Fonterenza

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    Fonterenza

    Localita’ Fonterenza, 99 Sant’Angelo in Colle,
    53024 Montalcino Siena

    Telefono e Fax +39 0577 844248

    Francesca Padovani : Cellulare +39 338 4620489
    francescapadovani@hotmail. com
    Margherita Padovani : Cellulare +39 347 3157605
    margheritapadovani@hotmail .com
    PEC : agricolafonterenza@ pec.it

    https://www.fonterenza.it

    [hr][hr]

    Un ami qui me tend une feuille de choux à vocation touristique qui traine sur la table basse de notre lieu de villégiature toscan, un feuilletage distrait, une page sur Montalcino qui retient un peu l’attention, une photo de jumelles vigneronnes, le mot biodynamie au hasard de deux lignes, tout cela suffit largement à mettre le contact au moteur et filer vers la grande cité viticole, éperon élevé du magnifique Val d’Orcia.

    Historique et philosophie

    Le domaine « Campi di Fonterenza » est situé près du village de Sant’ Angelo in Colle au Sud de Montalcino. C’est dans une vieille ferme maintes fois rénovée au cours des siècles et connue ancestralement pour la qualité de son eau (Fonte) que Margherita et Francesca Padovani, les « Jumelles du Brunello » mènent leur projet de vie qui, s’il fut d’abord lié à la culture des oliviers, s’est ensuite largement prolongé dans le viticulture.

    Le premier contact des deux sœurs milanaises avec leur futur terroir date de 1976 alors que toutes petites, elles accompagnent pour les vacances leurs parents dans la vielle ferme de Sant’ Angelo in Colle qui va devenir, à terme, le lieu de leur vie professionnelle et résidentielle. Alors qu’à l’époque la vie rurale de la région est encore très archaïque, les jumelles s’attachent énormément à cette région et à ses habitants. Arrivées à l’âge adulte, et alors qu’elles suivent des études de langues, leur faible intérêt pour une certaine forme de vie citadine, et l’attachement pour cette vie rurale qu’elles avaient connues petites, provoquent rapidement un abandon de la vie milanaise et des études pour un retour à la ferme de Montalcino, d’abord de Margherita, suivie deux ans plus tard par sa sœur Francesca. La première activité sera donc la culture de l’olivier, malgré une expérience professionnelle des plus rudimentaires. Lentement les deux sœurs se rendent compte que leur vraie passion est aussi et sûrement du côté des vins. Elles plantent leurs premières vignes en 1999, pour leur donner ensuite deux extensions en 2002 et 2005. Le millésime 2004 couronnera leurs efforts avec la production de leur premier millésime de Brunello.

    Leur intérêt pour le respect de la nature étant dominant, c’est avec beaucoup d’évidence que leur approche du vin passe d’emblée par la biodynamie. Et si, en ces débuts, leur expérience de la culture du vin, des vinifications et de la philosophie de Steiner s’avère pratiquement nulle, les jumelles n’hésitent pas à plonger à corps perdu dans cette passion naissante, apprenant à la fois sur le terrain ainsi qu’en allant sans cesse à la rencontre de collègues comme Giovanna Morganti du Podere le Boncie en Chianti Classico, afin de recevoir les meilleurs conseils possibles. Il n’est pas non plus étonnant de voir dans la liste d’amis de Francesca des personnages comme Thierry Puzelat ou René Mosse en Loire, les familles Lapierre et Foillard en Beaujolais ou encore Overnoy en Jura, Binner en Alsace…

    Leurs premiers pas de vigneronnes s’avèrent toutefois difficiles pour des jeunes femmes qui évoluent dans un univers très masculin à la limite du machisme, univers qui préfère souvent s’attacher à leur physique plutôt qu’à leur passion, quand volonté d’attachement il y a, parce que rien que la pratique de la biodynamie agrémenté d’un désir de minimaliser le soufre le plus possible ne sont pas faits obligatoirement pour plaire dans un environnement qui ne cesse d’industrialiser sa production et qui aime, hélas, quelquefois fermer les yeux sur certaines pratiques douteuses mises pourtant souvent à jour ces dernières années.
    Face à cela, chez Francesca et Margherita, c’est définitivement la passion qui a été la plus forte au point d’avoir, après à peine quelques années, obtenu le respect auxquelles elles avaient droit. Comme me disait Francesca qui nous a accueilli pendant plus de 3 heures et ce malgré une arrivée à l’improviste au domaine, leur vin est produit en toute liberté d’esprit, en fonction de leur ressenti profond du moment, au fond des tripes, comme une vie fœtale qui bat dans le ventre, le tout sans aucune volonté de technicité abusive mais toujours à la recherche de l’aérien, de l’émotion à travers l’acte de boisson.

