Une dégustation instructive.

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  • Martinez
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    RVF – Septembre 2002

    Tous le gratin de la RVF se réunit pour déguster à l’aveugle une large gamme de Bordeaux.
    Objetcif : fixer le prix qu’ils étaient prêts à payer pour les vins.

    Introduction ( je copie en grande partie ) :
    A l’heure où les grands vins de Bordeaux atteignent des sommets en matière de prix …. ( Ca fait sourire au vu de la progression ultérieure qui est advenue ) .
    Ils mettent en avant la difficulté d’optimiser le rapport qualité/prix pour l’acheteur.
    Entre coût de production, marge et spéculation, on ne sait pas toujours très bien ce que l’on rétribue.
    Pour faire le point sur la valeur réelle des vins, nous avons demandé à neuf dégustateurs confirmés, issus de différents milieux, d’attribuer un prix à une série de bouteilles, uniquement par rapport à des critères qualitatifs. 29 Bordeaux issus du millésime 1999, et couvrant toute la gamme, ont donc été goûtés à l’aveugle, dans un ordre aléaotoire, et sans que les membres en connaissent la liste.
    Il leur a été demandé d’attribuer, en fonction de leur connaissance du marché et de la qualité du vin, une valeur en euros pour chaque bouteille.

    Passionnant et passionnant au regard des dernières discussions lues sur LPV.

    Voilà ce que j’ai retenu d’intéressant au regard des résultats :

    Les prix des vins dans le commerces vont de 7 euros à 225,53 euros.
    Les prix proposés par les dégustateurs vont de 10 euros à 45 euros.
    Tous les vins chers à l’achat voient se proposer un prix largement inférieur à celui du commerce. ( 111 euros contre 32 euros; 225 euros contre 35 euros; 191 euros contre 23 euros; 56 euros contre 30 euros, 47 euros contre 19 euros; 93 euros contre 27 euros; 48 euros contre 27 euros )
    A l’inverse pas mal de vins qui coûtent autour de 10/20 euros voient leur prix confirmés ou plus élevés à la dégustation.

    Bref, ce qui marque est que l’écart de prix des vins se resserre, s’écrase énormément à la dégustation. L’amplitude de prix proposés par les dégustateurs devient mince : de 10 à 35 pour tous, excepté le vainqueur 45 euros.

    La hiérachie qualitative des vins posée par le prix à l’achat est en gros respectée dans les prix proposés. C’est rassurant.

    Tout cela révèle quoi : Tout simplement, que ceux qui achètent les Bordeaux les plus chers surpayent incroyablement la différence de qualité entre 2 vins à cause du statut du plus cher.

    Cela devrait en faire réfléchir plus d’un aujourd’hui et de manière très aïgue vu les prix qui ont plus que doublé entre temps !!!

    De plus, et cela donne un lien logique avec ce qui précède : RVF Sptembre 2002 :

    Coût d’une bouteille de Cheval Blanc 1999 dans le détail :

    Coût de production du raisin : 3,2 euros
    Coût de la mise en bouteille : 1,7 euros.
    Coût de vinification et d’élevage : 3,5 euros.
    Charges financières ( intérêt d’emprunt .. ): 35 euros.
    Charges annexes ( communication, promotion, administration .. ) : 10 euros.
    Total de revient : 53,4 euros.

    Ce que je vois à la louche : moins de 7 euros concerne le jus directement !
    Bon, après ça , peut-on être étonné, de lire ce que l’on lit plus haut, de voir les résultats du GJE, de voir des vins à 20/30 ou 50 euros mettant peut-être plus d’argent dans leur jus passer devant des vins à plus de 200 euros ?

    Y a de quoi, dans ce que je lis, avoir matière à s’interroger quand même !

    Jmm

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 116)
  • Replies
    Perronnet
    Participant

    Jmm
    Vous découvrez la Lune ?
    cet article a presque 10 ans, et beaucoup d’intervenants sur LPV y ont fait référence plus ou moins directement au gré des discussions sur le prix des vins (en bouteille ou en primeurs), prix de vente et prix de revient…

    Cordialement.

    Hervé

    Oh, la lune…….

