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Julien Laszlo, le il y a 1 année et 4 mois.
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Salut Jérôme,
J’ai découvert Willi Schaefer dans la revue Vinum (avril 2000), à partir d’un numéro consacré aux vignobles en pente. La revue ayant communiqué ses coordonnées, celaa orienté et facilité la rencontre avec ce producteur.
Le titre de l’article de Vinum était tout un programme : L’alpinisme au service du vin.
Dans ce numéro de Vinum, Willi était en photo en train de réaliser la taille de ses ceps en compagnie de son fils Christoph, sur le Domprobst, un vignoble dont ils possèdent une partie de la meilleure parcelle, c’est-à -dire celle qui se termine au pied du village de Graach.Je suis donc parti en famille en mai 2000 et 2001 à la découverte d’un des plus beaux vignobles d’Europe et, à la rencontre de quelques uns de ses viticulteurs. J’invite tous les curieux à en faire de même, car la région est vraiment magnifique.
Dans ce vignoble septentrional, sans la réverbération de la lumière du soleil par la rivière sur bon nombre de parcelles, la présence de schiste à la surface du sol, une excellente protection contre les vents froids, la maturation des baies serait quasiment impossible.
La canalisation de la Moselle, à en outre permis d’accentuer l’effet de miroitement de l’eau sur les vignes, et de créer ou favoriser des micro-climats très favorables à la culture de la vigne.
En outre, l’eau de pluie (oublier de dire qu’il pleut ici, plus que dans nombre de vignobles de France, par exemple, serait une omission impardonnable) ne fait souvent que ruisseller sur les plaques de schiste, ce qui n’aide donc pas la vigne à se nourrir en surface. Les ceps doivent donc aller se nourrir en profondeur. Et de la souffrance des ceps, …Le vignoble de MSR est un très vieux vignoble européen, puisqu’il a 2000 ans d’histoire. Le plus vieux domaine (Die Vereignite Hospitien) de la région et d’Allemagne, daterait de l’An 330 !
Cette année, pour cause de RAVS, je n’ai pas eu le temps d’y aller, et j’ai loupé un millésime d’anthologie d’après Henrik.
Le vignoble de Graach, comporte trois zones que l’on peut considérer comme des 1ers ou grands crus. : Le Graacher Himmelreich (certainement le plus réputé), le Domprobst, et un dernier (moins considéré), le Josephhà¶fer. Celui-ci appartient si je me souvient bien, en monopole au domaine Von Kesselstatt.
L’orthographe de Domprobst devrait être en fait Dompropst, du latin preposius, d’après un professeur rencontré sur place. Ceci pour l’anecdote. Mais il ne me gêne en rien de retrouver mon nom de famille sur les étiquettes de Willi Schaefer 😉Le vignoble du Domprobst : La pente est vertigineuse : 70 % en moyenne dans la meilleure zone. Les rangées de vignes sont plantées dans les sens de la pente.
De fait, si l’on y fait tomber l’outil que l’on tient en main, il faudra certainement aller le chercher quelques mètres plus bas (au mieux). Glisse encore accentuée par les nombreux débris d’ardoise qui jonchent le sol.
Le cépage roi y est le riesling bien évidemment et, je ne crois pas qu’un viticulteur de la commune y planterait un autre cépage (il pourrait aussi se couper un bras pendant qu’il y est).
Le sol est schisteux (gris-noir), et c’est ce schiste qui aide à la maturité des raisins, en renvoyant la nuit sa chaleur aux raisins.
Ainsi que l’a souligné Michel Bettane dans son article consacré l’an passé aux vignobles allemands, des petits panneaux avec le nom du propriétaire sont placés dans les vignes et, l’on peut ainsi se rendre compte de la qualité de travail réalisé dans les vignes par les différents producteurs d’un même cru.Willi Schaefer produit près d’une quinzaine de vins différents sur les 2.7 hectares de son domaine. Certains sont dits secs (Trocken de 0 à 9 grammes de sucres résiduels), d’autres sont dits demi-secs (Halbtrocken, de 9 à 18 gr. de SR). C’est le cas du vin dégusté par Jérôme, puisqu’il s’agit d’une Spà¤tlese, c’est-à -dire d’une récolte retardée de huit jours minimum par rapport à la date officielle du début des vendanges. Spà¤tlese ne signifie donc pas vendanges tardives dans le sens alsacien du terme.
