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- 18 août 2021 à 17h33
- in reply to: Château Haut-Brion, Pessac-Léognan
Le millésime a une très grande réputation (à l’époque comme aujourd’hui). A lire ton compte-rendu, je me dis que le 1923 ouvert il y a quelques années se goûtait de manière assez semblable. Ce type de vin est hors-catégorie.
- 26 juillet 2021 à 20h15
- in reply to: Cantina Giacomo Borgogno e Figli, Barolo
CR: Giacomo Borgogno & Figli, Barolo Riserva, 1971
A l’ouverture, la couleur est vermillon, vive (éclatante) (aucune turpidité), avec des reflets orangés. Le nez est celui d’un vin très âgé, dominé par des arômes tertiaires (sous-bois, cuir, champignons). En bouche, derrière une trame acide, une bonne persistance augmente le volume déjà perceptible. Dégusté au restaurant [Glam à Venise]* , il a beaucoup gagné à l’aération, l’équilibre entre acidité, rondeur et ampleur lui conférant une certaine noblesse. En dégustation pure comme en accompagnement des plats (dont certains épicés), il a procuré un grand agrément, séduisant par l’aspect soyeux et la relance comme la présence en bouche.
*J’ai choisi le menu classiques de glam
- 17 mars 2021 à 1h48
- in reply to: Château Tertre Roteboeuf
CR: Château Tertre Roteboeuf 2010
20 ans de vieillissement dans une bonne cave et ce vin pourrait me séduire, mais en l’état, je dois bien avouer ma perplexité devant celui-ci.
Carafé 2 heures avant dégustation.
Sa robe violine brille.
Son nez de fruits noirs très intense s’est assagi.
Il offre une bouche aussi longue que large, capiteuse, tout en puissance ainsi qu’une finale très longue. Les tannins n’accrochent ni n’assèchent le palais alors que les larmes sont prononcées dans le verre.
Pour tempérer cette fougue et préserver une certaine fraîcheur, la température de service de 16° semble la plus adéquate.Cette bombe de fruits requiert des années de patience avant de parvenir à ce que j’estime son optimum. Aujourd’hui, il m’a procuré plus d’ennui que de véritable plaisir.
- 13 janvier 2021 à 3h35
- in reply to: Champagne Krug
Ce vin a été dégusté les 31 décembre et 1er janvier derniers.
https://lapassionduvin.kinsta.cloud/degustations-eclectiques/50706-la-parenthese-enchantee-fetes-de-fin-d-annee-2020#1136737CR: Krug Grande Cuvée 163e édition.
De la bulle (très fine) au bouquet, ce Champagne qui rassemble des vins de 142 parcelles et 12 années comprises entre 1990 et 2007 exhale le raffinement. Le nez très floral d’aubépine, de miel, d’acacia d’une grande distinction mêle complexité et délicatesse. Servi à différentes températures et divers moments du dîner comme du déjeuner, il offre une réplique courtoise aux plats de crustacés comme au tiramisu’. Distillerait-il un ennui poli comme une antienne du « charme discret de la bourgeoisie » ? La robe or pâle, les bulles en lente lévitation ne sauraient incliner dans cette voie. La tension en bouche, l’allonge et une finale appréciable plongent au contraire le dégustateur dans un extase profond, prolongé et répété. Une estampe japonaise !
- 13 janvier 2021 à 3h30
- in reply to: Domaine de Beaurenard, Châteauneuf-du-Pape
Ce vin a été dégusté les 24 et 25 décembre derniers :
https://lapassionduvin.kinsta.cloud/degustations-eclectiques/50706-la-parenthese-enchantee-fetes-de-fin-d-annee-2020#1136737CR: Châteauneuf-du-Pape Beaurenard « Grand Partita » 2015
Bien aéré et rafraîchi afin que l’infanticide ne soit pas rédhibitoire, ce Châteauneuf composé des treize cépages de l’appellation se révèle par petites touches, la corpulence de l’ensemble étant tempérée au fur et à mesure de l’oxygénation par plus de rondeur, l’expressivité du nez de fruits rouges rejoignant alors une élégance de bon aloi. A attendre sans hâte.
- 13 janvier 2021 à 2h15
- in reply to: 2020, une drôle d’année, se termine prochainement : vos tops et déceptions de l’année ?
