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- 2 décembre 2019 à 11h55
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
CR: Château de la Bégude, la Brulade 2004, sur le stand de Idealwine :
Nez atroce de vernis. Rejeté aussitôt sans goûter.Je passe sur la sélection italienne car je n’ai vraiment pas de repère pour décrire les blancs, très éloigné des blancs français et construits sur de beaux amers, et les rouges, délicieux au demeurant, m’ont surtout frappés par leur charge tannique. A revoir à table, mais le Sangiovese est à découvrir !
Domaine Huet
Un[b] Clos du Bourg Sec 2018[/b] très sur la retenue, un vrai Vouvray trop jeune, assez inexpressif mais la bouche révèle du potentiel. Le Mont demi-sec 2018 amène plus de gras grâce au sucre mais le vin est également assez fermé.
Le clos du bourg 2002 est top, sur de beaux arômes de coing, une belle acidité qui amène un équilibre merveilleux. Le Mont moelleux première trie 1990 est sublime, une robe d’acajou, un nez à tomber par terre. Le vigneron nous demande si ça nous va d’un air entendu. On passe de longues minutes le nez dans le verre. En boucher c’est capiteux, profond, ample. Effet wow !!! On le garde encore dans notre verre dans la queue pour la masterclass Riedel.Quelques mots sur le domaine du Clos des Fées.
Dans l’ensemble des vins agréables, sûrement d’un beau potentiel de garde, mais que j’ai bien aimé sur le fruits. Le Vieilles Vignes et le Clos des Fées sont très bien construis mais dangereusement proches du trop écœurant. (il faut dire que je n’ai que peu d’expérience avec les vins du Roussillon.
Par contre, je n’ai pas trouvé que la Petite Sibérie soit si magique. C’est clairement bon, mais à 200 euros???Domaine Deiss :
On a attendu 5 minutes qu’une conversation se termine pour être servi, puis le vigneron nous dit que s’il ne va pas manger il va s ‘évanouir, donc on le laisse, la dame nous fait attendre encore dix minutes pour finir la dégustation avec deux clients. Nous serons donc huit à faire la découverte ensemble. On nous explique l’idée de couleurs reliés au terroir pour la découverte des vins et comment les étiquettes vont changer pour refléter ces terroirs (orange, bleu…). On nous invite à goûter les vins en ferlant les yeux. Pas de détails précis si ce n’est que certains terroirs se sentent vraiment, et je trouve un petit parallèle entre ces vins et ceux de la taille aux loups. La complantation est une méthode très surprenante, car on retrouve vraiment les différents cépages dans le vin (nez de gewurtz, corps sur le riesling…)Domaine de la Taille aux Loups.
Très bon accueil même si le domaine est victime de son succès (la dame qui nous a reçu le samedi nous a confié avoir été débordée out le salon.
Je n’ai plus la liste complète en tête mais tous les secs m’ont convaincu, et surtout convaincu de cacher les bouteilles avant qu’elles n’aient dix ans de cave car le chenin s’exprime très bien sur toutes les parcelles. Merci au domaine de présenter autant de vieux millésimes, cela montre vraiment le potentiel des vins.
Pas convaincu en revanche par le triple zéro 2017 que j’ai trouvé pataud, ni par le deuxième pétillant dont le nom m ‘échappe, ni par le triple zéro 2008 qui m’a paru assez passé.Sur le stand Guigal, je goûte les le Condrieu qui me plaît mais je trouve que le Viogner est un peu trop riche et exubérant, proche de l’écœurement, et la Doriane 2017 me semble exubérante également mais très boisé. Le gérant du stand dit de la boire très vite, je ne sais pas si tout ce bois à pour vocation de se fondre. La côte rôtie brune et blonde 2016 est très abordable et sera très bonne dans une paire d’année et le Chateau d’Ampuis 2016 a beaucoup de potentiel, on a envie de s’y arrêter pour en deviner les arôme. La bouche est fraîche, superbement équilibré. Très beau.