Il produit également des vins liquoreux (Auslese, Beerenauslese). Et une eau de vie à partir du moût de riesling.
Les rendements sont relativement modestes pour la région, soit au pire entre 60 et 70 hectolitres par hectare. Ils sont en rapport avec ceux de l’élite de la viticulture de la région, dont on peut dire qu’il en fait en faisant partie.
Il va de soit que le travail de la vigne est totalement manuel de la taille à la récolte. Aussi, Willi est-il d’une nature pour le moins filiforme…
La vinification recherche à préserver le fruité du cépage, sa finesse. L’élevage se fait dans de vieux foudres de bois de contenance moyenne : 1000 litres chacun à peu près. La mise en bouteille étant réalisée au printemps suivant.
Au final, les vins sont d’une grande pureté arômatique, nets. La tenue dans le temps est exemplaire (j’ai pu déguster au domaine un Graacher Domprobst Auslese 1966, d’une tenue superbe, ouvert pourtant la veille).Jérôme, je n’ai rien à rajouter à ton CR, si ce n’est que tu n’as pas mentionné le degré alcoolique de ce vin : 8° d’alcool +/-.
J’ai ouvert voici huit jours une bouteille du millésime 2000, et, le charme opère toujours. Finesse et dentelle, cela sied parfaitement aux vins de rieslings de Mosel et à ceux de Willi Schafer en particulier.amicalement,
laurent
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- 19 novembre 2002 à 17h08
- 21 novembre 2002 à 3h06
- 18 mars 2008 à 15h38
Le week-end dernier a été l’occasion de retrouver plusieurs amis allemands, américains et belges pour partager des moments forts autour de notre cépage blanc de prédilection : le riesling. C’est bien sûr la version allemande de la région Mosel-Saar-Ruwer, sur les sols à dominante d’ardoise, qui nous fascine avec son taux d’alcool faible et un équilibre entre fruit, sucre résiduel et acidité absolument unique et magique.
Le domaine Willi Schaefer est situé à Graach (Mosel). Il dispose d’à peine 3,5 hectares uniquement plantés en riesling sur les meilleures parcelles de Graach, dans le Himmelreich et le Domprobst, ainsi qu’une infime quantité de Sonnenuhr à Wehlen. Il est membre du VDP (Verband deutscher Prädikats- und Qualitäts- Weingüter) et participe chaque année à la traditionnelle vente aux enchères de Trèves à la fin du mois de septembre.
Ci-dessous le Graacher Domprobst vu depuis le Weingut Willi Schaefer. Les meilleures parcelles du domaine ont une pente vertigineuse atteignant 70%!
[URL=https://imageshack.us][IMG]https://img443.imageshack.us/img443/6348/imgp0942ka4.jpg[/IMG][/URL]Nous avons rendu visite ce dimanche 16 mars 2008 à Christoph Schaefer, fils de Willi et depuis 2001 au domaine. Nous voulions bien sûr avoir un aperçu du millésime 2007, encore en cours d’élevage. Mais la dégustation commence avec quelques bouteilles plus anciennes servies à l’aveugle.
Graacher Himmelreich Kabinett 1973
La robe est d’une belle intensité dorée. Le nez est d’une grande complexité, avec des notes florales, de fruits jaunes comme la mirabelle. A l’aération ressort une note de pain d’épice à l’orange et de fleur d’oranger. La balance en bouche est tout à fait remarquable et le vin se présente toujours avec un équilibre demi-sec ce qui nous laisse d’abord penser à un Spätlese. La fraîcheur en finale, avec une pointe mentholée, est d’une élégance ultime. L’acidité porte le fruit d’une grande noblesse.
