Soirée sympa.

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  • Ce sujet contient 59 réponses, 17 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Anonyme, le il y a 19 années.
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  • Reinmund
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    Juste un petit compte rendu d’une soirée entre amis, pour fêter la visite de l’un d’entre eux expatrié à l’étranger. Pas de complications, pas de chichis. Mais comme vous allez le lire, pas de mythos non plus au sein de notre groupe question bouteille !

    Vin N° 1
    Couleur jaune paille un peu évoluée pour un champagne, mais en bouche c’est très long et mûr, avec un équilibre remarquable, d’autant plus que l’on me précise que ce vin est non dosé ou presque. C’est un vrai vin blanc à bulles celui-là.

    CR:Champagne Larmandier Verdier 1er cru « Terres de Vertus »

    Vin N° 2

    Le vin fait beaucoup plus évolué que le précédent, dans un registre encore plus mûr. On sent une réelle présence en bouche, une vinosité inhabituelle pour un Champagne. Pour une fois je ne recrache pas tout. C’est vous dire !

    CR:Bollinger Grande Année 1992

    Vin N° 3 :

    Robe jaune paille, un peu foncée , et un nez sur la pêche blanche (ne riez pas, je bidonne jamais mon carnet a spirale..). C’est puissant en bouche, très mûr et « Alsace » mais sur le coup j’ai du mal à évoquer spontanément un cépage. Le coté un peu sucré me fait penser à du Zind (ou Barmès) car je sais qu’ il y a des amateurs.. Les connaisseurs parient sur un Riesling.

    CR:Riesling Clos Windsbuhl 2001 Zind Humbrecht.

    Vin n° 4
    La robe est jaune vif, brillante. Le nez axé sur les agrumes, encore très jeune. En bouche on sent une très grosse structure, et nous pensons avoir reconnu un Chardonnay de la côte de Beaune, tendance Grand Cru.

    CR:Chablis GC « Les Clos » Raveneau 2000

    Cette bouteille de belle qualité impressionne évidemment, mais personne n’a reconnu un Chablis, ce qui nous rend modeste et perplexe à vrai dire. On fera encore pire ensuite, je vous rassure !

    Vin N° 5
    Belle robe jaune foncée, avec un nez intense, encore assez jeune à mon avis. La bouche est superlative de structure et de complexité. Vin très puissant, mais jamais lourd, très bel équilibre. Longueur « hors norme ».
    Nous pensons cette fois que c’est la bonne, on est au plus haut niveau. Evidemment nous sommes très impressionné à la lecture de l’étiquette, mais ce Montrachet en est à la hauteur, de manière indubitable.

    CR:Montrachet 1997, Bouchard

    Vin N° 6
    Robe assez évoluée, paille foncée.
    Le premier nez est un peu réduit, sur la cacahouette grillée, mais en quelques instants d’aération se bonifie nettement.
    Attaque « mammouth » dès la première gorgée, concentration « enhaurme » avec une finale exceptionnelle sur l’amande, l’acacia.
    Boudiou !! On reste évidemment baba en lisant « Auxey » sur l’étiquette, et admiratif devant le travail accompli par le(la) propriétaire.

    NB : ce vin dément encore une fois toutes les thèse pseudo « terroiristes » très en vogue actuellement. L’homme compte encore, et cette magnifique bouteille le prouve encore. Toute la table a cru que l’on était en Grand Cru . Et il passait derrière un Montrachet !

    CR:Auxey-Duresses 1996 Domaine D’Auvenay

    Vin N° 7
    Une belle robe rouge vif signe ce vin, dont l’attaque en bouche est franche et nette, sur des parfums de fruits noirs et une touche un peu boisée en finale. Structure assez marquée, nous pensons au moins être en premier cru, voire plus. Je pense à un millésime encore à vieillir ,de type 99 ou 2001

    Belle performance pour ce CR: Charmes Chambertin 1998 Geantet Pansiot.

