Patrice Delpet

Nous avons 1 invités et 0 utilisateurs enregistrés en ligne.

Forum Replies Created

Affichage de 20 réponses de 401 à 420 (sur un total de 440)
  • Replies
  • Patrice Delpet
    Participant

    CR: Maison Les Alexandrins – Crozes Hermitage – 2021

    J’ai découvert ce domaine au salon de Tain l’Hermitage en février 2020 juste avant le grand bazar du COVID. Puis j’ai suivi leur production aux salons 2022 et 2023. Cette bouteille a été achetée au salon 2023 (17.50€).
    La gamme « Maison » correspond à du négoce alors que la gamme « Domaine » vient de vignes en propriété. La gamme « Maison » couvre à peu près toutes les appellations du Rhône nord.

    Le Crozes « Maison » provient de raisins du sud de l’appellation. Il est vinifié et élevé en cuves béton.

    J’ai ouvert cette bouteille 5h avant sans autre manipulation.
    Le bouchon a l’air assez moyen avec beaucoup de craquelures mais il n’est pas imprégné. Heureusement car il doit être en place depuis moins d’un an.

     

    La couleur est carmin moyen.
    Le 1°nez est très expressif et agréable sur un panier de fruits rouges, cassis, fraise, framboise, il y a un léger réglissé et une touche de buisson.
    L’agitation est très intense sur un fruit pur d’une grande fraîcheur avec sa touche végétale de feuille de cassis.
    La bouche est de corps moyen, elle est bien équilibrée avec une matière fondue assez enrobée. Les arômes sont très gourmands sur ce fruit net un peu réglissé.

    C’est très digeste, on a là toutes les qualités de ce millésime quand il a été réussi. C’est bien loin des vins plus lourds des 4 années précédentes.
    Mais il n’a pas pour autant la légèreté d’un « simple » IGP à base de syrah, on retrouve bien la consistance et le (relatif) moelleux du Crozes-Hermitage. D’ailleurs, les jours suivants, il deviendra plus riche, moins « croquant ».
    A servir un peu rafraîchi pour bien en profiter.

    J’ai retrouvé le côté très fruité mais consistant qui m’avait plu au salon de Tain en Février. Je pense qu’il peut se tenir dans cet état un an ou deux mais il est déjà très plaisant aujourd’hui.
    Avec celui de Laurent Habrard, c’est le Crozes 21 d’entrée de gamme que j’avais préféré au salon de Février.

    Patrice

     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine de l’Edre – Carrément mourvèdre – Côtes catalanes 2021

    Bouteille ouverte le 31 Mai.

    La couleur est vraiment violette.
    1°nez sur un ensemble de fruits noirs, prune, raisin noir avec quelque chose d’à peine plus torréfié en bas du verre, puis un côté garrigue fleurie.
    A l’agitation, on a une impression plus fleurie encore (lys, jacinthe) avec un fruit compoté derrière.
    La bouche est équilibrée mais d’ensemble assez souple et juste une petite astringence finale. Les arômes sont expressifs et cohérents avec le nez. On sent son caractère sudiste à la fin du verre mais c’est plutôt gourmand et expressif. Persistance réglissée et peu à peu de l’amertume apparaît.

    L’ensemble rappelle bien le mourvèdre mais dans une expression souple et fruitée comme on n’en voit pas souvent.
    Ses 14° passent très bien.
    A boire sur son fruit.

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Mas Cal Demoura – IGP Pays d’Hérault – Paroles de Pierres 2014 blanc

    Acheté au domaine 20€ en 2016.

    [i]70% chenin, 20% roussanne, 5% grenache, 5% petit manseng
    élevage aux 2/3 en demi-muids et le reste en cuves[/i]

    Bouchon plutôt bien mais une veine est remontée pratiquement jusqu’en haut et il y a quelques traces noires sur le dessus.

     

    La  couleur est dorée, visqueuse et brillante.
    Le 1°nez entre douceur vanillée et fraîcheur végétale, fleurs jaunes de type genêt
    L’agitation est plus intense et bien différente sur une impression minérale (sans doute les pierres qui nous parlent…), note fumée de silex avec une légère douceur fleurie par dessus
    La bouche a un bon équilibre frais avec de la rondeur, encore un tout petit peu de CO2. Les arômes sont plus végétaux qu’au nez, mais il y a toujours cette fleur jaune avec un retour végétal sur la fin et là, on sent un peu plus l’alcool.
    En mangeant, le CO2 est plus sensible et l’impression est originale avec ce côté végétal qui commence à être aimable et la rondeur sudiste du toucher.
    C’est puissant et il faut un plat en conséquence. La lotte « façon saltimbocca » peine un peu.

