potion magique

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forums Art de la dégustation potion magique

  • Ce sujet contient 27 réponses, 15 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par NL., le il y a 16 années.
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    Par deux fois j’ai entendu parler de cette pratique de certains sommeliers/restaurants consistant à donner un petit coup de peps à des bouteilles plutôt anciennes en y ajoutant une liqueur ( c’est le terme employé lors de la conversation), une sorte de recette « magique ». Avez vous déjà entendu parler d’une telle pratique ?

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 27)
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    Eric BERNARDIN
    Participant

    En fait, la « liqueur », c’est le porto, en général. Tu en mets un peu dans la carafe. Tu le vides (ça s’appelle « aviner »‘). Et tu verses ensuite ton vin sans la rincer. Ca peut améliorer, mais ça ne fait pas de miracle non plus.

    J’ai vu plusieurs fois les sommeliers faire pareil dans les restos italiens, mais avec le vin même de la bouteille que vous vous apprêtez à boire: ils en versent un peu dans votre verre, le font tourner puis le jettent, avant de vous servir. Il me semble avoir entendu le terme « aviner » également pour nommer cette pratique. Je présume que le but est de « nettoyer » le verre des éventuelles impuretés qui sont dedans, et d’imprégner les minuscules aspérités du verre, afin j’imagine que le vin exhale plus de parfums.

    Quelqu’un a une explication plus complète et plus scientifique sur cette pratique? Et puis, pourquoi n’ai-je jamais vu faire cela ailleurs que dans les restos italiens?
    A+

    JC

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Je le fais systématiquement quand je mets un vin en carafe, des fois qu’il resterait quelques micro-gouttes d’eau. Car je ne mets pas d’eau dans mon vin, qu’on se le dise !

    Luc

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Ca ne se fait pas que dans les restaus italiens, et ça peut se faire aussi avec les verres pour démarrer une dégustation ou enchaîner deux vins très différents. En même temps, si tu es sûr de ta carafe (lavée uniquement à l’eau et ne sentant pas le renfermé), il n’y a normalement pas de raison de le faire et de jeter un peu de vin…

    François Audouze
    Participant

    Lorsque des carafes sont rangées dans des armoires fermées, le verre peut prendre une odeur. Aviner la carafe permet de la « prépareré à recevoir le vin.

    La question initiale porte sur le fait d’ajouter du porto à un vieux vin. Je ne sais pas si ça existe mais je suis violemment contre. Si on veut goûter un vin ancien, c’est dans son authenticité. pas avec un additif.

    Fabien DUPUY
    Participant


    de la "prépareré à recevoir le vin.

    Quand je repense á la discussion sur l’orthographe, moi qui écris sur ce forum pour en autre pratiquer la langue française que je maitrise mal car élève médiocre et que je perds peu á peu par ma situation géographique.
    Je suis taquin, et j’en ai honte au vu de mon pôvr’français.

    On est tous d’accords qu’aviner une carafe c’est avec le propre vin qu’elle va recevoir.
    D’ailleurs à ce sujet cette pratique justifiable, me fait un petit pincement au cœur lorsque le sommelier zélé l’utilise sur, par exemple, une Romanée-Conti. Si en plus il s’en sert ensuite un bon verre et sort de la salle avec pour en jouir sans avoir des clients sur le dos, je suis encore plus meurtri.
    Cette expérience a été vécue, non pas avec une Romanée-Conti qui n’est malheureusement pas á ma porté, mais avec une comtesse 2001 (pratiquement l’équivalent d’une RC á Curitiba ;)). Cela ne m’a pas fait mal, mais j’ai été un peu agacé. Sur la seconde bouteille une Tour de By 1999, le sommelier*, n’a pas pris la peine d’aviner ni d’emporter un verre pour sa conso perso. Dommage pour lui, le médoc était ce jour là plus á son avantage que le Pauillac.

    Pour finir en revenant sur le sujet. Pour « aviner » au Porto, il faut utiliser plutôt un tawnie ou un Vintage du même millésime?(:D

    Att.

    Fabien

    * je dis sommelier mais je devrais dire serveur dédié à la boisson alcoolisée.

