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- Ce sujet contient 53 réponses, 19 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Luc Javaux, le il y a 16 années et 4 mois.
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J’ai l’impression que depuis quelques temps le degré alcool de mes vins préférés a tendance à grimper (bordeaux qui passent de 12,5 à 13,5 ° / côtes du rhone qui de 13° passent à 14 voire 15 et même16° …ce qui me semble plus proche du degré alcool d’un Porto) bref, que se passe t il ? mon impression est elle fondée ou ai je la berlue ? …s’agirait il d’un complot viticole ?
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- 3 février 2010 à 11h02
Pas de complot.
Vendanges à maturité optimale, réchauffement climatique etc.
Cela a déjà été abordé dans différents sujets du forum.
Hervé
- 3 février 2010 à 13h37
Sur le réchaffement climatique, je suis dubitatif. Je ne pense pas qu’en 10 ans, il y ait eu une montée des températures expliquant une hausse aussi importante des degrés alcooliques. Je pense que c’est effectivement le choix d’une vendange à maturité optimale qui explique réellement ce phénomène.
- 3 février 2010 à 13h55
Eh bien, je te conseille de lire CECI. Extrait :
[i]L’augmentation récente de la température n’a pas été sans effet sur le cycle végétatif de lavigne. Les notations des stades phénologiques réalisées sur les cépages rouges du Bordelais (Merlot et Cabernet Sauvignon) révèlent une augmentation de la précocité des différents
stades depuis les années 1990 :
– L’apparition de la première pointe verte (début du débourrement) a lieu en moyenne autour du 11 mars depuis 1993, alors qu’elle avait lieu autour du 24 mars
dans les années 1970 et 19801.
– La date moyenne de mi-floraison est passé du 16 juin dans les années 1975-1985, au 2 juin dans les 15 dernières années. Cela correspond à un « gain » d’un demijour
par an environ2.
– La date de mi-véraison a suivi une tendance similaire. Elle oscillait très fortement autour du 23 août de 1975 à 1985, alors qu’elle a lieu aujourd’hui autour du 6 août.
– La date à laquelle le raisin de Merlot atteint un titre alcoolométrique potentiel (TAP) de 11,5% a évolué de presque un mois en 15 ans. Elle était atteinte en
moyenne après le 20 septembre dans les années 1980. Depuis 1995, elle est atteinte en moyenne autour du 25 août. L’acidité atteignait 5g/L H2SO4 au 20 septembre en
moyenne dans les années 1970 pour le raisin de Merlot, alors qu’on observe cette valeur autour du 30 août dans la dernière décennie.[/i]Le problème, c’est que la peau et les pépins n’évoluent pas à la même vitesse que le jus . Si tu veux des peaux et des raisins mûrs, tu te retrouves avec des jus à 14-15°…
- 3 février 2010 à 13h58
Eric ce que tu dis est forcément juste puisqu’il s’agit d’observations, mais cela ne signifie pas que c’est obligatoirement le réchauffement climatique qui en est la cause (au sens où on nous le présente habituellement), mais que ça peut être tout simplement un cycle récent de millésimes chauds et précoces. Du moins le doute est permis.
- 3 février 2010 à 14h48
Les vignes ne sont plus conduites de le même maniere, pour faire court donc forcement réducteur :
Rendement mieux tenus
Surfaces foliaires plus importantes
Recherche volontaire d’une plus grande maturité
Le tout ajouté à un changement climatique plus évident pour les vignes que pour les hommes, sans compter l’impact des clones et portes greffes.
C’est forcement réducteur mais cela explique en grande partie la montée des taux d’alcool.
A ce sujet la ca promet pour les bordeaux rouges 2009, entre 14 et 15 sans forcer.- 3 février 2010 à 18h12
- 3 février 2010 à 18h16
enzo d’aviolo écrivait:
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> Eric ce que tu dis est forcément juste puisqu’il
> s’agit d’observations, mais cela ne signifie pas
> que c’est obligatoirement le réchauffement
> climatique qui en est la cause (au sens où on nous
> le présente habituellement), mais que ça peut être
> tout simplement un cycle récent de millésimes
> chauds et précoces. Du moins le doute est permis.Pas pour la grande majorité des scientifiques connus et reconnus, après tout le monde peut penser ce qu’il veut ou ce qui lui convient…;)
- 3 février 2010 à 18h20
A ce sujet la ca promet pour les bordeaux rouges 2009, entre 14 et 15 sans forcer.