    Les jours suivants, il devient plus riche en perdant son CO2. On garde cette dualité douceur fleurie/fraîcheur végétale en bouche et toujours cette note minérale de pierre fumée au nez. Je l’ai plutôt préféré à J+1 car le caractère végétal est un peu trop apparent à l’ouverture. Sans doute les caractéristiques du millésime, en plus du choix du style et du cépage chenin.

    A J+2 et servi frais, il prend un faux air de riesling avec son gras et cette touche minérale au nez. C’est intéressant.

    C’est donc un vin qui a de la personnalité, un blanc du sud entre richesse et fraîcheur. Il a donné comme des variations sur le thème principal les trois jours où je l’ai bu.

    C’était la quatrième fois que je le buvais. Il me semble meilleur à présent car le végétal+le CO2 le rendait plus abrupt avant, moins causant. Je ne sais pas ce que ça donne dans les autres millésimes mais c’est manifestement un vin à attendre un peu, beaucoup…

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Château Bouscassé – Pacherenc du Vic-Bilh sec – Les Jardins Philosophiques 2017

    Bouteille achetée récemment au fond du rayon d’un caviste. Pas si fréquent de trouver des blancs de cet âge en magasin.
    10.50€, ce qui ne gâche rien.

    Cépages : petit courbu (majoritaire) et petit manseng

     

    Le bouchon est ferme, impeccable.
    Couleur jaune citron soutenu.
    1°nez franc et expressif sur le zeste avec une pointe de silex (sans jeu de mots).
    L’agitation est plus fruitée, intense, bien sur les agrumes (citron vert, pamplemousse), vétiver et fruit de la passion, en cherchant bien.
    La bouche est à la fois fraîche et riche (13.5°), avec un très léger CO2. Au départ, on a bien le citron vert puis vient quelque chose de plus mûr, comme un fruit exotique indéfinissable avant de retrouver de la fraîcheur avec son amertume finale. Impression un peu corsée sur la fin.

    C’est un ensemble plutôt spectaculaire par son acidité haute et ses arômes intenses.
    Ce n’est ni complexe ni vraiment concentré mais plaisant à boire. Permet de découvrir le cépage petit courbu en sec.
    Une bonne typicité et un bon rapport Q/P.

    Patrice
     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Château Thivin – Côte de Brouilly – Les Sept Vignes – 2018

    Bouchon élastique de bonne qualité mais sans marquage de cuvée ni d’année.

     

    La couleur est carmin moyen.
    Le 1°nez est ouvert sur une impression de fruits rouges, surtout la cerise.
    L’agitation est plus intense et profonde, toujours sur le fruit mais plutôt cassis.
    La bouche est ronde et souple, la chair est moyenne mais agréable, la matière fondue. L’alcool est assez présent (13.5°), mais bon, 2018… Les arômes sont expressifs, très fruités, simples mais agréables, avec une légère touche végétale finale qui rafraîchit le tout. Donc parfaitement à point aujourd’hui.

    C’est plutôt un vin pour l’été à boire un peu frais.
    Il me fait beaucoup penser à la cuvée Origine Vieilles Vignes de PM Chermette, avec un peu plus de matière. C’est très bien fait.

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine Rapet, Beaune, premier cru Grèves 2013

    Bouteille ouverte 4h avant.
    Beau bouchon élastique mais imprégné sur la moitié localement.

     

    La couleur est tuilée, d’intensité moyenne.
    Le 1°nez est assez intense mais peu nuancé avec un très léger fruit mais surtout une ambiance végétale avec un boisé bien sensible.
    C’est un peu pareil à l’agitation, en plus mélangé. On a un boisé « vernis », un souvenir du fruit (prune) et une impression végétale un peu légume.
    La bouche est pleine et dense, d’une bonne structure puissante, charnue et même corsée (13°). On y trouve un certain équilibre avec l’impression végétale finale et l’astringence venant de l’élevage. Le point faible vient des arômes, difficiles à décrire en bouche et peu développés au nez. L’équilibre est correct mais l’ensemble n’est pas vraiment plaisant. Son boisé sera de plus en plus asséchant au fil du temps.
    Il passe mieux en mangeant et à température plus élevée.