J’ai découvert les Sancerre de Clade Riffaut, avec des vins très minéraux, à attendre patiemment, loin d’un Sauvignon criard. Le millésime 2018 est encore très fermé pour la monoparcelle 469 mais les Chasseignes sont assez aromatiques et les Denisottes et les [u]Challoux[/u] semblent déjà annoncer leur terroir.
En fin de salon vendredi, nous goutons un Hermitage blanc Chevalier de Stérimberg 2017 de Paul Jaboulet Ainé. Je n’ai plus l’assemblage en tête, mais le vin est très subtil au nez, équilibré, des notes fraîches et de noix, pas pour autant d’oxydation, mais bien plus à mon goût qu’un Condrieu. Expérience à retenter.
Le Champagne Fleury est toujours aussi bon, mention spécial pour le BN croquant de fruits noirs et brioché, et pour la Sonate 2011 et le Cépages blancs 2010 qui sont de grands champagnes de gastronomie.
Chez Zind-Humbrecht, très bon accueil, le Clos Saint Urbain 2017 est encore fermé, et je me pose la question du rpq, mais le pinot gris Clos Windsbuhl ne ressemble à rien de ce que je connais (et je connais pourtant maintenant le koshu*!!) et mérite que je m’y intéresse de plus près car j’ai trouvé l’alliance cépage/ terroir délicieuse.
*un vigneron japonais dont le nom m’échappe a proposé deux cuvées de Koshy et une cuvée de Chardonnay faite à Nagano. Si je devais décrire, je dirais que celza est est mélange entre Pinot Gris et Muscadet. Je compléterai quand je trouverai sa carte de visite. Pour les Parisiens, on en trouve dans le quartier japonais rue des Petits Champs.
Simon
- 2 décembre 2019 à 1h53
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
Au fait, pour un certain administrateur du Forum, mon cousin y est allé au culot et a intercepté dans les allées le meilleur ouvrier de France Xavier Thuret avec qui on a papoté cinq minutes et qui s’est laissé convaincre de nous faire goûter son Citeaux, affiné à souhait: une tuerie, entre le munster fermier et le livarot!
Il n’a pas de boutique en propre apparemment, mais on va se mettre à la recherche de ses fromages!- 1 décembre 2019 à 22h35
- in reply to: Domaine de Cézin
CR: Domaine de Cézin – Coteaux du Loir blanc cuvée Xavier 2017
La robe est encore pâme et des reflets verts, mais le nez est beaucoup plus ouvert que la première que j’ai bu il y a quelques semaines, qui était absolument mutique. On a des notes de pomme verte, de raisin, de fleurs blanches.
En bouche le vin est assez ample, encore sur l’acidité, mais les fruits commencent à prendre du volume. A garder sereinement. En plus les bouchons sont top, donc pas d’inquiétude.Cela me donne envie de regoûter les Jasnières2017 du domaine qui étaient également fermés à double tour.
Bon accord sur un Chaource bien fait.Simon
- 1 décembre 2019 à 22h28
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
Grand Tasting : Bourgogne
Promenade à random digne des surréalistes et arrêt au fil de nos envies, le vendredi et le samedi.
Domaine Chanson, Savigny-les-Beaune 2017 premier cru Hauts Marconnets: Un nez déjà très expressif, une bouche ample. Deux Beaune 2017, PC Clos des Fèves et Clos des Mouches. Tous les deux très riches, très parlants, un très joli Chardonnay, des différences de terroirs qui se ressentent, une préférence pour le premier qui est plus abordable mais sûrement que ces vins se développeront à la garde.
Pas de souvenir précis des trois autres rouge (Les Vergelesses 2016, le Gevrey-Chambertin 2016 et un Corton rouge, juste que ces vins sont déjà bien accessible et très fins, et qu’étonnamment pour moi le Gevrey était beaucoup plus en dentelle que le Pernand.
Une maison que je découvre et qui me donne envie d’y revenir. Accueil très agréable.Chez la Vougeraie, les vins ont été les meilleurs Bourgognes du salon. Moi qui suis en général attaqué par l’élevage sur les blancs (même si de moins en moins) , les blancs m’ont paru très complexe sur des arômes de Chardonnay bien murs, du beurre certes mais qui amplifie la bouche et allonge la finale. Le Clos Blanc de Vougeot Monopole2014 a une bonne garde devant lui (j’ai un 2013 que je pourrai boire pour mes 40 ans, chouette).
