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charlesv, le il y a 17 années et 3 mois.
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Il est de coutume de dire qu’il faut parfois savoir s’arrêter, mais ce jour-là avait trop bien commencé pour finir sur le trottoir à 16H devant le Crillon .
La suite des évènements avait, bien avant, germé dans la tête de notre ami Charles et de Marc son compagnon de fortune.
Quatre grands en concurrence ; le programme est alléchant.
La cuisine se doit d’être à la hauteur, avec un accord qui nous semble des plus judicieux : le gibier, à point en cette période automnale.
Rendez vous à 19H30.
Il nous fallait, avant le grand match, quelques amuse-bouches pour relancer nos papilles, décidément très sollicitées depuis quelques mois :
Krug 1988 : gougères, confit de fromage de tête de cochon, foie gras de canard
Un Krug magnifique (y en a-t-il qui ne le soient pas ?) : Vineux, extrêmement puissant, avec une race et un équilibre somptueux. Des arômes d’épices, de noisettes grillées, de brioche, et en bouche , quelle ampleur ! Il n’a pas le caractère ciselé ni la finesse de Clos du Mesnil 90 bu à midi au Crillon , mais il offre un corps plus dense, un peu plus rustique peut-être, mais aussi un peu plus d’évolution .
Bâtard-Montrachet 2000 : Saint Jacques, langoustines et huîtres pochées dans une crème de moules froide d’une part, en sabayon d’autre part
Un Bâtard pour amateurs de grands vins : Tout en dentelle, avec toute la puissance du terroir. Enorme complexité, avec un équilibre assez surprenant pour un Bâtard aussi jeune. La bouche est fine, légèrement beurrée, avec un gras à peine perceptible, avec une race et un fondu qui rendent le vin largement abordable dès aujourd’hui.
Meursault J-F Coche-Dury 1990 : Bar cuit dans son fumet, sauce Noilly :
J’avais peur que le « simple » Meursault souffre cruellement derrière le Bâtard ; dire qu’il n’en était rien serait exagéré, mais le vin a tenu son rang. De fines et caractéristiques notes de grillé et de noisettes envahissent le nez et la bouche. Pas de grosse ampleur mais une jeunesse incroyable (plus jeune que le même vin dégusté en magnum il y a deux mois !?), avec toujours cette superbe tension , et cette précision surprenante à ce niveau d’appellation. Un grand Meursault village très loin encore de son apogée, là où beaucoup de 1er crus du village présentent déjà de gros signes d’évolution.VIN N°1 / VIN N°2 : Oreiller » de la Belle Aurore », superposition de gibiers à plumes et à poils :
Le vin N°1 présente une robe assez soutenue, très sombre, avec de superbes notes de fruits rouges compotés, de zan et d’épices. La bouche est soyeuse, bourguignonne, avec une superbe harmonie : La classe !
Le vin N°2 est beaucoup plus structuré. La robe est légèrement moins dense mais la puissance est plus perceptible, dans un style plus droit et moins large. La complexité est énorme : le tabac froid, le cèdre, les épices rares, la truffe, le sous-bois, et le tout avec une droiture et une minéralité qui signent un très grand terroir. Un régal !VIN N°3/VIN N°4 : Lièvre à la royale :
Le vin N°3 évoque dès les premiers arômes le grand classicisme du terroir, avec de très puissantes notes de cèdre et d’herbes sèches qui explosent. La robe est presque noir d’encre, et quelle profondeur. La bouche est fabuleuse de puissance et de concentration ; les fruits rouges, le goudron, les épices. La finale est droite et serrée, presque minérale. Un vin encore très loin de son apogée, mais qui incarne à lui tout seul la gloire éternelle des grands terroirs français (pour Parker le plus grand vin du millésime).
Le vin N°4 à la robe encore plus soutenue que le n°3! Le nez est plus serré, mais aussi plus jeune, et un peu moins complexe. La bouche est d’une concentration extrême, grasse , pleine , avec un caractère juteux et compact hallucinant . Les arômes tertiaires sont à peine perceptibles. La minéralité est presque pierreuse en bouche, à l’image d’un Savennière. La constante du terroir et la façon dont il s’exprime de la même manière, millésime après millésime, est tout simplement incroyable sur ce cru. Peut -être un des tout plus grand terroir de la planète .A l’ouverture on peut considérer qu’une hiérarchie s’est très vite instaurée, mais assez étonnamment chaque vin a trouvé et retrouvé au fur et à mesure de la dégustation la capacité de repasser devant les autres, pour finir une heure après avec quatre vins pratiquement du même niveau , avec pour chacun un registre assez différent . Quatre grands terroirs, dans un grand (grand ) millésime classique.
