Des allocations

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    Bonjour,

    Je vois souvent passer cette notion d’allocation auprès de domaines. Je me demande exactement ce que c’est. Il semblerait que cela offre la possibilité d’effectuer des demandes au domaine mais est-ce seulement cela?

    Damien

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 152)
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    Salut, je pense qu’il s’agit simplement de faire partie de la liste des clients d’un domaine, et par là d’avoir le droit (et l’obligation) d’acheter x bouteilles chaque année. pour certains domaines très réputés (notamment en Bourgogne), il est extrêmement difficile de devenir allocataire, tant la demande est grande par rapport au volume de production du domaine.

    Je ne suis allocataire nulle part, donc il y a sûrement des subtilités du concept qui m’échappent, mais je suis sûr que d’autres LPViens habitués du système complèteront ou corrigeront mes propos, si nécessaire…

    JC

    François Goupillon
    Participant

    Il y a client et client…

    Par exemple, ceux qui reçoivent une proposition pour une quantité limitée de certaines bouteilles et ceux qui ont accès à l’ensemble de la gamme sans limitation (ou presque)… Je pense que tout dépend de la fidélité et de la durée de clientèle.

    Bonsoir,

    Pour moi les allocations en vin sont comme les familiales : on n’est pas obligé de les demander :D, mais il est difficile de résister.
    Par contre les critères pour en bénéficier ne sont pas les mêmes et il y a aussi une question d’antériorité : on est allocataire parce qu’on est dans le fichier client, qu’on reçoit une proposition et qu’il est terriblement dangereux de refuser. Ne pas prendre une année expose à ne pas recevoir l’offre l’année suivante (bon d’accord sauf en 2005 un peu partout…). Il est difficile de devenir un nouvel allocataire, mais cela se fait forcément, par contre je ne pense pas qu’il y ait des endroits qui pratiquent ainsi et ne limitent pas en quantité !
    C’est un mode de régulation qui ne se fonde pas sur le prix, même si en général les vins ne sont pas donnés mais ce n’est pas le premier critère. En gros c’est de la vraie vente privée B). Le négoce bordelais, avec le système des primeurs et la « Place de Bordeaux » constitue un autre mode de distribution, la vente au caveau également.

    Louchébem
    Participant

    Ok merci.

    Damien

    Laurent CHENIER
    Participant

    Les allocations me posent un problème.
    On peut aimer un vin ou un domaine en particulier (et y être globalement fidèle) sans pour autant acheter tous les ans son quota de bouteilles.
    Les raisons me paraissent évidentes :
    – Je n’ai pas forcément l’argent pour faire ça (je parle des domaines chers et il y en beaucoup qui pratiquent ce système),
    – Je n’ai pas envie de boire les mêmes vins tout le temps et je privilégie la diversification comme tout passionné de vin qui souhaite s’enrichir, découvrir, apprendre…
    – Ce système encourage la spéculation, car un grand nombre d’acheteurs au domaine, pour les raisons évoquées précédemment ou pour d’autres considérations (qui peuvent être bassement pécunières), revendent sans remords ces flacons dont ils ont l’attribution au plus offrant. Trop rares sont ceux qui proposent des échanges honnêtes sur LPV…

    Conséquences : Beaucoup de domaines inaccessibles pour le commun des mortels alors même que le prix domaine est correct, et une spéculation qui ne sert ni le domaine ni le client final mais uniquement e-bay, idealwine, etc…

    On va me rétorquer que pour beaucoup de domaines, ce système représente l’assurance de vendre tous les ans (bonnes années et moins bonnes) la totalité de la production et donc de pérenniser l’exploitation. Je ne vois pas où est le problème, si le prix est juste et en relation avec la qualité du vin (donc variable), le vin sera vendu de toute façon, et en moyenne bien plus cher. Beaucoup d’exploitations gagneraient plus d’argent (ce qui, bien utilisé, pérennise davantage le domaine) et auraient meilleure publicité.