Les rouges sont très fins, le Clos de Vougeot grand cru est tout jeune (2017), mais il a de beaux fruits rouges, n’est pas marqué par l’acidité. La bouche est complexe et les tannins subtilement poudreux. Très bon accueil !Bouchard Père et Fils
Meursault Premier cru Genevrières 2017
Très accessible, un beau nez de Chardonnay, des notes de miel, la bouche est construite autour d’une belle acidité. Très beau.Corton Charlemagne Grand Cru 2017
Un très joli nez également, et beaucoup de corps. Pas un rqp extra (120 euros!)Pas de souvenirs précis du Beaune du Château, mais le Beaune PC Grèves vigne de l’enfant Jésus est soyeux en attaque de bouche avec des tanins poudrés (je n’avais jamais vraiment compris cette expression avant ce week-end). Le [i]Corton[/i] était aussi très bon, mais les tarifs font que cela est hors de ma portée.
Un regret, celui de ne pas être allé voir Vincent Girardin, mais qu’est-ce qu’un regret avec tous ces beaux domaines ?
Très déçu par les Louis Latour alors que j’avais beaucoup aimé l’an dernier. Les blancs m’ont semblé sur la minéralité/ austérité et apparaissaient très stricts. Les rouges ne m’ont pas marqué. Je ne veux pas préjuger de la qualité des vins, je pense surtout que ce sont mes goûts qui évoluent.
A noter que la jeune fille qui nous servait était à la limite de la sobriété/ politesse, plus en mode pilier de comptoir/ tonton qui fait des blagues que personne ne comprend mais qui met quand même mal à l’aise !Au jeu des Chablis, Laroche ne m’a pas du tout parlé même si l’accueil était très sympa, et les William Fèvre étaient très beaux. Le Vaillons 2017 nétait pas très expressif et je lui ai préferé le Vaulorent 2017, très ouvert et bouche ample. Le Bougros et le Vaudésir nous font voir qu’on change de catégorie avec les grands crus et que 2017 était une très bonne année (mais plus rien à vendre. Des chablis très complexes et équilibré, qui demandent à y revenir.
Chez Jacques Prieur
Le Corton Bressandes est très complexe est très beau mais il m’a surtout frappé par une forte salinité, que j’ai ressenti également sur l’autre bourgogne rouge du domaine, dont le nom m’échappe malheureusement.
A noter que le responsable du stand, qui s’occupe des Meursault, nous a gentiment refusé l’accès au blanc au motif que « les blancs, c’est pour les habitués… »
C’est donc le lendemain que nous avons goûté un Meursaut les Perrières 2017, très équilibré avec un joli boisé intégré, exquis.De très beaux Bourgognes, qui me confirment que les 2017 sont bien accessibles et qu’il faut que quelqu’un cache mes bouteilles sinon je vais jamais réussir à les garder.
Simon
- 1 décembre 2019 à 20h33
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
Masterclass Klein Constancia – Vin de Constance CR:Billet pris un peu par hasard pour découvrir ce liquoreux dont j’avais entendu parler sur LPV, mais dont je n’avais jamais vu passer une bouteille.
Discussion autour de quatre millésimes, 2016, 2012, 2004 et 1995 animée par le sommelier Olivier Borneuf et Hans Astrom, qui gère le domaine sud-africain.
Très intéressant de les entendre décrire les vins, mais un peu pompeux. On nous dit très clairement qu’on est face à un vin de l légende, et il est plusieurs fois comparé à Yquem. Moi, je n’ai pas ces références dans mon palais donc je suis parti sur d’autres idées.Quelques notes prises sur place retranscrites ici.
Le Klein Constantia 2016 avait une belle viscosité et sa robe avait encore des reflets verts. Le nez était sur le muscat/ arôme de raisin, qui sera présent sur les quatre verres. S’il ressort plus ici, c’est que le temps vient napper cet arôme d’autre chose. On a une belle acidité malgré le sucre qui en fait un vin frais, à aucun moment écœurant. (on ne nous donnera les taux de sucre qu‘à la fin).
