Désherbant soft

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    Suite à une discussion dans la rubrique Rhône, à propos d’un désherbant « soft » qui était en fait le fameux glyphosate de MOnsanto (ou round up); probablement le désherbant le plus utilisé aussi par le jardinier.
    je ne sais comment était la campagne publicitaire en France; mais en Belgique, elle avait laissé le souvenir du désherbant biodégradable, écologique …

    je me permets de poster un article tiré de Libération, ce n’est pas hors sujet sur LPV; on touche les racines de la vigne 😉

    [b]Pesticides. Le tribunal de Lyon vient de condamner le geant de l’agrochimie Monsanto pour « publicite mensongere ».
    [/b] 
     
    ( Liberation, S 27 01 07 , Eliane PATRIARCA)
     
    C’est la victoire de David contre Goliath. Monsanto, le mastodonte de l’agrochimie, dont le siege francais se trouve a Bron, dans la banlieue lyonnaise, etait poursuivi pour publicite mensongere autour du Roundup, le desherbant le plus vendu au monde, par l’association Eaux et rivieres de Bretagne (ERB). Vendredi a Lyon, Monsanto Agriculture France a ete condamne a payer une amende de 15 000 euros. Le distributeur du Roundup, la societe Scotts France, poursuivie pour les memes faits, a aussi ete condamnee a une amende de 15 000 euros. Le tribunal correctionnel a egalement ordonne la publication du jugement dans le quotidien le Monde et dans Maison et Jardin Revue.

    ERB avait depose sa plainte en 2001, scandalisee par la campagne publicitaire deployee par Monsanto. Leader en France de la vente de pesticides aux particuliers, l’agrochimiste a bati le succes de sa gamme phare sur une image « ecolo ». Qualifie dans les publicites de « biodegradable », le Roundup (une denomination generique pour une gamme de produits) etait aussi cense « respecter l’environnement », « laisser le sol propre ».

    Glyphosate. En 2000, Monsanto s’est paye une grosse campagne de pub a la tele pour le Roundup. Nous, on venait d’obtenir les resultats d’etudes qui montraient la presence massive de glyphosate, la matiere active du Roundup, dans les rivieres bretonnes », se souvient Gilles Huet, delegue de l’association (1). Or le glyphosate est un produit dangereux pour l’environnement et la sante, dont la presence dans l’eau et les aliments est reglementee par de multiples textes francais et europeens. En 2001, il est classe par la Commission europeenne comme « toxique pour les organismes aquatiques » et pouvant « entrainer des effets nefastes a long terme pour l’environnement ».

    « Avec ses pubs mensongeres, Monsanto a favorise la banalisation de l’usage de ce pesticide, le plus vendu aux jardiniers amateurs », deplore ERB. Une banalisation qui se traduit, selon l’association, par le fort taux de pollution des eaux francaises : les deux molecules chimiques issues du Roundup sont detectees respectivement dans 55 % et 35 % des eaux superficielles (2).

    Aux Etats-Unis, a la suite d’une procedure judiciaire menee dans l’Etat de New York, Monsanto avait du cesser, des 1996, ce type de publicite sur le territoire americain. Mais en France, ce n’est que depuis 2003 que les produits Roundup ne sont plus porteurs de ces qualifications fallacieuses.

    Depuis 2001, la toxicite du Roundup pour l’environnement et la sante a ete confirmee par de nouvelles etudes scientifiques. « L’equipe du Pr Robert Belle, du CNRS de Roscoff, a mis en evidence le caractere potentiellement cancerigene de l’herbicide (1), precise Jean-Paul Guyomarc’h, responsable du dossier pour ERB. Celle de Gilles-Eric Seralini, professeur de biologie moleculaire a l’universite de Caen, montre que le Roundup est aussi un perturbateur endocrinien. »
    Le proces avait ete reporte deux fois. Mais vendredi, dans son jugement, le tribunal correctionnel de Lyon a estime que « l’utilisation combinee sur les etiquettes et emballages des termes et expressions « biodegradable », « laisse le sol propre », etc., […] pouvait laisser faussement croire au consommateur a l’innocuite totale et immediate desdits produits par suite d’une degradation biologique rapide apres usage […] alors qu’ils peuvent au contraire demeurer durablement dans le sol, sous la forme de glyphosate et de son adjuvant, voire se repandre dans les eaux souterraines ».