    Si aujourd’hui Margherita avoue préférer passer plus de temps auprès des oliviers et dans ses vignes auprès de ses gobelets qui la fascinent, et que parallèlement, Francesca est plus tournée vers la commercialisation, les deux sœurs tiennent à partager entièrement leur travail, comme par exemple dans le chais, indissociables à ce niveau comme elles le sont dans la vie depuis leur naissance et même… avant !

    Vignes et vinification

    Le domaine compte aujourd’hui 40 hectares dont 4,2 sont plantés en vignes 50,5 ha de cabernet sauvignon sur des terrains à l’origine destinés au bétail, situés au Sud-Est de Montalcino, au lieu-dit de Poggio San Polino non loin de l’abbaye de Sant’Antino, dans une des nombreuses cuvettes qu’offre le relief assez pentu et découpé du pied de la cité du vin du Val d’Orcia.

    Les terroirs viticoles sont constitués de deux grandes parcelles principales sise en haut et en bas d’une ligne centrale élevée de 420 mètres et exposés au Sud, Sud-Est. Les sols sont constitués de terres caillouteuses fines à forte teneur calcaire. La partie supérieure plus rocailleuse et proche de la roche mère est menée en gobelet alors que la taille de la partie inférieure est taillée en guyot.

    Toutes les parcelles sont entourées de forêt qui aident à la fois au rafraichissement et à la conservation du biotope, mais dont la densité de ses habitants ancestraux tels les cerfs et autres sangliers a nécessité un cloturage important tout autour des vignes.
    Les rangs sont généralement légèrement enherbés, à raison d’un rang sur deux, avec un travail des sols sur de faibles profondeurs.
    Malgré la jeunesse des ceps qui ont tous été plantés par les jumelles, les rendements sont très limités tournant pour les Rosso et les Brunello aux alentours de 40-50 quintaux à l’hectare (Q/ha) alors que la DOCG en accepte 80 (soit +- 52 hl/ha) pour le Brunello et 90 pour le Rosso.

    Les traitements ne tolèrent que le soufre, le cuivre et les tisanes extraites de plantes locales dynamisées au domaine, toutes les opérations et a fortiori les vendanges étant manuelles.
    Les raisins sont récoltés et transportés au chai en petites caissettes pour préserver leur intégrité au maximum. Les vendanges sont sélectives dans le sens qu’environ 3 passages sont faits dans chaque rang afin de cueillir chaque grappe à sa maturation la meilleure.

    Au cuvier, après égrappage, les raisins sont mis en macération dans des cuves de chêne slovène pendant des durées qui dépendent du vin désiré, seul le rosé étant vinifié et élevé en cuves d’acier. A l’exception donc du rosé, tous les vins sont ensuite élevés en barriques ou en foudre, en évitant, sauf quand la nécessité l’oblige d’éviter le bois neuf autant que se peut.

    L’usage du soufre est lui aussi limité au strict minimum, certaines cuvées de certains millésimes ayant fait l’objet d’absence totale de SO2. Enfin, aucun des vins ne connaît de filtration.
    Malgré les conditions suggérées par le Consortium, souvent directeur, Francesca et Margherita se veulent être le plus libres possible de ces contraintes et préfèrent agir à la fois en fonction de ce que la nature leur offre, ainsi que de leur ressenti ou de leur réflexion du moment.

    CR: Les vins

    Le domaine propose actuellement à la vente un rosé et plusieurs rouges, un premier vin blanc étant en chantier. A l’exception de la cuvée « Lupo » à base de 100% de cabernet sauvignon, tous les vins sont à base de 100% de Sangiovese Grosso, la variété à grosse peau du célèbre cépage toscan que l’on retrouve dans la région de Montalcino.

    Parmi les vins produits on distingue :

    «Rosa», sangiovese rosato (rosé) en IGT Toscane (millésime 2010 en vente à l’été 2011) : macération en cuves d’acier de 10 jours et élevage en cuves d’acier de 6 mois.

    Rosso IGT Toscana (100% sangiovese) à base jeunes vignes : rendement 40 Q/ha, macérations de 65 jours, élevae de 10 mois

    Rosso di Montalcino DOCG (millésime 2009 en vente) : rendement 80 Q/ha, macérations de 30 jours, élevage de 20 mois.