CLIMENS 88/COUTET 88 : Dessert autour de l’ananas et mangue :
Après Yquem 88 à midi nous retrouvons ce très beau millésime avec bonheur :Climens 88 est un modèle de finesse et d’équilibre et pourtant, puissance et concentration sont hors normes. Les notes d’orange, de mandarine, d’ananas, très légèrement rôties explosent littéralement . Une belle acidité conduit le tout et donne au final un vin aérien, tout simplement .
Coutet 88 souffre beaucoup derrière le monstre précédent. Il n’a pas sa puissance ni son harmonie. C’est un très beau Barsac mais il lui manque un soupçon de gras et de complexité pour vraiment retenir l’attention. Le vin apparaît même légèrement dissocié. La confrontation lui a été fatale. (Jai l’impression que tous les beaux raisins sont partis dans la cuvée « Madame » sur ce millésime !) .
Un remerciement special à Marc pour son sens du partage et pour nous avoir honorés de sa présence.
Bravo à tous et merci pour ces merveilleux moments…..et comme dit toujours mon père : « pourvu que ça dure ! »:)-D
NB : J’ai laissé un certain nombre d’indices concernant les quatre vins : les paris sont ouverts !
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- 2 décembre 2007 à 15h53
- 2 décembre 2007 à 15h58
Bravo Arnaud pour ce beau CR vivant ! (tu)
Merci pour ton petit mot en direction de mon ami Marc, un homme adorable.
- 2 décembre 2007 à 18h22
J’ai du mal à imaginer un Bâtard Montrachet domaine Leflaive « tout en dentelle ». Comment est-ce possible ?
Les photos bien présentées ajoutent beaucoup au plaisir de lire.
Bravo.Par curiosité, qui est-ce qui vous a fait un « oreiller de la belle Aurore », le plat célèbre de Brillat-Savarin ?
- 2 décembre 2007 à 18h43
[i]Souvenir d’un grand Meursault 1990 bu à table au domaine de l’Arlot : il s’agissait du domaine des Comtes Lafon.
Dans votre cas, est-ce un Narvaux ?[/i]
Laurent,
Nous ne le savions pas sinon Arnaud l’aurait précisé…
J’ai du mal à imaginer un Bâtard Montrachet domaine Leflaive « tout en dentelle ». Comment est-ce possible ?
François,
Arnaud a complété : avec toute la puissance du terroir. Le vin se présentait bien ainsi, dense et d’un extrême raffinement. J’avoue qu’il m’a bouleversé en raison justement de ses qualités apparemment inconciliables. Ce Bâtard possédait la grâce…

- 2 décembre 2007 à 18h46
« Par curiosité, qui est-ce qui vous a fait un « oreiller de la belle Aurore », le plat célèbre de Brillat-Savarin ? »
François,
On l’a su, à un moment…Maintenant on ne peut plus le savoir !!!
Cela fait, peut être, partie des paris ouverts par Arnaud….Ce sera donc le cinquième pari…que l’on ne saura probablement jamais!(:P)
- 2 décembre 2007 à 18h59
Cela fait, peut être, partie des paris ouverts par Arnaud….Ce sera donc le cinquième pari…que l’on ne saura probablement jamais !
Si François lit attentivement le CR, il reconnaîtra aisément la maison… Nous souhaiterions rester sur les paris initialement ouverts par Arnaud.
- 2 décembre 2007 à 19h37
Arnaud,
Superbe compte rendu dans lequel je me retrouve parfaitement.
Pour ce qui est du Meusault je crois me souvenir qu’il s’agissait d’un Vireuil. Il était vraiment étonnant de jeunesse et de fraicheur, avec cette touche grillée caractéristique du domaine. Un régal absolument pas écrasé par le Batard, que j’ai pourtant moi aussi trouvé très grand dans un style pur, équilibré et aérien. Comme quoi les grandes bouteilles savent cohabiter sans nécessairement s’affronter!