    A noter une contre étiquette générique qui ne donne pas beaucoup d’informations.

     

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    Merci Alex et David pour vos retours.


    @Alex
    :
    C’est sûr, je ne prépare pas une conférence sur le concept de minéralité brûlée… Ce n’est effectivement pas très clair. J’aurais plutôt dû écrire « de minéralité et de brûlé ». Mais le mot minéralité est différemment interprété aussi et j’essaie de ne pas en abuser.
    Instinctivement, je range les arômes comme le charbon de bois ou la cheminée dans la catégorie « minéral », mais c’est ma façon de faire.


    @David
    :
    Merci de confirmer que cette aromatique particulière est bien une constante. C’est carrément étrange pour de la syrah sur schistes. Mais ce n’est pas qu’étrange puisque c’est très agréable et, avec les autres arômes, ça forme un ensemble dont on se souvient.
    Moutonnes/Côte brune : c’est un raccourci. Les Moutonnes est un lieu-dit cadastré sur le secteur schisteux du nord de l’appellation, différent du lieu-dit Côte Brune. Mais traditionnellement, on utilise les termes « brune » et « blonde » pour résumer les deux types de sols de l’appellation.
    L’Angéline est donc censé être typé « brune » alors que le résultat n’y fait pas penser du tout.

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    Merci agitateur pour cette remarque. Je n’avais pas vu ça avant mais on le voit sur la photo, même si elle est un peu embuée.

    Maintenant, un verre coloré doit mieux protéger le vin de la lumière. OK, une bouteille de vin ne se conserve pas au soleil mais je me demande si ce n’est pas un peu imprudent d’utiliser un verre blanc dans une perspective de garde. Par exemple pour Pape Clément qui vaut plus de 100€ la bouteille.
    Que sait-on du filtrage des UV et autres par les différents types de verre, pour l’épaisseur de verre d’une bouteille de vin?

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine Chambeyron – Côte-Rôtie – L’Angéline 2014

    Bouteille achetée au marché aux vins d’Ampuis en 2017. C’était 35€ à l’époque mais il a depuis passé la barre des 50, comme trop d’autres.
    Je n’ai goûté que deux fois cette cuvée en bouteilles, le 2014 puis le 2015, et aussi des échantillons de 2016 et le 2017 en janvier 2018, tous très parfumés et originaux.
    Mais au marché 2019, il était malheureusement en rupture.

    [i]100% syrah, assemblage venant des Moutonnes et de Chavaroche mais j’ai noté que le 2014 était essentiellement des Moutonnes, donc secteur « Côte brune ».
    Vendange éraflée, élevé 20 mois en fûts à 25% neufs.[/i]

     

    Bouteille ouverte 4h avant mais non épaulée.
    Le bouchon est difficile à extraire, il est à peine imbibé.

    La couleur est rouge vif moyen, pas très dense, comme souvent en Côte-Rôtie.
    Le 1°nez est de suite intense sur une impression exotique étonnante, comme un mélange curieux d’orange et d’olive noire au départ, puis le festival commence avec du fruit rouge confit, de la minéralité brûlée sur une impression caressante. On a un ensemble d’arômes qui paraissent antagonistes.
    L’agitation est plus intense et développe de beaux arômes sanguins, de la viande fumée en bas du verre, de l’écorce d’orange séchée…
    La bouche a une texture curieuse, fondue et équilibrée mais presque huileuse. Dit comme ça, c’est péjoratif mais en fait rien ne dépasse, les tanins sont fondus. Les arômes saisissent littéralement la langue entre fruit très mûr et impression fraîche contradictoire, presque un peu réglissée, florale, voire crémeuse sur la persistance. C’est quelque chose qui dépasse la douceur apportée par l’élevage. On sent cette minéralité fumée associée à un fruité indéfinissable. Il a une très bonne longueur de bouche après un parcours en tout point cohérent.