    Vin N° 8

    Un vin qui déroute l’assemblée : Semble un peu évolué avec sa robe rouge a reflets brique, le nez évoque en premier lieu le cabernet par un coté « sévère ». La bouche est encore un peu vive, mais dotée d’une belle longueur. J’ai bien aimé cette bouteille, mais tout comme mes compères absolument pas reconnu CR: La Chapelle 1995 !! (bu il y a deux ans, avec un profil différent, mais ne venant pas de la même cave).

    Vin N° 9 :

    Une belle robe rouge brique, qui ne peut mentir sur l’âge du vin, et un nez tres précieux, tertiaire à souhait mais sans déviation fâcheuse. Le corps est arrondi, souple mais sans faiblesse ni creux. Tres jolie finale convaincante sur le cuir, le sous bois.
    Une bonne moitié de la table annonce un Bordeaux 89 ou 90, certains même l’AOC !

    CR:Clos Fourtet 1990. S’en sort pas mal vu le niveau de la soirée !

    Vin N° 10 :

    Bouteille bordelaise, belle robe rubis foncée et un nez de cabernet net et pur. L’assise tannique doit encore s’amadouer à mon goût, mais c’est très aristocratique, et en fait très loin des Calicab déjà goutés. Nous pensons à Ridge (il faut dire que c’est un des rares noms que je suis capable de citer ..).
    Je trouve ce vin très bien ,mais il ne fait pas l’unanimité. Je le regoûterai bien dans 4/5 ans ?

    Effectivement CR: California Ridge Montebello 00 ( arrivé des US par Mickey himself, n’a pas souffert du voyage semble-t-il).

    Vin N° 11

    La robe est rouge brique, mais foncée, et le nez complexe, luxuriant, avec des fruits compotées, du boucané. Bouche fondue, mais encore une belle reserve. Longueur et complexité sont au rendez-vous pour la finale. Ouh là là….c’est du grand, et nous sommes dans du sérieux. Excellent vin de type Medoc (je pense à une année chaude 89 ?)

    Pas reconnu CR: Léoville Poyferré 1982 ! Mais encore une fois un grand vin ce soir !

    Vin N° 12

    Vin rouge sombre, rien que dans le verre on ne rigole déjà plus.
    Le nez—> la totale. Stupéfiant de concentration et de complexité. Cuirs, epices, la très grande classe.

    La Bocca : riche, fondue mais encore puissante. Finale : idem que nez.

    The Big Foot !! Les plus grands noms fusent, en millésime bien mur des années 80. Puis connaissant les gouts du généreux donateur je lui demande gentiment s’il n’ pas sacrifié pour ses amis un vénérable CR: PALMER 1983 par exemple ???
    C’est un très grand vin, exceptionnel à tout point de vue. Merci Papounet ! (J’aurai ma revanche…).

    Vin N° 13

    Le vin est rouge brique mais nettement plus terne que les précédents.
    Le nez, puissant et encore très complexe signe une grande origine Bordelaise de type cabernet, et la bouche se tient encore très bien. Je lui trouve juste une petite secheresse tannique qui me laisse à penser que ce vin est en apogée dépassée, mais la finale est digne de tous éloge par sa droiture, sa durée.
    (Très) grand médoc de 40 ans. 61 ? 70 ? Je tente 1966 peut-être ?

    C’est CR: Pichon Lalande 1966. Encore très beau, il a du être fantastique il y a 10 ans. Mais c’est comme mon Calon, il faut terminer ses bouteilles désormais.

    Vin N° 14

    Le vin « mystère » habituel (cave Besse), que nous trouvons excellent et qui rappelle pour les uns un grand Pinot, pour d’autres un vieux Grenache d’au moins 50 ans. Comme il est rigoureusement impossible de savoir ce que c’est réellement ; les débats sont animés , mais toujours dans la bonne humeur puisque tout le monde est persuadé d’avoir raison !
    (NB : Moi c’est un vieux Chato, vous n’y êtes pas du tout les gars avec votre pinot !)