    Je préfère ne pas pouvoir accéder à un domaine parce qu’il est au-dessus de mes moyens plutôt que constater cet état de fait. Et vous ?

    1 1
    Participant

    Laurent

    Très bonnes remarques.
    Cerains allocataires des domaines de renom vont nous dire bientot que c’est grace à eux que les domaines ont survécus……..

    Je préfère finalement le marché bordelais qui est plus transparent que la Bourgogne.

    Et pourtant, j’adore le Bourgogne >:D< Claude PS: on va revenir sur un sujet déjà traité 🙁

    François Audouze
    Participant

    C’est un système totalement injuste, mais essayons de le comprendre en sens inverse.
    Imaginez que vous faites un vin qui est demandé par 20 fois plus d’acheteurs que ce que vous pouvez livrer.
    Que faites-vous ?
    Soit vous faites comme Guigal et d’autres : vous demandez qu’on achète 48 bouteilles de vins d’entrée de gamme pour avoir droit à 1, 2 ou 3 grands crus.
    Soit vous faites comme Coche-Dury : vous livrez les plus anciens de vos clients.
    Soit vous vous placez d’emblée au prix le plus cher.

    Je ne suis allocataire ni de Guigal, ni de Coche-Dury, et je le regrette. Mais ça ne me paraît pas illogique.
    Je suis allocataire de la Romanée Conti et je ne suis pas mécontent du système. Car la fidélité lisse d’une certaine façon les prix. S’il n’y avait pas ce lissage, les 2005 auraient été complètement inaccessibles.

    C’est très injuste, mais s’il n’y avait pas cette règle, le prix départ propriété serait celui du marché gris. Seuls les allocataires en profitent, mais ça fait au moins quelques clients qui sont récompensés de leur fidélité « forcée ».

    chinbourg
    Participant

    François, ton raisonnement tient la route, sauf que Coche n’a pas des millions de CdR à écouler et donc il ne pourrait agir comme Guigal…;)

    Laurent CHENIER
    Participant

    J’entends bien ton raisonnement François, mais l’existence d’un marché gris pour 50%, 60% voire 80% de la production d’un domaine, ce n’est quand même pas satisfaisant. Ne vaut-il pas mieux un juste prix dès le départ ?
    C’est sûr, si j’étais allocataire d’un des domaines que tu cites, je ne verrais peut-être pas les choses de la même façon…
    Bon, comme la plupart des gens, je ne suis allocataire d’aucun domaine et je ne souhaite de toute façon pas l’être pour les raisons que j’ai évoquées. Mais j’aimerais pouvoir en déguster une bouteille de temps en temps.
    Sachant que je me refuse à passer par le marché gris, premièrement car le risque de tomber sur un bouteille mal stockée ou qui a beaucoup voyagé est grand, deuxièment parce que je ne peux pas me faire à l’idée de payer une bouteille 3 ou 4 fois son prix de sortie, je n’ai aucune solution pour goûter de nombreux vins.
    Je pense que de nombreux domaines jouissant d’une grande réputation arrive à marrier 2 systèmes, celui des allocations pour une partie de la production, et du commerce « traditionnel » (via revendeurs et négociants) – en primeur ou non – pour le reste de la production. Je pense notamment au Clos des Lambrays qu’on peut acheter à un prix raisonnable dans le commerce.
    Ou alors premier arrivé premier servi, mais cela ne garantit pas que le premier arrivé ne soit pas un spéculateur… Ca met juste tout le monde sur un pied d’égalité, ce qui n’est déjà pas si mal.
    Que les allocataires de longue date gardent leur attribution, soit, mais il faudrait arrêter là le système (et pourquoi pas l’interdire ?) et passer petit à petit, après désistements et disparitions, à autre chose de plus acceptable pour le Consommateur final (je sais dans consommateur, il y a c.. mais quand même;)).

