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- 12 janvier 2025 à 22h42
- in reply to: Château de Beaucastel, Châteauneuf du Pape
CR: Château de Beaucastel – Châteauneuf-du-Pape Blanc Roussanne Vieilles Vignes 2021
A l’occasion d’un « réveillon » organisé ce weekend de janvier, je décide d’ouvrir ce qui est parfois présenté comme une sorte de « Montrachet du Sud ». Je n’ai jamais bu le mythique cru bourguignon, mais je veux bien croire que ce flacon en est l’équivalent castel-papal !
La bouteille fut simplement débouchée avec 1 heure d’avance (le bouchon s’est d’ailleurs cassé en deux) et servie à 10-12°c. Elle a accompagné avec bonheur le repas constitué de saumon à l’aneth, d’une brouillade à la truffe noire et de foie gras au piment d’Espelette.
Le nez se présente noble et puissant, plongeant le dégustateur dans un tourbillon d’effluves de cire, de fleurs, d’abricot, de pâte de coing – m’évoquant un peu le Clos Saint Urbain 2010 de Zind Humbrecht bu récemment dans sa dimension « dessert » et encaustique.
La bouche frappe d’abord par une texture splendide, riche et glycérinée, mais en même temps aérienne et fluide. Elle est très profonde et sapide, offrant un merveilleux équilibre avec une touche d’acidité qui contrebalance les notes décadentes de miel, nougat, fruits tropicaux… Excellente énergie depuis l’attaque presque pétillante à la finale persistante, épicée et fraîche. La buvabilité est haute et le degré d’alcool (14°) ne se fait absolument pas sentir – sans doute un effet heureux du millésime assez frais, qui n’a pas pour autant empêché les vignes centenaires d’atteindre une maturité réjouissante.
Ce remarquable blanc castel-papal a immédiatement mis tout le monde d’accord, se développant sans cesse dans le verre. Je lis qu’il mérite d’être bu avec 10-15 ans d’âge mais de mon point de vue pourquoi attendre, il est déjà si bon… En l’état il conjugue plénitude, douceur, gourmandise – sans aucune trace d’amertume ou d’oxydation, je crois que je le préfère ainsi.
[b]Grand vin
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- 2 janvier 2025 à 18h18
- in reply to: 2024 : coups de cœurs, émotions et flops
Une année 2024 riche en belles dégustations et découvertes notamment à travers LPV Paris Nord-Est et LPV Paris Pinot – vive LPV.com !
Tops rouges
– Robert Groffier Chambertin Clos-de-Bèze 2012 : le clou de la soirée « Grands Crus » de LPV Paris Pinot, au summum du pinot !
– La Vougeraie Charmes-Chambertin « Les Mazoyères » 2012 : dégusté 3 fois en 2024 dont 2x avec des cercles LPV, à chaque fois il épate par sa finesse, sa profondeur et son caractère.
– Clos des Lambrays 2010 : servi par Zapata de LPV Paris Nord-Est pour son anniversaire, ce grand cru m’a frappé par son caractère aérien et frais.
– Thierry Allemand Cornas « Chaillot » 2017 : bu 2x cette année avec un plaisir intense, une syrah qui transcende son cépage un peu comme le Clos Rougeard, d’une finesse presque bourguignonne !
– Clos Rougeard « Le Bourg » 2010 et 2013 : quelle magie dans ce cabernet franc de taffetas, truffé et minéral ! 2013 plus prêt que 2010 je pense.
– Bonnes-Mares 2009 de Bart : bu 2x cette année, toujours excellent avec la gourmandise du millésime et de succulents arômes forestiers.
– Lavaux-Saint-Jacques 2017 de Denis Mortet : un cru typiquement gibriaçois, particulièrement velouté et épicé.Flops rouges
Peu de vraiment mauvais vins bus en 2024, mais je mentionne quelques grosses quilles qui n’ont pas été à la hauteur des attentes à l’occasion :
– Richebourg de Thibaut Liger-Belair 2013 : bu avec LPV Pinot, jolie texture mais il ne démentira pas la réputation de faiblesse du millésime.
– Hermitage 2005 de JL Chave : pas d’émotion sur ce mythe qui nous a laissés perplexes.
– Castagnier Charmes-Chambertin 2013 : encore un 2013 trop maigre.Tops blancs
– Chassagne « Les Ruchottes » 2015 de JC Ramonet : un vin grandiose – richesse, pureté, souffle, tout y est !
– Zind Humbrecht Clos Saint Urbain Pinot Gris Rangen de Thann 2010 : flacon divin avec ses saveurs de miel et de fruits tropicaux, où le sucre reste indétectable.
– Les Preuses 2009 de Dauvissat : servi par Zapata de LPV Paris Nord-Est pour son anniversaire, c’est un « idéal platonicien » de Chablis !
– JF Ganevat Les Chalasses Marnes Bleues 2014 : servi juste après les Preuses, il m’a aussi bluffé par son acidité extraordinaire.
– Coteau de Vernon 2020 de Vernay : un Condrieu qui survole la chaleur du millésime et propose une explosion de saveurs sans lourdeur.
– Clos des Papes 2019 : jus ciselé et tendu à l’aromatique originale, j’ai adoré !
– Ben Ryé Passsito di Pantelleria de Donnafugata : 2017 et 2019 sont de véritables bonbons dès à présent.Flops blancs
– Klein Constantia 2017 : j’ai trouvé la finale « collante » et qu’il manquait d’intensité, de complexité. Rien de mythique en l’état.
– BBM 2016 de La Vougeraie : ce n’est pas prêt du tout ! Même si on peut éventuellement le mettre sur le compte de la fermeture, décevant vu le pedigree.