Ce fut aussi le cas pour nos 4 vins mystères qui ont évolués en permanence pendant la soirée, nous donnant tour à tour une multitude de plaisirs aussi différents que complémentaires. Un grand moment!
Des propositions pour ces 4 références?
Christophe
- 2 décembre 2007 à 19h57
J’avoue ne pas avoir trop de temps à ces devinettes. Si quelqu’un veut me dire où se fait ce plat, je suis preneur de l’information, pour des raisons de curiosité gastronomique.
Je constate que dans ce restaurant il n’y a pas de nappes entières sur les tables et que les nappes ne sont pas repassées. C’est un peu court pour trouver. Rostang ?
Merci de l’information qui peut m’être donnée pr message privé et que je garderai confidentielle tant qu’il le faudra, même si je me demande pourquoi.Pour le Bâtard, je comprends la puissance du terroir, mais je n’aurais pas utilisé le mot « dentelle » qui évoque d’autres caractéristiques.
J’ai bu La Turque 1999 que j’ai trouvée d’une aérienne légéreté malgré sa formidable présence. Je comprends mieux cette image que dentelle. Mais, ayant rencontré ici des joutes de puristes, je ne vais pas en créer moi-même.- 2 décembre 2007 à 21h10
« Des propositions pour ces 4 références? »
Vin Numéro 3: Lafite 1996
Vin n° 4: Haut-BrionMais, je sens qu’il y a également un Latour 1988…
- 2 décembre 2007 à 21h18
N°3 : Pontet Canet 2003 ou Cos 2003.
N°1 : Château-neuf Jannasse.
N°2 : Côtes-rôti
Jmm
- 2 décembre 2007 à 21h25
Je me lance pour le pari, j’ai peu de chances d’être juste mais bon…
Vin n°1: Un pomerol assez jeune et assez féminin, je dirais La Conseillante
Vin n°2: Un Pessac Léognan d’un bonne dizaine d’année, Haut-Brion 1995 ou 1996
Vin n°3: Un Lafite-Rothschild 1996 , un 100points Parker
Vin n°4 : Là, j’ai du mal, mais pourquoi pas un beau Léoville-Las Cases ? Même si le fait que la bouche soit GRASSE me fait douter assez fortement. En fait en relisant le texte je partirais peut-être plus sur un Ermitage Pavillon de Chapoutier, on ne sait jamais.
J’y crois pas trop mais j’ai au moins essayé…
Sinon superbe repas…à nouveau !!;)- 2 décembre 2007 à 21h30
Je me tâte, je balaie tout ce que j’ai raconté plus haut et je crois avoir trouver le millésime, c’est 2001 non?
n°1: La Conseillante
n°2: Haut-Brion
n°3: Ausone
n°4: Je sais toujours pas;)- 2 décembre 2007 à 21h36
Je lis des réponses d’une grande pertinence…
A mon sens, sur les bouteilles bues ce jour là, seul le vin n°1 a atteint son apogée.
- 2 décembre 2007 à 21h44
Pour être dans le vrai…, je pense que les pronostiqueurs doivent absolument tenir compte de cet indice:
… »Quatre grands terroirs, dans un grand (grand ) millésime classique. »
- 2 décembre 2007 à 21h57
« A mon sens, sur les bouteilles bues ce jour là, seul le vin n°1 a atteint son apogée. »
Cela ne peut donc pas être la Coseillante 2001….par conséquent, le millésime 2001, non plus !8-)
- 2 décembre 2007 à 22h10
Un petit jeu intéressant et sans prétention mais je suis surpris par la pertinence de tes réponses Matthieu .
Il s’agit effectivement d’un même millésime , mais plus vieux que 01 .- 2 décembre 2007 à 23h19
[quote=Jmm]N°3 : Pontet Canet 2003 ou Cos 2003.
N°1 : Château-neuf Jannasse.
N°2 : Côtes-rôti
[/quote]
Pas assez chic… 😉
Petrus
Lafite
Latour
AusoneMillésime ? 1990
Luc
- 3 décembre 2007 à 0h20
Luc,
Trop chic …
et trop riche … 😉
Christophe
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