1973 n’est pas considérée comme une grande année dans la décennie (nous parlons généralement de 1971, 1975 et 1976), mais certains domaines ont réussi à produire des Kabinett et Spätlese qui tiennent remarquablement.Graacher Himmelreich Auslese 1959
Cette bouteille n’a jamais quitté la cave du domaine et le bouchon est d’origine. La couleur est d’une jeunesse étonnante, or fin et d’une grande clarté (voir photo). Le nez est absolument magique : floral blanc, salé, presque marin (sans aucune note de pétrole), pêche blanche, chocolat blanc et des épices fines dominées par la cardamome. La complexité est époustouflante. Le fruit est mûr mais il a un côté raffiné et aérien. La matière s’efface en bouche et la sensation est unique : il y a une impression de ne pas sentir le liquide et juste d’avoir des centaines de parfums. C’est une bouteille parfaite![URL=https://imageshack.us][IMG]https://img296.imageshack.us/img296/9678/imgp0934vz8.jpg[/IMG][/URL]Graacher Domprobst Beerenauslese 1971
La demi-bouteille arrivant et la couleur d’un or plus soutenu aux reflets légèrement orangés annoncent clairement le niveau de Prädikat. Le domaine n’a en effet jamais produit de TBA (Trockenbeerenauslese). Après l’émotion du vin précédent, il faut d’abord reprendre ses esprits, mais le premier nez nous plonge directement dans un univers envoûtant : botrytis parfait, abricot, datte, orange pelée. Au bout de quelques minutes, le vin gagne en intensité et en fraîcheur, avec des notes de pêche, de fruits exotiques (passion) et de truffe blanche. Malgré la concentration, il garde une légèreté en bouche. Le verre vide donne une caractéristique superbe de brioche. Fantastique!Le millésime 2007
J’étais en Allemagne lors des vendanges, et ai pu observer les vignes du domaine début novembre. Les rapports de Willi Schaefer annonçaient une année avec un retour de Kabinett et de Spätlese en quantité importante et de grande expression, ce qui nous avait ravi. Les vins sont actuellement encore en élevage, et Christoph nous a tiré quelques échantillons pour avoir une vision globale.
Les deux Kabinett (Graacher Himmelreich -9- et Graacher Domprobst -7-) sont splendides, et je faisais la remarque que je n’ai jamais bu d’aussi bons vins dans leur jeunesse pour cette catégorie.
Les deux Graacher Domprobst Spätlese (-12- et -5-) sont très différentes. La première est très épicée et nous a fait penser à une expression du Würzgarten d’Ürzig. Elle dispose d’une tension splendide. La seconde est plus riche et typique du cru avec ses notes de fruits jaunes et exotiques. Il existe une troisième Spätlese du Domprobst qui sera vendue aux enchères.
Puis vient la catégorie des Auslese, avec une Graacher Himmelreich (il n’y en a qu’une seule, la -13-) d’une race incomparable et la Graacher Domprobst -10- (il est prévu 3 Auslese du Domprobst dont une pour les enchères) qui a l’équilibre d’une Goldkapsel avec un superbe botrytis.
Le petit Jonathan (fils de 6 mois, donc né en 2007) aura droit à une bouteille spéciale. Son père et grand-père ont essayé de faire une TBA mais ont préféré tout mettre dans la BA. Par contre un Eiswein a été produit, ce qui est une première dans l’histoire du domaine! Récoltés dans le Himmelreich (sur une partie fraîche) le 22 décembre, à partir de 5 heures du matin jusqu’à 9 heures, les raisins ont produit entre 60 et 70 litres. Le nez est encore marqué par un côté fermentaire mais dispose d’une fraîcheur citronné et épicée remarquable. Pour un premier essai, c’est une grande réussite. Il faudra encore attendre quelques mois pour avoir une meilleure vue du résultat, mais il est extrêmement prometteur.
Cette série de 2007 nous a tous laissé sans voix.Depuis de nombreuses années je place le Weingut Willi Schaefer au plus haut niveau de la région Mosel-Saar-Ruwer, et même d’Allemagne. La collection 2006 avait été époustouflante. Les vins destinés aux enchères faisaient parti des points culminants de la dernière vente aux côtés de ceux de Joh Jos Prüm.
Le millésime 2007 est en route pour dépasser ce niveau et entrera certainement dans la légendaire production du domaine. Bravo!David Rayer.
- 18 mars 2008 à 16h05
Merci pour ce reportage, David.
Un terroir vertigineux bien menaçant sur cette photo !:)
Je n’ai souvenir d’avoir bu que ce beau vin : Willi Schaefer Graacher Domprobst Rielsing Spatlese 2002 Mosel
En termes de tenue de route dans le temps, comment situerais-tu le vin bu ensemble chez Gagnaire ? (Mosel-Saar-Ruwer Wehlener Sonnenuhr feine auslese Joh Jos Prüm 1966).