    Brunello di Montalcino DOCG : rendement 50 Q/ha, macérations de 45 jours, élevage en futs pendant 47 mois puis 6 mois en bouteille. Pour rappel, le Brunello n peut être vendu qu’à partir du premier janvier de la 5e année qui suit les vendanges alors qu’il faut 6 ans pour les Riserva. Cette année 2011, le Brunello en vente était donc le 2006, un des plus réussis selon Francesca ; aucune Riserva n’a été produite au domaine en 2005.

    «Lupo di Fonterenza» IGT Toscana à base de 100% de cabernet sauvignon (millésime 2008 en vente) : rendement 40 Q/ha, macérations en fûts de 160 jours, 24 mois d’élevage en barriques de 2-3 ans. Le nom fait référence au fait que les loups ont refait apparition dans la région.

    Dégustation

    Nous avons eu sur place le plaisir de déguster la majorité des cuvées en élevage, au prix de quelques prouesses d’équilibre de Francesca.

    Nous avons pu goûter sur fûts de nombreux vins dont les Brunello 2008 et 2009 ainsi que le Rosso 2010 et le futur blanc.
    Vu le nombre de futs liés aux différents passages dans les vignes pour la récolte, il est difficile de donner une appréciation globale avant assemblage, mais il ressort de tous les rouges une sensation à la fois aérienne, fine et juteuse avec une très grande profondeur pour le Brunello 2008. La perception d’élevage est presque inexistante, même sur un fût neuf, alors que l’impression de minéralité est intense. C’est pour nous une énorme surprise de se retrouver face à de tels vins, l’appellation nous ayant habitué, même sur d’autres domaines en bio, à plus de classicisme et d’impressions boisées. A noter que les 2008 paraissent plus austères que les 2009, ce qui est logique, mais pas au point d’atteindre des niveaux solaires pour les 2009.

    Nous avons eu aussi l’occasion de goûter quelques bouteilles à la vente dans la charmante cuisine familiale ainsi que les jours qui ont suivi notre visite. En voici quelques impressions :

    Rosato «Rosa» IGT Toscana 2010

    Le vin possède une couleur brillante et très soutenue, plus proche du rouge que du saumon. Le nez est pur, droit, sans traces d’alcool, entre fruits rouges très frais et de belles notes florales. La bouche est fraiche, gourmande, sans trop de rondeur, au contraire, avec une salinité intéressante en fin de bouche. Si le vin se place clairement dans le registre de la buvabilité, c’est avec beaucoup de vinosité que celle-ci s’exprime. Un très bon rosé, surprenant de finesse.

    Rosso di Montalcino 2009

    La robe est nette, assez soutenue vers le rubis foncé. Le nez est un peu réduit et le vin est laissé un peu à l’aération, sans carafage, toutefois. Après une heure d’aération, le nez a pris de l’ampleur, l’impression de réduction s’est effacée au profit de fruits rouges et de notes pierreuses. L’attaque de bouche est très vive, caractéristique du Sangiovese grosso, mais très vite s’installe l’équilibre sur le fruit, avec des tanins assez fort en relief. Plus le vin séjourne en bouche, plus la fraicheur reprend du grade, tout en gardant une belle impression de structure, le tout sous des notes sanguines et salines. Un beau vin à accorder avec des viandes rouges.

    Brunello di Montalcino 2006

    La robe est rubis foncé avec des notes légèrement brunes caractéristiques. Le nez est bien ouvert, très fin, avec des fruits rouges et noirs qui se complètent bien, le tout avec une très légère impression d’élevage qui disparaît à l’aération. La bouche est un sommet absolu d’équilibre aérien, de fraicheur, de salinité sans oublier le fruit très présent sous une forme finement gourmande. La longueur frise l’exception, dans la fraicheur, la pureté et la minéralité. Malgré une quantité assez impressionnante de vins dégustés sur le séjour, c’est absolument et sûrement LE meilleur vin italien que j’ai goûté cette année… une merveille

    Lupo di Fonterenza 2008 Cabernet Sauvignon IGT Toscana

    La robe est pourpre, foncée et dense. Le nez est très fermé, à la limite de la réduction qui a ici du mal à s’effacer à l’aération. La bouche est puissante, animale, très tendu avec des tanins fort marqués. Vu la grosse impression de matière et la finale longue et à l’épreuve du bois, on se dit que dans trois, quatre ans, cela vaudra probablement plus le détour.

