Première écclectique de 2022

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forums Dégustations éclectiques Première écclectique de 2022

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    CR:

    Quelques vins bus hier soir avec quelques copains autour de plats simples : brouillade d’oeufs aux truffes, risotto aux champignons, tourte de chez Verot…
    Tout était de qualité

     

    Les vins sont servis par paires sans cohérence particulière puisqu’on est tous en aveugle.

    [b]Bienvenue Batard Montrachet 2008 – JC Bachelet
    VdF « la justice » 2019 – domaine Bretedeau[/b]
    Le vin de Bretedeau est un assemblage de chardonnay et de savagnin. Il présente un nez simple, une matière fluide. Tout est quand même un peu trop lisse et sans beaucoup de personnalité.
    Le BBM de Bachelet est quant à lui d’excellent niveau. On sent de suite le gros calibre bourguignon. Notes qui commencent à peine à évoluer vers la truffe et les herbes sèches. Il se révèle en ce moment parfait à boire. Grosse bouteille

    [b]Arbois chardonnay « Saint Paul » 1989 – domaine Camille Loye
    Coteaux du Loir VV éparses 2007 – domaine de Bellivière[/b]
    Le Bellivière est évolué et évoque les agrumes, la peau de pamplemousse. Les senteurs d’herbes médicinales signent un vin qui a basculé vers le tertiaire. Bouche sèche, vive, manquant peut être un peu de densité.L’ensemble est bien fait mais pas particulièrement gourmand. Un vin « peine à jouir »…
    Le Camille Loye est en revanche carrément enthousiasmant. Le vin possède une grosse personnalité et développe une complexité aromatique géniale : noix, tabac blond, moka (tiramisu), menthol…. En bouche, c’est sec, tendu comme un arc et la finale laisse un goût de jaune fin et persistant. Superbe !

    [b]Crozes-Hermitage « clos des Grives » 2016 – domaine Combier
    Blagny 1er cru « la pièce sous le bois » 1989 – domaine Robert Ampeau
    Domaine de Trévallon 1995[/b]
    Le Crozes est encore évidemment très jeune. Il est bien fait, souple, élégant mais plutôt simple. Je le trouve sans vice ni vertu….
    Le vin de Robert Ampeau est quant à lui de très bon niveau. Tertiaire sans exagération, il évoque la cerise, les épices douces et le sous-bois. Belle présence en bouche avec un jus qui a dû être bien rustique dans ses années de jeunesse. Finale mentholée. C’est aujourd’hui apaisé avec des tanins au grain très fin. Ce n’est pas le style de pinot évanescent mais plutôt un pinot d’homme (si on a encore le droit d’utiliser cette image stéréotypée).
    Le trévallon est le rouge de la série. J’aime les vieux Trévallon et celui ci se révèle remarquable en ce moment. Il nous a plutôt fait partir sur Bordeaux par ses notes de graphite et de cassis/prune mais aussi par sa bouche étonnamment fraiche. Ça se boit tout seul. Magnifique !

    [b]Champagne cordon vert (demi sec) – Mumm (années 60 probablement)
    Champagne Ayala carte blanche demi sec (probablement années 30 ou 40)[/b]
    Le Mumm est encore effervescent. C’est une excellent surprise. Nez de quinquina, d’orange confite. Bouche avec un sucre évidemment perceptible mais l’équilibre est impeccable. Fin de bouche nette et tonique.
    Le Ayala n’est plus du tout effervescent mais il n’est pas mort pour autant. La matière est tenue par le sucre qui est plus imposant que dans le Mumm. Les notes vont plus vers le café mais aussi vers les fruits confits. Bouche sirupeuse avec un équilibre acide irréprochable. Franchement, l’expérience est intéressante et ce vin a magnifiquement vieilli. En revanche, on est assez loin des canons habituels du Champagne évidemment.

    [b]Pinot gris SGN 1989 – domaine JB Adam
    Vouvray moëlleux 2005 – domaine Pinon[/b]
    Le Pinon est conforme à ce que je connais du domaine. C’est bien fait mais peu complexe. Les verres ne descendent pas.
    Le pinot gris est d’un tout autre calibre. Peu connu, le domaine Adam produit pourtant des vins réguliers à très bon niveau. Sur cette SGN, c’est même carrément stratosphérique. Nez prodigieux de datte, d’abricot confit, de mélisse, de miel. Bouche douce et veloutée avec un équilibre qui ne souffre pas de l’acidité basse. Le jus tapisse le palais et la finale dure presque une minute. Encore très jeune, il doit pouvoir défier le temps…

    L’année 2022 commence plutôt bien.
    Vivement la prochaine.

    PS : je ne sais toujours pas comment insérer une photo. Trop compliqué.

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 41)
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    sylvain Franz
    Participant

    Si tu es sur PC, sous la fenêtre dans laquelle tu rédiges ton message, il y a une autre fenêtre avec une case pièce jointe.
    Tu cliques dessus.
    Une nouvelle fenêtre va apparaître avec les différentes rubriques de ton PC.
    Tu vas dans « mes images », tu choisis la photo désirée et tu cliques sur joindre.
    Elle apparaitra alors un peu plus bas que ton message, il te faudra alors cliquer à nouveau pour la joindre dans le corps du message.
    Je te rassure, je ne sais pas faire grand chose avec un ordi si ce n’est rédiger des messages sur LPV et utiliser certaines fonctionnalités du forum 

    dt
    Participant

    Je cherchais dans les outils au dessus du message et je pensais devoir le faire via un lien.
    En fait c’est très simple.
    Merci

    dt
    Participant

    CR:

    Soirée hebdomadaire avec les copains sur un thème « haut de gamme » en ce début d’année.
    Les vins sont servis en aveugle avec un ordonnancement « quand on le sent ». Un joyeux bordel mais finalement une certaine cohérence dans les paires servies…

     

    [b]Champagne Dom Ruinart 2009
    Champagne Dom Ruinart 1996[/b]
    Le 2009 est un vin riche et crémeux. Jamais je n’ai pensé à un blanc de blancs. L’effet dosage généreux en plus du caractère très mûr de l’année a probablement joué en ce sens. Pour autant, c’est une bouteille agréable. On sent la grosse maitrise même si le rapport Q/P est évidemment assez désastreux. C’est quand même très bon.
    Le 1996 est plusieurs crans au dessus. Le jus est nettement plus frais avec une acidité élevée qui nous a orienté vers 96 ou 04. Il fait vraiment très jeune (date de dégorgement inconnue mais au moins 5 ans) et impressionne par sa classe. Un vin droit, tendu, complexe. Vraiment excellent.