Ce cru 2020 fut aussi chiche en dégustations que riche en contemplations :
– un Nuits-Saint-Georges 1964 de Bouchard père et fils que personne pas même le restaurateur n’attendait à ce niveau ;
– un Pommard 1945 anonyme tout en onctuosité et en raffinement ;
– un Bourgueil 1947 de Lamé-Delisle Boucard encore bien fringant (quoiqu’en-deçà du 1959) ;
– la parenthèse enchantée des fêtes où les quatre vins proposés se sont admirablement goûtés : un Champagne Victor Clicquot 1955 au bouquet irrésistible (mais hélas à la bulle évanescente), un Krug grande année 163e édition très gastronomique, un Châteauneuf-du-Pape Beaurenard Grand Partita 2015 assez élégant et surtout un Châteauneuf-du-Pape de la Cave du Val Clos 1933 somptueux (le vin d’une vie).- 7 novembre 2020 à 3h57
- in reply to: Fragolino ?
RaymondM,
C’est une grande perte à laquelle je pense souvent en passant par la Salizada del Pignater (avec le regret de ne pas avoir acheté plus de bouteilles quitte à alourdir la valise).
- 3 octobre 2020 à 15h34
- in reply to: Domaine Lamé Delisle Boucard (Domaine des Chesnaies)
Il y a quelques années, Decanter avait noté 100/100 le millésime 1893 du domaine et les trompettes de la renommée avaient sonné.
https://www.francebleu.fr/loisirs/sortir/un-vin-de-bourgueil-de-1893-se-voit-attribuer-la-note-exceptionnelle-de-100-sur-100-1377783656J’aime beaucoup ce domaine.
- 3 octobre 2020 à 15h21
- in reply to: Domaine Lamé Delisle Boucard (Domaine des Chesnaies)
On trouve toujours Lamé-Delisle-Boucard 1976 au Bistrot des Belles Caves (Tours), mais les prix ont considérablement augmentés et le vin me semble plus fragile que d’autres millésimes du domaine.
Le 1964 et 1978 figurent également à sa carte : https://lame-delisle-boucard.com/texts/notre-domaine
Au Petit Sommelier (Paris), les prix sont notablement élevés mais la carte propose des millésimes plus rares comme le 1962.
https://www.lepetitsommelier-paris.fr/it/menu/#menu-4203881947 fut le premier millésime embouteillé et vendu non plus en vrac, mais au détail.
Oui, le domaine des Chesnaies est aujourd’hui le domaine Lamé-Delisle-Boucard et ce, depuis 1969.
En 1947, le domaine s’appelait Lamé-Delisle.- 2 octobre 2020 à 21h47
- in reply to: Domaine Lamé Delisle Boucard (Domaine des Chesnaies)
CR: Domaine des Chesnaies, Bourgueil, 1947
(acheté au Petit Sommelier)
Un nez mutin de griottes auquel se mêlent des effluves de cuir.
Une bouche ronde et gourmande aux tannins fins, qui glisse lentement : ce vin évoque le frémissement de l’onde sur la toue.Extirper doucement le bouchon imbibé au quart, humer le goulot puis laisser s’écouler quelques instants : ouvrir une bouteille plus ancienne que sa propre expérience humaine comporte sa part de rituels, d’interdits et d’imaginaire. Ici l’impatience ne fut pas la plus mauvaise conseillère même si la bouche s’élargit et s’allonge au fil des heures. L’apporteur malicieux avait effacé le millésime et présenté l’étiquetage récent sans plus de commentaires.
La robe rubis, unie, aux contours légèrement mordorés précède une bouche fraîche, alerte et soyeuse.
Le nez est un poème délicat où le menthol, la rose, la violette et la griotte conversent.Moins démonstratif que le 1959, plus homogène que le 1976, ce Bourgueil présente un visage accompli et serein assez inattendu pour le millésime.
- 26 septembre 2020 à 22h37
- in reply to: Domaine Jacques-Frédéric Mugnier, Chambolle-Musigny
CR : Domaine Mugnier, Nuits-Saint-Georges 1er cru, 2013.
Dégusté au verre au Petit Sommelier (Paris).
