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François Audouze, le il y a 16 années et 5 mois.
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Après tous les excès de fin 2009, nous commençons cette nouvelle année un peu timidement pour ne pas trop brusquer les organismes. En somme, un début façon diesel !
CHAMPAGNE NOMINE RENARD Blanc de Blanc
Un champagne non millésimé d’une vingtaine d’année qui atteint ce soir un niveau absolument déroutant. Le nez surpuissant de pain grillé, d’anis étoilée, et de fruits confits me fait penser à un très grand vin des années 60. La bouche vineuse, presque sucrée tant elle est gourmande, me rappelle le citron, l’orange, le tout subtilement épicé. Inconnu, mais incroyable ! 92/100LANSON 1/2 SEC Années 20
J’ai eu envie de prendre le risque d’acheter ce Champagne sans étiquette au niveau parfait, car le livre de cave indiquait « fin des années 20 ». J’étais presque sûr que c’était un brut non millésimé. Mais l’espoir était là… Et si c’était un 28 ou 29 ? La bouteille est très lourde confirmant la décennie, et la capsule est à encoche, typique des Lanson d’avant 1940. Sur le bouchon, on lit juste Lanson 1/2 sec. Après une petite déception, je retrouve le sourire en constatant qu’il est encore sous gaz.
Le nez est à se damner, évoquant l’orange sanguine, l’orangette, et le gâteau sec. En bouche, on frôle le monument. L’attaque possède l’ampleur d’un grand Loire de 1921. C’est un véritable OVNI, car il est extrêmement liquoreux avec une bulle fine.Le fruité est d’une pureté d’école sans la moindre trace de madérisation. On note tour à tour du citron confit, de l’orange caramélisée, et de l’écorce. Le gaz est subtil et picote agréablement la langue. J’ai une petite pensée pour François en terminant ce vin , car je me souviens de l’émotion qu’il avait eu en buvant le Cordon vert des années 20. Ici la complexité est moins étonnante, mais la puissance liquoreuse est inégalée. Un très grand vin. 96/100CHÂTEAU MAYNE D’ OLIVET 2000
Un Bordeaux blanc de la rive droite. J’ai peu d’expérience sur cette rive, étant donné leur rareté… Ma dernière expérience remonte à l’an dernier avec un Monbousquet blanc 2004. Le nez un peu timide peine à se livrer sur l’amande, le miel et la noisette grillée. La bouche est nettement dominée par ce dernier arôme. Il me manque la complexité et l’allonge… A part ça, c’est un vin plaisant. 85/100CHÂTEAU PAVILLON BLANC 1983
Bouchonné à bloc malheureusement… NNCHÂTEAU LATOUR 1979
Le nez laisse à penser que le vin est au sommet de sa trajectoire… Un vrai parfum ! On note tour à tour le cèdre, le cuir, la fourrure, et les fleurs des champs. En bouche, la réglisse et le menthol domine la palette, tandis que les fruits noirs et les épices prennent le relais pour la finale. Impeccable. 92/100CHÂTEAU CANON LA GAFFELIERE 1961
J’ai peu d’espoirs quant à la qualité du breuvage, car le niveau est mi-épaule, donc sérieusement à risque. Je n’achète jamais ce type de flacons habituellement, mais le hasard à fait que je me suis retrouvé en possession de cette bouteille aux conditions sanitaires douteuses… Le nez puissant est assez typique de certains St Emilion de cette période : Fourrure, sauce pour gibier et cerise noire très mûre, presque pourrie. On note également une nuance de vernis à ongle. Je m’attends tellement à percevoir une acidité de vin abîmé en bouche, que je m’y reprends à 2 fois pour analyser l’attaque. Il n’y a pas un brin d’acidité, juste de la crème de cassis et une sensation de chaleur très marquée. Un vrai 61 en somme ! Le milieu de bouche est très marqué par le gibier écorché, l’anis et la fumée. Un rive droite antique qui me rappelle Soutard par certains aspects. Canon La Gaffelière est inexistant dans la littérature, lorsqu’il s’agit des vinifications antérieures à 1970. Je suis donc heureux de donner une référence plus ancienne aux amateurs. Je suis sûr que ma deuxième bouteille en parfaite condition sera encore supérieure. 90/100CLOS VOUGEOT 1993 Engel
C’est l’un des millésimes Bourguignon auquel je crois le plus pour l’avenir… Le nez superbe de rose, de violette et d’épices est un enchantement pour les narines. La bouche est beaucoup moins plaisante, car stricte et fermée. Les groseilles et les framboises sont mûres, c’est certain, mais la minéralité est tranchante, tandis que le boisé un peu sec et le goût de brindilles en finale nous laissent sur notre faim. A revoir dans 20 ans. 89+/100RIESLING SGN 1976 Hugel
Le nez brutal de pétrole, de fumée, de lait de coco et d’orange sanguine sonne comme une belle promesse pour la suite… La bouche est à la hauteur, avec une sucrosité bien dessinée, mais subtile. Des arômes de poudre de coco, de clémentine, d’écorce, et d’épices orientales agrémentent délicatement la finale. Un bel exemple du très haut niveau que peuvent atteindre les vieux Alsace. Pourtant, malgré toutes ces qualités, il se fait littéralement balayer dans tous les registres ( puissance, complexité et longueur ) par le fameux Clos Zisser 1959. 93/100Allez vivement la suite maintenant !