– Zind Humbrecht Riesling Brand VT 2009 : trop sucré, écœurant.Découvertes / mentions spéciales
– Les champagnes du domaine Bourgeois-Diaz (BdB, PM…), qui offrent une bulle aérienne et racée.
– Les Vosne du domaine Berthaut-Gerbet.
– Clos des Papes rouge en 2014 : incroyable Châteauneuf qui pinoterait presque ! L’alcool reste sage sur ce millésime frais (14°) sans compromettre la volupté du fruit. Ca change des gros millésimes que je trouve personnellement difficiles à absorber en grandes quantités.
– L’Hermitage 2015 rouge de Faugier-Gonnet, pas loin des meilleurs selon moi – étonnant que cette cuvée soit si peu discutée sur LPV.
– Le Chambolle-Musigny « La Combe d’Orveaux » 2018 de Bruno Clavelier : découvert dans le cadre de LPV Paris Pinot, superbes équilibre et gourmandise sur ce climat qui jouxte le GC.
– Tous les rouges du domaine JC Ramonet bus cette année, des modestes Côteaux Bourguignons au Clos de la Boudriotte 1C en passant par le Monthélie, que j’ai trouvés d’un soyeux, d’une finesse et d’une gourmandise remarquables quels que soient les millésimes goûtés (2019, 2020, 2021, 2022).Bonne année 2025 à tous !
- 2 décembre 2024 à 13h41
- in reply to: LPV Paris Nord-Est
LPV Paris Nord-Est Novembre 2024 : Jean fête ses 40 ansZapata ayant créé en juillet un précédent qui méritait grandement d’être reconduit, notre cercle s’est réuni chez Steph pour marquer mon passage de la quarantaine. La formule était donc la même : j’apportais tout le liquide, la partie solide du repas étant assurée par les autres convives sous la coordination de notre hôte qui était dans la confidence de l’identité des flacons qui seraient ouverts le long du repas. Tous furent servis à l’aveugle, dans la bonne ambiance habituelle rehaussée ce soir-là par le partage de quelques grandes nouvelles pour certains membres de notre petit groupe. Il faisait froid dehors, le feu crépitait dans la cheminée, bref nous avons passé un moment suspendu… Alors, et les vins dans tout ça ?
[NDLR : les notes ci-dessous correspondent à mon ressenti et non au consensus de la table]
Vin #1 Champagne Bourgeois-Diaz – « BD’B Le Temple » Blanc de Blancs brut nature (12,5°)
17/20 Magnifique champagne offrant un superbe équilibre (avec une acidité très juste, plus minérale qu’agrumée), droiture, vivacité, des bulles fines et racées… Addictif ! Décidemment j’aime beaucoup la patte de cette maison. Et quel plaisir sur des gougères maison en apéritif !Vin #2 Clos des Papes blanc 2019 (14°)
17/20 Ce grand Châteauneuf blanc n’a jamais vu de bois et cela lui réussit car on a un jus cristallin, frais, très floral (lys, chèvrefeuil, jasmin…) et parfumé (anis, fenouil, pêche blanche). Long, pur, superbement équilibré avec sa tension saline et une délicate amertume. Une petite frayeur au début avec un coté perlant et fermé qui est heureusement passé avec l’aération. Le fond de verre gagne vraiment par rapport aux premières gorgées, les parfums prenant réellement de l’ampleur. Meilleur accord avec les crevettes bouquets qu’avec les huîtres.Vin #3 Georges Vernay – Condrieu « Coteau de Vernon » 2020 (14,5°)
18/20 (Ouvert au pied levé, en « backup » pour offrir un bel accord sur un superbe carpaccio de saint-jacques aux agrumes…)
Je craignais une certaine lourdeur sur ce millésime mais pas du tout, quel Condrieu ! Nez évolutif évoquant initialement un Meursault (!) avant de libérer des effluves d’abricot, jasmin, anis… La bouche offre puissance, équilibre, profondeur, acidité, gourmandise… Les couches de saveurs (pêches jaunes, praline, fleurs, confiture d’abricots…) se révèlent les unes après les autres, sans aucune lourdeur ou chaleur. Grand vin !Vin #4 Domaine de La Vougeraie – Charlemagne GC 2016 (13,5°)
16,5/20 en l’état, une bouteille bue 10 ans trop tôt… Forte réduction au nez malgré 3h de carafe, l’allumette domine trop nettement, puis du citron point avec davantage d’aération. Bouche heureusement digne de son rang de grand cru caractérisée par une puissance hors normes (sur des aromes classiques de roche et d’agrumes), une structure impériale, équilibre et profondeur… Avec une telle fougue c’est « un cheval au galop » et clairement un vin à attendre. Accord néanmoins efficace sur le foie gras.Vin #5 Domaine de La Vougeraie – Charmes-Chambertin GC « Les Mazoyeres » 2012 (13°)
18,5/20 Mes impressions sont les mêmes que lors de la soirée « Grands Crus » avec LPV Paris Pinot : avec cette parcelle de vignes centenaires, on a la grande Bourgogne dans toute sa noblesse ! Bouquet magique, toucher satiné, caractère altier, équilibre de haut vol, énergie, profondeur et justesse des saveurs : tout y est. Certains sont surpris par le caractère terrien, giboyeux et ferrugineux de ce cru, qui est naturellement le genre de pinot adapté pour tenir tête à la côte de boeuf maturée qui sort de la cheminée…Vin #6 Thierry Allemand – Cornas « Chaillot » 2017 (14°)
18,5/20 Juste dingue, quelle syrah, un vin à part ! Je retrouve les impressions de la bouteille bue il y a quelques mois, en mieux. Bouquet enivrant et complexe aux effluves de violette, poivre, fumée… La table est frappée par la pureté et la fraîcheur de ce Cornas qui selon moi transcende son cépage au même titre par exemple que le Clos Rougeard. C’est jeune et pourtant les tanins se font déjà oublier. Elégance et longueur superlatives, accompagnées de notes délectables de fruits noirs, encre, épices, cendres… Et accord mémorable sur la divine côte de boeuf cuite dans la cheminée, parfaitement croustillante à l’extérieur mais tendre et goûteuse à l’intérieur…Vin #7 Paul Jaboulet Aîné – Hermitage « La Chapelle » 2007
17,5/20 Archétype de syrah de noble extraction. Long, précis, cendré, une grande élégance s’en dégage émanant de la belle texture fine et de la sensation d’harmonie en bouche. Aucun excès, équilibre de haut vol. Finale satinée et mentholée. Passant après le Chaillot de Thierrry Allemand, cet Hermitage semble avoir un peu moins de fond mais s’est bien défendu, dans un style plus classique mais toujours délicieux. Philippe l’a identifié du premier coup !Vin #8 Zind Humbrecht – Rangen de Thann « Clos Saint Urbain » GC Pinot Gris 2010 (13,5°)
18,5/20 Flacon divin. Nez magnifique, capiteux, sur le coing et le raisin de corinthe.