- 18 mars 2008 à 17h03
Certaines personnes présentes ont commencé par dire 1975, avant qu’un dégustateur ne pronostique 1966. Le génie du vin vient du millésime solaire 1959. Des notes de certains vins de 2003 (que j’adore!) m’ont amené sur cette piste. D’autre part, les conditions de conservation absolument parfaite de cette bouteille ont également apporté une nette différence.
La Prüm 1966 que nous avons récemment bu ensemble était moins fraîche et plus ouverte aromatiquement (cela s’explique aussi car c’était une feine Auslese et de la Wehlener Sonnenuhr).
Je mets toujours en avant le terroir du Graacher Himmelreich par rapport à celui de la Wehlener Sonnenuhr dans les millésimes chauds. Je vais demain matin au domaine Joh Jos Prüm, et je récupère encore (quelle chance!) un lot de Graacher Himmelreich Auslese GK 2003. Ce vin est magique!
A noter également que j’étais la veille au matin chez Helmut Dönnhoff. J’essaierai d’écrire quelque chose sur le long moment que nous avons passé avec lui. Nous avons terminé par une Hermannshöhle Auslese 1966 et une Hermannsberg Spätlese Weinbaudömanen Niederhausen Schlossböckelheim 1959. Toutes les deux étaient grandioses, mais le génie du nez de la 1959 était renversant… Apparemment la première bouteille n’avait pas été toujours conservée dans la même cave alors que la seconde n’a jamais bougé.- 18 mars 2008 à 17h04
magnifique reportage. Le Graacher Domprobst est impressionnant ! ça donne envie d’aller le voir de plus près.
merci !
Yves Zermatten
- 18 mars 2008 à 17h15
- 18 mars 2008 à 17h44
Laurent,
La langue allemande est bien compliquée… pas de tréma (é… la française l’est tout autant, non?) sur le e de Schaefer.
[URL=https://imageshack.us][IMG]https://img296.imageshack.us/img296/9134/imgp0941ak3.jpg[/IMG][/URL]Tu pourras également voir sur cette photo le parfait bouchon de la 1959. Le tiers supérieur était complètement noir, mais le reste était encore en excellente condition.
- 20 mars 2008 à 22h56
David,
Merci pour vos commentaires récentes dans les rubriques vins allemands. J’apprécie tous et certainement celles sur le domaine Schaefer, dont pour qui j’ai un grand faible.
- 30 mai 2010 à 22h53
Déjà un petit moment que je voulais m’essayer aux vins d’Outre-Rhin, donc une première avec ce Graacher Domprobst Kabinett 07
Et le résultat, c’est que c’est superbe!!
Ce vin est d’une grande finesse, avec ses sucres légers, de beaux arômes de mangue, de miel et une longue finale très sapide.
Comme je l’ai lu dans un autre post, le vin fond dans la bouche, vient se lover délicatement sur les papilles, impossible à recracher…
La faible teneur en alcool renforce sa buvabilité sans pénaliser sa structure. Et dieu sait, si c’est buvable!!
Une première expérience marquante.
J’ai enchainé avec un bouteille de Jos. Biffar Deidesheimer grain Riesling 1966 spätlese achetée sur un marché
Magnifique robe dorée, parfaitement limpide.
Des arômes d’oxydation, mais le vin se tient parfaitement. Très peu de sucres, des arômes de miel, de fruits exotiques, structure sur une trame acide, belle persistance sur des notes de caramel salé en finale.Ce vin laisse envisager ce que peut être l’aptitude au vieillissement de ces vins dans de meilleures conditions de conservation.
François
- 3 novembre 2010 à 2h23
CR:
Domaine Willi Schaefer Riesling Graacher Domprobst Kabinett 2006
[size=x-small]AP 02-07. 8,5%[/size]
Très joli nez très fin d’orange, de mandarine, fumé avec une pointe d’hydrocarbure. L’aération rend les arômes d’agrumes plus intenses et ils se mélangent avec les fruits exotiques. J’adore.