Nez frais de fruits rouge, bouche fluide et équilibrée manquant quelque peu d’ampleur mais non d’allonge. Bien fait, vin fin et d’une grande pureté (respect de la matière). Si je reconnais l’agrément sinon l’exercice de style, je ne suis pas totalement conquis.
- 27 août 2020 à 4h53
- in reply to: Château Canon, Saint-Émilion
CR: Château Canon 1985 (Saint-Emilion)
Vin dégusté à cette occasion
https://www.lapassionduvin.com/degustations-eclectiques/50190-ou-l-inconnu-terrasse-la-valeur-sure#1120157Désignée au rôle de valeur sûre et à ce titre, de bouteille de secours, Canon 1985 m’a quelque peu déçu malgré une présentation impeccable (capsule intacte, niveau base goulot, bouchon imbibé au quart) et un premier contact prometteur : nez profond et vibrant de tabac, de sous-bois et de cuir, bouche soyeuse et ronde de bonne tenue. Hélas, l’aération a révélé peu à peu les limites de ce flacon : la trame quelque acidulée et mince s’effiloche rapidement et l’impression finale reste mitigée. Deux jours plus tard, l’accord avec un Pont-l’Evêque réussit à en gommer les aspérités, la sévérité et l’austérité, l’onctuosité du fromage estompant la maigreur sinon l’âpreté du vin en finale et suscitant une belle harmonie. Seule la fin de bouteille procure un réel agrément grâce à une ampleur en bouche enfin au rendez-vous.
- 27 juillet 2020 à 15h06
- in reply to: Les bonnes adresses de Venise
Quelques adresses de Venise :
– la Zucca : j’en aime l’atmosphère intimiste ;
– El Gatto (Chioggia) : plats de poissons exquis (petits calamars cuits sur un velours de vitelottes et de truffe noire, linguine aux vernis, bar à la croûte de sel). Si l’accueil était à la hauteur de la cuisine, ce serait le paradis. A noter un Krug 161e édition à 200 euros sur la carte…
– Antiche Carampane : l’assortiment tradition est digne d’éloges – bacalà mantecato, sarde in saor…
– Glam : la vue, l’originalité des plats, la qualité de l’accueil.- 27 juillet 2020 à 11h08
- in reply to: Champagne Gatinois (Pierre et Marie-Paul Cheval-Gatinois)
CR: Gatinois GC 2011
Voilà un Champagne que j’ai très bien goûté en apéritif sans doute parce que les notes oxydatives ne me rebutent pas au contraire de l’acidité mordante et déséquilibrée trop souvent rencontrée à mon goût en Champagne. Quelques notes briochées mais surtout toastées accompagnent l’entrée en bouche où la noisette et l’amande sont suggérées, les bulles tempérées. L’ampleur comme la finale sont correctes. Je recroiserais avec plaisir ce Champagne découvert au Glam (Venise).
- 19 juillet 2020 à 17h09
- in reply to: Castello Banfi, Montalcino
CR: Castello Banfi Poggio All’Oro Riserva 1997 – Brunello di Montalcino
Cette bouteille a été achetée à la Cantinone già schiavi (Venise) en prévision du Rédempteur.
Le bouchon sec a volé en charpie et demandé beaucoup de patience et de temps. L’effort fut récompensé par un beau nez expressif de cassis, de cerise et de chocolat noir, plein de fraîcheur. La robe, encore brillante et grenat, n’accuse pas son âge non plus que la bouche ronde, puissante, étirée par une très longue finale, légèrement accrocheuse en dégustation pure. Ce Brunello s’est bien marié avec les tranches de speck et le Parmesan achetés à la Casa del Parmigiano.
Excellente prestation d’une bouteille en pleine possession de ses moyens. Grâce à elle, ce Rédempteur inhabituel ne fut pas triste.- 28 avril 2020 à 4h14
- in reply to: à boire ou à jeter ?