Bouche savoureuse, ciselée, élancée et intense, à l’équilibre somptueux servi par une acidité qui relance le vin. Saveurs affolantes de miel et de fruits tropicaux. Les 49g/L de SR sont indétectables. Accompagnant le plateau de fromages, on approxime le paradis… Se souvenant de notre soirée « Mythes » où le 2008 nous avait emballés, Philippe a encore deviné juste !Quelques gâteaux, un trait de chartreuse et voilà, c’est fini. Il est temps de prendre le dernier métro et de savourer la mémoire de ce genre de moment où tout est beau et tout est bon… Vivement le prochain passage de décennie dans notre cercle !
- 8 octobre 2024 à 4h49
- in reply to: LPV Paris Pinot : Voyage sur Chambolle-Musigny
Je rejoins Yves sur son observation que « L’idée du Chambolle Musigny qui serait un vin “aérien, delicat ect ect” c’est 100% bullshit à l’aveugle ».
Depuis notre plus tendre enfance, on nous inculque l’idée que le finage cambuléen est aérien, délicat et « toujours bon ». Pourtant après cette dégustation qui a vu défiler une série des représentants pas les plus indignes de l’appellation, je confesse ne pas avoir été aveuglé par l’évidence de ces caractères…
C’est compliqué la Bourgogne !
- 7 octobre 2024 à 1h20
- in reply to: LPV Paris Pinot : Voyage sur Chambolle-Musigny
Très bonne soirée, avec de beaux pinots et des enseignements intéressants sur les mondes du thé, du cigare et du levain !

Le fameux pâté en croûte ‘(« Houdan » d’Arnaud Nicolas), qui sera suivi d’un bœuf bourguignon
Allons-y pour mes notes.
Chambolle-Musigny « Les Beaux Bruns » – Domaine Daniel Rion & Fils 1999
Incroyable tenue de ce village, qui ne fait pas ses 25 ans. Très beau nez giboyeux et musqué, fruits rouges confiturés. Bouche un peu moins séduisante avec une acidité assez vive, une aromatique agréable mais sans surprises de fruits rouges et d‘épices, pas encore de tertiaire. Profondeur de village, pas de 1er cru. 1999 semble en tout cas increvable, 3h de carafe et il s’améliore dans le verre ! 13° Bien+Chambolle-Musigny « La Combe d’Orveau » Domaine Anne Gros 2019
Jolie quille ouverte clairement trop tôt. Nez sur le bois vernis mais d’autres le trouvent hyper floral ! Comme quoi, la subjectivité de la dégustation… La bouche met en tout cas tout le monde d’accord – légère et peu extraite mais tendre et gourmande. Ca se sirote facilement et ça promet pour l’avenir. 13° Bien en l’étatChambolle-Musigny 1er Cru « Les Hauts-Doix » – Domaine Robert Groffier 2016
On monte clairement une marche avec ce 1er cru pourtant bien jeune par rapport aux villages qui l’ont précédé. Bouquet charismatique, complexe, multicouche aux effluves de sous-bois, fruits, épices… Bouche dense et équilibrée au toucher noble et au caractère ‘minéral’ plus que fruité (ce qui le rend selon moi encore plus intéressant), avec des notes de ronce et de rafles… Pas spécialement aérien ni « chambollesque » dans l’idée que je me fais de ce finage, juste un super pinot ! 13,5° Très bienChambolle-Musigny 1er Cru – « La Combe d’Orveaux » – Domaine Bruno Clavelier 2018
Magnifique découverte pour moi de ce domaine ! Nez très appétant avec un boisé fin et élégant. La bouche est raffinée, infusée, soyeuse et intense, elle enchante par sa gourmandise bourrée de fruits (framboise, grenade, pointe d’orange…). Coup de cœur pour ce Chambolle très réussi et même surprenant pour le millésime 2018, dont il survole les excès avec un superbe équilibre qui m’évoque davantage 2016 ou 2019 ! Malheureusement, les tarifs de ce domaine font que cette quille restera probablement pour moi une étoile filante… 13° TB / excellentChambolle-Musigny Grand Cru « Bonnes Mares » – Domaine Laurent Roumier 2010
Ce grand cru du petit fils de Georges Roumier est issu d’une parcelle de vieilles vignes au centre du climat. Robe magnifique, transparente et légèrement brunie. Nez charismatique fin et complexe, giboyeux et finement cacaoté. Je trouve la bouche très « chambollesque » – aérienne, fine mais intense, avec un équilibre sur le fil et une structure droite. Belle acidité, volume et allonge. Cependant l’aromatique mûre, sombre et pas (encore ?) particulièrement complexe explique sans doute que les dégustateurs (à l’aveugle) se perdent en conjectures sur le millésime – 2015 ? 18 ? 2020 ?.. Un grand cru qui a clivé la table mais que j’ai personnellement trouvé TB / excellent. 13,5°Chambolle-Musigny 1er Cru « Les Sentiers » – Domaine Robert Groffier 2015
Plus trop de notes à ce stade de la soirée, mais encore un rappel que je préfère le millésime 2016 à 2015 ! Nez classe mais dans le style solaire. Bouche concentrée et serrée avec des tanins pas encore fondus. Dense, sombre, ample. Sera sans doute très bon dans 10 ans, pour l’instant je le trouve bien, mon palais saturait peut-être. 13,5°Mention spéciale pour le pain au levain de la soirée, dans mon top-1 de l’année. Vivement la prochaine !