La bouche est d’une grande douceur sur l’orange, ça glisse tout seul sans aspérité, c’est ultra buvable tant le sucre n’est absolument pas pesant. On peut reprocher un léger manque de ressort et une faible puissance mais vraiment le plaisir est au rendez-vous de ce vin encore très jeune. Belle persistance finale sur les agrumes et acidulée qui fait saliver. Très Bien.- 4 novembre 2010 à 15h29
En passant au domaine, j’ai eu la chance incroyable de goûter un Graacher Himmelreich Spätlese 1969, un vin absolument superbe, loin de la fin de sa carrière. Le plus surprenant était l’intégration des sucres, le vin n’était pas sec mais avait un profil quasi-sec. Très très riche, épicé, fumé. Egalement complexe et délicat en bouche. Un sommet, indéniablement, servi un poil trop chaud (ce qui ne fait que souligner sa qualité). 97/100 et assurément le meilleur vin que j’ai dégusté cette année. Au passage, du haut ses 41 ans, ce vin devient la deuxième plus vieille bouteille qu’il m’ait été donné de déguster (après un magique 1967 en 2009).
- 13 octobre 2011 à 15h55
Graacher Riesling 2009
Petite dégustation improvisée et je veux faire découvrir la Mittelmosel. Au cours de mes pérégrination, je suis tombé là-dessus, dégusté au domaine l’an dernier, c’était bien mais jeune, je pense que ça s’est fait et donc je tente. (8,7€ chez le caviste de Bernkastel).
Et bien ce vin est littéralement une tuerie. Le nez est fruité, dense. On a la mangue en particulier. La bouche part dans le même sens avec une fraîcheur, une buvabilité énorme et une longueur superbe. C’est un rapport qualité/prix proprement hallucinant ! 85/100
- 13 mai 2012 à 20h31
Après de nombreuses tentatives avortées, enfin, l’occasion fut donnée ce week-end de rendre visite au Weingut Willi Schaefer. Sans doute une chance que l’échéance du être repoussée plusieurs fois car cela m’a permis de goûter le millésime 2011, chargé en superlatifs du coté de la Mosel.
Le domaine est très bien présenté par le premier post de davidr.
Je souhaite rajouter que ce domaine est une vraie rareté à trouver. Ben oui, 3,4ha. Une dizaine de points de vente en Allemagne, et 70% de la production qui part à l’export. Un point de vente en France, à Paris…
J’ai pu m’en procurer une (puis bcp plus…) à la Bayer Weinkeller à Leverkusen, du côté de Cologne. On le trouve également en Saar chez Pinards de Picards. Ces 2 adressent vous offriront beaucoup plus de chance de ramener quelques perles chez vous que le domaine même. Comme souvent chez les grands d’Allemagne, la liste de tarifs est 365 jours par an tamponnée de « ausverkauft », autrement dit « apu ! ». Ce 12 mai 2012, quelques semaines après la mise en bouteille, 2 références sur une douzaine disponible à la vente, en quantité sporadique.Connaissance du domaine via certains livres, et via une seule référence, le Domprobst Kabinett 2010. Ce vin m’avait littéralement procuré de l’émotion. Pour un prix dérisoire. Magnifique.
Dégustation donc de l’ensemble du millésime. Pas de notes, des impressions.
L’entrée de gamme est déjà de haute volée. Deux secs, le Graacher Riesling trocken, savoureux, du sucre aux environs de 5/6gr mais un équilibre avec l’acidité et la minéralité qui donne une perception en bouche beaucoup moins chargé. Je pensais plus 3-4gr et je ne suis pas trop mauvais sur ce pronostique en général. Le Riesling trochen, reservé à l’export, donne l’impression de plus de sucre, beaucoup plus riche et sur le fruit, exotique évidemment. C’est souvent le cas en Allemagne, le marché local veut un vin sec-sec minéral (du moins en bouche !), l’export plus de sucre et de fruit.
Le feinherb, (terme n’ayant aucune définition légale mais étant l’équivalent d’un demi-sec, ou demi-doux, comme vous voulez) est également d’un joli niveau. 3 références à 7,80E, on en prendrait bien 18 de chaque sans réfléchir aux perspectives de fin de fin de mois. Aucune de disponible à la vente. Ptet que c’est pas si mal…
Les Kabinett de ce domaine sont un vrai délice. J’affiche sur ce millésime une préférene pour le Domprobst par rapport au Himmelreich. Un peu plus corpulent, riche en fruit, et en même temps « sauvage » comme nous le disait Andrea Schaefer, comprenez par la que le nez présente des notes fortes de silex, pas pour autant sur-dominantes.
Les Spätlese offrent moins de différences, vraiment de légères nuances entre les deux « Lagen », les deux superbes, j’ai envie de dire évidemment. Une vinification toute en finesse, des vins délicats et pas trapus pour un sou. On est dans la même gamme aromatique que les Kabinett, à savoir du fruit exotique en veux tu en voilà.
