lui les variations possibles chaque année pour ses cuvées.
Nous aurons pu ensuite déguster plusieurs champagnes, sur des bouteilles ayant toute eu un dégorgement récent (de 3 à 6 mois).
Ce qui frappe d’entrée, c’est la trame de fond commune, à la fois oxydative et sur une grosse maturité de fruits et qui marque l’ensemble des champagnes dégustés, avec des différences olfactives discrètes ce jour-là entre les différentes cuvées à ce stade, et dans ces conditions (dégorgements récents, taille de verre assez petite).
Dans l’ordre :Initiale : aromatique marquée par des notes de pommes vertespeu engageante, puis viendront des notes oxydatives dans un ensemble un peu brouillon. Cela se confirme en bouche, le vin n’est pas prêt. On sent une grosse maturité de fruit derrière avec un ensemble plutôt large possédant un beau volume. A attendre que cela se fonde.
V.O : trame semblable à Initiale avec plus de tout. Le nez est plus précis, on sent un fruit jaune mur sans effluves de pommes granny qui me dérangeait, de la noix fraiche. En bouche, c’est déjà en place. Le vin présente un équilibre supérieur, toujours avec un gros volume qui vous emplie le palais, mais se démarque par une sensation plus sèche, se terminant par une finale finement crayeuse qui vous fait saliver. Il s’agit ici de vignes de milieu de côteaux et qui gardent moins l’eau ce qui explique selon son géniteur cette impression plus sèche et droite.
Rosé : je l’ai trouvé en dedans, alors la bouteille était certes ouverte depuis la veille. C’est le champagne le plus fin et le moins oxydatif de la gamme, je pense que l’effet de séquence n’a pas joué en sa faveur. Nez assez discret, un peu de fruit rouge type coulis de fraise, tramé finement fumée. Un peu court en bouche.
Les Carelles (base 2017) : changement de style, le nez est plus fin et moins opulent (et plus à mon goût). Attention y’a toujours de la noix hein, mais on a dans un second temps un bouquet crayeux et salin qui le démarque clairement et donne un ensemble avec plus de fraicheur. Cela se ressent en bouche, le jus est plus longiligne, avec un équilibre parfait entre fruit mûr et trame crayeuse et saline qui est vraiment marquée, et une superbe longueur largement supérieure aux cuvées bues avant. J’ai adoré.
Substance : Solera débutée en 1986, chaque millésime entre à hauteur de 4% dans la composition du vin. Nez sur un boisé fin et élégant, la noix est ici bien marquée et domine le fruit.
En bouche, c’est la claque. Tout est superlatif dans ce champagne que j’affectionne énormément, c’est un peu comme boire un immense grand cru Bourguignon.
Attaque douce puis bam la fusée décolle, volume hors norme, équilibre sans faille sans aucune lourdeur, le jus bien que compact provoque un plaisir immense qui se prolonge sur une finale qui semble interminable et dépasse allègrement ce que nous avons bu jusque-là, avec une rémanence aussi longue sur la langue que large sur les joues.
Je retrouve ce qui m’avait fait autant d’effet sur ma première bue l’année passée, alors qu’une dégustée plus récemment s’était avéré décevante car maquée par une verdeur non comprise (un comble ici ou la maturité est sur-optimale).
Allez Monsieur Selosse soyez gentil mettez m’en une douzaine !J’y prendrai un petit bain dans la Solera ….
Nous avons passé un excellent moment, il est toujours intéressant d’avoir la chance de rencontrer les vignerons et de pouvoir s’imprégner des ondes qui règnent en cave.Le dénominateur commun à tous les champagnes bus ce jour-là est cette trame oxydative très marquée et ultra-dominante. Viendront dans un second temps des différences lors de la dégustation liées effectivement aux différences de terroirs, mais qui finalement ne seront pas tant marqués que cela. De mon point de vue, Mr Selosse souhaite en premier imprimer son empreinte et son style, et laisser ensuite les vins s’exprimer selon leurs origines qui leurs sont propres. Il existe indéniablement un style Selosse, de la même manière qu’il existe un style Reynaud ou Coche-Dury.
Nous avons ensuite passé un séjour dans l’hôtel des Avizés ou l’hospitalité des hôtes n’aura eu d’égal que la qualité de la cuisine de Stéphane et le service de son épouse Nathalie, créant dans un lieu accueillant une ambiance donnant l’impression de séjourner dans un lieu familial. Nous y reviendront à coup sur l’année prochaine.
- 2 décembre 2024 à 2h23
- in reply to: Champagne Jacquesson
CR: Champagne Jacquesson, Champ Caïn 2004, Dégorgement tardif
Le nez vous emmène directement dans la forêt. Fortes effluves de champignon humide, de sous bois et de feuilles mortes. Viendront ensuite des notes encaustiques et de miel, puis dans un troisième plan un ensemble plus frais sur le citron confit et la craie.
En bouche, la bulle est quasi accessoire car peu présente.
Le vin est cueilli à sur son plateau de maturité, l’ensemble est complexe et profond. Sensation tactile très agréable au travers d’un jus soyeux et gourmand, évoluant plutôt sur un profil rond et large. Belle finale mais qui manque un peu de dynamisme comparativement au 2009 bu la semaine dernière qui m’avait scotché par une tension crayeuse géniale.