- 24 août 2024 à 19h04
- in reply to: Domaine Jamet
Il y a méprise de la part de Sven – j’ai (largement) préféré le CdR 2021 au 2022…
Variation de bouteille + effet millésime (moins frais) + jeunesse du flacon expliquent sans doute ma déception.
Contrairement à Sven, j’apprécie beaucoup ce domaine, qui il est vrai se présente sous un meilleur jour avec un Côte Rôtie 12 ans d’âge qu’un CdR de 2 ans

A défaut d’avoir bien bu, au moins aura-t-on bien mangé et bien discuté hier soir !
- 21 juillet 2024 à 21h14
- in reply to: LPV Paris Nord-Est
CR: Clos des Lambrays 2010
La dégustation à l’aveugle demeure un magnifique exercice d’humilité. Ainsi lorsque le flacon mystère nous fut présenté à la suite du Mouton Rothschild 2002, l’amoureux de la Bourgogne que je suis a hésité entre un pinot et un grenache reynaudien… pour finalement pencher en faveur d’un Pignan de millésime frais, tant la fraise ressortait !!! Mais en me prononçant pour un Reynaud, je savais que du coup le si délicieux flacon mystère ne pouvait être qu’un pinot noir…

Ce Clos des Lambrays (le premier de ma carrière d’amateur) a représenté pour moi le clou de cette soirée mythique. Gourmandise, équilibre, allonge, distinction, émotion, tout y est. Son bouquet est d’une grande poésie, entre fraise écrasée, myrtille, rose, ronce et sous-bois. La bouche m’a frappé par l’absolu soyeux de son toucher et son caractère aérien et caressant – chambollesque pourrait-on dire… Elle est superbe d’équilibre, de fraîcheur et de gourmandise avec ses saveurs de petits fruits rouges. L’élevage discret confirme que ce 2010 joue le registre de la finesse plutôt que la puissance. Sa finale savoureuse évoque la ronce et l’eau de roche. L’ensemble est de grande classe et fait encore jeune.
Encore un grand merci à notre hôte de nous avoir conviés à l’aider à franchir ce cap d’une si belle façon !
- 26 mars 2024 à 16h11
- in reply to: Clos Rougeard
CR: Clos Rougeard – Saumur Champigny – 2013
17/20 Même si le gap est net avec le Bourg (élégance d’arômes et de texture, maturité…), que c’est bon ! Je le mettrais néanmoins un cran sous le Clos 2014.
Splendide bouquet élégant, automnal, aux effluves évoquant le gibier, la terre humide, le poivron.
Bouche très acide et légère, sans artifices, un côté terreux que j’aime. Saveurs de groseille, cerise et cuir. La matière allie une dimension aérienne (chambollesque) et des tanins légèrement rugueux dont j’ai du mal à dire si c’est une affaire de millésime ou d’ouverture précoce. Cela ne gâche pas le plaisir, et un ami pour qui c’est le premier Rougeard déclare que c’est le meilleur vin de sa vie !
Belle persistance en finale. 12,5°
- 26 mars 2024 à 15h59
- in reply to: Clos Rougeard
CR: Clos Rougeard – Saumur-Champigny – Le Bourg – 2013
Bu fin 2023 dans le cadre d’une verticale 2011-15. 2015 très bon mais 2013 et 2014 les plus marquants de loin.
19+/20 Choc émotionnel. Vin lumineux, méditatif, idéal.
Le nez est un poème, sur la rose fanée et la corbeille de petits fruits rouges. La bouche s’avère encore plus vibrante que le 2014, d’une fraîcheur et d’une finesse exceptionnelles. Tout n’est qu’infusion et délicatesse. (« Il ne faut pas confondre concentration et extraction, et il faut distinguer finesse et dilution » expliquait M. Bernard Foucault au Figaro en 2018.) L’élevage s’estompe, laissant place à un jus délié et minéral tel de l’eau de roche, porté par une acidité naturelle d’une justesse absolue, salin, désaltérant. Parfums entêtants de poivre, groseille, ronce… Le cabernet ligérien est indétectable et m’évoque l’Echezeaux 2008 du DRC. Magique. 12,5°
Un vin idéal également au sens platonicien. Ce vin si complexe et profond s’avère en même temps en quelque sorte dépourvu d’artifices, sincère et terrien, comme si son caractère infusé et diaphane mettait la matière en arrière plan pour permettre au dégustateur de se concentrer sur son essence. Ce Bourg 2013 représente pour moi une sorte d’archétype de ce que peut et doit être un grand vin !