    Vin N° 15

    Une belle robe jaune Paille, et un nez vif, citronné pour commencer.
    L’attaque en bouche est marquée par un fin botrytis, qui équilibre bien une structure puissante, qui doit encore vieillir pour se bonifier.
    C’est sur, c’est du Chenin, et c’est trop jeune. Mais c’est très bon quand même !

    CR:Clos du Bourg 1997 1ère trie

    Vin N° 16

    Encore très jeune de robe (jaune clair), et un nez sur les agrumes, ce beau liquoreux très fortement botrytisé en bouche va tromper son monde.. On annonce un jeune sauternes de bonne année (2001, 97 au mieux ..).

    C’est CR:Rabaud-Promis 1990 !

    Vin N° 17 :

    Robe jaune paille assez clair, le nez est assez complexe sur les agrumes, un peu de coing et une saveur inconnue mais qui fait très « Alsace ». Bouche sur un équilibre de VT plus que de SGN. Identifié comme TPG (moi c’est grâce à la mirabelle) , certains reconnaissent même Zind-Humbrecht.

    CR:TPG VT Clos Windsbuhl 1994. De chez Zind bien sur.

    En conclusion encore une belle soirée , avec des vrais amis et une ambiance de rigolade formidable. Que demander de plus ?

    NB1: Merci a Hervé et Betty pour le repas.
    NB2 : J’ai ouïe-dire que le 14 Juillet allait être réservé à l’artillerie lourde dans le 9-5 ??

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 59)
  • Replies
    Phil Belnoue
    Participant

    Merci pour ton cr, Yves. Bon, va falloir que je tape le mien.
    En vin n°3, t’as oublié le Clos Windsbulh 2001 de Zind-Humbrecht : c’est pas parce que c’était ma bouteille, mais je l’ai trouvée très classe, parfaitement équilibrée. Dans quelques années, on devrait atteindre le nirvana avec elle ::o
    Ah cet Auxey 96 de d’Auvenay. Quelle magicienne que cette Lalou Bize-Leroy !!! A chaque rencontre avec ses vins, c’est toujours l’extase.
    Et quelle soirée, mes amis ! j’en ai les larmes aux yeux et les papilles toutes excitées, rien qu’en l’évocant.

    Yves, oui, il paraît que dans le 9-5, y’a un feu d’artifice de prévu le 14 juillet 🙂
    Je sens que ça va être une tuerie, surtout si papy (I love you !) nous sort le grand jeu (tu)

    Phil

    Yves Zermatten
    Maître des clés

    sympathique soirée, en effet ! (tu)

    Yves Zermatten

    yves Reinmund
    Participant

    C’est vrai Phil que j’avais sauté un vin..j’ai rectifié en effet cette facheuse omission.

    Phil: faudra prevenir la tour de controle de Roissy quand même .Histoire qu’ils fassent un détour.

    Yves: Bonne soirée en effet. C’est dingue en fait que que l’on peut faire avec quelques amis, un peu de bonne volonté et beaucoup de bonne humeur.Ca vaut tous les diners  » gala » du monde.

    YR

    Yves Zermatten
    Maître des clés

    yr écrivait:
    ——————————————————-

    > Yves: Bonne soirée en effet. C’est dingue en fait
    > que que l’on peut faire avec quelques amis, un peu
    > de bonne volonté et beaucoup de bonne humeur.Ca
    > vaut tous les diners  » gala » du monde.
    >
    > YR

    Yves

    c’est exactement ce que je pense !

    Yves

    François Audouze
    Participant

    Il n’y a peut-être pas de complications et pas de chichis, et ça vaut peut-être tous les dîners de galas du monde.
    Mais il serait difficile de revendiquer que vous avez tapé dans le bas de gamme.

    Vous avez, entre amis qui s’aiment bien, ouverts des flacons de grand talent. Et c’est ça qui compte.

