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- Ce sujet contient 58 réponses, 12 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Anonyme, le il y a 22 années et 6 mois.
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Mark Squires, critique américain, mais aussi webmaster du forum de discussion sur le vin Mark Squires’s Bulletin Board sur e-robertparker.com nous a fait la joie de répondre à nos questions.
Très intéressant avis de l’autre côté de l’Atlantique que l’on peut comparer aux avis des critiques français.
Une version en anglais est aussi éditée.
Bonne lecture.
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- 8 décembre 2003 à 3h29
Toujours très intéressant. Encore bravo pour ces interviews, bravo mérité car c’est du boulot et du temps.
Après avoir lu les réponses j’aurais aimé, à propos de la notion de terroir, une réponse de sa part à la question suivante : pensez-vous qu’un grand terroir puisse corriger avec le temps des défauts de jeunesse d’un vin.
Car, on sent dans cette interview l’eternel clivage qu’il y a sur cette notion de terroir. j’ai l’imprssison qu’il feinte un peu facilement le couple magique
( terroir/temps ) .Jmm
- 8 décembre 2003 à 13h12
bravo Jérôme et Anthony! et merci à Mark Squires…un intéressant point de vue qui allie pragmatisme et refus des clichés-préjugés.
encore bravo!
- 9 décembre 2003 à 1h33
On reconnait bien dans cette interview le réalisme ( j’avais écrit pragmatisme, mais le mot a déjà été utilisé dans un post précédent) américain.
On juge ce qu’il y a dans le verre, on observe, éventuellement, les techniques pour élaborer le produit : tout le reste est littérature.C’est toute la différence entre l’ Histoire multiséculaire de L’Europe ( avec ses traditions viticoles qui méritent certes d’être discutées) et la « jeune Histoire des Etats-Unis fondés il y a environ 250 ans, seulement.
- 9 décembre 2003 à 12h32
Le pragmatisme ou l’étroitesse d’esprit des Américains.
Gonfler le mec de nier l’existence des terroirs. Dans autres disciplines, on appelle cela du révisionnisme.
Bon je vais aussi créer mon vignoble, engager l’équipe de petrus ou de la romanée conti, et dans 25 , j’ai le plus grand vin du monde.(aaa)
- 9 décembre 2003 à 13h49
Bob,
A votre jugement sévère : « Le pragmatisme ou l’étroitesse d’esprit des Américains », je rétorquerais « le complexe de supériorité intellectuelle des Français ».
Je n’ai lu nulle part que Mark Squires niait l’existence des terroirs. Il y attache sans doute un peu moins d’importance que certains professionnels ou amateurs français (et bourguignons en particulier…(bbb)), qui placent la notion de terroir au-dessus de toute autre considération, en négligeant le paramètre humain qui est pourtant, du moins pour toute personne possédant un peu de bon sens, assurément le plus important…(bbb)
Il nous rappelle quelque chose de fondamental qu’on a trop souvent tendance à oublier, c’est que la vérité se trouve dans le verre et pas ailleurs. Alors, les sentences du style : « ce vin est excellent mais ne reflète pas la typicité de son terroir » ne font effectivement pas partie du vocabulaire d’un critique américain. Il se contentera de la première partie de la phrase, tandis que le critique français dissertera longuement sur la seconde partie. L’un a sans doute une vision plus hédoniste du vin, l’autre une vision plus intellectuelle, chacun y trouvera donc son compte. Ces deux démarches sont complémentaires, mais quand il s’agit de déboucher une bonne bouteille, je préfère qu’elle parle à mes sens plutôt qu’à mon intellect, même si l’idéal serait qu’elle parle aux deux.Luc
- 9 décembre 2003 à 13h59
Moi, je suis ce qu’on dit aux Etats Unis un « terroiriste » – ca veut dire que les chenes neufs sont presques interdites dans mes bouteilles, je prefere les vins de bourgogne aux vins de bordeaux, etc.
Mais, en plus que le hedonisme, les gens comme Squires souvent disent que les « terroiristes » ont en fait tort, par exemple: quand ils decrivent le brett comme « le gout de la terre » ou quand ils preferent l’acidite du sucre, meme quand les deux arrive grace a la « terroir »
Peut-etre c’est pas le cas pour les critiques francais, mais les hedonists attaquent les Americains qui aiment les choses qui sont pas tout a fait grace a « terroir » sous le nom de « terroir » – moi, je prefere un peu de brett a un peu de chene neuf, mais, ca c’est autre chose..
