Évolution du goût

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forums Art de la dégustation Évolution du goût

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  • Alsace
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    J´ai un problème dernièrement 😎

    Alors que le gôut pour le vin m´est venu grâce aux Vins de Bourgogne, je n´arrive plus ces derniers temps à me faire plaisir avec ceux-ci. Je bois pourtant des choses de bonne facture et qui me plaisaient beaucoup il n´y pas si longtemps, mais en ce moment c´est le flou, je trouve ces vins fluides, sans attrait particulier, peu ou plus de plaisir…

    Est-ce selon dû à la découverte d´autres vins d´autres régions, à l´évolution de mon propre goût ou autre chose encore ?

    Quelle est votre expérience en la matière ?

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  • Replies
    PascalB
    Participant

    o tempora, o mores

    Que voilà un sujet intéressant. Je ne pourrai pas t’aider concernant les bourgognes mais je connais (du haut de mes très peu d’années de « dégustateur ») également une propension à ne même plus vouloir découvrir de vins issus d’un certain vignoble : en l’occurence, le bordelais (surtout en rouge, c’est moins vrai pour les blancs « bien blanc, il est même un peu pâlot, vous trouvez pas ? »).
    C’est sans doute un peu grâce à mon arrivée sur LPV puisque j’ai pu découvrir que la passion pouvait être attisée par diverses AOC qui m’étaient parfaitement inconnues ; ça aura eu le mérite de piquer ma curiosité puisque j’ai souhaité vérifier par moi-même certains dires.
    J’ai alors pu m’apercevoir qu’il n’existait pas que les arômes vanillo-boisés et que cette région n’avait pas le monopole des vins charpentés (loin s’en faut).
    J’y reviendrai peut-être (un peu comme je reviens aux « classiques » de la littérature après les avoir rejetés) sans doute suite à la rencontre d’un vigneron qui me fera oublier l’image d’Epinal de ces vins que je commence à me forger. Actuellement (suite à mes lectures, notamment), je suis presque dans une démarche que je qualifierai de « citoyenne » dans le sens où je vise à découvrir/encourager des domaines ou appelations qui ne sont pas sous les projecteurs.
    Je me surprends à détourner quasi systématiquement mon regard des « grosses artilleries » car j’estime qu’il s’agit là d’un des plus beaux métiers qui soit et que les efforts de certains (mais encore faut-il bien sûr que la qualité soit au rendez-vous) méritent une plus grande attention, parfois un peu d’audace à aller à l’encontre de ses a priori ou de ses craintes.
    Je nous ai fait un beau hors sujet là, nan ? [IMG]https://smileys.sur-la-toile.com/repository/Confus/je-vole.gif[/IMG]

    Gastronomix
    Participant

    Est-ce que ça ne correspond pas à un ajustement de ton palais à un goût plus personnel?

    Quand on découvre et approfondit sa connaissance du vin, on passe par une phase de sélection qui va parfois à l’encontre de ce que dit/dicte la société. Et la société, elle dit que c’est de bon ton de dire que les Bourgognes rouges sont des grands vins (parce qu’ils sont fins et qu’ils proviennent de micro-domaines, parce que la DRC est le plus prestigieux d’entre tous, etc.).

    Je ne suis pas, non plus, un fan de pinot noir. Je lui reproche son manque de matière en général et des arômes kirschés trop récurrents sur les cuvées bas et moyen de gamme. Cela n’est pas une vérité biblique. Ça n’engage que mon palais. Et tant pis si ça n’est pas chic et que je suis contraint d’assumer un goût plus rustique en société. Je n’ai jamais bu de vins du DRC et ne suis pas convaincu que j’y prendrai beaucoup de plaisir -aussi bien noté soit-il par les sommités du métier-.

    A contrario, plus j’écoute mon palais plus j’apprécie les vins blancs de Loire. Et c’est tant mieux car ça n’est pas une région aussi exposée que la Bourgogne -même si ça n’est pas comparable-. Cela me permet de boire des vins aux prix beaucoup plus raisonnables.

    Je crois que mieux connaitre les vins, c’est mieux connaitre ses goûts.

    Philippipipourrah
    Participant

    [i]Gastronomix écrivait:
    ——————————————————-
    > Je crois que mieux connaitre les vins, c’est mieux
    > connaitre ses goûts.[/i]

    Amen !