    Réflexion générale

    Pour paraphraser une série américaine de mon enfance, aurais-je pu deviner qu’au détour d’un virage sans nom, au bout d’une route de terre qui ne mène nulle part, j’allais faire une rencontre qui s’avèrera sûrement longtemps être la plus belle que je n’ai jamais faite en Italie dans le monde du vin. Si je n’ai pas eu la chance de rencontrer Margherita, sa sœur Francesca m’a littéralement rappelé comme le vin est avant tout une affaire de sensibilité et combien cela sied parfaitement à des femmes. J’ai lu, en plus de mon bonheur, dans les yeux de Francesca la même image du plaisir d’avoir discuté au fil des heures de notre passion commune, c’est totalement inoubliable !

    Les vins sont totalement à l’image de ces deux petits bouts de femme, simples, fins, purs et profonds, marqués par les notes salines si typiques de la biodynamie, marqués aussi par le fruit de ces breuvages qui ne connaissent que très peu le soufre.

    Retourner au domaine un jour est désormais une obligation majeure pour moi, et si quelques-uns de ceux qui lisent cet article ont la chance de passer par là, il n’y a pas la moindre hésitation à avoir…

    Un MUST absolu, donc

    Et que puis-je après tout cela sinon remercier du plus profond de mon cœur Francesca Padovani pour tout ceci !

    Contacts

    Localita Fonterenza, 99
    Sant’ Angelo in Colle
    53020 Montalcino Sienna

    TEL/ Fax : 0577844248

    Mail : francescapadovani@hotmail.com ou margheritapadovani@hotmail.com
    Web : http://www.fonterenza.com

    Si la langue usuelle est l’italien, Francesca parle très bien anglais et comprend le français. Il vaut mieux prendre rendez-vous

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 33)
  • Replies
    Chris.C
    Participant

    Bravo et merci pour ce superbe CR qui donne envie en ce moment de s’évader vers l’Italie. (tu)

    Philippe BARRET
    Participant

    Merci Patrick d’avoir mis le projecteur sur ce très beau domaine que j’ai en cave depuis que j’ai rencontré les jumelles à Lyon au Salon de la Cugnette. Le Brunello 2006 est effectivement un grand vin (je l’ai acheté en magnums…), mais pas donné quand même (47 euros, de mémoire pour la bouteille, pas le magnum !). Dans son dernier numéro, Le Rouge & Le Blanc en dit le plus grand bien aussi? Quelle coïncidence… 😉

    Philippe

    Patrick Bottcher
    Participant

    Philippe, une incroyable coincidence… faut que je raconte :

    L’avant-veille de mon départ, je reçois le colis R&B. Je prends le peu de temps que j’ai pour dévorer l’article sur Morgon sachant que un de mes meilleurs potes est l’importateur de Foillard. Je lis bien entendu aussi l’article sur Patrick Meyer, autre pote, mais cela tu le sais déjà. Pour le reste, pas le temps de lire une ligne de plus si ce n’est que je vois bien que l’article « grappillés pour vous » semble parler de l’Italie.

    Ensuite, il y a cette feuille de choux sur le tourisme qu’un pote me tend et qui trainait dans notre maison de location. Malgré que j’ai la tête ailleurs, je lis quand même le truc vaguement et y revient le lendemain. L’après-midi même, on devait partir à Montalcino pour voir 2 autres domaines, mais je me dis pourquoi pas un premier détour chez ces jumelles, sans prendre RDV, évidémment…. et j’ai donc pas mal de pot de tomber sur Francesca qui s’apprêtait à s’en aller au moment où on finit par trouver, sachant que trouver un domaine en Toscane et particulièrement à Montalcino relève du parcours du combattant. Notre parcours, ce jour-là, n’ira pas plus loin, il s’arrêtera chez les Padovani pendant plus de 3 heures. Dans notre discussion, avec Francesca, je parle entre autres du R&B et Francesca me dit qu’elle y a fait l’objet d’un « paper ». Moi, honteux de ne pouvoir me référer à tel ou tel numéro du R&B, j’insiste pas trop.
    Ensuite, en partant du domaine, Francesca m’offre une bouteille du « Boncie », une Le Trame 2007, plus exactement qu’on boit le lendemain soir…. 12 heures plus tard, on est chez Morgana au Boncie. Même constat, même coup de coeur. Et re-3 heures de visite, sauf… qu’on ne parle pas du R&B ce jour-là.