    Et ça mérite des bravos, sans aucune restriction ni comparaison.

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Yves,

    C’est Larmandier Bernier plutôt, non?

    Sinon, quelle belle soirée, à laquelle on ne peut que regretter de ne pas avoir participé… (tu)

    Eric

    Phil Belnoue
    Participant

    Bien vu, Eric, c’est bien Larmandier Bernier, cuvée « Né d’une Terre de Vertus« .

    Phil

    frank
    Participant

    >
    > NB : ce vin dément encore une fois toutes les
    > thèse pseudo « terroiristes » très en vogue
    > actuellement. L’homme compte encore, et cette
    > magnifique bouteille le prouve encore. Toute la
    > table a cru que l’on était en Grand Cru . Et il
    > passait derrière un Montrachet !
    >

    Trés belle soirée … et bravo pour le CR.

    Concernant le terroir ça fait quand même quelques centaines d’années qu’il est « trés en vogue » comme tu dis et il ne s’oppose pas à l’Homme puisque c’est justement lui qui a identifié qu’à un endroit donné il pourrait peut être, … éventuellement … possiblement … et sous certaines conditions, faire quelque chose qui a plus de personnalité qu’ailleurs …

    Il serait intéressant de goûter cet auxey-duresses à coté d’un montrachet du même domaine pour voir si le « terroir » de montrachet a quelque chose de plus à dire ou si tout ça n’est finalement qu’une bête question de rendement …
    :-))))

    A+
    Frank

    Anonyme
    Invité

    Très belle brochette, en effet !:)

    charlesv
    Participant

    Frank,

    Je souscris à votre prudente analyse… sans les adverbes. 😉

    Le domaine D’auvenay ne produit pas de Montrachet mais tout de même Criots et Chevalier.

    Nul besoin d’ailleurs de monter aussi haut pour établir une distinction au sein des vins du domaine avec un Auxey-Duresses aussi faramineux soit-il.

    dt
    Participant

    Yves, pour le Montrachet, c’etait Bouchard et non pas Drouhin. A part ca, je me retrouve parfaitement dans ton CR. Aucune fausse note, une franche rigolade et l’impression generale qu’on peut/doit encore progresser avant de tenter le master of wine !!!!
    On s’est laches quand meme. Quand je revois la liste des bouteilles, ce fait tout drole. Et j’apprecie d’autant plus mon retour en France pour cette occasion.

    Phil Belnoue
    Participant

    Et le Clos du Bourg 97 de Huet, c’était la version première trie 😉

    Anonyme
    Invité

    Votre Montrachet 97 de Drouhin semble supérieur au Montrachet 97 de Latour que j’ai bu récemment … (récit n°24).

    Ducru 66 (magnum) était encore pas mal en janvier 2004.

    Très prometteur Clos 2000 de Raveneau bu à la table de Chaintré en 2004.

    Le PG Windsbuhl 2001 de Zind est immense (sec, fort, de grande garde).

    déc 99, au domaine :
    CHARMES-CHAMBERTIN Geantet-Pansiot 1998. Notes : DS16,5 – PC16 – LG16,5. moyenne : 16,2
    Toujours dense et coloré. Nez complexe, un peu réduit au départ, animal, humique, épicé, qui s’ouvre sur de beaux arômes de cerise burlat. Charnu, long, bien structuré par des tannins fins, fruit concentré évoquant la mûre.

    Je crois que le domaine a progressé en expressivité et en finesse !

    n° 14 : un vieux Musar ?;)

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Le PG Windsbuhl 2001 de Zind est immense (sec, fort, de grande garde).