- 26 mars 2024 à 15h53
- in reply to: Clos Rougeard
CR: Clos Rougeard – Saumur-Champigny – Le Bourg – 2014
Bu fin 2023 dans le cadre d’une verticale 2011-15. 2015 très bon mais 2013 et 2014 les plus marquants de loin.
18,75/20 Nez sombre et forestier, touche de cuir qui point à l’oxygénation, mais d’une finesse et d’une élégance ahurissantes.
Bouche vivante, puissante, majestueuse… Le terroir calcaire se révèle, c’est magnifique, très minéral, l’eau de roche traverse et fait vivre ce vin, d’une persistance remarquable. Menthol, poivre, mûre sauvage, ronce… Légers amers végétaux en finale.
Par rapport au Clos (déjà magnifique sur 2014), je trouve que le Bourg a « plus de tout » : fond, énergie, finesse, charisme… Sublime ! 12,5°
- 26 mars 2024 à 15h51
- in reply to: Clos Rougeard
CR: Clos Rougeard – Saumur-Champigny – Les Poyeux – 2009
18,5/20 Sur un lièvre à la royale, un grand moment de gourmandise… Nez sublime sur le végétal noble, sous-bois, léger poivron, très Rougeard.
La bouche révèle un grand vin terrien, profond, riche, à l’allonge phénoménale. Equilibre et harmonie remarquables, texture d’une finesse et élégance rares. Registre aromatique assez peu évolutif autour des ronces, épices douces, pruneau… Parfaitement mûr et frais, solaire mais jamais too much – sans toutefois susciter l’émotion des millésimes océaniques. Je chipotte. Une fois de plus le Clos Rougeard s’avère tout-terrain, puissant mais sensuel, « pinotant » presque… Quelle merveille ! 12,5°
A noter que j’ai préféré à ce stade ce Poyeux 2009 au 2010, qui comportait une touche de verdeur austère, mais qui ira sans doute plus loin dans le temps.
- 26 mars 2024 à 14h45
- in reply to: Domaine Thibault Liger-Belair, Nuits-Saint-Georges
CR: Domaine Thibault Liger-Belair – Charmes-Chambertin GC « Aux Charmes » 2014
Bjambon : Robe tuilée montrant une certaine évolution, nez enjôleur et caressant, très aromatique sur le pot pourri, les petits fruits rouges, une touche de gibier. Ca pinote dur pour le 1er vin ! Bouche en comparaison assez sérieuse, dense, terrienne, très droite, petits tanins intégrés en finale. La petite touche de verdeur qui pointe vers un léger manque de maturité nous fait penser à 2008. Ca sera en fait un Thibault Liger-Belair – Charmes-Chambertin « Aux Charmes » 2014. Le meilleur 2014 jamais bu pour ma part mais personnellement j’en attends un peu plus d’un GC, TB+ quand même.
Jean F : je crois que ses vignes sont situées sur la portion de Charmes bordant immédiatement le climat de Chambertin. Le bouquet est divin, on entre dans la poésie bourguignonne, c’est délicat, éthéré, floral, potpourri, corbeille de petits fruits rouges frais… Magique. La bouche n’est cependant pas au même niveau, on ne retrouve pas le fruité pur que le nez laisse imaginer, et je perçois un trait de verdeur amère. Avec un peu d’oxygène et de réchauffement (j’avais servi un peu trop froid), la bouche devient plus confortable, un caractère terrien et giboyeux se révèle, c’est très bon. Globalement un Charmes très fin, mais qui n’a sans doute pas tout le fond attendu d’un GC. (13°)
Galinsky : Une robe qui affiche une certaine évolution – L’aromatique est jolie autour d’un panier de petits fruits rouges compotés et un soupçon d’épices douces – En bouche la première approche fait ressortir un vin timide et peu expressif, il faudra attendre quelques minutes et que le vins remonte tranquillement en température pour que la bouche retrouve les marqueurs perçus au nez – En finale le millésime se fait sentir avec des amers un peu trop appuyés. En conclusion un joli vin réalisé par un très bon vinificateur et éleveur mais qui ne me transcende pas eu égard au statut de Grand Cru – BIEN +
- 20 mars 2024 à 19h14
- in reply to: Domaine René Bouvier, Gevrey-Chambertin
CR: Domaine René Bouvier – Gevrey-Chambertin « Racine du Temps » Très vieilles vignes 2019
16,5/20 Quel incroyable village, hédoniste, sensuel, gourmand ! Bouquet intense et enivrant digne des Mille et Une nuits aux effluves épicées type encens, ambre, muscade, girofle, accompagnées d’une touche de bois ultra élégant…
Bouche au caractère sombre et gibriaçois, animal, fruits noirs succulents… Elle offre un équilibre parfait (déjà) soutenu par une acidité vivifiante, sertie de tanins extra fins. Il est au niveau du 2016 et livre un plaisir immense dès à présent. Décidément, 2019 n’est pas 2018…
Deux éléments trahissent cependant son rang : un relatif manque de complexité au milieu de bouche (qui ne s’est pas amélioré avec des heures d’aération), suivi d’une finale certes agréable (où l’on retrouve les épices orientales) mais un peu courte.
Mais bravo à Bernard Bouvier, dont les vins me séduisent régulièrement ! 13°
- 15 mars 2024 à 5h19
- in reply to: Domaine Thierry Allemand, Cornas
CR: Thierry Allemand – Cornas « Chaillot » 2017
18/20 Très (très) grande syrah.