Ne t’inquiéte pas : ils sont d’un grand équilibre (plutôt 13,5/14°)
- 3 février 2010 à 18h37
« Pas pour la grande majorité des scientifques connus et reconnus, après tout le monde peut penser ce qu’il veut ou ce qui lui convient…winking smiley »
Thierry une fois de plus tu lis que ce qui va dans le sens de tes convictions. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de réchauffement climatique conformément à ce que la communauté scientifique dit, mais que ce réchauffement n’explique pas pour autant et exclusivement les changement de la dernière quinzaine d’année dans les vignes. A mon sens les causes rapportées par nialsig, plus l’effet de cycle que l’on ne peut exclure, sont aussi des hypothèses explicatives des chiffres rapportées par Eric.
On peut sur tout, foncer tête baissée sur les explications très à la mode, ça n’empêche pas de réfléchir un peu.;)- 3 février 2010 à 18h45
Si tu lis l’ensemble de l’article, tu verras que la vigne modifie ses comportements en profondeur (raccourcissement de son cycle végétatif) en réaction à un changement climatique de fond. Ce n’est pas une simple réaction à quelques millésimes plus chaud que d’autres. Il faut voir qu’au début du XXième siècle, on avait du raisin bien mûr à 10.50°. Aujourd’hui, il est encore très végétal à ce niveau de d°.
- 3 février 2010 à 18h47
je ne conteste pas les faits (comment le pourrais-je d’ailleurs), juste la mono-explication simpliste.
- 3 février 2010 à 19h03
» Ne t’inquiéte pas : ils sont d’un grand équilibre (plutôt 13,5/14°) « Eric, tu évoquais les 2009 en disant cela, mais sur le millésime 2002, Pavie, bu à Noêl, titrait déjà à ma grande surprise, 15°: un vin puissant, massif et parfaitement équilibré dans ma mémoire.
Daniel
- 3 février 2010 à 19h13
J’ai voulu être trop concis. J’ai répondu d’abord sur l’équilibre, puis évoqué les d°, mais il n’y a pas nécessairement de lien entre les deux. Il y a des merveilles d’équilibre à 15° et des vins alcooleux à 13°. Tout est question de matière (tannins, acidité, extrait sec..)
- 3 février 2010 à 19h19
daniel popp écrivait:
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> » Ne t’inquiéte pas : ils sont d’un grand
> équilibre (plutôt 13,5/14°) » Eric, tu évoquais
> les 2009 en disant cela, mais sur le millésime
> 2002, Pavie, bu à Noêl, titrait déjà à ma grande
> surprise, 15°: un vin puissant, massif et
> parfaitement équilibré dans ma mémoire.
>
> DanielBonjour Daniel,
Je viens d’aller faire un tour dans ma cave pour vérifier…et pour infirmer ton affirmation.
Pavie 2002 titre 14°…pas pareil 😉- 3 février 2010 à 19h28
[i]enzo d’aviolo écrivait:
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Eric ce que tu dis est forcément juste puisqu’il s’agit d’observations, mais cela ne signifie pas que c’est obligatoirement le rechauffement climatique qui en est la cause (au sens où on nous le présente habituellement), mais que ça peut être tout simplement un cycle récent de millésimes chauds et précoces. Du moins le doute est permis.[/i]Je suis en phase avec ce commentaire de Laurent. Il n’y a aucun jugement définitif, je n’y vois qu’une reconnaissance de faits et une interrogation de bon aloi.