Sur les Auslese, on sent l’arrivée du botrytis, des notes tendant plus vers l’abricot et le miel. On retrouve cette fois-ci les notes de silex sur le Himmelreich. Cette impression de ma part est peut être faussée par les dates d’ouverture différentes des bouteilles, mais c’était un peu compliqué de rester une semaine chez les Schaefer.
Le Beerenauslese me surprend par rapport à ce que j’ai pu gouter ailleurs dans la région. Toujours ce style dans la finesse, alors que je m’attendais ici à de l’opulence, vu les niveaux de sucre. Mais toujours cet équilibre, ici cristallin, entre le sure et l’acidité, et cette finale clinquante de citron vert.
De manière générale, je suis devenu fan de ce domaine dès le premier bouchon. Idée confirmée par la dégustation de ces 2011. Une harmonie et une finesse dans ces vins qui est assez unique, même dans la région. Toujours des vins très savoureux, fins, aux finales interminables…Attention, toujours une perception de sucre, à part le premier trocken. Mais de toues manières, si vous cherchez des vins secs secs à la françaises, cad max2/3gr, il vous faudra allez plus loin que la Mosel, et poussez vers la Nahe, la Pfalz ou le Baden…
- 13 mai 2012 à 21h44
forster, je te conseille de mettre le nom du domaine dans ton titre, pour les recherches futures et l’indexation du site;; ;).. Je fais mon dfried désolé..
Arnaud
- 14 mai 2012 à 17h57
Corrigé, merci!
Un autre point fantastique à partir des Spaetlese est l’éxaltation d’arômes de fruits…rouges.. C’est toujours troublant d’associer des fruits rouges à un vin blanc, seulement à l’aveugle, les vins sentent la fraise de manière assez intense. Pas autant que certains rosé d’Anjou tout de même 🙂
C’est une évolution des grands rieslings que m’avait conté Ernst Loosen. Apres 30/40 ans, certains Rieslings développent la même gamme aromatique que les pinots noirs…sortez vos verres noirs, goutez à l’aveugle, vous verrez 🙂
- 15 mai 2012 à 23h52
CR:
Domaine Willi Schaefer Riesling Graacher Domprobst Kabinett 2006
[size=x-small]AP 02-07. 8,5%. Commentaire le lendemain de l’ouverture.[/size]
Nez d’orange, de mandarine, de fruits exotiques, de citron vet, puis de pétrole à l’aération dans le verre.
La bouche est délicieuse de gourmandise avec ce côté aérien apporté par le parfait tryptique faible alcool/acidité haute/sucre résiduel. Le volum est correct, c’est d’un grand équilibre avec une longue finale sur les agrumes et les fruits exotiques. Vraiment très bon. Très Bien (+).- 16 mai 2012 à 3h28
[quote=forster]
C’est toujours troublant d’associer des fruits rouges à un vin blanc, seulement à l’aveugle, les vins sentent la fraise de manière assez intense.
[/quote]forster (un prénom?),
Merci pour ton CR, très intéressant.
Sur cette histoire de notes de fruits rouges dans les vins blancs, la thèse de Frédéric Brochet, très commentée il y a quelques années (cf ici), avait montré, dans un contexte expérimental, que la couleur influait fortement sur les arômes cités. Pour autant, il n’y a pas de raison à ce que les arômes de fruits rouges ne se retrouvent pas dans les vins blancs, et inversement. Je trouve souvent des arômes de fruits rouges dans les (bons) chenins mûrs, par exemple. Par contre, ces arômes sont peu cités, c’est certain. Mais il ne faut pas hésiter à se lancer…
Mathieu
- 16 mai 2012 à 10h56
C’est assez courant de trouver du fruit rouge dans les blancs… mais notre cerveau nous interdit souvent de penser à ça pour des question de couleur, comme le dis Mathieu.
- 16 mai 2012 à 12h23
C’est assez courant de trouver du fruit rouge dans les blancs… mais notre cerveau nous interdit souvent de penser à ça pour des question de couleur, comme le dis Mathieu.
où les fruits blancs dans certains rouges, je pense à certains beaujolais par exemple (moulin à vent, on a parfois des arômes de pêche rôtie ou d’abricot sur les millésimes mûrs) ou comme sur un barolo que je viens de gouter.
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