    Bref, il se boit comme du jus de fruit et il ne lasse jamais ni ne se durcit ensuite.
    Les jours suivants, il tiendra très bien, en devenant forcément un peu plus cuit mais toujours complexe et enjôleur, avec des fruits noirs, du zan, du café crème… Bouche toujours veloutée qui m’évoquera un moment un Amarone, en plus frais (mais j’ai bu peu d’Amarones).

    Voilà donc un Côte-Rôtie extrêmement spectaculaire que je n’attendais pas comme ça, ayant déjà bu deux autres 2014, plus frais et pas opulents du tout.
    Il résume toute la sensualité que peuvent avoir les vins de cette appellation (mais pas si souvent quand-même). On jurerait qu’il y a la marque du viognier dans ce vin mais c’est bien un 100% syrah, qui plus est de la Côte brune. Je retrouve dans mes notes que Mathieu Chambeyron m’avait dit que ce terroir donnait chez eux des vins très floraux avec des arômes de litchi au départ.

    Une bouteille qui permet de comprendre un peu tous ces monomaniaques qui investissent une partie de leurs revenus dans des bouteilles qu’ils entassent des années sous terre.

    Patrice
     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Château Carbonnieux, Pessac-Léognan blanc 2006

    Un lot acheté aux enchères me donne l’occasion de tester ce blanc bordelais que tout le monde connaît plus ou moins vu son omniprésence en foires aux vins. Mais en version plus de dix ans ici.
    Je n’ai pas regardé les qualités supposées du millésime en blanc avant l’achat. Les bouteilles avaient l’air bien conservées et avec un verre blanc, on voit bien la couleur et les différences entre les bouteilles. En l’occurrence, c’était homogène.

    Une première bouteille fin Avril avait montré des signes d’oxydation et peu de complexité mais l’impression était quand-même coulante, fondue, agréable .

    Je retente le coup fin Mai avec la plus foncée des six (mais l’écart de couleur n’est pas important).

     

    Bouchon de bonne qualité imprégné sur 1 cm.
    La couleur est vraiment dorée pour un blanc sec, on dirait plutôt un liquoreux dans le verre.
    Le 1°nez est un peu ciré, un peu agrumes, évolué, voire en début d’oxydation aussi. L’agitation apporte des notes de citronnelle.
    La bouche est ronde, assez visqueuse, d’un bon équilibre fondu, puis le vin s’installe et montre une finale plus fraîche sur le pamplemousse et quelque chose qui rappelle le boisé. C’est une ensemble homogène agréable à boire seul mais sa complexité est bien limitée. Cette bouteille a moins d’arômes oxydés que la précédente alors qu’elle était un peu plus foncée. C’est compliqué, le vin !

    Bon compagnon pour la table, gratin de poisson/vin blanc/crème/épices.

    J’en attendais donc plus sur la complexité d’arômes, peut-être aussi les limites du millésime. Le toucher de bouche me paraît cohérent avec les 16 ans d’âge.
    J’ai lu que ce blanc avait changé de style de vinifications plusieurs fois (article P Casamayor dans la RVF). Là, on doit être en pleine époque Dubourdieu.

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Château Troplong Mondot – Saint-Emilion Grand Cru 1999

    Cette bouteille vient d’un lot de différents St Emilion GC dans une vente aux enchères. Ce n’est pas cette bouteille qui m’attirait le plus, mais bon.

     

    Elle a été ouverte 2h avant et non épaulée. Je n’étais pas chez moi et mon CR sera donc un peu succinct.

    La couleur est très dense à frange tuilée.
    Le 1°nez est mûr et dense, torréfié. L’agitation est plus intense dans un style puissant peu nuancé, d’aspect jeune. Je note du bois brûlé.
    La bouche est assez riche et ronde, d’un beau toucher avec de la fraîcheur puis une finale plus corsée et encore tannique. On a vraiment l’impression de boisé vanillé par dessus une matière confite.
    C’est donc une impression de jeunesse étonnante alors que le vin a 22 ans et que le millésime n’est pas réputé pour sa puissance.

    Ce n’est pas du tout le genre de vins que je recherche actuellement.
    C’est pour moi un témoin de ce qui pouvait se faire à cette époque-là en rive droite. A présent, ça me paraît complètement pataud.

    Patrice
     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine Richard Rottiers – Moulin à Vent 2020

    Voici une autre description du 2020.
    Bouteille bue fin Mars et achetée au salon de Cagnes/mer fin 2021 (16€).