La robe du Klein Constantia 2012 est plus doré. Il fait beaucoup plus vieilli. Il a beaucoup de richesse et on sent presque du rôti. On retrouve des arômes de vanille, de fruits jaunes, qui accompagne le muscat toujours bien identifiable, et cette belle acidité traçante qui porte la bouche.
Le Klein Constantia 2004 est quant à lui acajou. On a des arômes de crème brûlée et on commence à avoir envie de le siroter plus que de le boire. On a beaucoup de complexité en bouche.
Quant au Klein Constantia 1995, la robe est celle d’un vieux porto. On y retrouve clairement des notes d’alcool, de cognac, de bois. Il m’a énormément fait penser au Pécoula 1999 que j’ai en cave. C’est la même viscosité, les mêmes arômes de vernis, mais à 10 fois moins cher !
Une très belle découverte mais pas d’effet wow. Je ne me suis pas dit que c’était le plus beau jour de ma vie, ni qu’il fallait absolument que je goûte Yquem. Par contre, c’était une belle découverte d’un vin fait à base de Muscat de Frontignan et le petit clin d’œil à l’histoire et à Las Cases qui en commandait des caisses pour Napoléon en exil est marrant.
Intéressant aussi d’avoir les quatre millésimes servis d’un coup pour pouvoir les goûter tous durant la discussion.
Simon
- 1 décembre 2019 à 18h21
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
Il y avait des bouteilles mystères dont un Pierre Morey 2003 Meursault, et un Markus Molitor 2017 (que j’ai placé en Alsace 2016 , je suis assez content.)
Du Albert Mann, mais je ne sais plus lequel, un Bégude 2004 horrible… Bref, dans l’ensemble et pour ma part, les vins m’ont déplu.- 1 décembre 2019 à 18h19
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
Masterclass RiedelNous attendons dans la file d’attente, mon cousin et moi, un fond de 1ère trie Moelleux Huet 1990 incrachable pour nous tenir compagnie.
Certains pointent du doigts à travers les tentures d’impressionnants cartons avec lesquels nous devrons repartir (joie et bonheur d’avoir des verres, et catastrophe du type qui se voit slalomer entre les groupes du samedi #vis ma vie de joueur de violoncelle !Une charmante hôtesse vient nous voir dans la file avant de nous faire entrer et nous dit de faire très attention à nos sacs, car des gobelets de vin (concept, me dis-je ? ) sont servis, il n’y a que peu de place entre les tables et les verres sont fragiles. Tellement fragile que mon verre à pinot noir était fêlé quand je me suis assis. L’interne a du avoir les oreilles qui sifflent.
Le patron France de Riedel nous fait la présentation de la marque, avec le premier verre sur pied en ovoïde et sans gravure sorti en 1958 dans l’indifférence générale. Flop. Les gens voulaient le contraire, des verres lourds, courts sur pied et épais pour pouvoir les graver. Le salaud, il connaît les verres de ma grand-mère ! (qu’on ne sort jamais pour pas les casser en plus!)
Bref. Le verre est important comme nous allons le voir. (je viens de faire un post qui m’a fait pensé à Michel à cause des vieux Pessac blancs qu’il défend, ici je ne peux que penser à Hyllos donc #hyllos avait raison!)On a quatre verre devant nous, le Sauvignon, fin et resserré, le « Oaked Chardonnay », très ouvert, le Pinot noir, très ouvert mais avec un buvant, et le Cabernet Sauvignon/ Merlot, un peu comme le précédent mais sans le buvant.
On nous demande de verser de l’eau dans chaque verre afgin de comparer les ressentis (hyllos fait pareil, il me semble l’avoir lu).
Je ne sais plus vraiment quelles sont les parties de la langues ou de la bouche touchées en premier, mais on voit la différence.