    « Confiance ». Plus genant encore pour Monsanto, la justice a considere que l’industriel savait parfaitement, et « prealablement a la diffusion des messages publicitaires litigieux, que les produits vises presentaient un caractere ecotoxique ». Pour le porte-parole de Monsanto France, Yann Fichet, ce jugement « ne remet pas en cause l’utilite des produits de la gamme Roundup ». « Il existe une relation de confiance entre nos produits et ses utilisateurs, et nous pensons que les consommateurs continueront a utiliser le Roundup », ajoutait-il vendredi. Monsanto etudie la possibilite de faire appel.

    Au contraire, pour Eaux et rivieres de Bretagne, a qui Monsanto doit verser 5 000 euros de dommages et interets, « cette condamnation met fin au mensonge de la firme, remet les pendules a l’heure » et « constitue une excellente nouvelle pour la protection de l’eau ». D’ailleurs, rappelle ERB, l’article 36 de la loi sur l’eau adoptee le 30 decembre dernier prohibe « les publicites pouvant donner une image exagerement securisante ou de nature a banaliser l’utilisation des pesticides ».

    (1) Liberation des 29 octobre et 5 novembre 2004.
    (2) Dernier rapport de l’Institut francais de l’environnement.

    Alors, stop ou encore?

    merci d’avoir lu, et bonne nuit

    Laurent

Affichage de 20 réponses de 1 à 20 (sur un total de 20)
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    seb
    Participant

    15 000 euros d’amende houlala, la justice a été très méchante contre cette société qui polluait depuis plusieurs années en connaissance de cause, et qui en plus, comble du cynisme, le faisait sous une étiquette bio-dégradable, bio-dégradant devrait-on dire. Ceci dit même si c’est un petit pas, c’est toujours bon à prendre…

    Eric Monné
    Participant

    Tu m’as enlevé l’article de la publication sur LPV. Bien vu Laurent.

    C’est important parce qu’il me semble que beaucoup de vignerons n’ont pas encore pris la mesure de labsurdité du travail avec herbicides.

    Glyphosate: Utilisation multipliée par deux entre 1997 et 2002. Ventes assurées à 60% par la firme Monsanto. En France 5400 tonnes consommées par an. Dont 3200 de Roundup. Soit 9 millions de litres eq. Roundup _360gr/l_

    La désinformation sur l’inocuité du produit est déjà scandaleuse. Mais le pire est la dépendance qui a été incidieusement créée. En faisant croire à des générations d’agriculteur et de jardiniers qu’il n’y avait pas d’autre voie.

    On reste effaré par la modicité de l’amende à la lumière des milions que couterons les frais de dépolution _dont l’effort à engager pour réintroduire la biodiversité, je suis bien placé pour en parler_, les conséquences sanitaires, l’impact sur la qualité de l’eau _et des raisins_, la perte de savoir faire pour le travail des sols, etc…

    Un site édifient sur les effets des pesticides, voir en particulier:
    [les enfants exposés aux pesticides ont un QI plus faible]
    [Six fois moins de résidus de pesticides chez les enfants qui mangent bio]
    [Les phytos peuvent provoquer des maladies irréversibles]

    Une des seule conséquences positive dont je saurais être gré à la firme Mons. C’est la répulsion qu’ a provoqué leurs méthodes et produits _qui étaient à l’époque vantés par tous les conseillers agricoles du coin_ quand nous avons démarré notre projet. Et l’impulsion qu’ils nous ont donnés pour choisir une autre voie. Le bio.

    Bebert
    Participant

    Non ce n’est même pas un petit pas, c’est de la poudre aux yeux.
    Monsanto n’est pas le mastodonte de l’agrochimie que l’on veut bien nous présenter.
    C’est le « petit » parmi les grands, sur lequel on semble s’être entendu pour taper… L’expression « noyer le poisson » prend tout son sens, avec nous dans le rôle du poisson.

    Les vrais géants eux, pendant ce temps, agissent impunément, et ils ne sont pas tous américains.