    > plus j’écoute mon palais…

    Bel exemple d’oxymore… ou de contorsionnisme !

    :), Philippe

    Gastronomix
    Participant

    Ben quoi tu ne goutes pas ton ouïe et ne palpe pas ta respiration? 🙂

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Je ne suis pas, non plus, un fan de pinot noir. Je lui reproche son manque de matière en général et des arômes kirschés trop récurrents sur les cuvées bas et moyen de gamme. Cela n’est pas une vérité biblique. Ça n’engage que mon palais. Et tant pis si ça n’est pas chic et que je suis contraint d’assumer un goût plus rustique en société. Je n’ai jamais bu de vins du DRC et ne suis pas convaincu que j’y prendrai beaucoup de plaisir -aussi bien noté soit-il par les sommités du métier-.

    Je n’en suis pas si certain. Pas mal de grandes cuvées de pinot noir ont une très belle matière, et très loin de se limiter à des notes kischées. Je suis même presque sûr que tu pourrais être bluffé par des pinots noirs allemands, absolument envoûtants!

    Pour le reste, l’évolution du palais de Luc me paraît tout à fait normal: nos goûts évoluent sans cesse en fonction de ce que l’on a pu déguster. Cela peut d’ailleurs s’expliquer physiologiquement par un « apprentissage » de notre cerveau qui s’habitue à de nouvelles sensations.

    Gastronomix
    Participant

    tu pourrais être bluffé par des pinots noirs allemands, absolument envoûtants!

    Tout à fait possible. Je base mon expérience sur ce j’ai pu boire en Bourgogne (puisque c’est ce dont parlait Luc dans son sujet initial). Je n’ai parlé des notes kirschés que pour les petits vins. Je ne généralise pas à toute la région et encore moins à tout le cépage. Si cela avait été le cas, je n’aurais pas participé à la dégustation de vins de la Côte de Nuit organisée par des Lpviens vendredi dernier. Comme en champagne, je sais distinguer le bon du moins bon, mais je ne prends pas mon pied. En d’autres mots, ça n’est pas ma cam’.

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Et la société, elle dit que c’est de bon ton de dire que les Bourgognes rouges sont des grands vins

    Ce n’est pas seulement de bon ton, c’est la réalité…
    Non pas que les Bourgognes rouges dans leur ensemble sont de grands vins, certainement pas, le déceptions étant nombreuses, mais plutôt que je ne connais pas beaucoup de vins capables de rivaliser avec un grand Bourgogne rouge.
    Le reste n’est qu’une affaire de goût et on bien entendu le droit de ne pas aimer.

    Luc

    Gastronomix
    Participant

    Ce n’est pas seulement de bon ton, c’est la réalité…

    Il y a bien sûr de très grands vins en Bourgogne. Ce que je veux dire, c’est qu’il est difficile quand on débute dans un domaine d’aller à l’encontre de ce que disent les mentors, les guides, etc. Il y a à travers l’affirmation de son goût une affirmation de soi, de son individualité dans ce qu’elle a de plus unique face à un système de repères pré-existant.

    . .
    Participant

    Dans l’évolution de nos goûts,ne pas oublier de tenir compte du vieux proverbe :

    « Changement d’herbage réjouit les veaux  » (le petit ramoneur savoyard ne me contredira pas 😀 )

    Après avoir débuté avec Beaujolais-Bourgogne , vins les plus couramment servis dans ma région, je suis passé par plusieurs phases:
    -10 ans de Bordeaux (nettement influencé par le début du battage médiatique )
    -10 ans de vins etrangers , italiens surtout
    -10 ans de grand eclectisme toutes appellations
    -Et maintenant, sans abandonner mon eclectisme, un gros retour vers la Bourgogne

    Il y a bien sûr de très grands vins en Bourgogne

    Non! Il y a les plus grands vins en Bourgogne 🙂 Tu t’en apercevras tôt ou tard !

    Si j’ai un regret ? M’être dispersé pendant 20 ans à une époque ou j’aurais pu rentrer chez certains grands vignerons actuellement inaccessibles

    François Audouze
    Participant

    Raymond,
    J’ai le même regret que toi.
    N’ayant absolument aucune préférence gustative, puisque j’aborde chaque région pour ce qu’elle offre (comment hiérarchiser le Jura par rapport à Bordeaux, Bourgogne et champagne ? c’est impossible), je constate où sont mes plaisirs.