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- 26 janvier 2010 à 22h16
J’ai salivé en lisant ton texte sur le Lanson, car dès les premiers mots, je pensais au Cordon Vert de Mumm, que tu cites par la suite.
Je te trouve sévère pour le Riesling SGN de Hugel, que Jean Hugel a considéré comme une de ses plus belles réussites. Il faut qu’on en regoûte un ensemble.
A propos d’Alsace, le Rangen de Than 89 m’a scotché par sa perfection. C’est un vin que je ne bois pas souvent, mais quelle maîtrise !- 26 janvier 2010 à 22h19
Que fait la police !
Je lis : « Canon La Gaffelière est inexistant dans la littérature, lorsqu’il s’agit des vinifications antérieures à 1970. Je suis donc heureux de donner une référence plus ancienne aux amateurs. »Et alors, tu ne me lis pas ? Tu vas être à l’amende !
1 – 1961 et 1959
Nous abordons les rouges par une série de trois vins. Le premier est magique, le second est un peu fermé et le troisième est adorable. Je le trouve parfait. Le premier est un Château Canon La Gaffelière 1961, suivi d’un Château Canon La Gaffelière 1959 qui, lorsqu’il s’épanouit, se montre plus racé que le 1961 très pur mais très dogmatique, et le troisième est Château Haut-Brion 1962, qui démontre que cette année est capable de miracles. Je suis conquis par ce vin d’une rare élégance. Laurent dit qu’il vaut le 1961 de la même maison. Je n’irais pas jusque là car j’ai du 1961 un souvenir marquant.2 – 1955
Un foie gras traité de façon printanière, avec des explorations de saveurs nouvelles accompagne un Canon Lagaffelière 1955 au nez fatigué mais dont le goût est l’exacte traduction des complexités du plat. Alors que 1955 est une grande année, ce représentant n’a pas la santé qu’il pourrait avoir, mais il décoche quelques belles saveurs.3 – 1953
Le Château Canon-La-Gaffelière 1953 est absolument grandiose, magnifique, superbe, épanoui. L’année est évidente. C’est une année de réussite exceptionnelle en saint-émilion, comme pour le cousin La Gaffelière Naudes que j’ai eu l’occasion de boire de très nombreuses fois, avec un permanent succès.4 – 1950
Stephan nous fait l’honneur de faire ouvrir Canon La Gaffelière 1950 absolument délicieux, dont le goût n’est évidemment pas dans les recherches actuelles du Comte, mais représente un témoignage du plus bel intérêt.- 27 janvier 2010 à 6h56
Et ben dites donc 92/100 pour Latour 79, c’est au moins 5 points pour l’étiquette non?
Je suis natif de ce millésime et j’ai bu au moins 5 ou 6 fois ce vin qui n’a jamais eu grand chose pour lui si ce n’est de ne pas être bouchoné. Vous me direz, c’est déjà çà.
- 27 janvier 2010 à 8h21
Je dois boire un Latour 79 ce week-end, cela sera interessant, mais a ce stade on parle plus de la bouteille en elle meme.
Merci pour ce CR.
Didier
- 27 janvier 2010 à 14h43
François, je suis ravi de te retrouver ! J’espère que tu reviens en forme…
En fait je parlais plus des livres (Parker Broadbent…. ) mais j’avais effectivement oublié de vérifier dans ton site ! Pêché d’orgueil !
Merci pour toutes ces notes qui m’intéressent au plus haut point.
Sinon pour le SGN 1976, c’est la 2 ème fois que je le bois, et celle-ci était la meilleure. J’avoue une préférence pour les Zind ou Faller des années 80 et 90.