    Cordialement,

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Sachant que je me refuse à passer par le marché gris, premièrement car le risque de tomber sur un bouteille mal stockée ou qui a beaucoup voyagé est grand, deuxièment parce que je ne peux pas me faire à l’idée de payer une bouteille 3 ou 4 fois son prix de sortie, je n’ai aucune solution pour goûter de nombreux vins.

    Donc, si je suis ton raisonnement, tu refuses de payer 100 € pour un Meursault de Coche-Dury parce qu’il est vendu 25 € au domaine, mais tu les paierais s’il sortait du domaine directement au prix de 100 €. J’ai un peu de mal à suivre…

    Luc

    Millésime78
    Participant

    Donc, si je suis ton raisonnement, tu refuses de payer 100 € pour un Meursault de Coche-Dury parce qu’il est vendu 25 € au domaine, mais tu les paierais s’il sortait du domaine directement au prix de 100 €. J’ai un peu de mal à suivre…

    Quitte a payer 100€ pour un Mersault de Coche-Dury, je prefere que les 75€ de marge aillent dans la poche du vigneron que dans celle d’un intermediaire/speculateur quelconque !

    Il y a aussi une dimension psychologique (enfin de mon point de vue) : j’aurai toujours du mal a payer 4x plus cher que mon voisin (et au meme moment) pour acheter une bouteille de vin. Alors que si le prix est le meme pour tout le monde, j’aurai moins de frustrations (rien de scientifique la dedans, juste du ressenti)

    Cordialement
    Sebastien

    Luc Javaux
    Maître des clés

    Donc, ce qui vous dérange, ce n’est pas de payer 100 €, mais c’est que d’autres paient moins. Jalousie ?

    Luc

    Millésime78
    Participant

    Jalousie ?

    Pas vraiment non, car si j’en voulais de ces vins je pourrait en avoir non ? En payant le prix fort

    C’est pas comme si je ne pouvais pas en avoir, alors la ce pourrait etre de la jalousie.

    C’est plutot un sentiment d’injustice ou d’inegalite.

    Jean de Marsan
    Participant

    Allocation : si il fallait résumer, c’est une sorte de carte de fidélité pour un domaine, sauf que l’on y gagne en plus l’estime du vigneron ?

    Intéressant.

    Jean DM

    Laurent CHENIER
    Participant

    Luc, il est clair que je suis près à faire l’effort de payer 100 euros directement au domaine pour découvrir un vin dont de toute façon c’est le prix pour tout le monde et que je ne ferais pas pour un vin qui sort à 25 euros mais dont je n’ai pas accès directement ou via un professionnel. C’est pas de la jalousie, c’est un blocage psychologique.
    Et comme le dit Sébastien , je conçois que le domaine fasse de l’argent car il est très réputé et demandé (du moment que la qualité est là), mais je ne conçois pas de devoir donner 75 euros à un spéculateur pour y accéder.
    En revanche je veux bien payer jusqu’à 50% de plus qu’au domaine à un caviste ou à un site internet sérieux qui le proposerait (eux, c’est leur métier et je le respecte).
    Cordialement,

    Luc Javaux
    Maître des clés

    C’est plutot un sentiment d’injustice ou d’inegalite.

    Vous avez une conception originale de la justice.
    En gros, comme on ne peut pas récompenser tout le monde, chacun doit être puni.
    Le domaine Coche-Dury n’est pas maître du prix de ses vins dès qu’ils quittent le domaine. A partir du moment où la demande est dix fois plus importante que l’offre, le prix monte inévitablement. Votre conception de la justice est donc de réserver ces vins à ceux qui ont le plus de moyens financiers, c’est un point de vue, mais vous ne risquez pas d’en boire davantage qu’aujourd’hui.
    Par contre, ceux qui sont fidèles au domaine depuis parfois des dizaines d’années, y compris dans les moments difficiles, devraient êtres écartés s’ils n’ont pas les moyens de suivre.
    Bof…

    Luc

    Eric BERNARDIN
    Participant

    D’accord avec Luc.