    D’ailleurs, je trouve facile et insidieux de dire que c’est la faute à la pub si on pollue la terre… On vit comme des assistés à remettre la faute sur les « autorités » et les « institutions », mots qui ne signifient plus rien. C’est à nous d’arrêter de polluer la terre, et de ne pas faire semblant d’ignorer que le round-up est une « belle merde ».

    Bravo à ceux qui ont choisit le Bio, ils montrent qu’ils ont compris que charité ordonnée commence par soi-même… Bravo aussi à Eric de faire avancer l’information, c’est essentiel, même si j’avoue être septique devant une telle affirmation : « En faisant croire à des générations d’agriculteur et de jardiniers qu’il n’y avait pas d’autre voie. » … Les agriculteurs et les jardiniers sont-ils vraiment un ramassis de débiles et de demeurés? Je ne le crois pas : ils ont simplement cédé à la facilité alors qu’ils savaient très bien qu’il existe d’autres façons. La faute n’est pas à Monsanto à qui on accorde bien trop de supposé pouvoir. Et beaucoup continuent. Parce que notre culture est celle, absurde, de la compétition, où on préfère tout casser derrière soi (après moi le déluge) pour gagner plus que son voisin, au mépris de la terre et de soi-même. Si encore les victimes de cette culture en tiraient quelque bénéfice, on pourrait se consoler, mais je crois hélas qu’ils en sont les premiers malheureux.

    Note : les agriculteurs consomment très peu de désherbant comparé à ce qui est utilisé pour les routes et les voies ferrées. Les consensus nationaux et internationaux à propos d’écologie prennent les choses dans le désordre le plus absolu en faisant grand cas des questions les moins urgentes, en fermant les yeux sur les catastrophes devenues mesurables et visibles du climat, et semblent préférer accuser les agriculteurs que de remettre en cause leur propre démarche. C’est normal, on ne blame pas l’état d’être ce qu’il est ; sa nature n’est pas d’être bon…
    Il y a beaucoup de questions importantes sur lesquelles on fait l’impasse, mais la première d’entre toutes, c’est le pétrole. Or si les états ne souhaitent pas aborder la question, nous pouvons, nous, cesser de faire un usage aberrant du pétrole: la voiture uniquement en cas de nécessité réelle, l’avion jamais lorsqu’on peut prendre le train à la place. Si on n’est pas capable de faire ces gestes essentiels, on ne critique pas un agriculteur qui désherbe.

    [b]Je suis désolé d’être aussi dur sur ce sujet, mais de deux choses l’une : ou bien la question de l’écologie est secondaire et tant pis pour nos enfants, ou bien elle est importante (ce qui me parait être devenu terriblement évident), et alors se contenter de discours de Mon discours pourrait bien rendre l’écologie impopulaire, mais il vaut mieux une écologie impopulaire qu’une écologie inutile!![/b]

    Eric BERNARDIN
    Participant

    Je suis désolé, mais on ne peut pas dire que Monsanto est un « petit ». C’est tout de même le premier semencier mondial. Or la semence est l’un des secteurs des plus stratégiques qui puisse exister puisqu’elle concerne la source de notre alimentation quotidienne. Il y a évidemment un lien entre semence et roundup puisqu’une bonne partie des semences OGM sont conçues pour être résistantes au roundup. Cela permet d’utiliser du roundup pour les cultures de maïs ou de soja pendant leur croissance, ce qui était impossible à faire avant l’apparition des OGM. Mais surtout de vendre toujours plus de roundup 🙁

    Depuis les années 30 et son rachat de Swann chemicals, Monsanto est l’inventeur et principal producteur des PCB, polluants organiques dangereux difficilement biodégradables.

    L’Agent Orange déversé sur le Vietnam, détruisant la nature avec des effets collatéraux pour les populations (et les vétérans du Vietnam) : toujours Monsanto…

    L’hormone de croissance bovine, aussi dangereuse pour les animaux que les consommateurs: encore Monsanto…

    Mais bon: ce sont certainement des gens formidables qui ne veulent que notre bien 😀

    Eric

    lanèfle
    Participant

    Ah la la l’éternel débat du bio. Des pesticides. Cela n’est il pas éloigné du sujet vin ? L’important n’est-ce pas la vérité dans le verre ???

    Moi je ne le pense pas. Mais c’est un autre débat.