Puis on passe au premier vin. Un Joseph Mellot Pouilly Fumé 2016 (nous sommes passés sur le stand Riedel après coup pour demander les références. Dans le verre a sauvignon, il est racé, expressif, puissant d’arômes. La bouche est équilibré et ample. On nous demande ensuite de le passer dans le deuxième verre, le Chardonnay, et là, rien. C’est assez bluffant. On ne distingue plus d’arômes, ils sont diffus, perdus dans la grande ouverture. Stupéfiant. En bouche, le vin est déséquilibré, fuyant. Repassage dans le premier verre et tout se remet en place. Stupéfiant.Le deuxième vin est un Chardonnay ultra boisé des Etats Unis (j’ai oublié le millésime et le producteur. Bien plus beurré qu’un Bourgogne, mais très utile pour le test. Dans le verre à Chardonnay, il est expressif, fondu, équilibré. La bouche est certes riche mais très lisible et ample.
Dans le verre à Sauvignon, il dégage une odeur d’alcool à brûler, et pique en bouche. Encore une fois bluffant.J’ai trouvé que les troisième et quatrième vins, qui étaient un Gevrey Chambertin 2016 ? 2014 ? de chez Leflaive et un Saint Emilon Grand Cru 2016 d’un producteur que j’oublie étaient moins pertinent pour l’expérience, car les vins étaient très jeunes, mais le Gevrey apparaissait plus dur dans le verre 4 alors que dans le 3 il était jeune mais avec de beaux arômes de fruits rouges et des tannins poudrés.
Le St Emilion quant à lui paraissait hyper alcooleux dans le verre à Pinot noir et était très assagi par le verre à Cabernet.Un très beau moment de dégustation, d’abord parce que le Mellot était super bon et surtout parce que la démonstration est indéniable.
Ensuite, parce qu’on a eu le droit de repartir avec les verres, dans une valise spéciale à faire pâlir d’envie Louis Vuitton.
A l’heure où j’écris ces lignes, les les verres sont rangés dans le placard. J’ai réussi à braver la foule et à les ramener à bon port. Surtout, j’ai réussi à ne pas les casser en les lavant. Impressive quand on connaît le bonhomme.
J’ai également appris que les verres de dégustations que tous les kleptomanes s’arrachent à la fermeture du Grand Tasting sont en fait des verres à Riesling, et que le plus polyvalent de la gamme sont les Syrah/ Grenache.Un très bon moment, un très bon accueil.
PS: pour les spécialistes, avec quoi séchez-vous les verres et comment attendre le fond pour qu’il ne subsiste pas d’humidité?- 1 décembre 2019 à 17h43
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
CR: Grand Tasting : Les Bordeaux: Dieu existe, il habite à PessacPromenade à random digne des surréalistes et arrêt au fil de nos envies, le vendredi et le samedi.
(samedi après-midi, j’ai fait la masterclass Cos d’Estournel, j’essaierai de faire un post séparé).
Grand Corbin Despagne 2008
Un très beau nez porté par un joli Merlot qui commence à prendre quelques notes de sous-bois, encore du fruit, l’élevage se fond bien et les tannins encore bien présents devraient être plaisants à table. Un des plus beaux 2008 bus sur le salon.Haut-Bailly 1996. (sur le stand d’Idealwine)
Un nez élégant avec du cuir et du tabac, un peu de fumée, une bouche bien faite, mais pas d’émotion particulière. Ouverte trop tôt ? Vin passé ? Loin du potentiel décrit par beaucoup de LPViens.Les Arums de Lagrange, 2018
On retrouve l’exubérance du couple sauvignon sémillon mais le vin est jeune et un peu dissocié selon moi, ça part dans tous les sens, et la bouche manque d’équilibre. Difficile à lire et cher pour ce que c’est (25 euros).Grand Puy Ducasse 2011 commence à s’ouvrir mais on est vite rattraper par l’armée des tannins qui vous flingue la bouche.
Domaine de Chevalier
On nous dit de commencer par les rouges pour ne pas être gênés par la fraîcheur des blancs. La Solitude blanc 2014 est très aromatique, très abordable, un bel équilibre, et le rouge 2014 est soyeux, sur le fruit, avec de jolies notes de fumée. Ce sont deux vins que je trouve très en place et prêts à déguster, surtout à table.