    Et si je devais citer mes 100 plus grands rouges de deux seules régions Bordeaux et Bourgogne, il y aurait un score de plus de 60/40 et probablement 64/36 en faveur de la Bourgogne.

    Les bourgognes sont des vins d’une subtilité invraisemblable et je dis souvent que le bordeaux parle au cerveau quand le bourgogne parle au coeur.

    Quand au goût, c’est vrai qu’il évolue avec l’âge et avec l’étendue des expériences.

    Gastronomix
    Participant

    Mon seul regret en Bourgogne, c’est de ne pas assez connaitre les blancs. Réjouis-toi Raymond, il me reste des pistes à explorer en marchant dans tes pas.
    Le hic c’est que je pourrais en dire autant des rouges du Piedmont, etc…
    Et puis avoir un goût qui se précise n’empêche pas les incursions régulières en terroirs ennemis. 🙂 Les frappes chirurgicales ont encore de beaux jours devant eux…

    Luc Alsace
    Participant

    « Pour le reste, l’évolution du palais de Luc me paraît tout à fait normal: nos goûts évoluent sans cesse en fonction de ce que l’on a pu déguster. Cela peut d’ailleurs s’expliquer physiologiquement par un « apprentissage » de notre cerveau qui s’habitue à de nouvelles sensations. »

    Alleluia (:P)

    En espérant apprécier à nouveau ces vins prochainement, car j´en ai en cave…

    Philippipipourrah
    Participant

    Lucalsace,

    Je crois à l’évolution de notre goût en matière de vin, et à certaines désaffections par rapport à nos premières amours. Mais je crois aussi aux empreintes laissées en nous dans la période de la prime enfance. Et nous avons tous connu cette étape où nous avons été des nourrissons découvrant l’univers du vin, tétant nos premières impressions, nos premières émotions gustatives : et je suis persuadé que celles-ci nous accompagnent toute notre vie, et qu’à chaque fois que nous les retrouvons, nous retrouvons notre « goût originel », un peu notre paradis perdu. C’est en tout cas l’expérience que je vis toutes les -rares- fois où je bois un bon bourgogne, vignoble avec lequel je suis « né au vin ». Et pourtant souvent les bourgognes me déçoivent, m’irritent, me poussent à les abandonner pour m’éviter de nouvelles déconvenues. Mais en même temps ce sont eux qui m’ont procuré mes plus grandes émotions d’amateur de vin. Simplement je crois parce qu’ils étaient marquants de par leur simple présence pendant mes premières gorgées, mes « premiers pas ».

    Alors je me sens très proche de RaymondM lorsqu’il écrit être revenu après X années à sa région initiale. Et je suis en même temps conscient que nous ne vivons pas tous les choses de la même façon : beaucoup sur ce forum se réjouissent d’aller de découverte en découverte de nouvelles régions, de nouveaux pays, de nouvelles émotions gustatives. Tandis que pour ma part, je recherche patiemment, sans me presser – et sans exclure la nouveauté – LE bourgogne absolu : ce ne sera pas le meilleur ou le plus prestigieux, ce sera simplement celui qui me rappellera ceux que j’ai goûtés dans mon enfance du vin. Je ne pourrai jamais me l’approprier définitivement puisque le vin est un produit vivant et changeant, mais le croiser de temps à autre me suffit. C’est un peu comme l’amour courtois des troubadours : il y a la Dame, idéal féminin inaccessible par essence car la posséder serait signer sa disparition, et il y a les maîtresses, les autres vins…

    :), Philippe

    PascalB
    Participant

    je n’adhère pas du tout à cette notion d’enfance marquant de son empreinte notre goût (mais c’est peut-être un peu à cause de mon rejet de tout ce qui s’apparente de près ou de loin à la psychanalyse).
    Personnellement, pour m’y mettre, il a fallu que je tombe sur le bon vin, au bon moment (en l’occurence un St Estèphe dont j’ai oublié le nom) : je n’ai pas ressenti de grand plaisir susceptible de marquer à vie mes impressions gustatives, juste une sensation agréable à éventuellement renouveler.
    Je pense même qu’avec l’expérience on risque plutôt de se dire, en revenant à ses premières découvertes marquantes : « ah bon, c’était sur ça que j’avais craqué à l’époque ? mais c’est carrément en-dessous de ceci ou de cela que j’ai pu boire par la suite ».