    Sec ? Le domaine l’annonce à 70 gr/l de sucre résiduel, indice 5…

    Luc

    Anonyme
    Invité

    Luc,

    Désolé, je voulais parler du 2000, de fait :

    [i]9/6/05 :
    [b]Zind-Humbrecht PG Windsbuhl 2000 Pinot-Gris Clos Windsbuhl 2000
    Mise 9/2001, 14.7 ° alc, 11 g/l SR, 42hl/ha, 2005-2020+[/b]
    Vu l’évolution rapide des maturités en 2000, nous avions pris la même décision avec les pinot-gris du Clos Windsbuhl qu’avec ceux du Rotenberg : séparer les raisins sains de ceux atteints de pourriture noble. Cependant au Windsbuhl, les raisins furent récoltés le même jour pour produire une vendange tardive. L’un des vins secs les plus compliqué à récolter à la maturité idéale est certainement le pinot-gris. Il est souvent soit un peu trop mûr et garde quelques sucres résiduels (à moins bien sur d’utiliser la panoplie du petit chimiste pour forcer les fermentations), soit pas assez mûr (et là c’est la chaptalisation…) et restera un vin manquant de charpente. Le Clos Windsbuhl 2000 est très proche de notre idéal d’un pinot gris sec. Le nez est délicat, dévoilant des arômes minéraux, sous bois (truffe), et quelques arômes de fruits blancs (abricot..). Le palais surprend par son aspect droit et strict, laissant une finale sec tout en étant opulent. A garder (12/2001).

    Un Pinot Gris technique, belle réussite formelle charpentée mais avec un caractère strict et une gourmandise en retrait (LG16,5 – PP18)[/i]

    yves Reinmund
    Participant

    Bon j’ai fait les rectifs pour le Montrachet et la quintessence de première trie (au coucher du soleil avant la rosée…)/

    Ceci dit, je reviens sur la bouteille du dom d’Auvenay: Evidemment que si l’on compare le CBM a l’Auxey, on verra la différence de classe. Mais si l’on fait une horizontale d’Auxey Duresses, que verrons-nous ??? –> L’homme (ou Mme plutôt).
    Dans le cas présent c’est quand même assez impressionnant. C’est tout ce que j’ai voulu dire.Pas plus, mais pas moins non plus.

    Laurent G: J’ai un bon souvenir de La Lagune 1966, mais pas bu depuis 10 ans..il fatiguerait un peu désormais ? Mais ce Pichon Contesse se tenait encore fort bien.

    YR

    charlesv
    Participant

    Evidemment que si l’on compare le CBM a l’Auxey, on verra la différence de classe.

    CQFD.

    Toutes choses égales par ailleurs, dont l’homme ou la femme, le terroir parle. C’est aussi ce que je signifiais… ni plus ni moins.

    Arnaud Morin
    Participant

     » les thèse pseudo « terroiristes » très en vogue actuellement »:
    En matière de vin tous les avis sont recevables mais des idées comme celles-là , a fortiori en Bourgogne , j’ai un peu de mal !!!! (td) (et je trouve triste d’être un des seuls à réagir ! vraiment ) .

    Quelquefois je me demande ce que je fais ici ………

    Arnaud Morin
    Participant

    Heueusement qu’il y a Charles pour éclaircir le débat dans le bon sens parce que sinon !!!:)-D

    Phil Belnoue
    Participant

    Je vous livre mes notes, en complément de celles d’YR.

    Quelle soirée ! quels vins ! quels plats ! quels amis !
    Cela fait cinq ans qu’on déguste ensemble (pour la plupart), et chaque année, le plaisir est renouvelé, le niveau des bouteilles semblent aussi monter d’années en années… quelle chance de pouvoir partager de si beaux moments en si bonne compagnie.
    Allez, place aux vins.

    Champagne Larmandier-Bernier 1er cru Né d’une Terre de Vertus
    Nez réservé, s’ouvre sur la brioche et le citron. Bulles fines. Un joli Blanc de Blanc, non dosé, élancé, aux fines notes d’agrumes, parfait en apéritif. Pas mal pour fêter un heureux événement, non ? 🙂

    Champagne Bollinger Grande Année 1992
    Robe plus dorée. Nez nettement plus évolué, sur la pomme, les fruits jaunes, plus riche que le précédent. Bulles fines, bonne tenue en bouche, finale un poil oxydative. Beau Champagne, à son apogée, voire sur la pente déclinante.