    [b]Meursault 1er cru « clos des Perrières » 2007 – domaine Grivault
    Sancerre « clos la Néore » 2010 – domaine Vatan[/b]
    Grosse différence de style évidemment entre ces deux vins.
    Le Meursault est très chic avec un boisé délicat sans lourdeur. Le nez évoque la poire, la pêche de vigne, le coing. Bouche plutôt vive avec une finale qui picote le bout de la langue me rappelant un chenin. La moitié de la tablée (dont moi) est partie vers un grand Brézé, l’autre moitié a bien pensé au chardonnay. Très bien +
    Le clos la Néore a fait voyager tout le monde un peu partout : Alsace (note légèrement pétrolée), grand sud (anis, amertume), Chenin (vivacité) voire même Jura. Je me rends compte que ce vin est un piège et ne renvoie pas souvent vers les marqueurs stéréotypés du sauvignon. Tant mieux, c’est ce qui fait toute la personnalité de ce vin d’exception. La bouche est large, enveloppante, droite et la longueur assez phénoménale… Il est bu 10 ans trop tôt. Très bien +

    [b]Gevrey-Chambertin 1er cru « clos St Jacques » 2007 – domaine Armand Rousseau
    Charmes-Chambertin 2004 – domaine Armand Rousseau[/b]
    Le clos St Jacques est un vin qui développe de délicats arômes de cacao, de cerise, d’épices. Bouche assez soyeuse et profonde mais sans folie. Un vin très classique. Très bien +
    Le Charmes est plus strict même s’il n’a pas les défauts connus de ce piètre millésime. C’est un peu sévère mais sans excès et on se dit que ça pourrait être autre chose que du pinot… Surprise à la levée de la chaussette. Vu le millésime, c’est une réussite. Très bien

    [b]Saint-Estèphe 2005 – château Montrose
    Chambertin 2005 – domaine Prieur[/b]
    Le Montrose est étonnamment civilisé. Je suis parti vers une syrah du Rhône Le nez évoque le jus de viande et la bouche est marquée par des tanins souples et une finale sur l’olive noire. Aucune perception exagérément boisée. Un jus superlatif. Excellent.
    Le Chambertin nous a, là encore, fait voyager un peu partout. La couleur est moins intense (heureusement) que le Montrose mais pas non plus claire comme un pinot. Le nez est sérieux, presque terreux. Beaucoup de classe. Des tanins magnifiques. Ça glisse tout seul. Le vin de la soirée pour moi. Excellent +

    Hermitage « les Greffières » 1990 – domaine de Vallouit
    Servi seul pour terminer.
    Il n’a pas démérité bien que servi après quelques belles étiquettes. Un vin à point. L’archétype de la belle syrah âgée (identifiée comme Hermitage) : viandox, bouillon cube, note ferrugineuse. Bouche pleine avec des tanins complètement patinés. Longue finale épicée. Excellent.

    On termine avec un sucre :
    Rivesaltes Rancio 2004 – Danjou-Bannessy
    J’aime beaucoup les vins de ce domaine. Ce Rancio ne déroge pas à la règle. Un nez plein de volatile qui part dans tous les sens : café, caramel au beurre salé, fruits secs … Bouche parfaite d’équilibre avec une finale sur l’orange amère de toute beauté. Superbe.

     

    dt
    Participant

    Petit comité ce vendredi. 4 personnes mais 9 bouteilles au programme.

     

    [b]Champagne « William Deutz » 1999 – Maison Deutz
    Champagne GC Avize 2013 – domaine Franck Bonville[/b]
    Le William Deutz est un peu daté. Ça fait très Champagne de la fin des 90’s début 2000. Le vin est confortable, généreusement dosé, extrêmement bien fait. On sent le savoir faire de la maison pour sortir ce vin qui évoque des notes pâtissières et épicées. Bouche ronde, presque crémeuse avec une finale légèrement fumée. Très bien
    Le Franck Bonville est curieusement très riche pour un BdB mais peu dosé (2,8g). Là encore, le vin est confortable, bien plus frais et croquant dans ses arômes que le Deutz (agrumes, floral). Bulle fine, bouche riche, jolie longueur. C’est très bon dans un style bien différent.

    [b]Coteaux Champenois 2017 – Frères Mignon
    Chassagne Montrachet « Encégnières » 2010 – domaine JC Bachelet & fils
    Pouilly Fuissé « clos Reyssier » 2008 – domaine Valette[/b]
    La série est remarquable avec 3 visions du chardonnay.
    Le Coteaux Champenois est superbe. Il évoque un vin nature, peu boisé, délicat, très pur. J’aime ce style droit qui n’est pas sans rappeler un chardonnay jurassien comme celui de Loreline Laborde. Ça se boit tout seul. Très bien +
    Le Chassagne boxe clairement dans la catégorie supérieure. On est tous partis sur un premier cru (voire plus) tant la matière est pleine et intense. L’équilibre est parfait et le vin se présente à mon sens au sommet de sa maturité. Il faut profiter en ce moment de son fruité épicé sur la frangipane, la poire juteuse, la pêche de vigne. Bouche crémeuse et parfaitement équilibrée avec un finale longue et raffinée. Très bien +
    Les deux vins précédents ont juste le malheur de passer en parallèle d’un clos Reyssier absolument gigantesque. Ce vin combine toutes les qualités du beau chardonnay sublimé par un élevage long (5 ans) et une vinification nature parfaitement maitrisée. Le résultat est stupéfiant ! Un des plus beaux vins de chardonnay que je connaisse. Quelle classe ! Nez explosif sur le gingembre, le bois de santal, le tabac fin, la poire rôtie. Bouche géniale de tension et d’harmonie avec une densité impressionnante. L’expression de finale en queue de paon prend tout son sens avec ce vin. Grand tout simplement.