- 9 décembre 2003 à 14h00
je ne crois pas que le pragmatisme soit le résultat d’un manque de tradition pluri-séculaire, il est plutôt une des caractéristiques de la pensée anglo-saxone dont les USA sont issus.
Pour mémoire, c’est ce pragmatisme anglo-saxon qui est aussi à l’origine des vins du médoc, de leur production et de leur système de commercialisation.
En ce qui concerne « l’étroitesse », je crois plutôt que c’est la caratéristique internationale de ceux, qui engoncés dans leurs certitudes, ne remettent jamais rien en question.
- 9 décembre 2003 à 14h21
bob,
tout le monde voit très clair dans votre petit manège. Vous n’intervenez ici que pour défendre la RVF ou pour tirer sur ce que vous penser être ses concurrents.
Vous aviez pourtant dit sous un autre nom, il est vrai, mais vous en avez tellement, que vous n’écririez plus ici. Personnellement, ça ne me gêne pas. Ce qui me gêne davantage, c’est d’avancer masqué et de ne pas jouer carte sur table.- 9 décembre 2003 à 16h55
Luc ,
C’est peut-être moi qui interprète mal les phrases suivantes :
Comment définiriez-vous la notion de terroir ?
Un concept qui est devenu de plus en plus difficile de définir depuis que des fanatiques lui attachent sans cesse des notions romantiques. Terroir est un mot simple qui veut actuellement dire trop de choses pour pouvoir en parler en quelques paragraphes ……..
Cette notion de terroir vous parait-elle déterminante ou est-ce encore une chimère française ?
Non, cela n’est pas déterminant en ce qui me concerne……..
Mais excuse-moi mais définir le terme terroir, rien de plus simple. Terroir = nature du sol ou si tu veux composantes géologiques et géographiques du sol.
Et quand le terroir des 1GCC ou d’autres vins est invoqué se sont de ces composantes qu’il est question.Alors, les sentences du style : « ce vin est excellent mais ne reflète pas la typicité de son terroir » ….
Je suis d’accord avec toi que beaucoup de gens l’utilise pour dire quelque chose. Mais si tu ne comprends pas le bien fondé de cette phrase, c’est triste. Un Montrose, ce n’est pas un pichon-comtesse ou lafont-rochet ce n’est pas pontet-canet. Le terroir y est pour quelque chose. Pour rappel , Lafont et pontet sont cultivés et élevés par les mêmes personnes.
Un autre exemple quand tu manges des asperges, ton urine a une odeur particulière et bien la vigne c’est la même chose à force de se nourrir du même sol perpétuellement, le raisin et le vin prennent le goût de leur terroir. Tu ne va pas me dire que tu trouves que la Vittel et la Contrexe sont identiques.……….ne font effectivement pas partie du vocabulaire d’un critique américain.
Je suppose qu’en Amérique, tout a le même goût. C’est bien triste. (aaa)
Là , je blague.
Par contre, il est bien connu que d’un point de vue commercial, les EU cherchent à casser cette image du terroir.Certains d’entre vous acclament des phrases comme
» Soit le vin est bon, soit il ne l’est pas »
Nous avons tous eu de bonnes et de mauvaises surprises suivant l’évolution des vins, pour être aussi catégorique. Mais bon, je reconnais que quand je mets un vins en cave c’est que je le considère comme très bon.
Pour moi , les deux facteurs essentiels et nécessaires pour créer un grand vins est premièrement le terroir, et deuxièmement l’équipe technique qui cultive la vigne et élabore le vin. Et l’un ne va pas sans l’autre.
Jérôme,
Je n’écris sur ce forum qu’avec ce pseudo, sorry !
Je défends la NRF quand vous attaquez systématiquement sa façon de coter. Sa notation relative est clairement définie, il suffit de savoir lire un tableau à double entrée. Je sais ce n’est pas donné à tout le monde, mais cette méthode me convient autant que les notes de RP.
Et quand on me dit Rayas 9,5 du pur bonheur, j’en sais assez. Je connais Rayas. je n’ai pas besoin de commentaires complémentaires.- 9 décembre 2003 à 17h23
Faux, vous intervenez systématiquement pour défendre la RVF, ses journalistes (qui d’ailleurs ne sont pas systématiquement maltraités ici. On peut être en désaccord et discuter: cela s’appelle le débat), mais aussi pour critiquer (et là c’est systématiquement) des critiques qui se sont exprimés sur ce forum, non payés par la RVF, à savoir M Squires et JM Quarin. C’est vous qui à chaque fois venez nous parler de Parker quand on parle de Bettane, comme si d’ailleurs il fallait absolument les opposer.