    Riesling Clos Windsbuhl 2001 Zind Humbrecht
    Belle robe brillante, profonde, légèrement dorée. Nez sur les graines de sésame, agrumes. Belle complexité. Equilibre en bouche qui frise la perfection, l’acidité contrebalançant parfaitement les sucres résiduels. Pour moi, cette bouteille promet d’être grande dans quelques années. Vu le prix, j’espère bien !

    Chablis GC Clos Raveneau 2000
    Nez lacté, noix de coco (carafé 2h). Attaque vive, concentrée, notes de riz au lait, de caramel et d’encaustique. Etonnant et assez difficile à déguster en l’état. Ce grand cru est encore bien jeune et méritait encore quelques années en cave.

    Montrachet 1997 Bouchard Père & Fils
    Robe or, dorée. Nez encore légèrement boisé (lacté), belle finesse sur le tilleul, les agrumes et l’encaustique. Ce qui me frappe dans ce vin, c’est sa finesse, l’élégance de la structure acide/matière. J’ai beaucoup aimé, surtout après quelques dizaines de minutes d’aération dans le verre où le vin commençait à livrer sa véritable dimension. Mon premier grand Montrachet, quelque part, c’est émouvant. Merci Hervé et Betty.

    Auxey-Duresses 1996 dom d’Auvenay
    Nez initialement réduit (genre réduction noble), notes de noisettes grillées, pralin. Puis des notes de fruits jaunes bien mûres prennent le dessus. La bouche m’a littéralement transporté : impression d’un vin sphérique, complet. Gras, en même temps très concentré, tendu par une acidité parfaitement mûre, loin de l’acidité réputée mordante de certains 96. Hallucinant à ce niveau d’appellation ! Je crois que je serais prêt à mettre de l’argent pour goûter aux niveaux supérieurs. Mes plus chaleureux remerciements vont à la généreuse donatrice 🙂

    A la suite de cette bouteille de génie, nous entamons la série des rouges :

    Charmes-Chambertin 1998 dom Geantet-Pansiot
    Robe concentrée, c’est du sérieux. Nez mentholé, légèrement volatile. A l’aération, on commence à reconnaître le pinot noir. Ce n’est donc pas une syrah ! Bel équilibre en bouche, tannins soyeux, très belle bouteille, encore trop jeune.

    Hermitage la Chapelle 1995 Jaboulet
    Robe plus évoluée. Nez assez sauvage, sur la fourrure, puis la réglisse et le poivre. Bouche un poil métallique, aux tannins réglissés. Bien, mais pas au niveau de la bouteille dégustée il y a quelques mois.

    St Emilion 1er gcc Clos Fourtet 1990
    Robe légèrement tuilée, encore brillante. Nez sur le pruneau, le sous-bois. Tout le charme de la Rive droite. Jolie matière, tannins soyeux, longueur de qualité. Très belle bouteille. J’aime le Bordeaux quand il est à ce niveau d’élégance.

    Cabernet 2000 de Ridge Montebello
    Nez sur la figue, la datte, la banane séchée. On change complètement de registre. Note prononcée de zan en bouche, c’est concentré, pas aussi fin ni élégant que les autres vins, mais c’est très bon. Ben, ça paraît pas français. Certains évoquent Californie et comme Yves, je pense à Ridge, car c’est le seul que je connaisse un peu. J’aime bien ce style mûr, mais pas trop qui nous ferait basculer vers la pommade et l’écoeurant.

    Saint Julien Château Léoville Poyferré 1982
    Robe évoluée sur les bords du disque, beau dégradé. Nez sur la figue, etc. Je crois que je commençais à fatiguer un peu 😉
    Là encore, la grande classe des crus du Médoc se montre sous son plus beau jour, tout y est, de la densité à la longueur.