    [b]Côte de Brouilly VV 2005 – domaine Georges Viornery
    Patrimonio 2016 – domaine Giudiccelli[/b]
    Une paire disparate.
    Le Viornery me déçoit un peu. J’en gardais un meilleur souvenir avec un vin plus croquant et profond. Là, c’est simple et un poil austère. Une cuvée acquise récemment sur IdW. J’espère que les bouteilles qui dorment dans ma cave depuis l’achat au domaine ont mieux évolué… Ça reste très buvable mais sans génie et surtout sans gourmandise particulière. A revoir.
    Le Patrimonio nous a baladé un peu partout dans le sud. Le côté poivré m’évoquait la syrah mais la richesse du jus poussait plus vers le sud. C’est même carrément en Corse qu’il fallait aller. Un vin intéressant, puissant mais sans lourdeur ni alcool pesant. Je préfère quand même les blancs du domaine… Très bien

    [b]Echezeaux 1993 – domaine Jean Pierre Mugneret
    Chassagne Montrachet rouge 1er cru « clos St Jean » 1993 – domaine Ramonet[/b]
    L’Echezeaux est un vin sérieux. Jeune, ça ne devait pas rigoler. On n’est pas sur le pinot évanescent mais sur un pinot terrien, presque rustique, qui évoque le cuir, l’humus, le jus de viande et la réglisse. Je n’aurais jamais pensé à un millésime comme 93 et je m’étais égaré sur un millésime plus chaud de type 90 ou 97. La bouche est fondue et la finale réglissée se prolonge longtemps. Un pinot pour les gibiers… Très bien +
    Le Ramonet est d’un tout autre style. Il fait plus fin, plus côte de Nuits avec ses petites notes de fruits rouges et sa finesse de tanins. Il fait plus léger que l’Echezeaux mais séduit par son élégance et son croquant. Les rouges du domaine vieillissent bien. Ce 93 en est la confirmation. Très bien +

    dt
    Participant

    Quelques belles bouteilles partagées à quatre et dégustées récemment autour d’un magnifique oreiller de la belle aurore de la maison Vérot.

     

    [b]Champagne « Violaine » 2011 – domaine Benoit Lahaye
    Champagne 1er cru « Villeneuve » 2016 – domaine Pertois-Moriset[/b]
    Le Violaine de Lahaye est superbe. Un vrai coup de coeur, comme chaque fois avec les vins de ce producteur. Pour un 2011, c’est parfaitement mûr, idéalement équilibré avec beaucoup de présence en bouche. L’influence du pinot est assez nette et le vin se présente dense et crémeux. La finale claque et laisse une empreinte de grande classe. Excellent.
    Le Villeneuve, dosé à 2g, élevé 20% en fûts et dégorgé en 2021, est tout aussi intéressant. Pour un pur chardonnay, il y a une densité incroyable et j’étais parti sur un assemblage tant la matière est ronde. Il n’y a pas ce côté citrique rencontré parfois sur les vins de pur chardonnay  et là c’est d’une grande gourmandise. Superbe.
    Ça démarre très fort…

    [b]Montlouis « les Bournais » 2014 – domaine Chidaine
    VdF chenin 2014 – domaine Corbineau
    Sancerre blanc « clos de Beaujeu » 2010 – domaine Boulay[/b]
    Le Chidaine est franchement évolué en couleur et en arômes. On lui donne facilement 7/10 ans de plus. Pour autant c’est bon. On aurait envie de dire du mal de ce vin mais c’est en fait gourmand, épicé, sapide. Je ne sais pas si la bouteille est représentative du millésime ou si elle est particulièrement évoluée mais le plaisir est là. Bien ++
    Le Corbineau est à l’inverse étonnamment peu évolué. Il est presque mutique et manque de nuances. Pour un nature, ça manque clairement de naturel d’expression. Une déception.
    Le clos de Beaujeu est quant à lui très typique. Encore très jeune, il développe des notes d’agrumes, de coquilles d’huitres et finement végétales qui orientent assez vite vers sancerre (à l’ouverture, on aurait pu partir sur Chablis). Jolie bouche pleine et dynamique. C’est très bien fait mais ça manque peut être un peu de folie. Trop BCBG en fait. Très bien –

    [b]Gevrey-Chambertin 2014 – domaine Dugat
    Pommard 1er cru « Epenots » 1999 – domaine Vaudoisey-Creusefond
    Pessac-Léognan 1988 – château Haut-Bailly[/b]
    Le Gevrey de Dugat est joli. Au premier abord, je lui trouve une touche de gaz résiduel mais c’est vraiment très léger. Avec l’aération ça disparait. Le nez est classique, très jeune, un peu terreux, pivoine, cerise. Bouche de bonne concentration avec un côté rustique/paysan assez agréable. On est loin du genre floral évanescent mais plutôt sur un vin tout en muscle (bon ça reste un pinot évidemment). Une très belle bouteille qui doit encore vieillir. Très bien
    Le Vaudoisey est malheureusement bouchonné . Dommage car autrement c’est peut être le plus grand Epenots du domaine que je connaisse. A revoir.
    Le Haut Bailly est fidèle à sa réputation. Un cru classique mais pas chiant. Ça sent la terre fraiche, le tabac, le bois précieux. Le jus est dense avec des tanins remarquables de finesse. Longue finale fraiche. Le grand Bordeaux incontestable. Excellent.