Non seulement le doute est permis, mais il est hautement recommandé pour tout scientifique en recherche de connaissances. Avec le temps, certaines vérités scientifiques prennent des rides et évoluent vers d’autres rivages…Le réchauffement climatique est un très vaste sujet qui mérite beaucoup plus que des avis tranchés et sans appel.Oups!! j’étais hors charte ! 😀
- 3 février 2010 à 20h10
Pas pareil, je suis d’ accord ! J’ aurais été vérifié si il m’ en restait une autre . Autant pour moi. Mais alors quelle bouteille m’ a laissé ce souvenir là durant ces deux jours où on en a bu beaucoup ? Le Gewurstz Wintzenheim de Zind-Humbrecht ? Aprés vérif, il est à 14,5°. Non ça y’ est, c’ était le Pacherenc-de-Vic-Bil 99 de Montus !
Eric, tu confirmes ce que j’ avais ressenti il y a quelques mois : la cuvée Quetton 2001 du Domaine de l’ Engarran m’ avait semblé alcooleuse et acide, alors que la cuvée Notre Terre du Mas Amiel, dont le degré d’ alcool était pourtant plus élevé, me semblait bien plus fraiche, moins fatigante. A l’ époque, durant l’ été, j’ avais posé une question qui était restée sans réponse, je me permets de la reposer car elle me semble évoquer le même sujet :
[i]Une comparaison intéressante suggérant paradoxalement que l’ impression alcooleuse, dans son sens le plus lourdingue, n’ est pas toujours proportionelle au degré d’ alcool.Les vins du Mas Jullien, du Clos Marie, de Thierry Navarre, de Jean Baptiste Sénat, parmi bien d’ autres, se baladent entre 13,5° et 15 ° et conservent par leur fruit, leur fraicheur, leur équilibre, une séduction irrésistible à mon gout.
La question deja posée sur LPV ne se réduit pas à savoir quel est le degré limite à partir duquel le vin n’ est plus un vin, mais à identifier pour moi qui suis un néophyte techniquement parlant, comment le degré d’ alcool parvient il à se faire oublier tout en restant bien présent ( presque un Koan zen !! ), à sa place d’ élément essentiel de la structure, ne tirant pas à lui toute la couverture ??[/i]Des avis techniques et autres lumières sur le sujet ?
Daniel
- 3 février 2010 à 20h14
Je pense qu’il ne faut pas exclure des explications de la montée des degrés un meilleur travail des vignes et du sol (même quand on n’est pas biodynamiste 😉 ). Ce soin dans le travail plus les conseils des œnologues de récolter à une meilleure maturité ont fait progresser à mon avis la moyenne des degrés, toute influence climatique mise à part.
Philippe
- 3 février 2010 à 21h00
comment le degré d’ alcool parvient il à se faire oublier tout en restant bien présent ( presque un Koan zen !! ), à sa place d’ élément essentiel de la structure, ne tirant pas à lui toute la couverture ??
La teneur en sels minéraux est un facteur important. Laurent M avait expliqué ici qu’il faisait faire à des dégustateurs des expériences avec des eaux plus ou moins minérales, en y ajoutant du sucre ou de l’alcool. Ils étaient moins perceptibles dans les eaux chargées en minéraux : voir ICI, par exemple.
- 3 février 2010 à 21h04
comment le degré d’ alcool parvient il à se faire oublier tout en restant bien présent ( presque un Koan zen !! ), à sa place d’ élément essentiel de la structure, ne tirant pas à lui toute la couverture ??
c’est exactement la définition de l’équilibre qu’Eric a donné plus haut entre tannins, acidité, extrait sec, maturité phénolique. Si un vin à 10 degrés manque d’acidité ou de maturité des raisins pour ce taux d’alcool, alors l’alcool sera très perceptible et désagréable gustativement.
- 3 février 2010 à 21h53
La corrélation avec le climat, c’est quand même aller bien vite.
On « constate » qu’on vendange de plus en plus tôt, et que le climat se réchauffe. Imputer au climat une hausse de 2 ou 3 % de TAV, c’est quand même un déni de tous les innombrables autres paramètres qui ont évolué sur le travail à la vigne. Même si évidemment une année chaude sera plus précoce.
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