Le seul très grand Hugel que j’ai bu en vin ancien était un VT Beerenauslese 1961, millésime que Jean Hugel considérait comme sa plus grande réussite ; Ceci expliquant peut être cela…Pour » si le vin », je me dois d’ajouter cette précision : Latour 79 a été bu à l’aveugle et noté comme tel ! C’est un peu pour éviter ce que vous décrivez que l’on procède ainsi ! Je n’ai donc pas pu avoir d’influences en notant et en aimant ce vin.
Mon ami, fidèle parmi les fidèles, est de 1979, et je crois que nous avons goûté la plupart des crus classé, les prestigieux et les moins célèbres, de cette année et je peux vous assurer ( nous étions tous du même avis à table ) que cette présente bouteille se situe sans forcer dans le peloton de tête de l’année. Parfumée et crémeuse, il ne lui manque qu’un peu de puissance et de longueur pour égaler certains grands millésimes. J’imagine que nous avez pas eu de chance ! 5 bouteilles relèvent même d’une incroyable malchance… Désolé.Didier, j’espère que nous ferez part de vos impressions, car il se peut que ce millésime pour Latour souffre de différences d’un flacon à l’autre…
Florent.
- 27 janvier 2010 à 14h48
Le seul très grand Hugel que j’ai bu en vin ancien était un VT Beerenauslese 1961, millésime que Jean Hugel considérait comme sa plus grande réussite
C’est ainsi que s’appelait ce 61, comme un vin allemand?
- 27 janvier 2010 à 15h22
Oui oui tout à fait. C’était une bouteille d’origine qui n’avait jamais bougé de la cave d’un amateur. Je pense que si elle était sortie du domaine de nos jours, elle aurait une étiquette différente.
Par exemple pour le Riesling 1976 SGN dont je parle dans mon CR, la bouteille était avec une étiquette principale VT , et inscrit en petit SGN sur une autre étiquette. Alors que celle que j’avais bue l’an dernier provenait directement du domaine et avait été étiquetée comme une SGN récente….
L’Alsace est un vrai « casse tête » pour les vins anciens de vendange tardive.
Florent.- 27 janvier 2010 à 15h29
merci
- 27 janvier 2010 à 23h25
Hugel est spécialiste de ces étiquettes et petites bandelettes qui se décollent.
J’ai beaucoup de VT, avec la bandelette SGN qui se détache.
Luc Javaux avait lancé une discussion sur ce sujet de la confusion VT et SGN lorsque j’avais fait part de ces bandelettes ajoutées.
Comme Enzo, je suis étonné que 1961 soit beerenauslese, mais il ne faut s’étonner de rien.
Mon plus grand vin d’Alsace est le Riesling Hugel SGN 1915. Mais à cette époque on disait Spätlese, Trocken Beeren Auslese.« si le vin » sousestime la performance des très grands vins comme Latour dans des millésimes peu fameux.
Il y a dans les grands vins une capacité à « surperformer » dans les petites années qui est assez remarquable.
Vaste débat.Florent,
Je suis en forme, mais après 25 jours sans vin, je suis sorti du déjeuner ce midi complètement pompette. Contraitrement au vélo, ça s’oublie vite !
Pour prouver le mouvement en marchant, contacte-moi, j’ai envie de sortir du lourd, du brutal, du qui tache, pas de tes petits vins d’échauffement 😉- 28 janvier 2010 à 0h13
[i] »si le vin » sousestime la performance des très grands vins comme Latour dans des millésimes peu fameux.
Il y a dans les grands vins une capacité à « surperformer » dans les petites années qui est assez remarquable.
Vaste débat. [/i]François, Sylvain ne sous-estime rien du tout, il a goûté 5 ou 6 fois Latour 1979 et il donne son avis de manière argumentée.
Peut-être bien, par contre, que certains surestiment la performance des grandes étiquettes dans les petits millésimes.
Vaste débat effectivement… 😉Luc
- 28 janvier 2010 à 0h48
Luc me sort les mots de la bouche. J’avais encore cette bouteille en cave à l’aube de mes 30 ans mais j’ai préféré l’échanger contre du Coche Dury et à vrai dire je ne le regertte pas.