    En ce qui concerne les pesticides, il faut savoir que plus de 50 % des pesticides retrouvés dans les rivières belges proviennent de particuliers. Chaque début d’été des firmes comme bayer vantent les mérites d’herbicides qui laissent vos terrasses et graviers propres de vilaines mauvaises herbes pendant deux mois et plus. Dans ma propre commune, partie intégrante d’un Parc Naturel, j’ai vu des équipes de la commune désherber des caniveaux un jour de « giboulées » («  » parce qu’on était en mai…).

    Les agriculteurs et les jardiniers sont-ils vraiment un ramassis de débiles et de demeurés? Je ne le crois pas : ils ont simplement cédé à la facilité alors qu’ils savaient très bien qu’il existe d’autres façons. La faute n’est pas à Monsanto à qui on accorde bien trop de supposé pouvoir.

    Bof, je sais pas. Il y a un effet très insidieux qui est « qu’est-ce que ma petite personne va bien pouvoir changer au monde ?  » Ce n’est tout de même pas mon petit « spritch » d’insecticide qui va changer quelque chose non ?
    Et puis, il y a aussi un rapport à la nature qui est assez complexe. La nature ok, mais pas trop sauvage, maîtrisée, sans rien qui dépasse. Et puis, il y a aussi l’éducation, les partis prix. Beaucoup de gens pensent que les méthodes bio se sont des trucs de rigolo pour 68ards attardés…

    Mais… ca bouge. Cette année je ne désespère pas de convaincre quelques particuliers d’entretenir une petite touffe d’orties dans leur jardin… L’image « écolo » évolue, les « foldingues » d’hier deviennent des interlocuteurs valables pour beaucoup de gens.

    Monsanto base son discours sur une mentalité qui est celle de l’homme depuis bien longtemps. La mentalité d’un être qui en toute bonne foi n’a jamais pensé être capable de scier sa branche de l’arbre.Si on avait offert des oGM’s ou du round up aux gens des siècles passés (ces bons sauvages originels qui baignaient dans le terroir et la tradition…) ils auraient dits amen sans broncher. Aujourd’hui, il y a des voix qui s’élèvent mais qui se heurtent à un mur de pratiques vieilles comme l’ère industrielle. J’ai autrefois travaillé avec des biologistes qui comme moi avaient 20 ans à l’époque qui travaillaient dans une univ sur des fraisiers OGM. Ils bénissaient les OGMs sans aucun esprit critique sans l’ombre d’une remise en question. Le patron du labo faisait de même et commençait son discours rassurant dès la première candi. Beaucoup des projets de ce labo étaient financés par Monsanto… Il y a aussi le procès Monsanto versus kokopelli… La légende du round up biodégradable a été ancrée des années même dans le milieu scientifique.
    Alors je pense que oui, Monsanto a une attitude pro-active pour vendre ses produits, défendre ses monopoles. Et le consommateur n’a pas toujours les moyens intellectuels, le courage (paresse…) ou même l’envie d’essayer autre chose.
    Enfin pour ce que j’en dis…

    Bebert
    Participant

    > Il y a un effet très insidieux
    > qui est « qu’est-ce que ma petite personne va bien
    > pouvoir changer au monde ?  » Ce n’est tout de même
    > pas mon petit « spritch » d’insecticide qui va
    > changer quelque chose non ?

    Est-ce que si je tue mon voisin, cela va changer le monde? Peut-être pas, mais cela fait de moi un criminel. Il faudrait appliquer le même raisonnement pour quelque chose d’aussi grave que l’environnement.

    Alors oui, je vois bien ce problème, et ma réaction un peu vive ne témoigne que de mon désir de changer cette mentalité, ce qui me semble une priorité.
    Changer le monde ne se fera jamais sans commencer par soi-même.

    D’où mon leïtmotiv : ne critiquez pas les agriculteurs si vous continuez de prendre votre voiture inutilement. Ne critiquez pas Monsanto si vous avez la flemme d’aracher les mauvaises herbes à la main et que vous achetez leurs produits. Et qu’on ne vienne pas dire « oh Monsanto m’a menti, comment j’aurais pu savoir que les désherbant polluent? » car tout le monde le sait très bien. Ou disons : nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

    Comme tu as compris, j’encourage chacun à se résigner à faire de lui même les gestes importants. Et je m’insurge seulement si le discours de « bonne conscience » se met à dispenser d’agir, ce qui dans les médias est pour le moment la règle.