Les vins anciens réservent souvent des surprises (bonnes ou mauvaises) : la conservation et la capacité de garde constituent des facteurs-clés. Ici, le bouchon du 1982 est soulevé (et le niveau semble à basse épaule) mais les niveaux du 1967 et 1959 sont plus que corrects. De manière générale, un vin à la robe brillante inspire plus confiance qu’un autre à la robe terne, un bouchon ni surélevé ni descendu dans le goulot à ces deux cas de figure, un niveau haute épaule à une baisse trop importante du niveau (moyenne épaule en Bordeaux, 4 ou 5 cm ailleurs semble une zone à risque pour des vins âgés de 50 ans et + s’il n’y a pas eu reconditionnement ou autre depuis), une capsule nette à une capsule corrodée et percée. Beaucoup de dégustateurs ont des méthodes de dégustation différentes des vins anciens mais s’accordent pour déconseiller le carafage (ou en dernier recours quand tout semble déjà perdu) ou une oxygénation trop violente. Je préfère en général ouvrir avec un limonadier (quitte à casser le bouchon) avec précaution – mais les puristes ont recours au bilame ou à une mèche longue – puis attendre quelques heures que l’oxygénation lente fasse son oeuvre (souvent après avoir senti le vin puis en avoir goûté 1 à 2 cl pour me faire une première idée d’une possible résurrection). Bonne dégustation ! Le 1959 promet à première vue (belle couleur, bon niveau, excellente année, moelleux donc capacité de garde supérieure).
- 17 avril 2020 à 16h05
- in reply to: Château Lynch-Bages, Pauillac
Lire ce CR me procure une grande émotion tant à cause de la qualité de rédaction que par un souvenir personnel : en 2012, ce fut le premier vin ancien que j’ai découvert. Immarcescible.
- 7 février 2020 à 11h06
- in reply to: Bouchard Père et Fils
CR: Bouchard Père et Fils – Nuits-Saint-Georges 1964
Dîner en solo constitue souvent une expérience un peu étrange, à mi-chemin entre l’ethnographie et la mélancolie. Choisi sans en attendre d’autre agrément qu’une soirée paisible sans ornement particulier, ce nuiton a sublimé le moment : le nez racé et de complexe, alerte où le sous-bois le dispute à la griotte suscite un intérêt grandissant, la robe rubis un peu diaphane étouffe un soupir éteint par une première gorgée. La versatilité des vins anciens s’exprime souvent dans une acidité déchirante ou un crépuscule langoureux. Ici, au contraire, le récital est enlevé et franc : la bouche est ronde, soyeuse, parcourt le palais, ne le quitte jamais : avec l’aloyau de boeuf ou l’onglet de boeuf, l’accord souverain fige le temps. Quelquefois, le vin ancien distille l’évidence, rendant le discours caduc.- 3 février 2020 à 18h48
- in reply to: Domaine Lamé Delisle Boucard (Domaine des Chesnaies)
Il existe beaucoup de cas de figure qui rendent difficile l’établissement d’une règle infaillible pour l’ouverture des vins anciens :
– le moins fréquemment rencontré : une nette amélioration 24 h après contre toute attente même après une forte oxygénation (Côtes du Rhône Chauvenet 1945, Grand Pontet – Saint-Emilion 1947) ;
– le plus courant : une nette amélioration après oxygénation lente pendant 5 à 6 h (Haut-Brion 1923, Nuits-Saint-Georges Albert Brénot 1919 etc.) ;
– ce qui n’est pas si rare : une préservation des qualités organoleptiques tout au long de la dégustation, y compris sur plusieurs jours (Léoville-Poyferré 1964, Margaux 1978 etc.) ;
– ce qui peut arriver : un vin fatigué qui décline assez vite (au bout d’une heure) et auquel l’oxygénation lente n’apportera rien, bien au contraire (Giscours 1959, Clos Fourtet 1949).
Dans le doute, mon parti pris est d’ouvrir 1 heure et demi à 2 heures avant le repas, de prélever 1 à 2 cl et de sentir.- 2 janvier 2020 à 23h05
- in reply to: Champagne Lallier
CR: Champagne Lallier 2002
Quel joli Champagne, qui accompagnerait avec bonheur une noix de Saint-Jacques comme un macaron à la pistache !
Les notes oxydatives (fragrances d’amande, de noix, de noisette), dénotent une belle subtilité olfactive sans que la bouche alerte et vive, la bulle gracieuse ne brise l’harmonie d’ensemble d’un Champagne sublimé par le vieillissement et le millésime. Volumineux, il tapisse le palais mais ne le sature pas.
La grâce incarnée, tentatrice et raffinée : la complexité ne le cède pas à la fraîcheur ni le volume à l’équilibre.