    Layon « Chaume » 1995 – domaine Pierre-Bise
    On ne boit pas assez de vins liquoreux. Quand on tombe sur ce genre de pépite, on comprend pourquoi il faudrait leur donner plus souvent l’occasion de nous satisfaire. Là, c’est du tout bon. Grand nez de chenin sucré avec des fruits secs et confits, du miel…. Tout est douceur en bouche et est magnifiquement soutenu par une acidité qui porte le vin. Finale longue et parfumée. Un vin de méditation. Excellent

    Voilà qui clôt une nouvelle soirée de bon niveau. Rendez-vous vendredi pour de nouvelles aventures avec au programme une verticale de très vieux millésimes d’un domaine dont on parle trop peu ….

    dt
    Participant

    La dégustation de vendredi a revêtu un caractère assez exceptionnel avec quelques vieux exemplaires du célèbre clos de Gamot.
    Pour l’occasion, un cassoulet de compétition est préparé.
    Comme d’habitude, les vins sont bus à l’aveugle. Seuls certains participants savent pour le clos de Gamot mais ils ne connaissent pas tous les millésimes….

     

    [b]Champagne BdB « Amour de Deutz » 2009 – Deutz (magnum)
    Champagne GC Avize « Minéral » 2012 extra brut – domaine Agrapart[/b]
    Le Deutz est, comme d’habitude je trouve avec cette cuvée, particulièrement inintéressant. Un vin anodin, presque grossier, sans nuances ni complexité. J’ai dit « grande » maison champenoise sur le millésime 2009. Le vin est en effet assez joufflu avec une fin de bouche courte et  amère.Difficile d’y percevoir un quelconque intérêt tant c’est simple et banal. Au prix de vente de cette cuvée, comment dire….
    Le Agrapart est d’un tout autre niveau. Les arômes sont plus précis, presque fumés/tourbés, avec des nuances florales. Bouche très vineuse mais fraiche avec un équilibre acide très tendu. Jolie longueur. Vraiment très bon et je le toruve à maturité même si ça doit pouvoir tenir facilement. Très bien

    Pouilly Fuissé « les Crays » 2017 – domaine Eric Forest
    Le nez est détonnant et annonce du lourd. C’est explosif, assez luxueux mais sans vanille plutôt des épices, du tabac blond, des fruits très mûrs. La bouche est en revanche déconcertante par son manque de tonus. Le jus est presque plat et la finale termine courte et légèrement amère. Bien sans plus.

    On passe aux rouges

    [b]Château Montus « prestige » 1990 – Madiran
    Prieuré St Jean de Bébian 1996 – Coteaux du Languedoc[/b]
    Le Montus est vraiment très bon. Sans surprise, le jus est dense et crémeux avec un certain exotisme apporté par l’élevage luxueux. Notes de créosote, de bois précieux, de mûre, de confiture de cassis, de menthol. Tout est idéalement fondu. Belle longueur sans creux. Un modèle dans son genre. Très bien +
    Je m’étonne quand même de l’extrême jeunesse de ce vin qui, comme Las Cases, parait ne pas évoluer.
    Le Bébian est très différent évidemment et séduit par sa fraicheur et son fruité. Joli nez floral et fruité, bouche dynamique et bien soutenue par une acidité qui nous enverrait plutôt sur un Rhône nord de millésime plus récent. Personne n’a reconnu ce vin qui a été très apprécié. Très bien

    [b]Cahors 1947 – clos de Gamot
    Cahors 1945 – clos de Gamot[/b]
    Je n’avais encore jamais bu le 47. Au premier abord, il présente un faux nez et beaucoup craignent un problème de bouchon. La bouche est pourtant sans défaut. La longue aération dans le verre fera disparaitre toute déviation. Le vin offre alors un aspect impressionnant avec un jus complexe sur le lard, le menthol, la terre humide et une bouche puissante aux tanins encore présents mais suaves. Parmi les 4 bus ce soir, c’est peut être celui qui possède le plus de fond. Excellent +
    Le 45 est parti timidement et ne cessera de prendre de l’étoffe à l’aération. Un cru absolument fascinant avec une finesse prodigieuse. Une complexité incroyable sur le jus de viande, les épices douces, le tabac fin. Une bouche douce et caressante, à mille lieux des préjugés sur le Malbec. Texture de taffetas, longueur phénoménale. Un des plus beaux vins rouge que je connaisse. Très grand vin.

    [b]Cahors 1937 – clos de Gamot
    Cahors 1929 – clos de Gamot[/b]
    La paire est une nouvelle fois assez magique.
    Le 37 explose au nez. Les arômes sont entêtants sur le cuir, le jus de viande, le bouillon cube, le bois précieux. Ça part dans tous les sens. Bouche énorme de suavité et de plaisir. Longueur cacaotée du plus bel effet. Respect. Grand vin.
    Le 29 est à mon sens le sommet de la soirée même s’il est délicat de classer ces vins de légende. Tout est parfait. Précision des arômes, finesse des tanins, complexité de la fin de bouche. L’impression d’harmonie ultime s’impose. Très très grand vin qui semble increvable.

     

    A l’applaudimètre, je pense que le 29 s’impose devant le 37 et le 45. Mais la série est grandiose. Un très beau moment d’émotion autour de vins rares d’amateurs. Le cassoulet a servi de partenaire idéal pour sublimer les vins. Un accord majeur.