    Lorsqu’on est coupable collectivement, on choisit toujours un bouc émissaire. Cela s’est toujours vérifié. Il serait mieux d’empêcher ensembles la catastrophe de se produire que de chercher dès aujourd’hui celui qu’on rendra responsable de notre échec. Car pendant qu’on réfléchit à celui qu’il faudra pendre sur la place publique, on laisse le désastre se dérouler, pire, on y participe activement.

    LaurentM
    Participant

    Bebert, tu fais un peu dans le proces d’intention; car tu ne connais pas les intervenants.

    Mais ce n’est pas grave et je retiendrai 2 choses qui transpirent de tes interventions avec lesquelles je suis bien sûr d’accord:

    – « Et je m’insurge seulement si le discours de « bonne conscience » se met à dispenser d’agir »
    – « charité bien ordonnée commence par soi-même »

    Bonne soirée

    LaurentM

    Bebert
    Participant

    Mais non cher Laurent, j’ai profité de ce sujet pour développer mes idées; si je m’étais bien exprimé, aucun des intervenants sur ce topic n’aurait eut l’air visé.

    Il faudra un jour que j’apprenne à dire mes idées sans nécessairement les opposer aux autres, en attendant, faites preuve de clémence avec mes interventions enflammées… et réfléchissez avant de prendre la voiture ou l’avion pour rien 😎

    lanèfle
    Participant

    Mais je suis tout à fait d’accord avec le fond de ton discours Bebert. Mais étant au contact du public chaque jour dans mon travail, peut-être suis-je un peu désabusé. Dans mon discours, je fais part de mes constatations.
    L’effet « peur de la nature » est bien réel. Lorsque ma voisine râle contre mes orties, mes herbes folles (que je trouve si belles lorsque le vent les fait frissoner dans le soleil couchant) qui attirent des bêtes et que je vois l’incompréhension dans ses yeux lorsque je lui réponds : « ben justement, attirer les bêtes, c’est le but… », je me dis qu’il y a encore du boulot ! Quand je vois des gens qui lors de la « coupure » de jeudi ont allumé toutes leurs lumières extérieures…je soupire.
    Hier, j’étais à une réunion avec des agriculteurs : ils se sentent mal aimés, ils en ont marre qu’on les accuse de polluer la planète. Et je le répète, le plus grand danger pour la planète actuellement ce n’est pas les agriculteurs ni les industriels mais les particuliers, vous et moi y compris.
    Mais néanmoins, j’affirme que le battage publicitaire de certaines firmes qui banalisent les produits phyto, les rendent socialement fréquentables, de firmes qui par des procès, tentent d’intimider des « semenciers contestataires », qui à l’échelon local placent des gens dans les instances de décision d’un Parc Naturel, j’affirme donc que ce battage publicitaire est préjudiciable. Il est primordial qu’une décision de justice leur rabatte (même de façon dérisoire, parce que 30 000 euros pour eux…) leur caquet.
    Mais tout à fait d’accord pour le reste, l’effort doit venir de chacun… y compris et surtout dans ses habitudes de consommateur. Par exemple, on fait un foin des énergies renouvelables mais sait-on que si chaque belge roulait de manière calme et posée (pas d’excès de vitesse, ni d’accélérations sauvages…) cela diminuerait les émissions de CO2 de façon plus importante que toutes les mesures actuelles prises par le gouvernement ? Bon j’ai plus les chiffres en tête mais c’est parlant non ?