    [i] »je ne connais pas beaucoup de vins capables de rivaliser avec un grand Bourgogne rouge. »

    « Non! Il y a les plus grands vins en Bourgogne »[/i]

    C’est marrant, j’ai déjà entendu cela assez souvent, malheurseusement je n’ai pas encore eu l’occasion d’en faire l’expérience; j’ai certes eu quelques (trop rares) occasions de boire de bons bourgognes (quelques vins de la maison Joseph Drouhin, un corton de chez Ambroise, par exemple), mais je ne suis même pas sûr que ce sont déjà là ce que d’aucuns appellent « grands bourgognes ». J’ai trouvé ces vins excellents, mais pas nécessairement meilleurs que de très bons bordeaux ou languedoc-roussillon.

    Comme Luc, j’ai beaucoup de mal avec les Bourgognes plus modestes, je leur trouve souvent un côté un peu sec, un manque de gras et de matière.

    J’aimerais bien m’initier à la Bourgogne mais je ne sais pas par où commencer, et surtout vers quels producteurs me tourner pour trouver de « grands » vins à un prix que je peux me payer régulièrement – disons 20 à 30 EUR. Si l’un ou l’autre LPVien pouvait me donner un conseil, y compris les cavistes chez qui je pourrais trouver ce genre de nectars dans la région Liégeoise en Belgique…

    Merci

    JC

    Quant à l’évolution du (des) goût(s):

    Quand j’ai commencé à me camer au pinard, il y a 10-12 ans, je prenais mon pied avec des vins du Languedoc, du Rhone, et les blancs de Loire. En général je n’aimais pas les Bordeaux et Bourgognes que je goûtais, mais c’était en général des vins quelconques, achetés au hasard dans des supermarchés.

    Il y a un peu plus de 2 ans et demi, suite à mon emménagement dans une nouvelle maison disposant d’une belle cave apte à la conservation du vin, je me suis mis en tête de remplir cette dernière, et de découvrir le monde des bons bordeaux dont certains amis me parlaient régulièrement. J’ai donc commencé à acheter des Bordeaux, sur base de conseils d’amis et de lectures. Les deux dernières années j’ai donc bu plus de Bordeaux que d’autres choses, et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Ces derniers mois, je reviens un peu plus vers le Rhone et le Languedoc, avec un plaisir retrouvé.

    Donc oui, je pense que nos goûts évoluent et fluctuent dans le temps, notamment au rythme de nos envies. Parfois nous sommes mûs par une soif de découvrir et d’apprendre, ce qui implique de prendre certains risques, d’aller vers l’inconnu. A d’autres moments nous cherchons la sécurité des valeurs sûres, le vin dont nous savons qu’il va à coup sûr nous procurer du plaisir.

    Je pense enfin que nos goûts peuvent fluctuer selon des cycles longs (exemple donné par Raymond ci-dessus) mais aussi des cycles très courts: lorsque je descends dans ma cave, mon choix d’une bouteille dépend fortement de mon humeur, de mon moral. Et vous?

    JC

    davidfrt
    Participant

    Je retiendrais juste le fait que lorsque j’ai commencé à boire du vin vers 16 ans, je ne buvais que du blanc type moelleux à 1€ ou vins de la CEE!! Voir du rouge mais avec du coca cola.(du mauvais je vous rassure)

    Maintenant, je ne bois quasiment que du rouge et je ne pourrais pas reboire les piquettes du passé.

    Je penses que notre goût évolue constamment, mais aussi que c’est une question d’éducation…

    hadrien
    Participant

    moi qui croyais que l’évolution normale du goût, c’était de commencer par de mauvais vins, de passer ensuite aux CDR, Bourgogne et autre, et une fois le palais parfaitement éduqué, ne plus boire que du Bordeaux! Je suis très déçu.:(

    DarthTux
    Participant

    A bordeaux les bulles c’est pas top :p

    PascalB
    Participant

    à la rigueur les bulles de Pape Clément 😀

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