J’ai eu la chance de me porter acquéreur de ce flacon à l’occasion d’une liquidation de cave, donc de payer un prix quasi-domaine. N’ayant pas la patience d’attendre les 15 ans recommandés, je l’ai ouvert sans motif particulier hormis le plaisir de le partager avec quelques collègues et amis… Pour mon premier Thierry Allemand j’avais peur d’être déçu, mais le magicien de Cornas n’usurpe pas sa réputation !
Nez complexe et original, aux effluves de violette, ambre, camphre, girofle, mais encore du bois verni (cette dernière note étant moins appétante).
La bouche est vraiment saisissante, intense, parfumée, droite, cumulant vivacité, fraîcheur, acidité, finesse… C’est incroyable et déroutant pour un Cornas, on est bien loin des vins noirs et austères dans leur jeunesse – certains l’ont même mis en Bourgogne ! Saveurs complexes évoquant la mûre, garrigue, olive noire… Il s’achève sur une entêtante finale d’une immense longueur aux notes de poivre, cassis et fumée. 14°
Il s’agit très clairement d’une des toutes meilleures syrahs de ma vie (sans que mon jugement soit affecté par le prestige de l’étiquette, je crois) ; je le mettrais au niveau de Jamet Côte-Rotie 2009 (sauf qu’il n’a pas eu le temps de vieillir, et qu’il a dominé Jamet 2016 qui lui s’avère irrémédiablement fermé en ce moment) dans un style bien sûr assez différent.
A noter que contrairement à mes attentes, l’oxygène ne l’a pas spécialement améliorée. Le verre d’épaulage était tout aussi dingue que la bouteille bue 12h plus tard…
- 11 mars 2024 à 1h13
- in reply to: Domaine Robert Groffier Père & Fils, Morey-Saint-Denis
CR: Domaine Robert Groffier Père & Fils – Chambertin-Clos-de-Bèze GC 2012
Jean F : Quel sublime vin ! D’abord, nous avons été gratifiés d’un bouquet d’une complexité fabuleuse, offrant des effluves de rose fanée, de sous-bois, d’orange… En bouche on touche le summum du pinot noir, le genre de vin pour lequel on vit notre passion et dont on espère qu’il sera à la hauteur quand on le rencontre… Le jus est suprêmement élégant et raffiné, puissant, dense mais frais, concentré, énergique… On retrouve la complexité aromatique promise par le nez, avec un ballet de saveurs autour de la cerise, épices douces, rafles (je suspecte qu’il y a de la VE)… Caractère minéral, corsé et raffiné… Finale poivrée qui ne quitte pas le palais. Waouh !!! (19/20)
Bjambon : Nez exceptionnel sur la rose et la pivoine. Tous les marqueurs de la quintessence de la Bourgogne sont là. La bouche est immense, elle a tout. Des petits fruits rouges, des marqueurs floraux prononcés, c’est à la fois éthéré, élégant, délicieusement gourmand, juste dingue. Selon ma maigre expérience, on touche là au graal de ce qui peut-être attendu d’un pinot. Grand grand vin.
Galinksy : Une robe limpide et brillante – un nez qui fait un effet « Waouh » me transportant au milieu d’une soupe de fruits rouges (fraises, griottes, framboises, …) et un pot-pourri floral – le côté évanescent et sa complexité représente le niveau d’un véritable Grand Cru – que la bouche vient confirmer en reprenant cette complexité, un côté savoureux et de fins amers apportant un coté légèrement acidulé et rafraichissant en finale – [b][i]EXCELLENT
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[color=#999999″>https://www.degustateurs.pro/article-la-cote-de-nuits-16-le-grand-cru-chambertin-clos-de-beze-124438999.html- 9 mars 2024 à 17h29
- in reply to: Domaine de la Vougeraie
CR: La Vougeraie – Charmes-Chambertin GC – Les Mazoyères 2012
18,5/20 J’aime ce millésime, j’aime ce domaine, j’en attendais donc beaucoup et je n’ai pas été déçu car selon moi ce vin a tout !
Très racé, profond, à la fois délicat et puissant il offre une synthèse du meilleur des deux Charmes-Chambertin qui l’ont précédé lors de cette soirée Grands Crus. Il offre un caractère que l’on peut qualifier de ‘terrien’ au sens où il y a ce je ne sais quoi de rustique qui nous fait imaginer le sol dont il est issu. En même temps le jus est d’une grande noblesse, les tanins sont de qualité superlative, les arômes sont délicieux et complexes autour du réglisse, rafles (80% de vendange entière), mûre sauvage, cannelle, poivre… Les vignes plantées en 1902 et les petits rendements (23hl/ha) ont donné un jus concentré mais sans extraction excessive, j’en boirais des litres !
Si vous en avez une bouteille chez vous, à noter que je trouve qu’il a plutôt perdu à l’aération (je l’avais ouvert avec 8h d’avance), donc ne pas hésiter à le servir sans préparation. (13°)
- 9 mars 2024 à 17h17
- in reply to: LPV Paris Pinot : Au royaume des Grands Crus
Notre cercle d’amoureux du pinot noir s’est retrouvé chez moi pour la 3e soirée, cette fois-ci pour faire les choses bien puisque le thème retenu était « Grands Crus », tous bus à l’aveugle. Allons-y sans ambages, on n’a pas été déçus !