Le Chevalier rouge 2014 est plus réservé mais déjà très engageant, son compère du 1999 est un joli vin de méditation, l’équilibre est superbe, une belle complexité entre le tabac, le cuir, le sous-bois. Servi en 15 litres. Il y a deux ans, c’était le 1995.Le Latour-Martillac blanc 2015 est expressif mais souffre de la comparaison avec le 2013 car il fait un peu dissocié/ renfermé.
Le Pape Clément 2015 est très bon en rouge, le nez est classieux sur la fumée et les fruits rouges, la bouche est soyeuse mais l’ensemble manque de complexité. J’avais goûté il y a deux ans le 2007 qui se livrait beaucoup plus élégamment.
Le blanc en 2015 aussi est monstrueux, il est comprimé à mort et va sûrement demander beaucoup de garde. Un potentiel énorme.A coté de Clément, Brown souffre de la comparaison en terme de volume, mais est paradoxalement très plaisant car plus accessible. Le blanc 2017 est très ouvert et le Sauvignon s’y exprime très bien. Le 2012 en rouge a une très forte charge tannique en fin de bouche mais également beaucoup de fraîcheur. Le 2015 est pour l’instant un beau vin de nez mais demande encore quelques années pour se livrer.
Les Hauts de Smith 2017.
Bien fait, très typé pessac blanc mais pas d’émotion particulière et pas bon rpq. (32 euros)Chez Jacques Prieur, le Château Rouget 2008 ne m’a pas plu car il semble entre deux eaux, entre fruits et arômes tertiaires, mais dissocié.
Fatigué, je n’ai pas la gueule de bois contrairement à Dutronc, mais on cherche quand même un coin pour faire une pause. On passe devant le stand André Lurton. Et là, vous l’aurez compris, comme j’aime les Pessac blancs, je m’arrête pour voir ce qu’il y a. Je demande à goûter les blancs de Pessac, et on me sert un Bonnet réserve 2017, ce qui me refroidit un peu. Mais bon, je suis bien élevé, je goûte, et comme c’est bon je ne râle pas !!
Et Dieu est descendu sur terre pour taper sur l’épaule en me disant d’être patient. On me sert le Rochemorin 2016 qui est racé, expressif, presque minéral et d’un équilibre sublime. Là, j’ouvre mon missel.
Puis, on me sert un Rochemorin 2006 qui est plus profond, une bombe de puissance, d’exubérance, de complexité. Imaginez vous une transformation de Super Saian avec les flammes un peu partout tellement il y a des arômes partout. On dirait vraiment une harmonie musicale, tout est en place. Génial. O commence le chant sacré.
Je dis au gérant merci, qu’il ne se moque pas de nous. Et là, il me ramène un double magnum de Rochemorin 1993.
C’est très étrange cette dégustation, parce que ça m’a vraiment amené des émotions profondes. Je n’arrive pas trop à en parler autrement que par images, mais ce 1993 était très réservé au nez, la robe était très acajou, mais la bouche était d’une élégance. On se croirait seul dans une salle capitulaire à lire un texte sacré. Sûrement des notes d’acajou, de bois noble, d’encaustique. Pas ultra expressif, austère même, mais d’une précision sur les arôme. Du grand art.
Là, il faut imaginer que le monde autour de moi n’existe plus, je suis dans une pièce blanche, porté par toutes ces émotions.
Le gérant me voit, sourit, et tandis que je finis par m’arracher à ma torpeur et que je dis « au revoir », il me dit « ah mais ce n’est pas finis, je vais vous faire une autre verticale ».
Je pense qu’il a ressenti mon émoi, et comme on sait qu’au Grand Tasting les dessous de table sont remplis de trésors, c’est reparti.On est sur Couhins Lurton 2015, marqué par le millésime, solaire, expressif, sur ces arômes végétaux du Sauvignon, de la fougue, de la vie.
Vient ensuite un 2006 qui est comme le Rochemorin mais en plus vivant, plus complexe.
Puis le type me ramène une carafe et me dit « et puis il y a celui-là, je ne sais plus ce que j’ai mis dedans, si vous pouviez me le dire… » Moi, si je peux rendre service !!!
On a des traces d’oxydation, mais lié aux arômes de Sauvignon, une superbe complexité. Peut-être un des plus beaux vins blancs de ma vie.