    Non, moi même j’y ai déjà fait référence.
    Des intervenants nouveaux ne l’ont peut-être jamais lu or, il fait partie des fondamentaux.
    Entre temps, les prix ont été multipliés par x et les prix actuels entraînent peut-être encore plus d’intérêt aujourd’hui à lire cela.
    Ce que j’actualise n’est pas l’article en lui-même mais une suréaction du lecteur au regard des prix qui ne cessent de devenir toujours plus délirants et cela peut mieux faire comprendre que chaque centaine d’euros en plus ne doit pas laisser supposer un epsilon de qualité en plus. Cet conclusion me paraît très, très précieuse pour les nouveaux amateurs qui perdent un bras en achetant une caisse.

    Jmm

    laurent garlin
    Participant

    (tu) belle déformation professionnelle jmm que la pédagogie 😉

    Anonyme
    Invité

    Ca ne veut rien dire car un journaliste de la RVF ne paye certainement pas ses vins (enfin je suppose)

    Fred B.
    Participant

    Cela fait bientôt 8 ans que je fais avec quelques amis des dégustations de ce type, et les surprises ne se comptent plus… Bizarrement, souvent à Bordeaux, et ceci quelle que soit la rive, les millésimes ou l’âge des vins. Souvent, soit nous trouvons les vins bons ou très bons, mais nous ne les achèterions pas à leur prix, que nous trouvons trop élevé, soit nous les trouvons tout simplement médiocres. Et nous trouvons aussi que les différences qualitatives entre « petits » et « grands » sont souvent beaucoup plus resserrées que ce à quoi on pourrait s’attendre. Mais bon, quand on trouve souvent Cambon La Pelouse aussi bon voire meilleur que certains GCC et non des moindres, on hésite à en parler…
    De manière très troublante, des vins que j’avais énormément appréciés étiquette découverte devenaient « quelconques » à l’aveugle, par exemple Chevalier rouge 2002, dégusté à de nombreuses reprises entre 2005 et 2010, ou même pape-Clément 2000, trouvé superbe l’an dernier et assez moyen il y a quelques semaines, à l’aveugle.
    On pourrait toujours arguer de la bouteille défaillante, du dégustateur fatigué ou d’une conjonction de planètes défavorable, mais mon intuition est plutôt que la part dans le jugement d’un vin du passé affectif ou des a priori favorables que l’on a avec lui (sans compter d’autres influences, par exemple l’idée que si on n’apprécie pas un vin cher et/ou reconnu, c’est que l’on est un mauvais dégustateur, et qui peut nous conduire à surnoter un vin pour ne pas passer pour le vilain petit canard) est bien plus importante qu’on ne veut soi-même se l’avouer…

    emmane777
    Participant

    Merci pour cette lecture Jean-Marie, je l’avais jamais lu.

    ( PS : j’écris toujours Jean-Marie, mais c’est peut-être Jean-Marc ou Jean-Michel. Jean-Marie Martinez, çà le fait bien).

    Fred, je partage totalement ton analyse ; surtout le « si on le trouve moyen mais qu’il coute très cher on ose pas dire qu’on le trouve moyen » !

    agitateur
    Participant

    M’en souviens très bien de cet article. D’ailleurs, je l’avais évoqué ici plusieurs fois ici en soulignant qu’il a fallu un certain courage pour le publier, et je m’interrogeais sur les capacités et volontés de refaire la même chose aujourd’hui avec la nouvelle ligne éditoriale.

    C’est aussi le dernier numéro de la RVF que j’ai acheté, un vrai tournant dans mon approche du vin 😀 ( et oui, j’ai fauté, j’achetais 2 ou 3 numéros par an jusqu’à cette date, mais là à 25 / 26 piges, j’ai dit STOP ). Après avoir lu çà, je me suis dit qu’il était temps de faire avant tout confiance à soi même, et de prendre les écrits de la presse pro avec d’immenses précautions. Quand des supposés sommités de la dégustation se vautrent à ce point dans les grandes largeurs et ne détectent jamais, sur aucun vin, la « grandeur » qu’ils nous tartinaient quelques mois plus tôt en primeur, c’est bien qu’il y a une couille dans le potage, et de belle taille. Un amateur seul dans son coin, sans la béquille d’une revue, ne pouvait pas faire pire.

    C’est aussi l’année ou j’ai laissé tombé mes achats essentiellement basés sur les Bx pour aller voir ailleurs, de plus en plus. Et surtout, j’ai compris qu’il ne fallait pas faire de complexe en imaginant que plus c’est cher plus c’est bon, parce qu’un paquet d’autres paramètres interviennent. Jusque là, j’étais quand même assez naif, faut l’avouer ( on mettra çà sur le compte de la jeunesse ).