    Cordialement
    Marc Houbart

    Bebert
    Participant

    Rouler calmement est une très bonne chose.
    C’est indispensable, mais c’est complètement insuffisant.
    Je suis d’accord avec tout ce que tu as dit, Marc, et j’ai bien entendu beaucoup de considération pour ton discours.
    Mais ne nous leurrons pas, les occidentaux (en nombre infime mais déjà suffisant pour avoir bousillé le climat et qui continuent à augmenter leurs émissions) ne VEULENT PAS abandonner leurs voitures et leur train de vie hyperactif. Les chinois et les indiens (très nombreux eux) VEULENT aquérir le même train de vie et les mêmes voitures.
    Même si on réduit notre consommation en roulant moins vite, on ne fera que ralentir l’accélération de la catastrophe. Ton raisonnement est juste, mais insuffisant et c’est avec peine que je dis cela. On ne peut pas se contenter de rouler moins vite même si il faut déjà commencer par là. Il faut arrêter de rouler tout court, du moins autant que cela est possible, se contenter d’une voiture par foyer, et seulement si on ne peut pas s’en passer. Il faut aussi préférer des produits peu industrialisés et de longue durée de vie (ce qui apparait comme des produits de luxe en somme) et quand on a un jardin, il faut l’assumer en s’en occupant avec ses mains, pas avec un hélicoptère et la chimie lourde!

    Si on ne fait pas cela nous mêmes et maintenant, comment va-t-on expliquer aux milliards d’asiatiques qu’ils doivent renoncer à avoir ce que nous avons? Impossible. Nous n’avons plus le choix qu’entre agir vraiment, ou rester les bras croisés en choisissant un bouc-émissaire à brûler sur la place publique quand il sera trop tard.

    Je remercie les administrateurs d’avoir toléré ce « hors sujet » qui gagne a être abordé ouvertement partout où c’est possible 😉 (d’ailleurs on pourrait mettre à jour le titre par exemple « Procès de Monsanto, désherbant et écologie constructive »)

    Mes amitiés à toi, Marc.

    lanèfle
    Participant

    Bebert écrivait:
    ——————————————————-
    > Rouler calmement est une très bonne chose.
    > C’est indispensable, mais c’est complètement
    > insuffisant.

    Euh… bien sûr Bebert, je ne suis pas complètement idiot. Ce n’était qu’un exemple destiné à illustrer le fait que des petits changements de notre mode de vie auxquels on ne penseraient pas à priori peuvent peser dans la balance. Pour le reste de ton post, d’accord 100 %, mais je suis au contact quotidien des gens, des enfants surtout, et je me rends compte que la croisade est longue et fatigante. J’évite les discours trop engagés, pour ne pas passer pour un « écolo extrémiste » (terme que je trouve déplorable mais qui revient souvent dans le discours des gens), sinon les gens rejetteraient tout en bloc, une sorte de réaction épidermique à une dose de bon sens et de responsabilisation trop forte d’un coup.

    Et effectivement ce débat peut paraître hors sujet. C’est vrai. Mais pas tout à fait cependant.
    Hier lors d’un réunion, un jeune agriculteur m’a dit : « Vous prêchez pour l’environnement, le terroir, les filières courtes, la redécouverte du lien entre l’agriculteur et mr tout le monde… mais vous êtes à côté de la plaque, les gens sont paresseux, ce qu’ils veulent pour la plupart c’est du bon marché sans effort. Ils veulent des supermarchés avec de gros parking pour « avoir facile » et acheter leur nourriture au moins cher. »
    Bien sûr son discours est réducteur, ne tient pas compte d’une certaine frange de la population. Cependant, je pense que le consommateur décrit par ce monsieur représente malheureusement la majorité des gens. Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet mais je n’en ai pas le temps (faut quand même que je bosse un peu non ?:o). Cependant, le monde du vin est directement concerné par cet état de fait décrit par mon agriculteur, non ? Et si les vignerons sont des artisans (enfin peuvent l’être), ce sont aussi (mais pas tous) des agriculteurs…. (… qui signifient qu’il y a sans doute des tas de choses à dire, mais… pas maintenant).

    Bon ben la suite de ces pensées (hautement sus-orbitales n’est-ce-pas 8-))un autre jour, je m’y remets…

    Didier
    Participant

    Après réflexion je regrette de m’être risqué à intervenir sur ce sujet ; je retire mon message initial et préfère vous laisser entre « spécialistes ».
    Cordialement.

    Bebert
    Participant

    Cher Marc,

    Tu as certainement raison sur la paresse comme cause du désintérêt pour la planète, c’est d’ailleurs ce qui me faisait penser que Monsanto a certes une part de responsabilité, mais qu’elle est inférieure à celle des paresseux.