    Non seulement Coche Dury a du respect pour ses vieux clients, mais par les prix qu’il pratique, il ne se place pas au dessus de la mêlée des autres producteurs (par ex, son Corton Charlemagne est au prix de celui de Bonneau du Martray). Et ça me paraît très bien de sa part.

    Et on revient toujours à la même chose : au prix départ propriété, c’est un rapport qualité/prix exceptionnel. Quatre fois plus cher, ça devient franchement inintéressant. Mais bon, tant qu’il y aura des nigauds qui seront prêts à payer ces prix insensés, je ne vois pas pourquoi des spéculateurs se gêneraient de les vendre…

    J’ai goûté le WE dernier les bourgognes blancs et rouges de Coche. A 10 €, c’est bien, à 20 ou 30, c’est carrément débile… Nous nous sommes beaucoup plus régalés avec le Rully blanc de Jacqueson (environ 15€) qu’avec le bourgogne blanc de JFCD. Mais c’est vrai qu’il n’y a pas la magie de l’étiquette (qui est plutôt tristounette, entre parenthèse).

    Millésime78
    Participant

    Vous avez une conception originale de la justice.

    Je n’ai jamais dit que c’est injuste mais que j’avais un sentiment d’injustice ce qui n’est pas la meme chose. Mon cher Luc, vous vous plaisez assez souvent a jouer avec les mots et leur sens pour bien comprendre ce que je veux dire par la ! 😉

    A partir du moment où la demande est dix fois plus importante que l’offre, le prix monte inévitablement. Votre conception de la justice est donc de réserver ces vins à ceux qui ont le plus de moyens financiers, c’est un point de vue, mais vous ne risquez pas d’en boire davantage qu’aujourd’hui.

    Je ne sais pas si c’est MA conception de la justice, mais c’est effectivement ce qui se passe avec la plupart des biens.

    Par contre, ceux qui sont fidèles au domaine depuis parfois des dizaines d’années, y compris dans les moments difficiles, devraient êtres écartés s’ils n’ont pas les moyens de suivre.

    Si ces fideles clients etaient tous aussi vertueux qui vous le laissez penser, il n’y aurait pas de marche gris puisque tous garderaient gentiment leurs allocations au lieu d’en revendre une partie ……..

    Quel est votre avis sur cette question Luc ?
    Vous aimez reagir aux commentaires des uns et des autres, entretenez avec virtuosite la controverse si bien que j’ai souvent du mal a cerner votre propre opinion ? Dites-nous simplement ce que vous pensez de ce systeme.

    J’ai peut etre tort, mais j’ai quand meme du mal a me dire que je n’aurai probablement jamais l’occasion d’acceder a certains « mythes » (type JFCD) alors que j’en aurai les moyens en theorie …..

    Serait-il pensable/envisageable/raisonnable, d’imaginer un systeme de tirage au sort tous les ans et/ou qu’une personne ayant eu une allocation sur une annee ne puisse pas avoir la possibilite d’en avoir de nouveau avant un certain temps (10 ans par exemple). Ca serait peut etre plus equitable et il n’y aurait pas de discrimination « financiere », ce qui semble gener Luc (ce que je peux comprendre d’ailleurs) ?

    Cordialement
    Sebastien

    1 1
    Participant

    Eric B citation
    « ….
    Et on revient toujours à la même chose : au prix départ propriété, c’est un rapport qualité/prix exceptionnel. Quatre fois plus cher, ça devient franchement inintéressant. Mais bon, tant qu’il y aura des nigauds qui seront prêts à payer ces prix insensés, je ne vois pas pourquoi des spéculateurs se gêneraient de les vendre… « 

    plutôt tristounette cette phrase !!

    Claude

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Triste, mais vrai : pour que les spéculateurs puissent vendre, il faut des acheteurs. Tant que ceux ci sont prêts à mettre des sommes insensées, pourquoi se gêner? Je me dois de préciser que je ne suis ni acheteur, ni vendeur.

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