    Anonyme
    Invité

    Se sont donc les critiques de la rvf qui se sont prêtés au jeu. leur palais avait déjà goûté la plupart des vins ou du moins les plus grands. Ce qui aurait été plus intéressant, c’eût été de les faire goûter à des amateurs éclairés encore vierge de GCC.

    Ca conforte mes doutes, mon scepticisme toujours grandissant sur bordeaux.

    N.B. C’est quoi qui pend las-bas ???!!!……aah c’est françois audouze avec un parchemin où on peut lire  » trahi par les GCC » 😛

    seb

    agitateur
    Participant

    [i]elgringo écrivait:
    ——————————————————-
    > Ca conforte mes doutes, mon scepticisme toujours
    > grandissant sur bordeaux.[/i]
    Tu peux refaire la même expérience dans d’autres régions ( du moins celles qui ont la main un peu lourde niveau tarif pour le « haut de gamme »), tu obtiendra sans nul doute la même chose.

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Effectivement, je me souviens d’une dégustation Languedoc-Roussillon en semi-aveugle à Saint-Jean de Monts (nous avions la liste des vins mais nous buvions bouteilles cachées) où avait été glissée une Petite Sibérie. Tout le monde a repéré une bouteille nettement au-dessus des autres, et était persuadé que c’était la grande cuvée de Hervé Bizeul. Pas de bol, c’était l’As du Mas Conscience. La petite Sibérie est passée totalement inaperçue…

    Anonyme
    Invité

    Hmmmm, je ne doute pas de la reproductivité de l’expérience ailleurs….je doute? vraiment ? …ah oui je doute effectivement.

    Allez! on va dire que j’ai la naiveté de penser que si l’on me met sous le tarin un grand montrachet de leflaive un DRC, un musigny ou autre vin au mieux de sa forme face à des bons petits villages ou 1er cru, je ne me tromperai pas et que la qualité des uns sauteront à la bouche alors que le village sera à sa place.

    A bordeaux, j’ai qd même le sentiment, que l’effet terroir n’est pas SI SI différent, l’effet prix en revanche…attention, ca ne veut pas dire que les GCC ne sont pas meilleurs. 25 le GCC euros au lieu de 18 pour le petit medoc 🙂

    agitateur
    Participant

    [i]elgringo écrivait:
    ——————————————————-
    > Allez! on va dire que j’ai la naiveté de penser que si l’on me met sous le tarin un grand montrachet de leflaive un DRC, un musigny ou autre vin au mieux de sa forme face à des bons petits villages ou 1er cru, je ne me tromperai pas et que la qualité des uns sauteront à la bouche alors que le village sera à sa place.[/i]

    Si tu n’as pas la liste, on peut imaginer qu’un jour de grande forme, si les vins se présentent au mieux, si …..etc….tu puisses éventuellement établir une hiérarchie en accord avec l’officielle.
    De là à imaginer que tu donnera les bonnes valeurs économiques de 3 bouteilles, c’est à dire par exemple 15 €, 50 € et 300 €, c’est un pas que je ne franchirai pas ( mais je ne suis pas à ta place, hein 😀 ). Par contre, j’imagine bien volontiers que la fourchette tarifaire que tu donnera avoisine plus un truc du genre: 10, 20 et 50 €. Et ce serait vraiment pas mal du tout, à l’aveugle. Tu aurai le niveau pour postuler à la dégustation dans une revue vinicole de renom, sans aucun problème 😛

    Eric BERNARDIN
    Participant

    De ce que j’ai pu en lire, la Romanée-Conti est un vin subtil et délicat. Si tu la mets à côté de vins puissants (genre un Gevrey Village de Dugat-Py), elle risque de paraître fluette et toi de passer à côté.

    Ca me rappelle mon premier Rayas (un 2001) bu en aveugle au milieu d’autres grenache assez costauds. Perso, je l’ai trouvé superbe sans savoir savoir ce que c’était. Mais la moitié des dégustateurs ne lui ont trouvé aucun intérêt, le trouvant dilué.

    RACHID BORDJI
    Participant

    Le grand « intérêt » de la dégustation à l’aveugle c’est qu’elle permet régulièrement de se dire que l’on devrait arrêter de dépenser autant dans des « canons » qui ne valent pas tout l’argent que l’on y consacre, Bordeaux ou pas Bordeaux d’ailleurs. Bettane et consorts ne sont pas plus infaillibles que beaucoup de dégustateurs ici ou ailleurs.

    Bonne soirée
    R

    François Audouze
    Participant

    Je n’avais pas connaissance de cet article.