    Alors je suppose que l’écologie à deux vitesse est une bonne chose : des gens qui font un discours écolo un peu démagogue qui prétend qu’avec un minimum d’efforts on peut faire de grands progrès ; et une deuxième couche (la mienne, plus dure) qui ne doit arriver qu’après, lorsque les gens ont enfin accepté de réfléchir à leur responsabilité.

    C’est un peu cynique, mais si cela aide le processus, soit. Je pense cependant que tôt ou tard la vérité est bonne à dire, ce que je résumais par « il vaut mieux une écologie impopulaire qu’une écologie inutile »

    Cher Didier, bravo pour tes choix. Espérons en effet que les mentalités ne soient pas trop longues à changer. Je me souviens qu’étant étudiant, avoir une voiture était un désir important, comme consommer, rouler vite etc… Je me rends compte qu’il est dur aujourd’hui de dire à des jeunes qu’ils doivent renoncer à ce que j’ai fait moi-même alors que la télévision les gave de pubs qui disent en substance « vous êtes définis par ce que vous achetez ». En tout cas pour moi cela n’a pas été si dur de renoncer à posséder une voiture, à cesser de fréquenter les supermarchés et à changer de consommation pour du bio et de l’artisanal. Au final j’ai des produits de meilleure qualité, plus satisfaisants, plus durables. Ces changements peuvent paraître difficiles avant, mais ils sont après tout une grande source de plaisirs plus simples, pour une grande satisfaction.

    Il faut aussi réussir à tenir ce discours sans rejeter le progrès en bloc, de sorte à ne pas culpabiliser son utilisation, mais en rendant chacun responsable de vivre en équilibre.

    . .
    Participant

    Lorsque j’étais enfant ( il y a tellement longtemps que la plupart des LPViens n’étaient pas nés:) ) j’étais fasciné par les dizaines d’immenses cheminées d’usine qui crachaient leurs fumées grises 24h sur 24 dans ma ville comme dans tant d’autres.

    Et je n’arrêtais pas de dire à mes parents: »Mais ça va finir par remplir le ciel! »

    50 ans après, le ciel n’est pas plein mais on ne peut pas dire que la couche d’ozone est au mieux ! 🙁

    lanèfle
    Participant

    Alors je suppose que l’écologie à deux vitesse est une bonne chose : des gens qui font un discours écolo un peu démagogue qui prétend qu’avec un minimum d’efforts on peut faire de grands progrès ; et une deuxième couche (la mienne, plus dure) qui ne doit arriver qu’après, lorsque les gens ont enfin accepté de réfléchir à leur responsabilité.

    J’espère que tu ne penses pas que je suis un mou Bebert 😉

    Lis bien ce qui suit entre les lignes : les gens comme toi (et moi), les convaincus, ne m’intéressent pas. Moi ce qui m’intéresse, c’est les purs de durs qui brûlent des sachets au fond du jardin pour économiser des poubelles, qui estiment que la nature, c’est un gazon avec une clotûre et quelques arbres exotiques, bref les allergiques à la nature, au naturel. Dès que j’aurais vu une lueur de compréhension dans l’oeil de ces gens là, promis je te les envoie ;););)

    Ceci dit rien ne m’enlèvera de l’idée que ce sont les petits ruisseaux qui forment les grandes rivières… Et je suis sûr que globalement, les choses vont dans le bon sens, mais lentement, trop lentement…

    Ceci dit bis, Bebert, il faut aussi des convaincus, des convertis totaux pour secouer le cocotier et donc bravo pour tes idées et la façon dont tu les exprimes.

    Marc

    Bebert
    Participant

    lanèfle écrivait:
    > J’espère que tu ne penses pas que je suis un mou
    > Bebert 😉

    Mdr :p
    Bravo à toi aussi pour ton franc-parler 😉
    Beaucoup de gens aiment aussi faire le bien, mais on ne leur a souvent jamais ne serais-ce que suggéré de faire un pas pour la nature. Si tu sais leur donner la petite éteincelle, alors tu es une personne précieuse 😉

    LaurentM
    Participant

    Didier, il ne faut pas hésiter à intervenir, cela nous concerne tous,
    et puis pas de spécialistes en ligne, juste des passionnés interpellés par ces questions de première importance.

