Le tonneau

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forums De la terre au verre Le tonneau

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    Voila un sujet qui m’intrigue depuis longtemps et qui n’ est pas franchement souvent aborde: le tonneau (ou la piece,le fut, le foudre,….). Pour moi, le vieux chai ou reposent toutes ces pieces represente une partie importante de la mystique que j’ attribue au vin. J’ai lu et entendu beaucoup de choses mais a mon avis, ce n’est que le top de l’iceberg . J’ai commence a m’y interesser apres avoir bu des vins Espagnols dans lesquels je decele (souvent aujourd’hui encore) une connotation clairement boisee (a moins qu’il ne s’agisse d’un arome primaire de certains cepages Espagnols mais je ne pense pas). J’ai lu que contrairement aux vins Francais, ils etaient eleves en fut de chene Americain et que ce type de chene donne au vin un caractere plus marque (plus de grille, plus d’epices). Il semble aussi etre bien moins cher. Et depuis, j’ai plein de questions, Quelques exemples:
    *) Il y a plusieurs producteurs et plusieurs formes. Un domaine en St. Nicolas de Bourgueil habitue aux futs Bordelais etait en train de remplacer ses futs par des Bourguignons (plus ventrus) qui convenaient mieux a leurs vins. Je n’ ai pas eu de reponse au pourquoi, Dans un domaine de Cahors, des futs de plusieurs origines etaient utilises conjointement mais ayant des caracteristiques differentes (!?)
    *) Quels sont les producteurs et les caracteristiques de leurs tonneaux
    *) En fonction de quels criteres est choisie la chauffe ?
    *) Certains producteurs sont ils preferes pour certains types de vin ?

    Et j’en passe…..

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 360)
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    Participant

    Bon ,le tonneau n’interesse personne, on va donc s’en passer. Cela fera 500 euro + de frais en moins, soit un peu plus de 2 euros le litre, ca vaut le coup >:D<

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Le problème, c’est que les réponses à apporter à tes questions sont tellement vastes qu’on pourrait faire un livre dessus (c’est une idée, ça, tiens ;)). Je ne dois pas être le seul : je préfère ne pas répondre que sortir juste deux ou trois banalités sur le sujet…

    frank
    Participant

    Eric B écrivait:
    ——————————————————-
    > Le problème, c’est que les réponses à apporter à
    > tes questions sont tellement vastes qu’on pourrait
    > faire un livre dessus (c’est une idée, ça, tiens
    > ;)). Je ne dois pas être le seul : je préfère ne
    > pas répondre que sortir juste deux ou trois
    > banalités sur le sujet…

    Effectivement Eric a raison, c’est un vaste sujet sur lequel il reste pas mal d’interrogation.
    Tu peux peut être commencer par aller sur les sites de quelques tonneliers pour débroussailler le terrain. Damy, François Freres, etc.

    Pour n’aborder qu’un exemple lié à l’origine du bois (Tronçais, Allier, Bertrange, Vosges, etc.) Chez un vigneron bourguignon qui fait chaque année l’expérience de faire varier les provenances ; suivant le millésime le vin d’un même terroir va se comporter différemment suivant les origines et qu’une année c’est le Bertrange qui va « bien lui aller » et une autre cela va être le Tronçais.

    A+
    Frank

    Anonyme
    Invité

    En effet l origine des bois et la chauffe ont une grande importance.Je me souviens d’une dégustation à un domaine ou en guise d’experience on a pût goûter le même vin sur des bois différents Allier,Américain,assemblage Europe-Caucase.
    Résultat 3 vins différents.
    Après le sujet est comme cité plus haut très vaste notamment sur les bois mais aussi les chauffes…ou le talent du tonnelier entre en jeu.
    Voir ici site très bien fait de ce tonnelier expliquant les origines des bois https://www.seguin-moreau.fr/page.php?page=produits&famille=futs&lang=fra

    agitateur
    Participant

    L’agathois, tu parles peut être de Ch Carigan à Bdx qui fait (ou faisaient?) une démarche trés pédagogique: le même vin, puis élevage dans les 3 origines citées, puis asemblage des fûts de chaque origine distincte, puis mise en bouteille et commercialisation. Ca avait l’immense mérite de gommer la potentielle différence inter-fût que l’on rencontre fréquemment entre deux fûts de même origine, de même chauffe, même tonnelier, etc….