Quant à savoir si vous avez plusieurs pseudos, je me base personnellement sur des IP, que je peux vous faire parvenir par mail si vous le désirez. (jerome@lapassionduvin.com). Les recoupements sont saisissants. Mais peu importe, c’est votre droit, je n’ai riepas de jugement à avoir là -dessus, je ne fais que constater.- 9 décembre 2003 à 17h30
Luc,
« [i]qui placent la notion de terroir au-dessus de toute autre considération, en négligeant le paramètre humain qui est pourtant, du moins pour toute personne possédant un peu de bon sens, assurément le plus important…
[/i]Je crains qu’il n’y ait en fait un petit malentendu entre nous, s’il s’avère que je puisse être, entre autres, visé par cette petite pique!
Je te renvoie au débat sur la définition du terroir, qui pour moi n’est pas uniquement géologique mais intègre le facteur humain comme élément indissociable, puisque c’est lui qui le façonne à partir de ce que la nature a élaboré. C’est certainement discutable, mais c’est ma façon de voir. Quand un vin n’est pas digne de son terroir, c’est que son « maître » n’a pas su le mettre en valeur.
A vigneron égal, un plus grand terroir géologique produira toujours un meilleur vin. Par contre, à terroir géologique égal, il est évident que le meilleur vigneron produira le meilleur vin.
Ma conception du terroir est plus globale que la tienne, c’est tout! Les conclusions restent les mêmes!
Olif
- 9 décembre 2003 à 18h39
Bob,
Vous écrivez :
>Par contre, il est bien connu que d’un point de vue commercial, les EU >cherchent à casser cette image du terroir.
>
>Certains d’entre vous acclament des phrases comme
>
> » Soit le vin est bon, soit il ne l’est pas »Vous faites très Astérix là !
Il ne faut pas oublier que la notion de terroir est également farouchement défendue en Californie, et ce serait vraiment de la paranoà¯a d’imaginer un complot américain contre la France dans ce domaine !
Disons les choses comme elles sont : ce fameux terroir sur les étiquettes s’avère énormément casse-pied sur le plan commercial et dessert les vins français.
Oui, c’est dit.
La joie que peut procurer une multitude d’appellations et de domaines chez l’amateur provoque un haut-le-coeur et de l’anxiété chez la vaste majorité de consommateurs.Les professionnels du vin et les membres les plus lucides des interprofessions (jusqu’à René Renou, Président de l’I.N.A.O.) le savent bien.
Questions pavé dans la mare :
– est-ce que le système français garantit la qualité ? (il est permis de s’en douter…)
– est-ce que ce systète des AOC est adapté aux modes de consommation modernes ?En ce qui concerne cette deuxième question, je déplore la réponse de certains Français qui disent « c’est aux autres à s’adapter à *nous* ».
Ce nombrilisme peut très bien aller pour La Coulée de Serrant ou le Château Margaux, mais foire complètement dès lors qu’il s’agit de vins abordables – soit 90% de l’offre.Il est impossible d’aimer les vins de France plus que moi.
Cependant, le côté bureaucratique et intégriste (pour ne pas parler de l’immobilisme) de l’establishment du vin, et les pouvoirs publics, revient à se tirer une balle dans le pied.
C’est triste à voir.La France se fait tailler de belles croupières actuellement.
Pensez un instant – l’Angleterre importe actuellement plus de vin australien que de vin français.Quelles conclusions faut-il en tirer ?
La mauvaise réponse serait de critiquer les vins australiens (sirupeux, industriels, pas de potentiel au vieillissement, tout ce qu vous voulez).
Ce serait, en fait, répondre à côté.
Il serait beaucoup plus judicieux de se demander pourquoi la France s’est laissé laminée.Enfin, je rejoins, mais à 100%, l’analyse de Mark Squires. Il m’importe mille fois plus qu’un vin soit bon qu’il soit « typique de son appellation ».
C’est tout le problème en France.
Et si je déguste un vin renversant, qui ose ne pas être typique de son appellation, alors là , je m’en contrefous !!!Meilleures salutations,
Alex R.- 9 décembre 2003 à 18h51
- 9 décembre 2003 à 20h45
Olif,
Je répondais à Bob, ma petite pique ne t’était donc pas destinée… J’ai trop de respect pour la qualité de tes interventions sur ce site pour te classer parmi les « intégristes du Dieu Terroir ». Je m’étonne simplement que dès que quelqu’un affirme que le terroir n’est pas la première chose qui le préoccupe quand il goûte un vin, certains (Bob en l’occurrence, mais il y en a d’autres qui ne manqueront pas de prendre le relais, ici ou ailleurs) l’accusent de nier complètement l’existence de celui-ci. Je trouve le raccourci un peu facile et indigne de ceux qui prétendent par ailleurs critiquer la soi-disant étroitesse d’esprit des Américains.