Après un Condrieu « Terrasses du Palat » 2021 de François Villard floral et cristallin pour un apéritif léger pour nos papilles (mais dont le côté très abricoté a moyennement plu à certains), nous ouvrons les hostilités avec le Charmes-Chambertin « Aux Charmes » 2014 de Thibault Liger-Belair. Je crois que ses vignes sont situées sur la portion de Charmes bordant immédiatement le climat de Chambertin. Le bouquet est divin, on entre dans la poésie bourguignonne, c’est délicat, éthéré, floral, potpourri, corbeille de petits fruits rouges frais… Magique. La bouche n’est cependant pas au même niveau, on ne retrouve pas le fruité pur que le nez laisse imaginer, et je perçois un trait de verdeur amère. Avec un peu d’oxygène et de réchauffement (j’avais servi un peu trop froid), la bouche devient plus confortable, un caractère terrien et giboyeux se révèle, c’est très bon. Globalement un Charmes très fin, mais qui n’a sans doute pas tout le fond attendu d’un GC. (13°)
On reste en Charmes-Chambertin avec celui du domaine Sérafin en 2010, et le style change complètement : si le nez est discret, la bouche contraste avec une énorme puissance pas totalement domestiquée, autour des fruits noirs un peu compotés, le vin fait très jeune, quelqu’un lance 2018 et je comprends. C’est très extrait, la matière tapisse complètement le palais mais manque d’élégance, il lui faut sans doute dix ans de plus. (13,5°)
On continue d’explorer ce cru de Charmes-Chambertin très étendu, pour aborder sa partie des Mazoyères avec La Vougeraie en 2012. J’aime ce millésime, j’aime ce domaine, j’en attendais donc beaucoup et je n’ai pas été déçu car selon moi ce vin a tout ! Très racé, profond, à la fois délicat et puissant, il fait la synthèse du meilleur des deux vins qui l’ont précédé. Il offre un caractère que l’on peut qualifier de ‘terrien’ au sens où il y a ce je ne sais quoi de rustique qui nous fait imaginer le sol dont il est issu… En même temps le jus est d’une grande noblesse, les tanins sont de qualité superlative, les arômes délicieux et complexes autour du réglisse, rafles (80% de vendange entière), mûre sauvage, cannelle, poivre… Les vignes plantées en 1902 et les petits rendements (23hl/ha) ont donné un jus concentré mais sans extraction excessive, j’en boirais des litres ! Si vous en avez une bouteille chez vous, à noter que je trouve qu’il a plutôt perdu à l’aération (je l’avais ouvert avec 8h d’avance), donc ne pas hésiter à le servir sans préparation. (13°)
Nous passons à Chambolle avec le Bonnes-Mares 2009 de Bart. Bon sang quel plaisir là encore ! Si le nez manque selon moi un peu d’élégance (végétal herbeux, cerises macérées), la bouche est absolument superbe, on a la concentration sans l’extraction, c’est un grand cru délicat plus que puissant, correspondant sans doute bien au style de ce vénérable domaine. Les arômes sont très plaisants autour des fruits rouges et des rafles (bien que je n’aie aucune idée s’il y a de la vendange entière), le jus est souple et sapide, très gourmand, avec une belle acidité qui rend le millésime indétectable. Ce n’est pas un pinot hyper complexe, mais c’est méga bon ! (13°)
Nous retrouvons le domaine Thibault Liger-Belair, là encore sur un millésime difficile (2013), mais cette fois-ci c’est pour approcher le sommet de la hiérarchie des crus de la Côte de Nuits puisque ce n’est rien de moins qu’un Richebourg. Nez un peu renfrogné mais empreint d’un boisé noble. Ce qui me marque c’est sa très grande attaque qui électrise d’entrée la bouche et s’étire en longueur ; ce vin donne la sensation d’être vivant, parcouru d’une énergie saisissante. En revanche sur le plan aromatique je le trouve un peu simple, et les tanins agrippent un peu. Belle expérience de découverte de ce très auguste climat, sans doute mal servi par le millésime. (13,5°)
Bon, à ce stade j’avais peur que mon palais fatigue, mais le sixième rouge a constitué LE clou de la soirée. Quel sublime vin que ce Chambertin-Clos de Bèze 2012 du domaine Robert Groffier ! D’abord, nous avons été gratifiés d’un bouquet d’une complexité fabuleuse, offrant des effluves de rose fanée, de sous-bois, d’orange… En bouche on touche le summum du pinot noir, le genre de vin pour lequel on vit notre passion et qu’on espère qu’il sera à la hauteur quand on le rencontre… Le jus est suprêmement élégant et raffiné, puissant, dense mais frais, concentré, énergique… On retrouve la complexité aromatique promise par le nez, avec un ballet de saveurs autour de la cerise, épices douces, rafles (je suspecte qu’il y a de la VE)… Caractère minéral, corsé et raffiné… Finale poivrée qui ne quitte pas le palais. Waouh !!! (13,5°)
Dans son encyclopédie des crus de Bourgogne, Patrick Essa écrit : « Le Clos de Bèze est au vin ce que la Bentley est à l’automobile. La quintessence du raffinement et de l’élégance sur une discrète touche de fougue et de sportivité. » Yves a trouvé une formule presque aussi juste : ce Clos de Bèze est « féminin comme un brésilien qui a changé de sexe » ?