    Revenu à Bxl, tu me rappelles que vous en avez parlé dans le dernier numéro de R&B je re-découvre l’article qui, sur la Toscane… parle des deux seuls et mêmedomaines que j’ai fortuitement visité dans la région, mis à part celui d’un ami, visite programmée depuis 6 mois.

    Fou, non ? It’s a very very small world !

    Thibault Mayné
    Participant

    Bravo Patrick!!!

    ca donne vraiment envie…

    Bertrand Laporte
    Participant

    Très beau reportage après Podere le Boncie.

    Un peu moins emballé que toi par le rosé, le Brunello 2004, 2005 et 2006 m’ont mis une grosse claque surtout le dernier. Le Riserva 2004 qui n’est que sorti en mgnum dans une quantité ridicule m’avais aussi époustouflé.

    Un peu dans le même style, je ne peux que recommander Uccelleria qui fait aussi de superbes Brunello. Le 2006 est une merveille (il était dispo chez caveprivée.com)

    Didier MACAR
    Participant

    Samedi 6 août 2011, le rendez-vous avec le Campi di Fonterenza est fixé à 10h30. Il est 10h35 et je me retrouve à Sant’Angelo Cinigiano, environ 6 kilomètres trop loin ! Pourquoi ? Une brave et charmante dame, d’un certain âge (ou inversement !), m’a renseigné, avec son délicieux accent (enfin, je suppose), quant à la route à suivre. Elle me précise bien, que de toute façon, la bifurcation vers le Domaine est fléchée.

    Six kilomètres plus loin (voilà la raison), toujours pas de fléchage vers le Campi de Fonterenza. Un p’tit coup de G.S.M, Francesca me répond. Elle me demande de retourner vers Sant’Angelo in Colle et dit m’attendre en bord de route.

    A hauteur de la seule bifurcation non fléchée, (j’avais remarqué au passage), Francesca est là, toute souriante. L’accueil est amical, franc et décontracté. Je suis Francesca et sa voiture vers le Domaine. Après quelques centaines de mètres vers le bout du Monde, ou plus exactement vers le Paradis, nous arrivons.

    Une courte découverte de la maison, un coup d’œil vers les vignes (qui ne font pas partie du Campi), nous entrons directement dans la salle, vers la table de dégustation (voir la dernière photo de Patrick, la table devant le mur aux assiettes).

    Francesca présente l’historique du Domaine, sa façon de faire, de voir, de concevoir, de travailler et d’élaborer ses vins. Elle parle tout autant avec ses yeux qu’avec sa bouche. Il faut la regarder parler de ses vins, ses yeux brillent. On sent bien que c’est viscéral, que c’est du vrai, du vécu.

    Gentiment, elle propose de déguster. Je me suis dit que d’avoir fait 1450 kilomètres pour refuser et faire son précieux, cela serait d’un commun, voire d’un vulgaire ou pire d’un mauvais goût, (de ce point de vue-là, en parlant de vins !). J’ai donc accepté.

    CR: Nous débutons par les vins en bouteilles avec la proposition d’aller goûter ultérieurement les vins en fûts.

    Biancospino 2010 : Assemblage de Trebbiano, de Malvasia et de Procanico. Macération 15 jours à température ambiante. Elevage de 10 mois en fûts usagés.

    La robe est surprenante, elle ressemble plus, du point de vue couleur, à un Pineau des Charentes qu’à un vin blanc « classique ». Au premier nez, c’est fermé. Francesca sourit et s’excuse d’avoir servi le vin trop froid. Après aération, les premiers arômes apparaissent : Fleurs blanches (aubépine), fruits blancs (mirabelle, poire, pêche blanche), épices douces. L’entrée en bouche est remarquable de fraîcheur (pas seulement la température du vin), mais de par son équilibre. La bouche est épicée, légèrement oxydée (c’est voulu de par l’élevage, de par le minimum syndical au niveau soufre, de par l’absence de manipulations excessives ainsi que celle du filtrage). Belle longueur et finale gourmande.

    Premier vin, premier contact : Conclusion : On ne peut démarrer mieux !