    Je me rappelle que le Caucase s’en sortait trés bien.

    oliv
    Maître des clés
    Leo Schlembach
    Participant

    Les chateaux travaillent d’une façon fort différente en cette matière: à Mouton Rothschild, on a plusieurs tonneliers et on élimine chaque année celui qui convenait le moins, on mélange les vins des différents fûts.
    A chateau Margaux, on avait un seul tonnellier « maison ».
    L’origine du bois a une influence énorme.
    Lors de la visite de ces chateau, j’avais l’impression que le vin était autant influencé par le bois que par les raisins, ce qui exagéré bien sur…

    X X
    Participant

    Leo, as tu une idee (dans le cas du Bordelais) quelles sont les caracteristiques des differentes tonneliers (ou de quelques uns d’entre eux). Je m’ imagine qu’ ils ont chacun leur signature propre, non ? Comment peut on juger celui qui convient le mieux ou le moins slon le millesime ?

    L’article d’Oliv est effectivement tres interessant, mais si le terroir des forets de chenes commence lui aussi a intervenir, je me demande si j’ai bien fait de lancer ce fil (:P) ……… Deja que j’ai du mal a cerner le terroir tout court…..

    Eric BERNARDIN
    Participant

    A chateau Margaux, on avait un seul tonnellier « maison ».

    Ils l’ont encore, mais il ne produit en fait que 25% de la production nécessaire. Sinon, comme les autres, ils font appel à 7-8 tonneliers pour une plus grande complexité du produit final.


    [center][size=x-small]Atelier du tonnelier à Margaux[/size]

    Un des seuls à ma connaissance à avoir un tonnelier unique, c’est Léoville Barton qui travaille uniquement avec Maury depuis des décennies (cuves en bois comprises). La volonté d’Anthony Barton est de laisser le rôle de la barrique à sa juste place et de ne pas modifier le goût du vin d’année en année.

    Afin de complexifier le produit final, beaucoup pratiquent les combinaisaisons croisées. Si la propriété a par exemple 1O cuves de vins différents, elle répartira chacune des cuves dans 1O types de barriques. Ce qui fait au final 100 « goûts » différents qui vont être assemblés ensemble.

    Leo Schlembach
    Participant

    T’as raison pour Margaux.
    Pour l’influence du chêne, voici un article intéressant:
    https://saturne.io.reseau-concept.net/saisie/upload/137029/Itin%C3%A9raires_6.pdf

    Je ne suis pas tonnellier, mais sylviculteur et j’essaye de produire du chêne apte à être transformé en marrain, ce qui n’existe actuellement pas en Belgique, mais hélas l’influence d’une génération de forestiers sur la qualité du chêne est minime.
    Quelques principes quand même:
    éclaircies faibles et régulières: faibles pour avoir des accroissements fins, régulières pour ne pas avoir de discontinuité das les cernes.
    Tenir le peuplement fermé pour eviter le grossissement des branches et l’apparition de gourmands;
    Soin lors de l’exploitation pour éviter blessures, et ce pendant 150 à 200 ans…
    C’est passionnant, surtout si on aime le vin.
    Les tonnelliers ont tous leurs peuplement favoris, et même au sein du même peuplement les différences sont énormes. Un chêne à croissance plus forte libère p.ex vite ses arômes, un chêne à croissance faible libère plus lentement.
    Mais presque tout se trouve dans l’article.
    En tout cas, si je vois le soin qu’on doit apporter au peuplement pendant 200 ans pour produire du chêne à merrain, le prix des fûts semble dérisoire.

    oliv
    Maître des clés

    Et c’est là que l’on prend conscience du travail du tonnelier et ce, sur un échelle qui dépasse sa seule existence !
    Merci Léo pour ces précisions. (tu)

    Christian Grillet
    Participant

    [quote=Léo]En tout cas, si je vois le soin qu’on doit apporter au peuplement pendant 200 ans pour produire du chêne à merrain, le prix des fûts semble dérisoire[/quote]

    D’un autre coté, heureusement qu’il y a la tonnelerie comme débouché pour cette sylviculture, parce que dans la mature et la marine, à part le chantier de l’Hermione à Rochefort, c’est plutôt calme.