    St Emilion 1950 – chateau Soutard
    Le Soutard a été très apprécié malgré un passage après les Cahors et un niveau mi épaule. Le vin séduit par ses imperfections : beaucoup de volatile notamment. Mais c’est très beau, dense avec des tanins ronds. Superbe finale aérienne. Excellent +

    [b]St Joseph « les Serines » 1999 – domaine Cuilleron
    Savigny-les-Beaune 1er cru « les Guettes » 1999 – domaine Jean Marc Pavelot[/b]
    On retombe dans la vraie vie avec le Savigny qui est très intéressant. Couleur plutôt sombre pour du pinot mais beaucoup de complexité au nez avec des épices douces, de la cerise confite. Ça n’envoie pas du floral ni du pot pourri mais c’est sérieux. La Côte de Beaune est annoncée, plutôt sur un grand terroir de Pommard mais surtout Volnay (on a pensé à un 1er cru de Voillot). Très joli vin qui en a encore sous la pédale. Très bien +
    Le St Joseph fait son petit effet. On est clairement sur une grande syrah à maturité. On évoque largement Hermitage tant le jus est serré et les tanins puissants (même si civilisés). La bonne affaire de la gamme Cuilleron a encore une fois rayonné… Excellent

    [b]Barsac 1986 – chateau Climens
    Rivesaltes 1950 – domaine du Rancy (50 ans de foudre)[/b]
    J’avoue avoir été le seul à passer à côté du Climens qui s’est montré sec et austère. Les arômes sont certes nobles sur les fruits confits (mangue, passion), le botrytis et du gingembre mais la bouche est marquée par une austérité excessive. J’ai eu l’impression de croquer de la peau d’agrumes (kumquat, pamplemousse) et je n’y trouve pas la gourmandise attendue sur un beaux liquoreux bordelais de plus de 30 ans.
    Le Rivesaltes est en revanche à un niveau stratosphérique. Il explose de volatile à la manière d’une grande Malvoisie de Madère. Nez impressionnant avec des arômes de tiramisu, de tabac, d’épices, de fruits secs…. Bouche magique d’équilibre. Tout est gigantesque. On en boirait jusqu’au bout de la nuit ! Grand vin.

    Ça fait plus de vingt ans qu’on déguste ensemble et c’est peut-être un de nos plus beaux moments passés ensemble. Merci les amis !
     

    Pascal PERROTIN
    Participant

    Superbe !
    Clos de Gamot ! Ma découverte des Cahors, il y a 26 ans… 
    Avec Les Rigalets. Je viens de prendre un coup…

    Jean V
    Participant

     Les Clos de Gamot font envie ! Peux-tu nous indiquer la provenance de ces vénérables flacons ? Direct domaine ou autre?

    Jean

    dt
    Participant

    Les bouteilles ont été acquises il y a quelques années mais pas au domaine.
    En revanche, vu l’état de conservation des bouteilles (niveau dans le goulot + bouchons très corrects vu l’âge), je suppose qu’elles ont dû quitter le domaine assez tardivement. D’ailleurs les 29 et 37 avaient des collerettes qui correspondent plus à des millésimes plus jeunes et donc probablement été reconditionnées.

    astorg
    Participant

    Bonjour
    Sans vouloir être rabat-joie, je me permets de douter de la buvabilité  des vieux Cahors de 1929 et 1937. En effet, vous parlez d’aromes de cuir , de terre humide, qui sont les caractéristiques de la présence de Brettomyces, ce qui est encore aujourd’hui la bête noire des vignerons au chais.
    Vous avez dégusté beaucoup de vins et on sait qu’on finit par perdre son sens critique passé un certain seuil. Pour ma part j’ai jeté à l’evier de nombreux vins vieux car ils étaient passés et c’est vexant. Depuis je goûte  mes vins régulièrement pour suivre leur évolution et les ouvrir au meilleur moment.
    Cordialement
     

    Olivier Mottard
    Participant

    [quote= »astorg « ]
     Brettomyces[/quote]
    Brettanomyces, c’est bien aussi.

    Olivier

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Tous les vins qui sentent le cuir et la terre ne sont pas systématiquement brettés, dieu merci. Et franchement, les bretts deviennent rares dans l’appellation. 

    Pour avoir eu la chance de boire quelques 1929, ça ne me choque pas que ça puisse être le plus grand vin de la série. C’est vraiment une année colossale comme il n’y a que 3-4 dans le XXème siècle.

    Olivier Mottard
    Participant

    [quote= »astorg »]
    Sans vouloir être rabat-joie, je me permets de douter de la buvabilité  des vieux Cahors de 1929 et 1937. 

    Vous avez dégusté beaucoup de vins et on sait qu’on finit par perdre son sens critique passé un certain seuil. 

     [/quote]
    Ce qui me sidère, c’est le sens divinatoire de certains …

    Olivier 

    Ludovic Roche
    Participant

    [quote= »astorg post= »]Bonjour
    Sans vouloir être rabat-joie, je me permets de douter de la buvabilité  des vieux Cahors de 1929 et 1937. En effet, vous parlez d’aromes de cuir , de terre humide, qui sont les caractéristiques de la présence de Brettomyces, ce qui est encore aujourd’hui la bête noire des vignerons au chais.
    Vous avez dégusté beaucoup de vins et on sait qu’on finit par perdre son sens critique passé un certain seuil. Pour ma part j’ai jeté à l’evier de nombreux vins vieux car ils étaient passés et c’est vexant. Depuis je goûte  mes vins régulièrement pour suivre leur évolution et les ouvrir au meilleur moment.[/quote]
    [
    [
    3 messages dont celui-ci pour mettre en doute la pertinence de jugement d’une personne qui déguste depuis plus de 25 ans et qui publie ici régulièrement depuis la création du site… et pour finir nous explique qu’il goute ses vins régulièrement pour suivre son évolution… Faut vraiment pas avoir peur du ridicule pour écrire cela…

    Ludovic

     [/quote]

    Jean-Paul Brigot
    Participant

    [quote= »astorg post=1172648″]Pour ma part j’ai jeté à l’evier de nombreux vins vieux car ils étaient passés et c’est vexant.