    Rosa di Fonterenza 2010 : 100% Sangiovese. Robe rosée soutenue presque rouge cerise dilué. Au nez, les fruits rouges avec la cerise en tête. En bouche, une pure gourmandise, des touches de cerise, de grenadine, un côté floral, une souplesse, un parfait équilibre où l’acidité ne se ressent pas, l’alcool non plus d’ailleurs. 32°C dehors, une vingtaine à l’intérieur et ce vin : Devinez … …

    Rosso di Montalcino 2009 : 100% Sangiovese, 3 mois de macération, 20 mois de foudre. Une robe de Pinot Noir. Un nez de cerise, de mûre, de fruits rouges, un nez précis, ciselé, superbe quoi ! En bouche, c’est fruité, épicé, une touche minérale, les tanins sont fins, c’est superbe. Francesca avoue mieux goûter ce vin que la bouteille ouverte avec Patrick. (Didier 1 – Patrick 0)* (*) voir ci-après.

    Brunello di Montalcino 2006 : 4 ans de foudre. Robe grenat soutenu, assez foncé. Au nez, fruits noirs et rouges, un côté végétal apparaît. Par végétal, j’(essaie d’) entend(re) des touches herbacées faisant penser à l’écorce d’arbre, à des herbes aromatiques. Un côté senteurs de garrigue plutôt que variétal (surtout que le Sangiovese ne ressemble pas tellement au Sauvignon).
    En bouche, le vin apparaît dans toute son austérité. Encore un peu carré comme disent les Bourguignons. On sent (on goûte également) que c’est retenu, que cela se contient, mais que le potentiel est là et ne demande qu’à venir. Ne soyez pas pressés, il vous le rendra au centuple. C’est néanmoins, pour moi personnellement, superbe.
    Dans le présent cas, Francesca attribue l’avantage de la même bouteille à Patrick (Didier 1 – Patrick 1)

    Lupo di Fonterenza 2008 : 100% Cabernet-Sauvignon. En bouteille depuis le 16 juin. La robe est pourpre foncé. Au nez, d’abord les fruits noirs (légèrement). Ensuite apparaissent, envahissent des notes de thym, romarin, mousse des bois, humus. En fin de nez (au bout de l’inspiration) ce sont des touches de menthol et d’eucalyptus qui surprennent. La bouche est l’égal du nez avec une puissance contenue mais cependant beaucoup de retenue. Quand on va lâcher la bride, cela va ruer de tous fers !

    Fin de la première partie : Italy : 12 points (comme l’on dit à l’Eurovision)

    [size=large]La descente aux cents verres.[/size]

    Rosso di Montalcino 2010 : Couleur rouge cerise. Possède plus de structure que le 2009

    Brunello di Montalcino 2010 : Sensation plus fermentaire en bouche mais aussi structure plus imposante et plus élégante que 2006.

    Brunello di Montalcino 2010 – 2ème foudre (neuf) : Un surprenante et courte sensation mielleuse (pas le sucre mais plutôt le côté doucereux) étonne. Même sensation de puissance et d’élégance.

    Brunello di Montalcino 2009 : La cerise sort facilement au nez. La robe est un peu plus claire. Le vin est superbe de profondeur, d’équilibre. Ééééénnnnoooorrrrmément de classe.

    Brunello di Montalcino 2008 : (Foudre n° 12) Vin plus carré, ressemble au 2006 mais avec un potentiel gigantesque. Francesca reconnaît aisément que 2008 sera un très grand millésime en Brunello. Je la crois volontiers !

    Brunello di Montalcino 2008 – 2ème foudre (n° 13) Le vin est plus ouvert, plus rond, plus profond. Encore meilleur que le verre précédent. Vivement l’assemblage !

    Brunello di Montalcino 2007 : Mis en bouteille à la mi-juin 2011. Le nez présente des arômes de fruits mûrs, même très mûrs, genre pruneau. La bouche est ronde, très charpentée. Les sensations, comme le vin, sont immenses. Superbe +. Incrachable !

    En conclusions

    :

    Que voulez-vous que je vous dise sinon que je suis entièrement et très sincèrement d’accord avec la réflexion générale de Patrick.

    Il vous faut rencontrer, voir, écouter, connaître, discuter et déguster avec Francesca. Des moments magiques, intenses, inoubliables.

    Per tutto questo, grazie mille, Francesca

    For all this, Thank you so much, Francesca

    Pour cette adresse, pour ces moments, un tout grand merci, Patrick

    10Djé et/ou Didier

    Patrick Bottcher
    Participant

    Merci Didier,

    Je suis très touché. Comme toi, je ne suis toutefois qu’un relais de la personne qu’il faut évidemment uniquement remercier d’être ce qu’elle est, une vigneronne dans l’âme, dans les mains, dans les yeux et dans le ventre.
    Si je n’en avait pas parlé précédemment, d’autres comme toi l’auraient bien fait un jour, parce que je reste persuadé qu’il règne quelque chose de magique à Fonterenza, quelque chose de vivant qui défend pleinement mes convictions que dans le vin, il y a autre chose qu’un verre qu’on analyse, quelque chose d’autre que des technologies ou des philosophies qu’on met en doute ou autour desquelles on débat sans finir.
    C’est cette dimension humaine, au-delà des terroirs, au-delà des techniques qui fait le grand vin, celui qui émotionne.
    Nous sommes au moins deux à l’avoir approché.