    Steeve ?
    Participant

    je fais la meme chose que luc, mais en revanche le peu de vin que j’ai mis dans la carafe pour l’aviner, je le bois pour me donner une petite idée du temps de carafage a prevoir.

    cordialement, steeve

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Pas d’en revanche qui tienne, parce que moi aussi je le bois, bien entendu… 😉

    Luc

    Hubert Dilliers
    Participant

    François Audouze écrivait:
    ——————————————————-
    > Lorsque des carafes sont rangées dans des armoires
    > fermées, le verre peut prendre une odeur.

    Voilà qui m’intrigue. Comment du verre, matière inerte s’il en est, peut-il prendre une odeur ? (je ne parle pas des poussières, insectes et autres)

    Merci de tes éclaircissements.

    Hubert

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Comment, je ne sais pas, mais il le fait, c’est certain.

    Luc

    Hubert,

    le verre est un liquide (même s’il est d’apparence solide). En outre il a une surface qui présente des aspérités, invisibles à l’oeil et imperceptibles au toucher. Toujours est-il qu’à la longue, il est tout à fait possible que des poussières, et d’autre particules encore plus petites, se déposent et se fixent à la surface du verre, lui donnant ainsi parfois une odeur. Enfin, il y a à la surface du verre certaines molécules (je ne suis plus sûr desquelles, mais je pense entre autre au silicium) qui réagissent assez facilement avec d’autres composés chimiques (je ne sais plus lesquels non plus). Bref le verre n’est pas une matière totalement inerte, et on peut imaginer des raisons physiques ou chimiques pouvant expliquer la fixation d’odeurs à la longue.

    N’as tu jamais senti l’odeur désagréable que peuvent avoir les verres lavés au lave-vaisselle?
    N’as tu jamais senti l’odeur de renfermé d’une carafe qui a séjourné longtemps dans un vieille armoire?

    JC

    François Audouze
    Participant

    Dans des manifestations comme le Grand Tasting mais aussi beaucoup d’autres, quand il y a des centaines de verres de dégustation, les sommeliers les sentent tous, car un verre qui sent le verre va polluer la dégustation.
    ça arrive souvent qu’un verre mal lavé sente le verre.
    L’exemple de la vieille armoire est aussi un bon exemple. Le verre stocké dans une vieille armoire sent le renfermé.
    Comme expliqué ci-dessus, le verre parfait n’existe quasiment pas. Donc des infimes particules restent collées, qui accrochent les odeurs.
    On a démontré que les bulles de champagne n’existent qu’à cause des petites poussières collées au verre. Si un verre était idéalement parfait, il n’y aurait pas de bulle de champagne (dixit les scientifiques).
    Je suis personnellement extrêmement gêné par les verres qui sentent le verre. Un verre ne devrait rien sentir du tout.

    Matthieu Guinard
    Participant

    Ahhh, le problème de ces dégustations… et surtout quand on avine pas le verre systématiquement 🙂 (ce qui arrive forcément une fois…)

    Hubert Dilliers
    Participant

    > N’as tu jamais senti l’odeur désagréable que
    > peuvent avoir les verres lavés au lave-vaisselle?
    > N’as tu jamais senti l’odeur de renfermé d’une
    > carafe qui a séjourné longtemps dans un vieille
    > armoire?
    >
    > JC

    Si, bien sûr. J’avais compris la phrase de FA de manière trop restrictive : le verre (objet) peut en effet prendre l’odeur de poussières ou des résidus chimiques odorants, plus que le verre (en tant que matière) lui-même.
    Merci de vos réponses.

    Hubert

    Bonjour à tous,

    Suite aux propos des uns et des autres, j’aimerai apporter ma pierre à l’édifice et en l’occurence par mon humble expérience sur le sujet.
    En effet, cette pratique de rincer la carafe au porto, un tawnie sans année, se pratiquait régulièrement dans les restaurants dignes de ce nom possédant une cave composés de vins vinifiés à « l’ancienne », bien avant PARKER, à l’époque où l’on avait l’habitude de conserver les vins dans sa cave, car totalement imbuvables dans leur jeunesse. De ce fait, certaines bouteilles oubliées se retrouvaient sur table alors que leur déclin avait largement débuté.