     [/quote]
    Sans vouloir être rabat-joie, je me permet de croire que vous êtes sans doute passé à coté de quelques merveilles.

    Depuis je goûte  mes vins régulièrement pour suivre leur évolution et les ouvrir au meilleur moment.

    Merci pour cette percée méthodologique majeure. Ça valait vraiment le coup de suivre une formation. 
    Bon, c’est pas tout ça, à dans 2/3 ans pour votre prochaine contribution.
    J’ai trop hâte. 

    sylvain Franz
    Participant

    [quote= »astorg post=1172648″] Depuis je goûte  mes vins régulièrement pour suivre leur évolution et les ouvrir au meilleur moment.

     [/quote]
    N’hésite pas à faire comme Didier et à venir retranscrire sur LPV les dégustations que tu fais.
    Nous nous ferons un plaisir de lire des CR de tes vins car cela pourra aider les lecteurs ayant des cuvées communes.

    dt
    Participant

    [quote= »astorg post=1172648″]Bonjour
    Sans vouloir être rabat-joie, je me permets de douter de la buvabilité  des vieux Cahors de 1929 et 1937. En effet, vous parlez d’aromes de cuir , de terre humide, qui sont les caractéristiques de la présence de Brettomyces, ce qui est encore aujourd’hui la bête noire des vignerons au chais.
    Vous avez dégusté beaucoup de vins et on sait qu’on finit par perdre son sens critique passé un certain seuil. Pour ma part j’ai jeté à l’evier de nombreux vins vieux car ils étaient passés et c’est vexant. Depuis je goûte  mes vins régulièrement pour suivre leur évolution et les ouvrir au meilleur moment.
    Cordialement

     [/quote]
    Aucun problème avec ça.
    Il se trouve que je l’ai bu 2 fois, au même niveau. De même que j’ai bu 2 fois le 45, lui aussi au même niveau.
    Je suis assez sensible aux bretts. Là, il n’y avait pas de question à se poser à mon sens. Personne n’a d’ailleurs perçu la moindre déviation, juste une évolution heureuse des arômes tertiaires pour un grand vin incontestable.

    dt
    Participant

    Nous étions 5 ce vendredi pour une soirée très éclectique.

     

    On démarre comme d’habitude avec une bulle :
    Champagne 1er cru « les beaux regards » 2014 – domaine Bérêche
    J’ai adoré ce Champagne net, floral, délicat. Le nez sur les fruits secs, le gingembre, les fleurs blanches, m’oriente vers un assemblage à majorité de pinot. Tout faux puisque c’est un 100% chardonnay. Quelle puissance ! Dégorgé en 2018, dosé à 3g, il est d’une plénitude rare et donne l’impression d’être à maturité idéale.
    Excellent

    [b]Fronton « le grand B » 2016 – domaine La Colombière
    VdF (Languedoc) blanc 2014 – clos Lalfert[/b]
    Le Fronton, issu du cépage Bouysselet, est un vin surprenant. Compte tenu de la couleur très prononcée, je suis parti sur un mâconnais en élevage long. Il évoque en effet les épices, la cire, les herbes médicinales. La bouche est presque sirupeuse. C’est intéressant mais franchement particulier et pas spécialement complexe.
    Bien +
    Le Lalfert est un 100% roussane. Contrairement à mes expériences passées, cette bouteille fait nature (volatile, réduction, turbidité). Je ne le reconnais pas. Pourtant, avec l’aération ça s’épure et c’est toujours aussi gourmand. Des fruits secs, un poil d’oxydation, pop corn, Bouche dense, puissante mais équilibrée. On sent l’alcool sans que ça brûle. Jolie finale sur la verveine.
    Très bien +

    [b]Corton Vergennes 2007 – domaine Chanson
    VdF Orange « savagnin de macération en amphores » 2018 – domaine Labet[/b]
    Le Corton est la définition même du classicisme. A l’aveugle, impossible de rater la côte de Beaune ! Un vin bien fait, parfaitement accessible aujourd’hui. Sans surprise certes mais très réussi.
    Très bien +
    Le Labet est un OVNI. La paire avec le Corton n’a d’ailleurs aucun sens mais comme tout est servi à l’aveugle, on ne savait pas. La couleur est saumonnée, entre le rose et le orange. Nez d’abord discret puis s’ouvrant sur des levurées de riz soufflé et de zeste de pamplemousse. La matière est dense, structurée comme un vin rouge avec des tanins et une amertume sensibles. L’impression globale est mitigée pour ce vin qui ressemble plus à un exercice de style qu’à autre chose.
    Bien +

    [b]Saumur Champigny « les Poyeux » 2008 – domaine Antoine Sanzay
    Clos Vougeot 2009 – domaine Forey[/b]
    Le Saumur est très parfumé et évoque le tabac, la prune, la mûre, le menthol. Bouche sanguine, presque ferrugineuse. Le jus est sérieux avec des tanins qui demandent encore à se fondre mais aucune verdeur ni sensation poivronnée. Longue finale mentholée. Antoine Sanzay fait maintenant des vins plus élégant avec une extraction et un élevage plus doux.
    Très bien
    Le clos Vougeot est la déception de la soirée. Le nez est bigrement réduit et les notes lactées emportent tout. Bouche riche, exagérément amère avec des tanins grossiers. Aucun plaisir possible.