Je ne sais pas si ce vin souffre de grande disparité, mais je l’ai bu en compagnie d’amis qui travaillaient au chateau à l’époque. De ce fait les bouteilles n’ont fait que 10 km en voiture pour finir dans une cave parfaite. Je ne peux en rien sous estimé Latour car c’est un de mes plus grand souvenir sur son millésime 55 pour les 50 ans de mon père. Un vin magique à la réputation moyenne pourtant. Je ne peux pas en dire autant de ce même Latour en 79.
J’ai déguster pas mal de 79 en Bordeaux, que dire? Ben pas grand chose comparé au grand souvenir du Richebourg 79 de la DRC (pour le coup çà c’est de la belle étiquette) dégustée l’an dernier. Il y a un monde entre les 1 GCC 79 et ce Richebourg parole de médocain…
- 28 janvier 2010 à 1h03
Merci de ces précisions.
- 28 janvier 2010 à 5h02
>
> J’ai déguster pas mal de 79 en Bordeaux, que dire?
> Ben pas grand chose comparé au grand souvenir du
> Richebourg 79 de la DRC (pour le coup çà c’est de
> la belle étiquette) dégustée l’an dernier. Il y a
> un monde entre les 1 GCC 79 et ce Richebourg
> parole de médocain…sylvain as tu gouté leoville las cases 1979 j’en est un tres tres bon souvenir ,insolent de jeunesse sur la mure et une belle matiere (je l’ai même decanté)
le lendemain le fond de bouteille été encore tres expressif.Il lui reste encore de belles années (du moins sur cette bouteille) servi derriere un mouton de la même année qui n’etait pas mal non plu et oui sur des notes tres nettes de fruits rouge!!! Par contre la bouche faisait bien sont ages mais elle etait néanmoins delicate et une finale fine et élégante . J’avoue que je pense avoir été bien servi pour mes trente ans 😉
par contre pas de richebourg 🙁- 28 janvier 2010 à 13h48
Sylvain, j’ai juste un problème quant à votre comparaison entre Latour et Richebourg DRC 1979…. Certes Latour est l’un des vins les plus célèbres du monde au même titre que DRC. Mais 1979 est bien différente selon les régions ! En Bordeaux nous sommes en année moyenne, alors qu’en Bourgogne nous sommes en exceptionnelle pour les blancs et très bonne pour les rouges. D’ailleurs j’en profite pour donner un tuyau : Cela ne se sait pas trop pour le moment, mais en Pinot, 1979 est en train de sortir à un niveau tout à fait inattendu. Donc profitez des prix corrects qui n’ont pas encore rattrapé la qualité ! Dès que certains critiques éminents se pencheront plus sur cette année méconnue, les prix risquent de bouger… Je suis donc parfaitement d’accord sur la qualité de DRC dans cette année ! Et il y a effectivement un monde entre Conti et Bordeaux ; Mais quid du prix ??
Et c’est le deuxième problème : Le prix. Heureusement que le Richebourg 79 est meilleur que Latour, puisqu’il se vend près de 3 fois le prix de ce dernier. La comparaison aurait plus de sens entre un Bordeaux encensé de cette année et le Richebourg.
Peut être que Lafleur aurait son mot à dire !
Au delà de ce détail, je suis d’accord pour dire que Latour n’est pas la meilleure affaire de ce millésime… Les amateurs peuvent se pencher sur Haut Bailly par exemple. Vin somptueux et prix très raisonnable.
Florent.- 28 janvier 2010 à 18h26
Tout ça me fait bien plaisir car j’ai la chance d’avoir RC DRC et Richebourg DRC 1979.
En ce qui concerne les 1979, je les bois en sachant ce que représente l’année. Alors, bien sûr, je peux être plus laudatif que le vin ne mérite, s’il était en comparaison avec une grande année. Mais lorsque le plaisir est là, je le dis.
Le Château Ausone 1979 est le premier Ausone du fêté de quarante ans. Je lui explique donc avant que le vin ne soit servi ce qu’il y a de subtil en Ausone, qui nécessite une grande humilité d’approche. Car ce vin de grand ésotérisme ne se livre pas comme cela. Comme pour me faire mentir, ce 1979 est d’une facilité d’approche rare, et constitue une brillante image de la beauté spécifique d’Ausone. Certains se sont amusés à essayer le Meursault avec le loup, trouvant des accords aromatiques avec la pistache quand l’Ausone offre un accord de texture, mais il est évident que cette préparation colle à l’Ausone avec une exactitude absolue. Le plat est dans la ligne des deux étoiles qui décorent le chef.