Les images ne me viennent pas, mais le vin est sublime. Il s’agit d’un 1989. A boire à table. michel avait raison planquez vos bouteilles de Pessac blanc, il faut vraiment les laisser vieillir.
Merci à la personne qui tenait ce stand pour ces moments incroyables.
PS : je ne suis pas sûr des millésimes du premier et du cinquième pessac, si quelqu’un les a croisés.)Autres régions à suivre, merci de m’avoir lu
- 30 novembre 2019 à 11h12
- in reply to: Domaine Capuano Ferreri
CR: Domaine Capuano Ferreri – Santenay blanc Vieilles vignes 2015
Autant le dire tout de suite, je vais avoir beaucoup de mal à faire vieillir mes Bourgogne blanc!
Carafé une heure par ma chère et tendre.
Le nez est merveilleux. On est sur un nez ultra ouvert, un Chardonnay très mûr, mais pas du tout écœurant. Très complexe.
La bouche est un petit peu moins joyeuse car moins ample et peu de longueur, mais tout de même riche et équilibré.
Un très bon vin de nez, bon vin de bouche.Je m’attendais à retrouver davantage de notes de boisées, mais je pense que le carafage les a fait disparaitre.
Quant à l’évolution, pour moi c’est trop tard pour les autres, je dirais quand même à ne pas trop laisser traîner.Simon
- 30 novembre 2019 à 11h03
- in reply to: Domaine Freslier, Vouvray
CR: Domaine Freslier – Vouvray brut
Soirée post Grand Tasting pour nous remettre de nos belles découvertes.
Bouteille ouverte et servie aussitôt.Personnellement j’ai adoré la robe d’un joli or qui rappelle l’évolution. Les bulles sont assez fines. On part sur un Chenin brioché. Il y a du gras, la bouche est ample et portée par une jolie acidité.
Mon cousin part à l’aveugle sur un Champagne!
Délicieux, très agréable sur des gougères et des pâtes à la carbonara (le pétillant et l’acidité viennent contraster le plat).Simon
- 30 novembre 2019 à 10h57
- in reply to: GRAND TASTING 2019 – A propos des domaines de Bordeaux
Bonjour Dider,
Je ne manquerai pas de venir te saluer si je te croise avec tes amis. Bon courage pour cette journée qui s’annonce chargée!!
Merci d’avoir remis le nom de Vincent Girardin, il m’avait enchanté l’an dernier mais son nom m’échappait.Simon
- 30 novembre 2019 à 10h55
- in reply to: Grand Tasting 2019 : les CR de dégustation
Pour compléter la réponse de Didier, il y a quand même pas mal de grandes cuvées sur le salon et on tombe quand même rarement sur des vins à peine « corrects ». Surtout quand l’amateur est éclairé et qu’il a repéré les domaines qui l’intéressent.
Je pense à la Taille aux loups que j’ai fait hier. Il n’y a aucune fausse note dans les vins présentés par l’équipe et on prend une bonne claque à chaque cuvée (surtout les millésimes plus anciens).
Exemple aussi la Vougeraie, où clairement on n’a que des cuvées excellentes.Cela n’empêchera as non plus de dire par exemple que Pape Clément 2015 avait un très joli nez de fruits rouges, un côté fumé élégant mai que la bouche était un peu en deçà. On est toutefois sur un très bon vin. (j’essaierai de parler du blanc quand je ferai un CR plus complet).
Puis j’imagine que pas mal de lpviens ne commentent pas les vins qu’ils ont jugés « bof ».
Bon salon à tous pour aujourd’hui
Simon!- 28 novembre 2019 à 22h13
- in reply to: Le Chevreuil à Meursault, hôtel restaurant
Quel était le fromage le plus à gauche? Intriguing!
Simon
- 25 novembre 2019 à 11h56
- in reply to: GRAND TASTING 2019 – A propos des domaines de Bordeaux
Par exemple le domaine de Chevalier qui avait un mégacontenant (9 litres? ) d’une cuvée des années 90 (bonjour la précision!), ou Grand Corbin Despagne ou Prieuré Lichine. (petit village aussi je crois)
En écrivant, je pense aussi aux Sauternes qui ont toujours une gamme étendue de millésimes.