    . .
    Participant

    En revanche,pour les parquets ça marche pas mal et ce n’est pas donné:)

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Le lien de Leo est vraiment intéressant et répond, je pense, à beucoup les questions de Juanfran.

    J’y ai appris que le clou de girofle trouvé sur certains vins provenait du bois. Mais aussi que le bois de Tronçais est loin d’être la panacée universelle. Il peut convenir pour certains vins, mais pas du tout pour d’autres.

    Leo Schlembach
    Participant

    Bien sûr qu’on est content de la tonnelerie, c’est un débouché important et noble.
    N’empêche, la demande en chêne est forte, entre autre par la Chine qui ne fait que découvrir ce bois.
    En tranchage, le chêne rapporte bien plus qu’en tonellerie, mais tout chêne ne convient pas nécéssairement.
    Pour le chêne de Tronçais: la forêt de Tronçais est mythique, c’est le nec plus ultra pour un sylviculteur, le nirwana forestier. Mais elle n’a pas été conçue pour faire des merrains mais pour faire des bateaux contre l’Angleterre.
    Heureusement que les objectifs changent.
    Et heureusement aussi que l’Etat français continue, malgré un revenu forestier net très bas à investir dans le bois.
    Si on voulait réellement rentabiliser les investissement sans tenir compte de la valeur ajoutée, càd par les seules rentrées financières de la vente des bois, on aurait plus aucune chênaie.
    La montée du prix du bois de chauffage est d’ailleurs dangereuse pour la bonne sylviculture: les communes y voient une rentrée bien plus rapide (croissance rapide) et facile (pas d’investissement) rapportant une rente parfois supérieure au chêne de qualité….

    Benjamin Huneau
    Participant

    Les pratiques auxquelles j’ai pu assister et participer au niveau des chais sont tout de meme assez empirique.
    On deguste effectivement les bariques (on peut tout deguster, j’ai meme deguste des colles pour comparer divers produits et procedes), et il est clair que les vins sont differents. Les tonneliers courtisent souvent les producteurs et il est donc facile d’essayer une ou deux bariques, qui auront peu d’impact sur l’assemblage final mais qui permettent avant assemblage de bien voir (j’avais ecris « comprendre » mais je me suis repris a temps!) les differences… Ensuite on peut reconduire, econduire, critiquer, augmenter la part de chacun des fournisseurs et de leurs produits.
    Pour la chauffe ce n’est pas tres different mais il me semble que c’est un peu plus stable dans le temps (a confirmer…).
    Benji

    Leo Schlembach
    Participant

    Quelque chose me tracasse quand même: s’il y a 20 barriques différentes, doit-on mélanger toutes les barriques pour avoir le même vin dans toutes les bouteilles ?
    Ou comment fait-on avec toutes ces origines différentes ?

    X X
    Participant

    Eric B écrivait:
    ——————————————————-
    > Le lien de Leo est vraiment intéressant et répond,
    > je pense, à beucoup les questions de Juanfran.

    Sauf que je n’ arrive pas a ouvrir son lien :X
    Leo, tu as un truc pour moi ??

    Leo Schlembach
    Participant

    Il suffit de cliquer sur le lien, le texte est en PDF, peut-être que c’est ça qui explique que ça ne marche pas.
    Sinon, copie l’adresse
    Mais je suis nul en informatique.

    Eric BERNARDIN
    Participant

    [i]Quelque chose me tracasse quand même: s’il y a 20 barriques différentes, doit-on mélanger toutes les barriques pour avoir le même vin dans toutes les bouteilles ?
    Ou comment fait-on avec toutes ces origines différentes ?[/i]

    Il y a quelques décennies, il pouvait y avoir des mises à la barrique. Maintenant, les barriques sont assemblées en cuve avant que le vin soit mis en bouteille.

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