    La couleur est dense et très jeune, encore pourpre.
    Le 1°nez est expressif sur une jolie palette classique de fruits noirs et de fleurs, cassis et quelque chose d’un peu plus terreux ou végétal que j’associe bien aux crus du Beaujolais.
    L’agitation est plus intense et plus pointue, voire minérale, pour moi assez caractéristique du Moulin à Vent.
    La bouche est ronde et fraîche à la fois avec un léger CO2, la matière est fine. On a surtout un beau fruit acidulé minéral, cohérent avec le nez. L’impression est charnue et gourmande et rappelle une année riche mais il a de la fraîcheur. C’est assez spectaculaire bu seul.

    En mangeant, le CO2 se ressent plus, comme souvent, ce qui le durcit un peu.
    Mais les jours suivants, avec le CO2 qui part et l’oxydation qui agit (un peu), il prend un équilibre plus sudiste et riche. Il faut dire qu’il titre 14°.
    Je l’ai donc préféré à l’ouverture de la bouteille. Je le trouve assez avenant sur son fruit.
    Je n’ai pas le recul du vieillissement sur cette cuvée d’entrée de gamme. Il me semble que ce sont plutôt Dernier Souffle et Champ de Cour qui sont faits pour une certaine garde.

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine des Roches Neuves – Saumur Champigny – La Marginale 2012

    Même provenance que l’Insolite ci-dessus et même état de conservation impeccable. Prix : 31€.

     

    Bouteille ouverte 3h avant. Le bouchon est bien imbibé (>1/3).

    La couleur est d’une intensité plutôt légère pour l’appellation, un joli rouge vif uniforme, pas vraiment tuilé.
    Le 1°nez est moyennement intense, frais, un peu terreux, sanguin. Je cherche le poivron sans le trouver mais il y a bien une impression de légume.
    L’agitation est plus intense, minérale, comme métallique, froide, du brûlé, un peu de zan…
    La bouche a une attaque très rafraîchissante, l’évolution est plutôt effilée, évoquant un millésime frais (12.5°). L’astringence de la fin de bouche est renforcée par l’acidité. Les arômes ont l’air atténués et s’expriment plutôt une fois le vin avalé. C’est un restant de fruit végétal qui domine le brûlé. C’est une bonne chose car ça le rend digeste et agréable, une fois passé le premier mouvement de surprise sur ce corps plutôt léger et sa fraîcheur. Il se boit donc bien seul.

    Plus tard, à J+1 et J+2, ses arômes terreux semblent se renforcer au nez, comme une impression de vin bouchonné. Ce n’est pas très sexy mais, en bouche, il reste toujours ce fruit/légume indéfinissable et de la torréfaction, du café. Il faut aimer mais l’équilibre est très digeste.

    Je m’attendais plutôt à autre chose mais j’admets que ce vin a de la personnalité et même une certaine profondeur dans cette aromatique froide.

    Patrice
     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine Jacques Saumaize – Saint-Véran – La Vieille Vigne des Crêches – 2017

    Bu le 10 Avril. Acheté 16€ à la propriété fin 2018.

    la couleur est jaune vif intense et brillante.
    Le 1°nez est de suite ouvert et bien classique sur le citron, la citronnelle avec un fond plus doux comme venant du bois.
    L’agitation est fraîche, un peu plus verdure, verveine citron, citron vert, pamplemousse, toute la gamme y passe.
    La bouche est à la fois fraîche, grasse et bien sèche. Il a encore une bonne rondeur mais on sent qu’il s’est aminci depuis la précédente bouteille il y a deux ans. Les arômes sont ceux du nez avec une sensation d’un boisé épicé plus marqué, associé à une fin de bouche à peine végétale et amère.

    C’est extrêmement agréable à boire seul pas trop frais (13°). En mangeant, sa fraîcheur est bienvenue.

    Cependant, le soir, son boisé ressort bien plus de manière bien grillée et l’alcool un peu aussi. C’est moins charmeur.
    Il ne faut probablement pas le garder encore des années.

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    Merci Olivier pour ce didacticiel très clair.
    Je pense y être arrivé !