On termine avec un vin du siècle dernier : un Corton « Le Rognet » 1999 de Bertrand Ambroise. A ce stade, mon palais était saturé et pourtant j’ai d’entrée été frappé par sa puissance et sa justesse. Il offre un nez sauvage et solaire, qui m’ont fait penser à de la « noble pourriture » et à des épices (muscade ?). C’est un Corton très puissant et séveux, à la matière totalement harmonieuse faite de tanins fondus et d’arômes évoquant le graphite et le bois noble. C’est très bon, et permet d’achever d’une belle façon cette balade au sommet du Mont Pinot. (13,5°)
Au final, mon classement personnel :
1. Groffier Clos de Bèze 2012
2. La Vougeraie Mazoyères 2012
3. Bart Bonnes Mares 2009
4. Ambroise Corton 1999
5. TLB Richebourg 2013
6. TLB Charmes 2014
7. Serafin Charmes 2010Ce fut (encore) une très belle soirée pour notre petit groupe, un véritable bonheur pour amoureux de pinot avec un niveau relativement homogène, tous les vins apportant un grand plaisir aux dégustateurs et tous méritant dignement leur classement. A noter la capacité de vieillissement de ces GC, on sentait qu’ils étaient à peine au début de leur apogée et que 5-10 ans auraient permis de les mettre encore mieux en valeur… Seul le Corton 1999 donnait le sentiment d’être cueilli au bon moment. Bref, les grands crus semblent réellement bâtis pour durer.
Nous avons bu 8 bouteilles à 6 (quasi aucun recrachage) et ce matin je me sens pourtant comme un charme… Vive le bon vin !
Merci de m’avoir lu.
Les Mazoyères sont plus éloignées de Chambertin et du Clos de Bèze.- 28 décembre 2023 à 3h18
- in reply to: 2023 : coups de cœurs, émotions et flop
J’ai eu la chance de boire en 2023 beaucoup de flacons dont je rêvais.
Les tops :
– DRC Romanée-St-Vivant 2009 : sublime, d’une pureté et d’une minéralité saisissantes.
– DRC Echezeaux 2008 : absolument fabuleux dans ce millésime frais, très grande émotion.
– DRC La Tâche 2001 : sans m’émouvoir autant que les deux précédents, c’est l’archétype de la « main de fer dans un gant de velours ».
– Clos Rougeard « Le Bourg » 2013 : ce Bourg m’a rappelé le DRC 2008 dans sa manière de sublimer ce millésime difficile ; il s’est révélé selon moi au même niveau en termes de plaisir, devenant mon « idéal platonicien » d’un grand vin en millésime océanique, arrivant d’une courte tête devant le…
– Clos Rougeard « Le Bourg » 2014 : forestier, minéral, profond, fin, un CF hallucinant et déjà bon à boire selon moi.
– Clos Rougeard « Les Poyeux » 2009 : c’est super bon, le millésime chaud est parfaitement géré, texture d’une élégance rare.
– Clos Saint-Jacques 2009 d’Armand Rousseau : le clou de la soirée inaugurale du cercle LPV Paris Pinot Noir, un vin très « académique » dans son excellence.
– Coteau de Vernon de Georges Vernay 2017 (à la soirée Rhône de LPV Paris Nord-Est, qui a brillé parmi un lot de déceptions) : tension, volume, gourmandise, élégance, équilibre, ce Condrieu a tout d’un grand blanc !
– Clos St-Denis 2017 de Castagnier : un vrai GC particulièrement harmonieux, dense et raffiné.
– PJA Hermitage La Chapelle 2005 : long, profond, cendré, très grande syrah.Enfin mon accord met-vin de l’année : il fut trouvé sur un curry vert de crevettes associé à un2018 en Bourgogne rouge venant pourtant de domaines respectables : Volnay de Nicolas Rossignol ou Chantal Lescure, Longeroies de Bruno Clair, et j’en oublie sûrement d’autres… Je n’aime pas cette confiture de pinot et me fais du souci pour l’avenir des vins de Bourgogne.
– Un Chablis 1C « Forêt » 2016 de Raveneau : inexpressif et mou, pour le tarif vous me remettrez une caisse de Droin merci !
– Corton GC 2010 du DRC : bof ! J’ai bu de meilleurs Corton pour bien moins cher (les Clos du Roi de Buisson-Charles ou de La Vougeraie par exemple).
– Côte-Rôtie 2016 de Jamet : fermé, décevant, confirmant malheureusement qu’il faut attendre une douzaine d’années…
– Clos Rougeard « Le Bourg » 2011 : fermé, lourd, déficit d’acidité, quel gap avec les 2013-14 !Les domaines que j’ai bu une première fois en 2023 et qui sans rejoindre le panthéon des flacons de l’année gagnent à être découverts : Vaccelli avec sa cuvée ‘Granit’, Pietro Caciorgna (Etna), Foillard avec son Côte du Py très convaincant en 2021.
Bon réveillon à tous et buvez bien en 2024 !
- 19 décembre 2023 à 23h59
- in reply to: Domaine Sylvie Esmonin, Gevrey-Chambertin
Je m’interroge : au vu de leur manque d’acidité, les 2018 seront-ils vraiment plaisants un jour ? (Je flippe car j’avais acheté pas mal de 2018 à sa sortie, croyant au ramdam de « splendide millésime »…)
Pour l’instant en 2018 (rouge) je trouve qu’Arlaud (Vosne village) et la Vougeraie (Beaune Pierres Blanches) s’en sortent bien, Coche-Dury (Monthélie) survole totalement les excès du millésime bien sûr, Clos Salomon et René Bouvier (Fixin VV) pas mal non plus. Grosses déceptions en revanche avec Chantal Lescure (Volnay), Castagnier (Clos Vougeot), Nicolas Rossignol (volnay) et Bruno Clair (Longeroies). Pas encore goûté mes Gevrey de Sylvie et trop peur de les ouvrir…
- 19 décembre 2023 à 21h11
- in reply to: Clos Rougeard
Bonjour à tous,
Dans votre expérience, quelle est la plage d’apogée des Poyeux et du Bourg ? Votre réponse pourra varier selon le caractère solaire du millésime (2005, 2009…) ou océanique (2004, 2013…).
Merci d’avance pour vos lumières !