Par une chance qui n’arrive qu’à ceux qui la méritent, le Léoville Las Cases 1979 se présente avec une qualité inimaginable pour son année. Charnu, joyeux, il rit sur un chevreuil délicieux. Ce vin a une densité que je n’attendais pas. Tant mieux. En revanche, le Vosne Romanée Cros Parantoux Henri Jayer 1979, dont on devine toute la subtilité de sa création, joue un peu à contrecœur. Ce n’est pas le flamboyant que l’on attendrait. Mais c’est évidemment un très grand vin. Et là aussi les deux régions se boudent, alors que le plat voudrait les réconcilier. (on voit sur ce cas que c’est la Bourgogne, et pas n’importe laquelle, qui déçoit)
Le Cheval Blanc 1979 est élégant, plutôt fort en alcool. Un peu strict aussi. On pourrait dire que c’est un Cheval Blanc classique mais resserré.
Merci à mon ami de m’avoir fait goûter ces deux vins, car ils montrèrent avec une magistrale évidence combien Pétrus 1979 est grand. J’avais demandé un cabillaud sur ce Pétrus. La chair fut un extraordinaire faire valoir. Si les circonstances de dégustation ont un sens, le fait d’avoir bu des vins courts et sans personnalité (je suis cruel mais il faut savoir dire non à ces vins excessifs) faisait briller ce Pétrus qui nous apparut d’une qualité extrême. Sophistication, belle complexité, charme, velouté, longueur, tout y était. Un magnifique Pétrus porteur de toutes les qualités. Ce n’est que dans la lie que j’ai retrouvé les caractéristiques de l’année un peu courte, alors que le vin paradait auparavant à un niveau de première grandeur.
Le ris de veau d’une chair, d’une densité, d’une expressivité sans pareilles accueille deux vins, le Château Mouton-Rothschild 1979 et L’Angélus, Saint-Emilion 1959. Et immédiatement, à la première bouchée et la première gorgée de chaque vin, on se sent bien, étonnamment rassuré. C’est comme ces publicités pour des marques de matelas qui imagent leur élasticité par des sauts de trampolines. On est dans un confort pullman, on a des saveurs qui sont toutes lisibles. Les bordeaux sont de grands garçons bien élevés. Ils nous font le baisemain. L’Angélus est tellement époustouflant, balayant d’un revers de main les craintes de l’ouverture, que l’on aurait du mal à imaginer bordeaux plus sensuel que cela. C’est rond, chaleureux, séduisant, emplissant la bouche comme la couronne de frangipaniers orne le cou des vahinés. Alors, le Mouton parait plus strict, plus linéaire lors du premier contact. Mais le Mouton étend son charme et le charme agit. C’est un Mouton d’une année faible, mais ici d’une subtilité appréciable. Et l’Angélus est immense de la première à la dernière goutte. Ce ris de veau est un bonheur.
Enfin un franchement faible :
Cinq vins rouges. Ce sont : Margaux 1983, une délicatesse, un charme redoutable. Mouton-Rothschild 1982, une structure d’une rare précision, un vin de grande définition. Lafite-Rothschild 1979 en magnum, servi un peu frais et d’une année plus austère, on reconnaît Lafite, mais un Lafite discret. Château Latour 1978, un prodige de distinction et de raffinement. Des journalistes avaient voulu créer une sensation en se demandant si le vin de Latour serait représenté car son propriétaire n’est pas véritablement l’ami du tycoon qui nous reçoit. C’eût été une faute de goût de ne pas l’inclure en ce jour. Je suis sûr que la question ne s’est même pas posée. Haut-Brion 1975 en magnum, un nez inimitable d’un raffinement unique. Mais en bouche une petite déception que ne connaîtront pas des tables voisines.- 28 janvier 2010 à 23h43
mais en Pinot, 1979 est en train de sortir à un niveau tout à fait inattendu.
je me suis fait allumer par le Grand Bouguignon d’en face parce que j’ai adoré qqs bt de Bonnes Mares 1979 de Vogüé … 😉 … malheureusement maintenant toutes bues
- 3 février 2010 à 7h25
[quote=macflo76]
Les amateurs peuvent se pencher sur Haut Bailly par exemple. Vin somptueux et prix très raisonnable.
[/quote]Salut Florent, on pourrait même ajouter « dans la majorité des millésimes » mais Chutttttttt…faut pas le dire trop fort sinon Eric et moi on n’en trouvera plus 😉
- 3 février 2010 à 16h11
Je crois que c’est un secret de Polichinelle. Haut-Bailly est un des plus constants de tous les bordeaux, avec une authenticité remarquable.
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