    Merci pour ton texte plein de vie, lui aussi.

    Didier MACAR
    Participant

    Bonjour Patrick,

    Merci de ton merci et merci de … . Nous allons arrêter là car c’est mal barre !!

    J’aurais tant voulu pouvoir exprimer avec mes pauvres mots à moi, les extrêmes émotions que j’ai pu vivre et ressentir lors de mes visite et dégustation du samedi 6 août dernier. C’est tellement difficile de faire passer, ressentir, vibrer ce que l’on ressent au fond de ses tripes !
    Finalement, l’expression d’un commentaire de dégustation semble bien pauvre (à défaut de ridicule) par rapport à l’instant que l’on vit.

    J’ai vibré sur les qualités immenses de ses vins. Un fantastique « touché de bouche » que je n’ai, personnellement quasi-jamais ressenti si ce n’est en quantité minimales-minimorales. Des vins équilibrés, précis, nets, sans bavures. Des expressions vraies, justes, précises. De celles que l’on crois attendre ou que l’on espère ! Et quand, en plus, cela vous est annoncé avec le sourire … …

    Tous les goûts étant dans la nature, certains ou certaines s’en retrouveront peut-être désorienté(e)s ! Errare Humanum Est !!!!

    [size=small](Et puis, faut pas trop ébruiter l’adresse, des fois qu’il n’en reste plus !)[/size]

    Déjà, elle me manque … … … … la Toscane, bien sûr !! [size=small](Qu’avez-vous pensez, oohh non ! Encore que … … !)[/size]

    Cordialement à Patrick et à tous lecteurs (et lectrices évidemment)

    10Djé et/ou Didier[/center][/center]

    Patrick Bottcher
    Participant

    Moi, chuis impatient de voir aussi « l’autre CR »….

    Anonyme
    Invité

    CR: Fonterenza – Rosso di Montalcino 2009

    Nez sur la cerise acidulée, d’une profondeur et d’une pureté époustouflante. Bouche structurée par de petits tanins serrés, le fruit envahi ensuite la bouche, porté par une belle acidité. Il s’étire en longueur tout en gagnant en intensité. Un Rosso tout en grâce et en élégance, superbe ! 17/20.

    Merci Patrick pour cette belle opportunité 😉

    bobfutur
    Participant

    CR: Campi di Fonterenza – Rosso di Montalcino 2009

    Un vin entrant dans sa période d’apogée.
    Robe présentant d’évidents signes d’évolution
    Très beau nez sur les feuilles mortes, le tabac blond, la confiture de griotte
    Magnifique touché de bouche, le vin laisse une belle empreinte de petits tannins sur la langue longtemps après la finale
    C’est vraiment le côté tactile particulier du vin qui frappe en 1er. Le fruit n’est pas des plus démonstratif, mais il permet de contrebalancer le bouquet tertiaire entraperçue au nez.
    Bref, superbe équilibre tannins-acidité-fruit

    Didier MACAR
    Participant

    Rosso di Montalcino 2009 bu il y a quelques jours.
    Je me retrouve complètement dans le commentaire de Paul (Bobfutur).
    Nécessite une bonne aération (carafage quasi-obligatoire).

    10Djé et/ou Didier

    Didier MACAR
    Participant

    CR: Campi di Fonterenza – Biancospino 2010

    Bouteille ouverte, larmichée et gardée au frigo +/- 4heures (attention, trop froid !)
    Au nez, c’est muet et seulement avec le réchauffement apparaissent des notes de fleurs et fruits blancs, associées à une touche de « pralin ».
    C’est ici, plus le côté suave que sucré qui ressort, qui annihile, en partie, les touches oxydatives et le « relief un peu tannique » relevé en bouche.
    Le vin est « entièrement » sec, franc de bouche et de goût.
    La robe est toujours aussi surprenante (vin orange).
    Toujours aussi bon, me réjouis d’y retourner.