En fait, notre position sur l’importance du terroir est très semblable, à une différence (notable) près, c’est que personnellement, je n’inclus pas l’homme dans la définition du terroir, raison pour laquelle je lui laisserai toujours la place prépondérante dans le résultat final. Le terroir est pour moi un paramètre relativement constant, c’est la partition donnée à interpréter au musicien, et il y en a de plus talentueux que d’autres…
Quant à Bob, son argumentation est d’une telle faiblesse que je ne désire plus m’alanguir sur ses considérations qui relèvent d’une évidente mauvaise foi.Luc
- 9 décembre 2003 à 21h09
« le complexe de supériorité intellectuelle des Français ».
Les clichés ont la vie dure! Je trouve usant et irritant de continuer à lire de tels postulats sur un forum ou l’on parle vin et non ethnolgie ou psychanalyse, surtout si le smiley est absent. Rien ne prouve que Bob ne soit Français. Il est peut être Belge?
Comme disait Confucius « Ne regarde pas la paille dans l’oeil de ton voisin, regarde la poutre qui est dans le tien »
PS: C’est aussi valable pour les remarques du style « l’étroitesse d’esprit des américains »
Message edité (09-12-2003 17:32)
- 9 décembre 2003 à 21h31
Jean Claude,
Ce serais gentil, pour une fois, de ne pas retirer les phrases du contexte dans lequel elles ont été écrites. C’était une réponse idiote à une sentence idiote émise par Bob. Je m’étonne que vous ne l’ayez pas compris, même sans smiley…
Luc
- 9 décembre 2003 à 21h38
Non luc, je n’avais pas compris. Vous voyez, je ne risque donc pas de développer « le complexe de supériorité intellectuelle des Français ». (bbb)
- 9 décembre 2003 à 22h03
Je n’ai lu nulle part que Mark Squires niait l’existence des terroirs. Il y attache sans doute un peu moins d’importance que certains professionnels ou amateurs français (et bourguignons en particulier…), qui placent la notion de terroir au-dessus de toute autre considération, en négligeant le paramètre humain qui est pourtant, du moins pour toute personne possédant un peu de bon sens, assurément le plus important
Merci…en Français, c’est un subjet un peu trop compliqué pour mon pauvre français, mais c’est une bonne réponse, comme je l’ai écrit. Vous pouvez écrire toutes des mes réponses …(bbb)
- 9 décembre 2003 à 22h29
La vérité est dans le verre , oui toujours et je dirais aussi dans l’interprétation d’un palais.
Mais cela me paraît un peu court, le vin va changer dans le temps, évoluer positivement alors que d’autres risquent de ne pas évoluer positivement et pourtant au départ , ils peuvent être interpréter comme aussi bon l’un que l’autre.Le terroir joue t-il un rôle mineur dans cette évolution ( que le terroir soit en Europe ou en Amérique là n’est pas la question ).
Pour l’heure, je ne le pense pas.C’est pour cela que je trouve facile de dire que la vérité est dans le verre surtout quand on sait comment certains dégustent.
J’aimerais savoir aussi le nombre de grands terroirs qui permet une évolution extraordinaire au vin au cours des années en France puis en Californie, expérience vécu à l’appui.
Un Cheval Blanc sera t-il aussi ‘ peu bon ‘ à 30 ans d’âge qu’à 1 an d’âge?
Jmm
- 9 décembre 2003 à 23h12
Jmm,
Le potentiel de vieillissement n’est qu’un critère parmi d’autres.
Ce n’est pas la condition sine qua non d’un vin fin à mon avis.Il y a des grands vins – et je dis bien *grands* – vins du Nouveau Monde qui sont « faits », qui sont parfaitement équilibrés et élégants 3-4 ans après la récolte.
Et ceci n’est pas un défaut.
Ceci n’est pas un défaut car on ne peut pas juger un vin de Sonoma ou de Mc Larren Vale selon les critères d’un Médoc.
Sur le plan philosophique, peut-on raisonnablement défendre la thèse qu’un vin qui est totalement séduisant très jeune:
A) ne pourra pas l’être plus tard ?
B) est « contre nature » et forcément inférieur à un vin qui demande 20 ans en cave ?Je ne le crois pas.
Meilleures salutations,
Alex R.
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