    Margaux Château Palmer 1983 (carafé 5h)
    Nez pas trop évolué, sur le café, se dévoilant peu. La bouche est emportée par l’énergie de ce vin d’une jeunesse débordante. Vin très élégant, possédant une grande longueur en bouche, finale sur le tabac blond du plus bel effet. Il nous a bien eu Papy Raymond, lui qui en cherchait sans cesse. Belle surprise ! et beau cadeau.

    Pauillac Pichon Comtesse 1966
    Belle robe encore vive. Nez sanguin, sur le vernis, les fruits rouges et le sous-bois. Très beau. Bouche toute en longueur, beaucoup de finesse, les tanins sont élégantissimes. Très belle bouteille de plus de quarante ans ! Ah ce Martin, il sait nous dégotter des bouteilles hors du commun ! [size=x-small](ton humour so british me manque sur LPV)[/size]
    [size=x-small]Pour Yves : j’ai goûté Calon Ségur 1966 il y a plus de deux ans, la bouteille n’était pas aussi brillante, même plutôt en nette phase descendante. Par contre, le CS 64 tenait encore la route (bu en parallèle au 66)[/size]

    Bouteille sans étiquette non identifiée
    [size=x-small]Troisième bouteille de ce type qu’on boit ensemble, il me semble, peut-être la meilleure (avec la première)[/size]
    Robe correcte pour un vin probablement très âgé. Superbe nez sur le sous-bois et la cerise. La finesse du nez, l’impression de fraîcheur se retrouve en bouche : jolie acidité, vin d’une grande douceur tactile. Bonne longueur. Cette bouteille est bluffante. Un grand cru bourguignon ? ou un Châteauneuf du Pape ? années cinquantes, soixantes ? on ne le saura jamais (je penchais pour un pinot fin des années cinquante, m’enfin vu mon expérience…:D)). Reste le souvenir d’un vin d’une tenue digne des meilleurs, pour moi. Là encore, grande émotion. Etienne, merci.

    Vouvray Clos du Bourg première Trie 1997 domaine Huet
    Nez sur la pêche, les fruits jaunes en fait, avec une petite note végétale. Assez réservé, en dedans. Bouche élancée, d’une très belle tenue. Je n’ai pas pensé à Vouvray en goûtant ce vin, ce Clos du Bourg 97 m’a un peu décontenancé, la fatigue aidant peut-être. En tout cas, la finesse de ce liquoreux ne m’aurait jamais conduit à citer le Clos du Bourg, car habituellement le cru produit des vins riches et puisants (sur sol argilo-calcaire), le Mont étant souvent plus fin (sur argiles vertes, à silex). Va falloir que je révise mes gammes, n’est-ce pas Gilles ? 😉

    Sauternes Château Rabaud-Promis 1990
    Nez glycériné. Belle liqueur, bien équilibrée, aux douces notes d’orange amère qui me ramènent furieusement dans le Sauternais. Paraît encore très jeune (tiens, j’ai pas mal à la tête 😉 ;))

    Tokay-pinot gris Clos Windsbuhl VT 1994 Zind-Humbrecht
    Belle robe dorée. Nez puissant, sur les agrumes, l’ananas, les fruits exotiques. La liqueur, riche, est parfaitement soutenue et équilibrée par l’acidité bien mûre. C’est un sans faute pour Zind et j’aime de plus en plus leurs vins !

    Au final, un sans faute pour tous les vins, c’est assez rare pour le signaler. Et le sentiment (très sain) d’avoir encore tant à apprendre sur les vins. Il n’y a pas de danger que ma passion se tarisse ! il y a tant à découvrir, tant à progresser.
    Evidemment, merci à tous pour de telles bouteilles et à nos hôtes qui se sont démenés pour nous offrir un repas digne des nectars dégustés.
    C’est l’une des premières fois que je recrache si peu (enfin, un peu kamême) et que je suis aussi frais le matin, après seulement 4h de sommeil.
    On r’met ça ? (tu)

    Phil

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