    10Djé et/ou Didier

    Bertrand Laporte
    Participant

    Bu dans ce cadre

    CR: Campi di Fonterenza – Brunello di Montalcino 2004
    Couleur opaque rouge sang.
    Le nez est intense sur la cerise noire très mûre, fruit confituré sans aucune nuance avec un boisé outrageant sur la vanille, noix de coco, crème pâtissière, café, toast. Un boisé complexe mais où est l’expression du fruit ?
    En bouche, le vin est puissant, avec de l’alcool, il y a quand même une bonne fraîcheur. Par contre aucune finesse. Et puis des tanins d’une violence extrême, d’un séchant agressif. Un goût de planche désagréable.
    Bof pour rester poli mais pas du tout mon style.

    J’ai goûté ce vin quand il est sorti au Vinmonopolet et j’avais apprécié, aimé. Phase de fermeture ? Je l’espère vraiment.

    Cuvée La Madone
    Participant

    Bonjour à tous

    Nouveau venu sur le forum LPV, je voulais vous faire part de ma visite en Toscane cet été, chez Francesca et Margherita Padovani.
    Lors de ma visite chez Giovanne Morganti (Podere le Boncie), j’ai rencontré Francesca qui était de passage chez Giovanna.
    J’ai pu ainsi organiser ma visite dans leur vignoble au dessus de Montalcino…

    Comme pour Giovanna, Fransesca nous a superbement accueillit. Ellle n’hesites pas à expliquer leur démarche et leur parcours original qui les a amenées avec sa soeur à développer ce beau domaine. On a passé plus de 2 h en sa compagnie à déguster soit au fut les derniers millésimes, soit à deguster les millésimes en vente (ouvert le matin ou 3 jours avant)

    Rosa di Fonterenza 2012 (bu à 18°C) = véritable rosé de repas, avec une belle structure et un vrai gôput de cerise et de grenadine

    Rosso di Montalcino 2010 = Au nez, la cerise et les fruits rouges. En bouche, un vrai equilibre et une certaine salinité sur le palais.

    Brunello di Montalcino 2008 = la claque . On retrouve cette salinité et cette equilibre parfait, mais avec un vin qui a encore beaucoup de potentiel

    Des très beaux vins,très aériens. Une très belle découverte et une très belle rencontre, alors merci pour votre adresse Patrick

    Marc

    Patrick Bottcher
    Participant

    Pas de quoi… Marc !

    Bertrand Laporte
    Participant

    CR: Campi di Fonterenza – Rosso di Montalcino 2010
    Nez un peu réduit qui s’ouvre à l’ouverture. Fruit mûr à la fois sur les fruits noirs (mûre) et sur les fruits rouges (cerise), on sent le soleil. Touche sanguine aussi. Je lui trouve un manque de relief et de fraîcheur.
    Bouche plutôt puissante et masculine dans un style structuré, très structuré. Je trouve le tanin un peu agressif par rapport à la matière et la concentration même si il est d’une belle qualité. La longueur est bonne.
    Un vin qui à certes des qualités mais ne me plaît pas.

    Bertrand Laporte
    Participant

    CR: Campi di Fonterenza – Brunello di Montalcino 2010
    Bonne intensité au nez avec un mélange de cerise burlat, confiture de framboise, fruit noir mûr. Un peu d’évolution avec du tabac, humus. Je trouve aussi des notes de noisette sèche et de terre fraîche. Une certaine complexité mais pas d’une profondeur impressionnante.
    Bouche puissante et structurée avec l’acidité haute et de nombreux tanins qui agressent un peu le palais par rapport à la matière. Une expression masculine du Brunello di Montalcino. Belle intensité aromatique similaire au nez avec un fruit plus mûr, côté solaire. Finale très astringente un peu désagréable. La longueur est excellente.
    Bien +.
    Un beau vin mais je préfère les expressions féminines et éthérées du Sangiovese sur Montalcino.

    seb59
    Participant

    Bonjour Bertrand,

    C’est vrai que j’ai maintenant du mal avec les vins de Fonterenza.

    As tu des exemples de Brunello moins puissant que celui là ?

    Merci par avance

    Seb

    Bertrand Laporte
    Participant

    Bonjour Seb,
    Il y en a beaucoup dans un style fin. Je peux citer Le Potazzine (un de mes préférés ), Ragnaie (coup de coeur l’an dernier), Gianni Brunelli, Baricci, Il Paradiso Di Manfredi, Mastrojanni.
    Ce sont quelques noms dont j’apprécie beaucoup les vins.
    Cordialement,

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