    Si on demande à n’importe qui le prix qu’il mettrait pour Ausone 2005 ou Pétrus 2005, qui dirait qu’il mettrait plus de 500 € ?
    Réponse : 0,0000000001 %. C’est à dire que sur un milliard d’amateurs il y aurait un type qui répondrait ce chiffre, tout simplement parce que, voulant chasser une mouche, il a appuyé par mégarde sur cette touche là.

    Cette étude veut dire quoi ? Qu’au sommet de la pyramide des prix, il n’y a aucune justification qualitative du prix élevé.
    Rien de nouveau sous le soleil.

    Ceci étant dit, si l’on regarde les transactions sur des vins chers, il y en a et beaucoup.
    elgringo cite Montrachet du domaine Leflaive. Je viens juste de m’en acheter. Et hélas, pas au domaine, ce qui doit faire un coefficient dix, au minimum. Or j’ai accepté un prix que jamais personne ne cocherait si on le mettait dans un quiz.
    Or on aura beau dire que le Montrachet du domaine Leflaive ne vaut pas plus que x €, il se trouve que désirant ce vin, je l’ai acheté à un prix irrationnel.

    Tant qu’il y a le désir d’avoir certains vins, on aura beau dire que des vins à 20 € les écrasent et dire que leur prix n’a aucune justification, le désir persistera et les prix continueront d’augmenter tant que le désir est là.

    Anonyme
    Invité

    certes eric, mais subtil et délicat ne signifie par manque de complexité, manque d’eclat, de pureté et de longueur en bouche j’espère? car la, puissance sans la maitrise n’est rien dixit pirrelli qui fait un merveilleux riesling sur le caoutchou pétrolé brulé.

    agitateur
    Participant

    Quand on donne la liste en parallèle ( donc une sorte de demie aveugle dirons nous puisque seul l’ordre de service est inconnu ), c’est intéressant aussi. Enfin, surtout pour voir les réactions de l’assemblée, cars souvent àa ne manque pas d’induire les gens en erreur plus que ça ne les aide.

    Me souviens d’une dégust’ avec Christian Wineaddict ( entre autre, et il pourra confirmer ou infirmer s’il s’en souvient ) il y a fort longtemps. Tout le monde ( ou presque ) attendait que le Lafite R 90 clôture la série des rouges ( et on était en terre bordelaise ) pour finir en apothéose. Mais agitateur est fourbe, chacun le sait maintenant, et à la fin c’était un californien ( Opus One 85, mais sans certitude ). Forcément ( si si ! ), une majorité pensait que le dernier rouge, le « meilleur », était Lafite. Perdu………Sa relative finesse a été effacée par le coté plus démonstratif de la Californie. Et disons le aussi, Opus One ça causait pas à grand monde dans la liste ( je pense ).

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Certes Seb, mais c’était aussi le cas de ce Rayas, et pourtant de bons dégustateurs sont passés à côté.

    agitateur
    Participant

    [i]François Audouze écrivait:
    ——————————————————-
    > Cette étude veut dire quoi ? Qu’au sommet de la
    > pyramide des prix, il n’y a aucune justification
    > qualitative du prix élevé.
    > Rien de nouveau sous le soleil.[/i]

    Non François, tu te fourvoies grandement sur ta conclusion.

    Quand le jury dégustait cela, il connaissait parfaitement la vraie valeur économique des flacons les plus huppés.
    Si les boutanches les plus chères ont été sous évaluées d’un facteur 5, c’est tout simplement qu’à l’aveugle, PERSONNE n’a détecté ou pensé être en face d’un monument dans la hiérarchie supposée. Et au final, tout le monde a jugé, par le contenu du verre, se retrouver face à disons des cru bourgeois de niveau variable, des 5° GCC rive gauche ou des grand cru rive droite ( au max ) , mais JAMAIS face ( entre autre ) à des GCC de plus haut rang.

    Anonyme
    Invité

    Si autant de  » grands dégustateus » se trompent c’est aussi peut être que la grandeur d’un terroir et d’un savoir faire ne sont pas si bien compris. Il se pourrait que toi eric tu aies une sensibilité authentique et dépourvu de toute considération artificielle ( prix-etiquette-ambiance général- recherche de la puissance façon parker ) ….enfin je dis ca, je n’ai ni goûté rayas, ni DRC ni leflaive, ni leroy, ni roumier, ni yquem ni petrus, ni lafite, ni RIEN !!!!!!

    Bon je vais me pendre a coté de françois O12

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