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Château Tertre Roteboeuf – Saint-Emilion Grand cru 1995

    Cette bouteille a été achetée (cher!) aux enchères en 2021 et bue en même temps qu’un Beauséjour-Duffau-Lagarosse du même millésime.
    (Edit :Grâce aux instructions d’Olivier, j’ai pu mettre le lien)

     

    Ouverte 4h avant.

    Le bouchon est assez imprégné (15 mm) et a failli se casser en deux au milieu.

    La couleur est acajou, dense et évoluée, sœur jumelle de celle du Beauséjour.
    Le nez est mûr, sur du fruit à l’eau-de-vie avec des nuances de tabac frais, de menthol.
    La bouche a un très beau fondu, de la puissance et de la fraîcheur mais aussi une finale tannique qu’on ressent de plus en plus à mesure qu’on en boit. Les arômes de tabac un peu réglissés sont cohérents avec cette impression d’évolution.
    En mangeant (brochettes de bœuf), il est cependant moins à son aise que le Beauséjour, il est plus puissant et plus corsé.

    Les jours suivants, il conservera cette impression de puissance avec un certain soyeux mais ses tanins seront de plus en plus secs en finale.

    C’est globalement plutôt une déception pour moi. Il devait être plus à son avantage avec 10 ans de moins. Je trouve que la matière commence à sécher.

    Patrice
     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Château Beauséjour Duffau-Lagarrosse, Saint Émilion 1995

    Cette bouteille m’a été offerte il y a deux ans par un généreux donateur, en provenance directe de la propriété (merci encore, Antoine). On peut donc penser qu’elle a eu des conditions de garde optimales.
    Le hasard a fait que peu de temps après, je suis tombé sur une opportunité d’acheter une bouteille de Tertre Roteboeuf du même millésime aux enchères. Voilà donc une idée de faire une confrontation de ces deux grands vins, près de 28 ans après.
    Je n’ai jamais bu de Beauséjour-Duffau mais j’ai une vague idée de son style à travers les commentaires que mes prédécesseurs ont laissés.

    Les bouteilles ont été ouvertes 4h avant.

     

    Le bouchon est superbe, imprégné sur 5 mm à peine.

    La couleur est vraiment acajou, dense mais évoluée.
    Le 1°nez est bien viandé, boîte à cigares ; l’agitation est intense style jus de viande, cuir, tabac, épices, tout le tertiaire bordelais. Il prend de la force et de la complexité à l’aération.
    La bouche est assez longiligne avec un beau volume fondu, de la fraîcheur, un caractère très digeste. Arômes de bouche cohérents, c’est à dire pas exubérants, évolués, viandés, épicés mais avec une touche fraîche un peu végétale qui lui va bien.
    C’est un parcours sobre mais efficace, d’un style vraiment évolué mais encore causant. On peut dire que c’est un Bordeaux racé.

    En mangeant (brochettes de bœuf), son équilibre est plus plaisant que le Tertre-Roteboeuf, à mon goût.

    Il tiendra encore bien les jours suivants, même à 1/4 de la bouteille.

    En conclusion, c’est proche de l’idée que j’en avais : un vin qui a dû être peu sympathique dans sa jeunesse et qui s’est arrondi avec le temps. Le grand Bob ne s’était pas trop trompé quand il disait en 2001 qu’il fallait le boire entre 2007 et 2022. En effet, la matière est agréable aujourd’hui mais l’impression générale est bien évoluée et pas trop à mon goût. Je rappelle que cette bouteille a eu des conditions de garde parfaites au château.

    Patrice

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Château Cordet – Margaux – 1990

    Cette bouteille vient d’un lot de vieux Bordeaux acheté aux enchères fin 2022. Je n’avais jamais entendu parler de ce château mais, après recherche, j’ai eu un a priori positif, de par la réputation de JL Vonderheyden qui a dû vinifier ce vin à l’époque. Et puis 1990, c’est quand-même quelque chose à Bordeaux. C’est la première année où j’ai acheté des primeurs…
    Ce vin ne titre que 12.5° pour une année qu’on qualifiait de solaire à l’époque.

     

    La bouteille a été ouverte début Avril, 3h avant dégustation.
    Le bouchon est propre sous la capsule. Du coup, je ne me méfie pas et il se casse à 1 cm de la base. Il est imbibé à moitié.