    Merci aux autres pour leurs interventions intéressantes, je crois à la diversité des approches pour la prise de conscience de tous.

    Tiens petite anecdote, le fameux jeudi à 19h55, nous avons éteint les lumières, fermé la TV, rangé les tire-bouchons et allumé quelques bougies. A nos trois enfants, nous leur avons demandé de dire quelque chose à la Terre. J’ai été étonné de leur état de conscience et de la pertinence de leur propos.
    Résultat, une émotion comme jamais le vin ne nous en procurera, une grosse bouffée d’espoir aussi pour le futur. Non, les dés ne sont pas jetés, et nous n’avons pas le droit, vis à vis d’eux, de rester inactif, il faut changer!

    Tiens j’ai encore une petite video de Monsanto et de ses OGM, mais bon ce serait hors sujet 😉

    Merci et bonne journée

    Laurent M

    Eric Monné
    Participant

    Juste pour situer le genre d’individus auxquels nous avons a faire avec la firme Mons. _extraits de wikipedia_

    …L’Agent Orange, créé par la multinationale Monsanto, est en fait rose et brunâtre, et doit son nom aux bandes de couleur orange inscrites sur les barils dans lesquels il était stocké. De même furent baptisés les Agent Blanc, Bleu, Rose, Vert et Pourpre.

    Ces herbicides furent utilisés pour défolier les forêts et ainsi empêcher les viêtnamiens de se cacher, pour détruire leurs récoltes, mais aussi de dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques.

    Ces opérations de guerre chimique débutèrent en 1961 avec le feu vert du président John F. Kennedy, et furent progressivement intensifiées jusqu’à atteindre leur apogée en 1965. Elles diminuèrent ensuite progressivement et finalement cessèrent en 1971, suite à de nombreuses protestations dans le monde et aux États-Unis même, de la part de scientifiques, d’un certain nombre de parlementaires et surtout d’anciens combattants américains.

    L’Académie nationale des sciences des États-Unis estime aujourd’hui que près de 80 millions de litres de ce défoliant ont été déversés.

    En 1984, les sept entreprises accusées ont signé un accord à l’amiable avec les associations de vétérans en échange de l’arrêt de toute poursuite. Les fabricants ont alors versé la somme de 180 millions de dollars à un fond de compensation. Ainsi, sur les 68 000 plaignants, presque 40 000 ont reçu entre 256 à 12 800 dollars selon la gravité des cas.

    Le 31 janvier 2004, l’Association vietnamienne des victimes de l’Agent Orange/dioxine, a présenté un recours collectif aux États-Unis contre onze fabricants d’herbicide (dont Dow Chemical et Monsanto) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. La première séance de ce procès a eu lieu le 1er mars 2005 à New York. Le 10 mars, la cour a rejeté la plainte, car le juge a conclu que l’Agent orange n’était pas un poison au regard du droit international, il n’y avait donc pas d’interdiction d’utiliser un herbicide. L’association vietnamienne des victimes a déposé un recours devant la Cour d’Appel de New-York le 8 avril 2005 et son dossier d’arguments le 30 octobre 2005…

    Aujourd’hui, la firme Monsanto coule des jours heureux en investissant dans la polution de nos nappes phréatiques. Avec son produit phare le roundup.

    Voilà des gens que je n’aimerais pas croiser dans une rue obscure. A qui je n’aimerais pas confier l’avenir de mes sols. L’avenir de notre eau de nos semences. Alors de là à prendre comme argent comptant leur discour lénifiant sur la biodégradabilité et l’inocuité du R.up?

    Christian Grillet
    Participant

    Il existe aussi des comportements illogiques.
    Et ces personnes sont dures à corriger. Un exemple rencontré :

    Je m’habille bio, je mange bio et je bois bio (même si parfois c’est pas bon!). Mais comme j’ai la flemme, je jette la bouteille vide dans la poubelle avec les autres déchets. Le conteneur à verre est un peu trop loin de chez moi…..

    teva
    Participant

    Pour en savoir plus sur les pratiques et les « recherches » de Monsanto…
    attention, ca dure environ 20 min
    https://www.dailymotion.com/video/x117v2_les-ogm-sont-ils-dangereux
    Bon appétit, bien sur…..
    Teva

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