    [b]St Emilion 1er GCC 1986 – château Pavie
    Hermitage 2003 – domaine Faurie[/b]
    Une paire très intéressante.
    J’étais perdu sur le Pavie que j’imaginais plus au sud. C’est très délicat. L’aération lui apportera cette note sanguine et herbacée des beaux Bordeaux que je n’avais pas perçue au départ. Classique dans le bon sens du terme avec une grosse complexité et un jus intensément long sur la menthe.
    Très bien +
    Le Faurie est marqué par le millésime. Là aussi, j’étais plus au sud, notamment sur Chateauneuf à cause de cette note caoutchouteuse et de la bouche riche, presque sur le pruneau. Le vin reste quand même bien équilibré, sans excès d’alcool ni de tanin. Beaucoup de plaisir.
    Très bien +

    VdF pineau d’aunis « cuvée Camille Robinot » 2011 – domaine Robinot
    On change de registre. Le nez terreux, très nature, m’envoie sur un cabernet d’Olivier Cousin. C’est un aunis de chez Jean Pierre Robinot. Encore une belle réussite sur les vieilles vignes de la cuvée Camille qui a permis de sortir un jus plein, parfaitement mûr, avec des tanins délicats. Il n’y a pas l’exubérance presque exotique de certains millésimes mais ce 2011 séduit par le croquant de ses arômes et sa vivacité. On est aux antipodes des caricatures de pineau d’aunis poivrés et austères que je n’apprécie pas. Un vin rock n’roll, comme son géniteur.
    Excellent
     

    dt
    Participant

    Nous nous retrouvons à 5 vendredi pour une thématique libre.

     

    On démarre avec une bulle.

    Champagne GC Avize « Vénus » 2014 – domaine Agrapart
    Un magnifique Champagne d’un équilibre et d’une maturité idéales. Je l’ai imaginé issu d’un assemblage avec du pinot tant la matière est ronde et briochée. C’est pourtant un 100% chardonnay mais élevé longtemps ce qui peut expliquer le volume et le gras du vin. Bulle fine, pureté des arômes, superbe longueur. Tout y est.
    Excellent.

    On poursuit avec les blancs.
    [b]VdF « les Coqueries » 2019 – domaine Bernaudeau
    Jurançon sec « Haure » 2019 – domaine Lajibe[/b]
    L’Anjou de Bernaudeau est un beau vin mais loin des standards habituels du domaine. Ce n’est que le premier millésime produit de cette cuvée et on peut attendre sereinement de voir ce que le terroir pourra donner…. C’est bien fait, plus floral que fruité, bien équilibré mais pas super complexe. Il lui manque un peu d’explosivité. En tout cas, pas de volatile excessive, raison invoquée au domaine pour ne pas distribuer le vin…
    Bien +
    Le Jurançon est plus exotique. Un vin riche et gras mais bien soutenu par une belle acidité sans pour autant que celle ci ne déchausse les gencives. Ça goûte sur le raisin frais et croquant. Un peu simple je trouve. Toujours pas d’émotion particulière avec un vin du domaine.
    Bien +

    [b]Côtes du Jura « la Mamette » 2016″ – domaine des Granges Paquenesses
    VfF « Provignage » 2015 – domaine Marionnet[/b]
    La Mamette est moins expressive et explosive que d’habitude sur ce millésime. Ça reste un vin d’excellent niveau avec un fruit net et croquant et un équilibre irréprochable. Jolie finale fumée.
    Très bien +
    Le Provignage est agréable. Un vin percutant, qui nous a bien baladé dans toute la France avant d’atterrir en Loire sur un Romorantin.
    Bien +

    Riesling « Frédéric Emile » 2008 – domaine Trimbach
    Pas de doute c’est un riesling, un grand riesling. Sec et tendu comme un arc, il exprime des notes naphtées et d’agrumes en plus de terpènes. Moins strict que lors de mes expériences précédentes avec ce millésime, c’est presque gourmand.
    Très bien +

    On passe aux rouges.
    [b]St Joseph « Serines » 2016 – domaine Cuilleron
    St Espèphe 1995 – château Montrose
    Saumur « Arboises » 2004 – domaine Guiberteau[/b]
    Le Cuilleron est certes jeune mais déjà expressif. L’archétype de la belle syrah avec un élevage maitrisé. Il y a de la rondeur, de la complexité, de la noblesse. En chipotant, je lui reprocherai une note lactique un peu forte. Un vin gourmand et expressif qui doit malgré tout vieillir encore au moins 5 ans pour gagner encore en fondu.
    Très bien
    Le Montrose est étonnamment accessible et sapide pour un 95. Pas de trace de verdeur ni de boisé insistant. Tout est fondu. On s’oriente assez vite vers un Médoc de belle origine entre 20 et 30 ans. Très joli vin avec une belle complexité mais les verres ne se vident pas malgré les qualités indéniables du vin. Moi j’aime beaucoup. Une question de style…
    Très bien +
    Le Saumur est lui aussi assez vite repéré. Les allergiques au cépage lui trouveront une note évidente de verdeur. Pourtant le jus est indéniablement mûr et offre des arômes de framboise, de myrtille, de groseille et de poivron rouge. Jolie bouche gorgée de fruits et d’épices. C’est encore jeune. C’était ma dernière…
    Très bien

    On termine par un sucre.
    Riesling GC « Altenbourg » 2014 VT – domaine Albert Mann
    Là encore le cépage est vite identifié. Un vin vif et tendu avec une note de bergamote et de fruits confits. Très belle bouteille qui clôt admirablement un repas de très bon niveau.
    Très bien

    dt
    Participant

    La session d’hier a été particulièrement qualitative et variée.
    Nous sommes 6 pour 14 bouteilles. Tous les vins sont servis à l’aveugle, généralement par paires. Pas d’ordonnancement planifié : c’est la magie du direct .