    En le versant, je déchante un peu car la couleur est claire et bien évoluée, plutôt acajou (sur la photo, il paraît plus rouge qu’il n’était). Je me dis qu’il est déjà parti rejoindre son créateur.
    Le 1°nez est parfumé, délicat, évolué, bien entendu. On est dans un sous-bois mais il y a une touche florale et acidulée indéfinissable.
    A l’agitation, c’est bien différent, plus intense, plus puissant et grillé, charbon de bois, viande fumée, barbecue.
    La bouche apporte une sensation étonnante pour un Bordeaux. C’est très fondu, assez fluide, plutôt léger mais avec une bonne acidité et du volume qu’on ressent peu à peu. Les arômes évoquent l’évolution mais avec encore de la fraîcheur, de la cerise à l’eau de vie mêlée à du brûlé. La fin de bouche est franche et nette. Belle persistance mentholée sur le zan.

    C’est un ensemble original qui évoquerait presque plus la Bourgogne que Bordeaux par son toucher et ses arômes et même sa couleur. Il paraît assez évolué pour l’année mais il a encore des choses à raconter. Sa tenue en bouche est très bonne, après un premier abord léger. Il passe très bien à table.

    C’est un des Bordeaux les plus inattendus que j’ai bus.

    Patrice

     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine Josmeyer, Alsace Grand Cru Brand 2012, pinot gris

    Bouteille achetée 23.50€ en foire aux vins en 2019.
    Ouverte 2h avant.

    Couleur jaune-vert assez intense, gras, visqueux.
    Le 1°nez est intense et classique sur des fruits confits et des fruits secs, des herbes médicinales.
    A l’agitation, c’est intense, floral et épicé.
    L’attaque présente un léger perlant. Ensuite, le vin s’installe avec du gras et de la puissance, de la viscosité, avant une fin de bouche plus sèche et moins exubérante et c’est tant mieux. Il est nettement demi-sec mais le sucre n’est sensible qu’en attaque. C’est un vin puissant mais sa fin de bouche est nette et digeste. Les arômes sont intenses et complexes (oui, ça fait la quatrième fois que j’utilise le mot « intense »).

    A J+2, cependant, le gaz a disparu et l’équilibre est bien moins abouti. L’alcool ressort et les arômes se sont atténués et simplifiés.

    Je bois très rarement du pinot gris. Pas facile pour trouver des accords. Je l’ai servi à l’apéritif et sur des fromages plus tard, ce qui lui allait très bien.

    Patrice
     

    Patrice Delpet
    Participant

    CR: Domaine Louis Chèze – Saint-Joseph blanc –  Ro-Rée – 2019

    [i]60% marsanne et 40% roussanne
    vinif et élevage 8 à 10 mois en barriques à 20% neuves[/i]

    Bouteille ouverte le 7 Avril et achetée 21€ fin 2021 sur place (caviste à Vienne).
    Servi à température de la cave qui est encore à 12° le 7 Avril.

     

    Bouchon DIAM 5

    La couleur est jaune intense mais avec des reflets verts, beaucoup de gras et de brillant.
    Le 1°nez est intense avec un boisé grillé qu’on sent bien sur fond riche de fleurs jaunes, crème à la vanille mais le grillé en bas du verre réveille le tout.
    A l’agitation, c’est plus harmonieux avec de la douceur compensée par le boisé qui apporte une note végétale mais aussi un peu « pétard ».
    La bouche est grasse, riche mais équilibrée pour finir comme rafraîchie par le grillé et l’amertume du bois. Il y a ce qu’il faut de douceur, fleurs jaunes et ce grillé final. L’alcool ne domine pas malgré ses 14°. Il y a une sensation d’harmonie mais aussi de concentration.

    En mangeant (et après plus d’aération), on trouve des arômes qui évoquent la mandarine ou l’abricot, probablement les 40% de roussanne qui se manifestent à ce moment.

    Je suis ce vin depuis pas mal de temps (2010, 2013, 2015) et je ne suis peut-être pas très objectif car je l’apprécie et je trouve que c’est une valeur sûre. Je le bois entre 2 et 7 ans et son élevage ne domine jamais de mon point de vue, c’est un mariage réussi sur une matière puissante et mûre. On est dans la vallée du Rhône et pas en Bourgogne.

    Patrice

Affichage de 20 réponses de 401 à 420 (sur un total de 440)