    En bon père de famille, le sommelier ou tout simplement le patron, rinçait la carafe avec du porto (Sandeman marque la plus répandue dans les années 40) avec la quantité équivalente à une dose de « liqueur » généralement servi de 4 cl.

    Ce porto était jeté ou récupéré discretement pour un usage ultérieur.

    Le vieux vin était alors versé dans la carafe dont les paroies étaient « nettoyées » par ce porto et « réveillaient » les arômes endormis du précieux château. Le client avait environ 30 minute pour boire sa bouteille, temps résonnable compte tenu qu’à l’époque M Evin n’avait pas encore sévit.
    Cette pratique était encore enseignée en 1981 à l’école hotelière de Paris (EHP)

    Dans ce cas, aviner avec le vin que l’on va boire n’a aucun sens.

    J’ai pratiqué l’avinage sur des Chassagnes 1949, Léoville Las Cases 1976 et Côtes du Rhone 1951/1956/1960.

    Frédéric

    François Audouze
    Participant

    Par principe, je suis opposé à tout ce qui pourrait modifier d’une façon ou d’une autre le goût d’un vin.
    Donc, cette pratique me choque.
    Si un vin est fatigué, il doit rester fatigué.
    Il ne doit pas être réveillé ou modifié.

    Et je ne comprends pas ce que veut dire : « Dans ce cas, aviner avec le vin que l’on va boire n’a aucun sens.  »
    Car enlever les mauvaises odeurs d’une carafe avec le même vin, c’est être sûr de ne pas introduire une déviation à ce qu’est le vin.

    Un sommelier qui essaie d’améliorer un vin ne joue pas son vrai métier. Un vin doit être ce qu’il est et enlever les odeurs d’une carafe est le maximum de ce qu’il doit faire.

    Bonjour François,

    Pour rebondir à ton post, je tiens à souligner que cette pratique, autrefois courante, n’est plus de mise dans la grande majorité de nos restaurants gastronomiques ou pas. Cette pratique avait lieu il y a 40 ou 50 ans mais plus guère aujourd’hui dans le milieu professionnel, où les professionnels gèrent de très près leurs stocks.
    Il ne faut pas se méprendre sur mes propos, c’est une pratique à utiliser lorsque le précieux flacon que l’on ouvre se révèle dans un état catastrophique au moment où l’on prévoit de l’ouvrir pour une occasion tant attendue.

    Libre à ceux qui préfère vider la bouteille dans le vinaigrier ou boire un liquide qui a le nom de vin que dans nos meilleurs souvenirs de la faire.

    Je reitère ce que j’écrivais, aviner une carafe avec le même vin (qui en a besoin) que l’on va boire n’a aucun sens et de fait n’apporte aucun résultat. Il n’est pas question de faire un assemblage de Porto et de Merlot….

    Cordialement.

    Frédéric

    Matthieu Guinard
    Participant

    Je rejoins cependant François à 100%, si le vin est foutu, il est foutu, mais c’est vrai qu’on est là sur des questions quasi philosophiques (éthiques pour être plus exact ?).

    Ceci étant l’avinage avec le même vin, et je répète François, a un gros intérêt qui est de laver le verre (carafe et verre) de tout arôme parasite (et Dieu sait qu’il y en a) donc je ne serais pas catégorique sur ce point. Après, si on est spécifiquement dans le cas d’un vin fatigué, alors oui, je comprends le problème. Mon choix dans ce cas est de le laisser de côté, vérifier jusqu’au lendemain et faire la cuisine avec si rien n’en sort.

    Gaultier MALFOY
    Participant

    Curieuse pratique que cet avinage au porto !
    Comme le disait Frédéric, c’était certainement pour gommer certains petits défauts que pouvaient avoir les vins des années 40 !

    François Audouze
    Participant

    Je pense que les vins des années 40 ont beaucoup moins de défauts que les vins des années 70 qui sont si faibles qu’ils ont fait croire à beaucoup d’amateurs que les vins ne peuvent pas vieillir !
    Quand on voit un 1970 qui rend l’âme, comment peut-on admettre qu’un 1945 est beaucoup plus jeune ?
    Vaste sujet !

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