     

    Champagne blanc de blancs brut nature « Montgueux » – domaine Vincent Couche
    Un Champagne perturbant. Le nez est brioché. La bouche très ronde. Je pense à un vin généreusement dosé puisqu’il ne fait pas très vieux. Tout faux. C’est un vin non dosé. La maturité est incroyable mais ça dessert un peu le vin qui perd en verticalité et en fraicheur. Pourtant j’aime bien les vins du domaine mais là, ça me semble presque trop mûr…
    Bien

    Un rouge pour accompagner quelques chorizos grillés :
    VdF « amorcito » 2021 – domaine Laura Aillaud (Lubéron)
    Un assemblage de syrah, grenache et vermentino. Impossible d’aller dans le sud tant les arômes sont frais et croquants et l’acidité fraiche. Une pure gourmandise qui se boit comme un vin d’apéro. Très chouette.

    On passe aux blancs.

    Jurançon « météore » 2019 – clos Larrouyat
    Curieux nez qui évoque un vin bien soufré. J’ai d’a ord pensé à Chablis ou Sancerre. La bouche est en revanche très pure et n’évoque pas le soufre. Il y a beaucoup d’agrumes, presque du citron vert en bouche. C’est traçant et à la limite du citrique mais ça se boit bien. Pas très grand public comme style mais intéressant.
    Très bien
    Coteaux Champenois « le vin tranquille » 2018 – domaine Stroebel
    Un superbe blanc, d’une originalité folle.
    100% meunier en élevage long et nature. Robe finement tachetée de rose. Nez floral et fruité évoquant la poire juteuse, la rose, le pomelo. Bouche idéalement mure, saline et crayeuse. Finale tout en légèreté. Merci à Rémi de nous avoir fait découvrir ça…
    Superbe !

    Irouléguy blanc « Ophites » 2012 – domaine Arretxea
    Un vin qui fait très évolué et qui évoque les herbes médicinales, la gentiane. Buche traçante. Le sud ouest est rapidement évoqué en raison de la tension acide.
    A mon sens un peu au delà de sa date limite de consommation….
    Bien
    Bouzy blanc « les Houardes » 2019+ – domaine Georges Rémy
    Mon deuxième vin du domaine en une semaine après celui bu chez Rachid samedi dernier. et un nouveau coup de cœur.
    Le nez évoque sans conteste le grand chardonnay nature. J’ai pensé Chandon de Briailles puis Jura (Mamettes de Loreline Laborde). C’est finalement un Bouzy blanc. Une rareté (266 bouteilles) élevée comme un grand chardonnay mais sans boisé excessif ni gras superflu. Un vin tout en légèreté, aérien et précis. La bouche est croquante et juteuse puis termine longue et raffinée avec un retour crayeux du plus bel effet.
    Superbe !

    Palette blanc 2010 – château Simone
    Je le trouve un peu évolué alors qu’il n’a que 12 ans. C’est légèrement racinaire au nez, un poil pâtissier, fumé. Bouche assez riche mais sans excès. Finale maltée et presque mentholée.
    Il faudrait regoûter pour voir si cette bouteille n’a pas un peu vieilli prématurément.
    Bien + quand même…
    Jurançon sec « Marie Blanque » 2015 – domaine Bellauc
    Un domaine que j’aime beaucoup. Mon dernier exemplaire de ce millésime en sec se révèle de très bon niveau. Nez fumé voire tourbé, un peu de volatile. Bouche plutôt ronde au premier aspect mais immédiatement rattrapée par une acidité impactante qui cadre le jus. C’est sapide, gourmand et la finale rappelle le fumé du nez.
    Très bien +

    On passe aux rouges pour accompagner un onglet.

    Pinot noir « Bollenberg Neuberg » 2016 – domaine Valentin Zusslin
    Un rouge magnifique. J’étais sur un beau pinot de la Côte de Nuits, genre Groffier tant le jus et l’élevage sont superlatifs. Grand nez fruité, floral et épicé. Je perçois de la cerise, de la pivoine, un peu de végétal noble, le tout soutenu par un élevage discret et classe. Bouche caressante sans dureté.
    Très bien +

    Volnay « Caillerets » 2005 – domaine Bouchard
    Un joli pinot noir bourguignon, à peine en dessous du Zusslin. Un vin dense et crémeux, très gourmand. Classique, bien fait.
    Très bien
    Chassagne Montrachet « clos de la Boudriotte » 2013 – domaine Ramonet
    Servi en parallèle du Bouchard, millésime oblige, le Ramonet fait plus « pointu » avec son acidité haute et sa matière légère. Le vin est plus gouleyant, plus parfumé aussi. C’est le style du domaine incontestablement.
    Très bien

    Hermitage « le Méal » 2006 – domaine Faurie
    Un superbe rouge, sérieux. Nez sanguin (jus de viande), épicé et mentholé. Un peu de zan aussi. Bouche pleine avec un jus puissant et des tanins imposants. J’étais un peu plus au sud en évoquant un grenache de Chateauneuf. Peu importe, c’est vraiment très bon même si ça doit encore vieillir à mon sens au moins 10 ans supplémentaires pour dompter la matière.
    Excellent.
    VdF « lot M14 – Priez Saint Christophe » tradition – domaine Michel Grisard
    La différence avec l’Hermitage est saisissante. Cette mondeuse est peu colorée mais intensément parfumée et pourrait presque évoquer des arômes de vin blanc : abricot, pêche. C’est aussi finement végétal et floral. Bouche douce et sans aspérités. Longueur qu’on aimerait plus étoffée.
    Très bien

    On termine avec un oxydatif :
    Côtes du Jura sous voile « la Pierre » 2010 – domaine les Granges Paquenesses
    Un vin aux notes de noix, de curry, de croutes de fromage. Bouche magique avec un volume et un équilibre remarquables. Tout est parfaitement fondu. La rencontre idéale entre oxydation, matière et acidité. Longue finale tourbée qui rappelle les fruits secs.
    Superbe !

    Voila qui clôture en fanfare une soirée de qualité. Vivement la prochaine

     

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