Il y a quand même plusieurs domaines qui ont des cuvées de 10 ans qu’on peut essayer.Simon
- 25 novembre 2019 à 1h16
- in reply to: GRAND TASTING 2019 – A propos des domaines de Bordeaux
Et ouvre bien les yeux, car certains ont quand même des millésimes plus avancés en âge à faire goûter, mais pas forcément en évidence.
Simon
- 24 novembre 2019 à 14h07
- in reply to: Domaine de la Rossignole, Domaine du Loriot, François et Jean-Marie Cherrier
CR: Domaine de la Rossignole – Sancerre – Cuvée Grand Picot 2016
J’ai pris une grosse claque sur ce vin la semaine dernière, voulant regoûter cette cuvée avant d’en recommander. En effet, une bouteille d’Essentielle déviante m’avait rendu dubitatif quant à la qualité du domaine, et un arrêt au SVI où les vins étaient mutiques m’avait aussi fait peur.
Carafé une heure avant le service.
La robe est encore jeune, avec de légers reflets d’or.
On retrouve très bien le sauvignon au nez (chevrefeuille.
La a bouche est complexe, très structurée, avec une belle acidité, qui vient porter la matière dense. Les notes de boisé sont très légères et parfaitement assimilées. (cela crée un accord divin avec des pâtes à la carbonara et la pancetta juste grillée).
Une longueur pas interminable mais qui dure et qui donne envie d’y revenir.Bref un régal et je commande du 2017 au carton!
Simon
- 24 novembre 2019 à 13h53
- in reply to: Domaine Freslier, Vouvray
CR: Domaine Freslier – Vouvray sec 2017
Bouteille ouverte et carafée une heure, pour tenter d’accompagner une raclette.
Le vin était totalement mutique au nez, la robe très cristalline (on aurait presque dit de l’eau). La bouche a fini par s’ouvrir un tout petit peu sur le fruit mais pas grand chose.
Je pense que ce vin est à oublier en cave, dans une phase de fermeture peut-être?
Accord moyen sur une raclette du coup, la prochaine fois je partirai sur du sauvignon de Touraine.Par contre, le bouchon m’a fait très peur. Pour les spécialistes du domaine, peut-on garder les secs un moment sans risque de coulure?
Simon
- 23 mars 2019 à 22h17
- in reply to: Maison Joseph Drouhin
CR: Joseph Drouhin – Pouilly Fuissé 2012
Robe dorée avec des reflets verdâtres.
Un très beau nez sur l’encaustique, le miel, la cire d’abeille, très typée d’un Chardonay avec quelques années. Cela me plaît beaucoup.
La bouche a du gras, une belle acidité, le boisé est bien intégré et donne du corps au vin.Beaucoup de plaisir sur ce vin.
Une des premières bouteilles achetées au début de ma passion du vin, en supermarché de surcroît.
Le genre de bouteilles à conseiller aux apprentis.Simon
- 20 février 2019 à 23h03
- in reply to: Quand le vent d’Escausses souffle à Limoges
Non, celui que tu as noté comme Chabichou. J’avais fait des recherches, c’est une marque déposée produite par un groupements de producteurs de lait, un fromage de coop à taille humaine.
- 20 février 2019 à 22h58
- in reply to: Domaine Bernard Munier
CR: Domaine Bernard Munier, Chambolle-Musigny Clos de l’Orme 2011
Robe assez pourpre, sans note d’évolution, nez sur les fruits rouges et le café, on sent le boisé mais il est bien intégré et pas dérangeant du tout. En bouche, il y a des notes de torréfactions, des notes de café, une compotée de fruits rouges, le vin fait très Côtes de Nuits, Il y a une richesse, une matière très dense, qui fait presque penser à un GCC de Bordeaux.
Il se boit très bien et peut se garder encore longtemps. Je vais attendre un moment avant de goûter les Gevrey. Très bel accord avec des champignons et une viande rouge.
Monsieur Munier a monté ses tarifs (très peu, et c’est bien moins cher que d’autres, je vous l’accorde) mais je pense bien y refaire un tour assez vite.Simon